‹ Manual technique de microbiologie et sérologieChapitre 105 sur 241 · RÉACTIONS DE FLOCULATION POUR LE DIAGNOSTIC TÉL S PE HITS · texte numérisé non relu

RÉACTIONS DE FLOCULATION POUR LE DIAGNOSTIC TÉL S PE HITS

A. — Méthode de Sachs et Georgi.

Ces auteurs utilisent comme antigène un extrait de cœur de bœuf cholestériné. On peut aussi employer le cœur de cobaye ou du foie syphilitique.

L'antigène peut être préparé de la façon suivante :

a) 1 gramme de cœur frais + 5 centimètres cubes d'alcool ;

b) 100 centimètres cubes d’extrait + 200 centimètres cubes d'alcool ;

c) 13 cc. 5 de cholestérine à 1 #,.

bet ce varient suivant les échantillons,

Technique. — 1 centimètre cube de la dilution au 1/10, dans l’eau physiologique, du sérum chauffé 30 minutes à 56° est mis en présence de 0 cc. 5 d’antigène dilué 6 fois

Tubes témoins : sérum positif, sérum négatif, antigène eau.

Les tubes sont laissés 2 heures à 37° et 18-20 heures à la température de la chambre, ou 18-20 heures à l’étuve.

La floculation est observée à l’agglutinoscope de Kubhn et Woithe et appréciée suivant les degrés : + + + ; ++; NE —.

B. — Méthode de Dreyer et Ward (Réaction Sigma).

Ces auteurs ont publié en 1921 une méthode de séroréaction pour le diagnostic de la syphilis qui est basée

244 RÉACTIONS HUMORALES ET HÉMATIMÉTRIE

comme celle de Sachs et Georgi, sur la floculation. Leur but a été d'établir une méthode simple n'exigeant ni alexine ni système hémolytique, pouvant s'effectuer toujours dans les mêmes conditions, et permettant d'apprécier la quantité d'anticorps et de l'exprimer en unités par centimètre cube. Ils ont, depuis lors, légèrement modifié leur technique en prolongeant le séjour des tubes au bain-marie, mais le principe de la méthode n'a pas changé.

ANTIGÈNE. — L’antigène employé par les auteurs est un extrait cholestériné de cœur de veau mis en suspension dans l’eau physiologique, à deux concentrations différentes.

a) L’extrait alcoolique de cœur de veau est préparé suivant la méthode de Bordet et Ruelens :

100 grammes de cœur de veau, dépouillé de sa graisse, sont coupés en petits morceaux et mis en contact avec 125 centimètres cubes d’alcool ordinaire à 94, 96 p. 100.

Ce mélange est abandonné pendant cinq jours à la température du laboratoire. L'alcool est alors filtré. Le résidu est desséché à 37° pendant 24 heures. On ajoute 200 centimètres cubes d’acétone pur et le mélange est laissé pendant sept jours à 20°. L’acétone est alors filtré et le résidu est de nouveau traité par 100 centimètres cubes d’acétone pendant une journée. On filtre pour se débarrasser de l’acétone. Le résidu est desséché à 20° pendant deux heures. On ajoute 200 centimètres cubes d’alcool à 96°. Le mélange est laissé à 20° pendant dix jours, puis filtré sur papier. Le filtrat ainsi préparé, limpide et jaune d’or, est prêt à être employé. Il contient les substances du cœur de veau, insolubles dans l'acétone, solubles dans l’alcool.

Conservé à l'abri de la lumière et à la température du laboratoire, en flacon bouché à l’émeri, il reste limpide pendant longtemps.

b) La solution alcoolique de cholestérine est préparée en dissolvant 1 gramme de cholestérine pure dans 100 centimètres cubes d'alcool absolu.

c) La solution d'eau physiologique est préparée en dissolvant 9 grammes de chlorure de sodium dans un litre d’eau

distillée, récemment préparée et stérilisée immédiatement à l’autoclave.

Les auteurs utilisent comme antigène deux suspensions en eau physiologique, à des concentrations différentes, de cet extrait de cœur cholestériné, préparées de la façon suivante :

À 5 centimètres cubes d’extrait alcoolique de cœur de veau, ajouter dans un verre bien sec, 0 cc. 25 de solution cholestérinée. Pour la suspension a, prendre 1 centimètre cube de ce mélange et 10 centimètres cubes d’eau physiologique; pour la suspension b : 1 centimètre cube de ce mélange et 34 centimètres cubes d’eau physiologique.

Les auteurs attachent, avec juste raison, une très grande importance à la façon dont le mélange (extrait alcooliquecholestérine) est incorporé à l’eau physiologique. Ils ont construit un appareil à siphon qui permet de faire couler goutte à goutte l'eau physiologique dans le cylindre de verre qui contient le centimètre cube d’extrait alcoolique de cœur de veau cholestériné. Pour avoir des résultats toujours comparables, l’eau physiologique doit tomber dans le récipient d’une hauteur de 36 centimètres dans un temps constant. Pour la suspension a, les 10 centimètres cubes d’eau physiologique doivent s’écouler en 1 minute 25 secondes ; pour la suspension b, les 34 centimètres cubes d’eau physiologique doivent s'écouler en 4 minutes 30 secondes.

SÉRUM. — Les sérums à éprouver sont chauffés à 55° au bain-marie pendant une heure et demie.

DisPOSITIF DE LA RÉACTION. — Les auteurs utilisent 9 tubes sérums + antigène et 2 tubes témoins antigènes. Les quantités de sérum et d’antigène sont mesurées à l’aide d'une pipette compte-gouttes à tétine de Dreyer. Dans le tableau ci-dessous, les quantités respectives de sérum, d'antigène et d’eau physiologique qui entrent dans la réaction sont exprimées en gouttes :

246 RÉACTIONS HUMORALES ET HÉMATIMÉTRIE

Gouttes - Dilution finale de suspension à laquelle d'antigène agit le sérum

Numéros Gouttes es d’eau tubes physiologique

Gouttes de sérum

6 suspension a à suspension b.

1 0 2 0 3 5 î 8 5 9 6 0 ve 5 8 8 9 J

Le tube témoin antigène a contient 20 gouttes d'eau physiologique et 6 gouttes de la suspension a.

Le tube témoin antigène b contient 10 gouttes d’eau physiologique et 15 gouttes de la suspension b.

Après chaque réactif, la pipette est lavée à l’eau distillée et séchée soit avec l’acétone, soit avec l’alcool suivi de l’éther.

Les portoirs contenant les tubes sont placés au bainmarie à 37° où ils doivent séjourner pendant 20-22 heures. Les deux tiers de la colonne de liquide des tubes doivent être immergés dans l’eau. Après ce séjour de 20-22 heures au bain-marie à 37°, les tubes sont laissés une dizaine de minutes à la température du laboratoire. On procède alors à la lecture en disposant un écran sombre derrière les tubes.

EXPRESSION DES RÉSULTATS EN UNITÉS. — Les termes employés par les auteurs pour exprimer les différents degrés de floculation sont :

Floculation totale ;

Standard-floculation ;

Trace de floculation et floculation nulle.

Dans la floculation totale, le liquide est devenu clair. De gros floculats tombent au fond du tube. Dans la floculation standard, la floculation peut être constatée à l'œil nu. Les petits floculats sont régulièrement distribués dans la masse du liquide, tous de même dimension et bien séparés les uns des autres. Quand il y a trace de floculation, les floculats - sont très fins et ne peuvent être aperçus qu à la loupe. Pour

exprimer les degrés de floculation entre ces quatre termes, on peut leur accoler les signes + ou —.

Le calcul de la teneur en unités d’un sérum est basé sur le principe suivant : « La quantité d’un sérum qui, ramené au volume de 1 centimètre cube avec de l’eau physiologique, détermine la floculation « standard » avec la suspension d’antigène b, après un séjour de 7 heures à 37°,est considérée comme renfermant 4 unités. »

Comme souvent aucun tube, dans les séries examinées, ne présente la floculation « standard », le calcul des unités doit être fait d’après des tubes où d’ tres degrés de floculation se sont produits. On se sert, pour AE d'une table qui exprime les relations numériques existant entre les autres degrés de floculation et la floculation «standard ».

Comme la sensibilité des extraits de cœur peut varier, la valeur de chaque extrait est exprimée par un coefficient qui représente sa sensibilité par rapport à celle d’un extrait de cœur étalon.

Enfin la période de séjour des tubes au bain-marie étant portée de 20 à 22 heures et même, si cela est nécessaire, de 40 à 44 heures, le coeflicient de chaque extrait est corrigé par un coefficient de temps : 1,56 pour un séjour de 20

heures au bain-marie et 2,6 pour un séjour de 40 à 44 heures.

Pour la pratique courante, une table numérique a été dressée, quitient compte de tous ces coefficients, à l'exception du coefficient de suspension qui, naturellement, varie avec l'extrait de cœur employé

Le calcul du nombre d'unités d'anticorps par centimètre cube se fait immédiatement, grâce à la table suivante. On prend le nombre se rapportant au degré de floculation observé dans la colonne du tube correspondant et on le multiplie par le coefficient de suspension de l'extrait de cœur employé

248 RÉACTIONS HUMORALES ET HÉMATIMÉTRIE

Table pour 20-22 heures de séjour au bain-marie

Numéros du tube

Degré 2 € À

de floculation « 5) 3 4 5) 6 ÿ | 8 9

Lotals :r... 1,60! 3,20! 6,7 1581635,91.094 118 298| 592 Total — l'2UT SA OOIEN SE 101021; 4) 410) 009 240] 477 Stand + 1,01| 2,02| 4,2 10,61: 21,31 37;21074 1877373 Stand.0.:7r. 0,80! 1,60! 3,3 8,4| 16,9! 29,5! 59 149! 296 Stand — 0,67| 1,35| 28 7,11: 14,2! 24,811485m 1251002248 Trace + 0,57| 1,14! 2,37 6,0! 12,0! 20,9! 42 106! 210 Trace. 241 0,48| 0,96! 2,00 5,0| 102] 17,7] 35,4 89| 178 Trace— 0,421 0.83| 1,73 4,4 8,8| 15,3] 30,7 L'ART Lraceuss 0,33| 0,66| 0,37 rl 659112; 110247 GLIT21

Si un sérum, au bout de 20 à 22 heures, ne contient que 1,5 unités ou moins, il est remis au bain-marie pour une nouvelle période de 20 à 22 heures. On lit alors les résultats sur les deux premiers tubes et les unités qu'ils contiennent sont calculées d'après la table suivante, en se rappelant que les chiffres doivent être multipliés par le coefficient de suspension de l'extrait de cœur employé.

Numéros des tubes

Degré RE 7 de floeulation |

Totaless acier =

PRÉCAUTIONS À OBSERVER. — Si un sérum infecté donne une réaction négative, le résultat peut être considéré comme exact, Car un sérum à réaction positive qui sinfecte ne donne jamais une réaction négative. Au contraire, si un sérum infecté donne une réaction positive, l'expérience doit être recommencée avec un nouvel échantillon.

Il ne faut pas ajouter au sérum des antiseptiques, comme l'acide phénique, le formol, ete, qui peuvent fausser les résultats.

Tous les tubes doivent être très minutieusement lavés à l’eau distillée, car une trace d’acide peut provoquer une floculation dans le mélange sérum-antigène.

INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS. — Les sérums contenant moins d'une unité sont considérés comme négatifs. Les sérums contenant plus de 1,5 unités sont considérés comme positifs. Les sérums contenant de 1 à 1,5 unités ne sont considérés comme positifs que dans les cas reconnus de syphilis.

Avec le liquide céphalo-rachidien, la réaction est considérée comme positive avec plus de 4 unités et négative avec moins de 1 unité.

D'une façon générale, les auteurs ont trouvé que les cas non traités de syphilis congénitale présentent dans leur sérum une teneur élevée en anticorps de 50 à 1.000 unités. Au contraire, les cas non traités à la période primaire, ou les cas traités aux périodes primaire, secondaire et tertiaire ont un sérum peu riche en unités d'anticorps ou donnent une réaction négative. Le liquide céphalo-rachidien contient peu d'unités d'anticorps comparativement au sérum.

Page 1