‹ Manreze du pretreChapitre 85 sur 297 · Judic · texte numérisé non relu

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trouva la défense indigne de la foi ; elle le déposa aux pieds d'une statue de Marie, et s'éloigna dans une impassibilité sublime, laissant à la Mère du ciel tout le soin et toute la gloire de la victoire. L'assassin, vaincu par cet acte de foi , recula. Eh bien ! la mère aujourd'hui menacée dans ce qu'elle a de plus cher, c'est l'Église; son pupille, c'est le monde catholique. A la vue des catastrophes suspendues sur nos têtes, elle l'a déposé, parles mains augustes de Pie IX, aux pieds de la Vierge immaculée. Confiants dans cette mesure de préservation, dites donc souvent à la génération actuelle : Chrétiens de peu de foi, que les tempêtes de ce temps ne vous empêchent pas de dormir ; car, quellf s que soient ses tribulations, l'Église est bien gardée; et si extrêmes que soient nos détresses, puisque c'est Marie qui veille sur notre époque! nous avons du côté du ciel des espérances plus grandes encore que nos malheurs t

Enfin , sachez-le bien , vous qui êtes maîtres en Israël, Marie est mère de la vérité, non-seulement parce qu'elle l'a mise au monde en son Fils adorable Notre-Seigneur Jésus- Christ : Lumen œteryium mundo effudit Jésus Christum, mais encore parce qu'elle l'enseigne. Selon la dévote pensée d'un Père, c'est à Marie que l'on recourait, dans Nazareth, quand on voulait voir Jésus ; c'est elle qui est chargée de le découvrir encore à ceux qui ne le connaissent pas. Voilà pourquoi la catholicité a coutume de lui dire : Jesum

benedictum fmctiim ventru tui nobis o&tende. De cette sorte, Marie est, à un titre nouveau, inspiratrice et auxiliaire des docteurs, et ceci ne peut guère vous étonner : dans toute famille, y a-t-il rien de plus conforme à la nature que l'enseignement d'une mère? Rappelez-vous ces premières vérités qui vous furent annoncées avec des baisers, et ces leçons que vous receviez les mains jointes, et ce regard qui montrait le ciel, et cette voix qui retentit au plus profond de vos entrailles jusqu'à la fin, dites-moi s'il est une autorité sur cette terre qui égale la naïve puissance d'un tel apostolat.

Sans doute, une mère insinue plutôt qu'elle ne disserte; elle affirme au lieu de démontrer; mais si d'autres forment des convictions avec des preuves comme les hommes , elle les forme avec une parole et de l'amour comme Dieu : Voilà la part de Marie dans la communication du vrai. Ne trouvez-vous pas que c'est absolument le rôle du sacerdoce auprès des petits?

Et j'affirme que cette influence de la céleste Mère dans la propagation de la foi n'est pas un rêve des extases catholiques. Interrogez les peintures murales des catacombes : souvent elles représentent, entre saint Pierre et saint Paul attentifs, Marie qui leur donne des leçons. Interrogez l'expérience : c'est Marie qui sert d'Ananie à tous les Sauls qui ont des écailles devant les yeux, et dès qu'il y a un incrédule, c'est-àdire un enfant malade de la tète dans la famille chré-

tienne, Dieu dit à ses prêtres, comme disait le père de Sunan à ses serviteurs : « Prenez-le, et le menez à sa mère: Duc eum ad matrem suam^. » Interrogez la tradition : mille chefs-d'œuvre de la peinture nous montrent les quatre docteurs de l'Occident et de l'Orient écrivant leurs immortelles pages sous la dictée de Marie. Interrogez les actes des Apôtres : ils vous apprendront que Marie a présidé au Cénacle et reçu le Saint-Esprit, selon l'interprétation de Jean Damascène, pour servir de conseill ère à l'Église naissante et pour diriger les premiers pas de la conquête évangélique dans l'univers. Enfin, interrogez vos propres souvenirs : quand un juif entêté et séduit fut renversé, il y a quarante ans, dans une chapelle de Rome, et que la miséricorde de la mère, jalouse, ce semble, de celle lu fils, voulut avoir sa conversion de saint Paul, estoe que le néophyte de Marie reçut d'elle une autre révélation qu'un simple rayonnement de mains? Et, cependant, quand il se releva, nous dit l'histoire, il avait tout vu, il avait tout compris.

La voilà donc la maîtresse des maîtres ! La voilà le docteur plus qu'angélique de cet univers! Seule, elle a mis à mort toutes les hérésies : Cunctas hœreses sola interemisti. 0 maîtres avides de comprendre! demandez surtout à la Reine des docteurs de croire un peu mieux. Si l'orgueil du savoir égare et torture l'esprit,

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