Job
point notre sacerdoce, et dont le Seigneur récompensa la fidélité par une intervention in extremis de la grâce, qui éleva leurs mérites naturels à l'ordre surnaturel; mais, dans le corps de l'Église, nul ne peut être admis à la béatitude éternelle sans le concours au moins désiré de notre ministère; nul ne sera reconnu, au tribunal suprême, s'il ne porte la trace de nos onctions et de nos ablutions; nul ne participera aux contemplations de la gloire, s'il ne s'inclina devant les énigmes de nos enseignements, et si saint Pierre ouvre l'entrée du paradis, — pardonnez-moi cette image familière, — c'est nous qui délivrons le laisser-passer indispensable.
Et voilà pourquoi un Père nous appelle les portes de la cité éternelle, par où il faut entrer pour aborder le Christ : Sacerdotes januœ civitatis œternœ, per quas omnes ingrediuntur ad Christum 1 ; et un autre salue dans le sacerdoce un pont jeté entre la nature divine et la nature humaine pour les relier : Inter naturum divinam et humanam médium interjeclum^. Vous le voyez donc, le sacerdoce n'est pas une institution parasite que l'on puisse supprimer sans dislocation dans l'engrenage des œuvres divines ; il est la force de cohésion et la chaîne de rapatriement entre les trois Églises. Procréateur dans l'Église militante, libérateur de l'Église souffrante, multiplicateur par rapport à