Matt
dessus du trône de saint Pierre comme un son toujours vibrant, toujours agissant dans l'immensité des âges. C'est en vain qu'on tue l'homme qu'elle consacre : elle passe à son successeur avec une vertu que les bourreaux n'altèrent pas. Les formules sacramentelles ont besoin d'être répétées pour agir; celle-ci va se reposer sur la tête de tous les pontifes à venir pour les sacrer, en vertu d'une promesse, d'une impulsion, qui date de dix-huit cents ans. Quoiqu'elle ne soit pas un sacrement, elle est plus vénérable que les sacrements, car elle est la source de tous les pouvoirs d'ordination, de tous les pouvoirs de juridiction, de la généalogie pastorale, et la présence divine qu'elle assure à l'Église est la plus durable de toutes les présences du Seigneur ici-bas : Ecce ego vobiscum sum omnibus diebus usque ad consommationem'1 .
De cette façon, l'Église est comparable à une basilique où la présence réelle n'a pas besoin d'être renouvelée, et tandis que la vertu de ces paroles : Roc est cornus meum, ne résiste pas à l'action dissolvante du temps sur les espèces sacramentelles, la vertu de celle-ci : Tu es Petrus, et super liane petram œdificabo ecclesiam meam, et porta? inferi non prevalebunt, défie toutes les révolutions, toutes les tyrannies et toutes les perfidies diplomatiques de l'avenir.
Eh bien! c'est le sacerdoce qui est l'agent de cette