De Imit. Christ, lib. 3, cap
gueur est le paradis : Solummodo ibi magnificus est DominusK Cette œuvre ne sera complète qu'après le jugement dernier, lorsque l'âme et le corps se seront réunis ; ces deux portions de notre être ayant mérité dans les mêmes combats, il est juste qu'elles participent au même couronnement. Et voici, au rapport de saint Thomas, les félicités respectives qui leur sont réservées.
Que vous dirai-je des félicités du corps?
Sans doute, l'organisme humain jouissait d'un noble bien-être sous les ombrages de l'Éden ; mais une fois mis en face de l'essence divine, il en sera pénétré, bien plus encore que le cristal de la lumière, et la matière, transformée dans ce creuset puissant, y perdra tous ses alliages incompatibles avec de suprêmes félicités. N'est-ce pas que votre ciel serait incomplet si vous y portiez des organes sensibles à la douleur? Aussi, vous serez revêtus de l'impassibilité comme d'une cuirasse ; ce qui s'était couché dans l'infirmité, dit saint Paul, se relèvera dans la force, et ce corps de fange, que ses chastes combats et sa virginale intégrité n'empêchèrent pas de vieillir ici-bas, trônera dans des hauteurs inviolables où l'éternité entière passera sur votre front sans y laisser une ride : Seminatur in in/îrmitate, surget in virtute 2. Eh ! que serait le paradis avec
L Is. 33, 21.