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RÉACTIONS HUMORALES ET HÉMATIMÉTRIE

La suspension est faite avec un extrait alcoolique de cœur de cheval préparé de la façon suivante (péréthynol) :

Prendre un cœur frais. Hacher ce qui est muscle ; mettre le hachis dans l'alcool absolu et laisser en contact une heure en agitant de temps en temps : exprimer, mettre en couche mince et dessécher à 37°. Broyer finement au moulin. Epuiser à l'appareil de Soxhlet 30 grammes de cette poudre (mêlée à 60 grammes de sable lavé et épuisé à l'alcool) avec 250 centimètres cubes de perchlorure d’éthylène (distillé entre 115° et 121°) et dans les conditions suivantes : le

ballon qui contient le perchlorure est chauffé au bain-marie ;

la douille de l'appareil est surmontée d’un réfrigérant de Vigreux relié à une pompe à vide (boucher au liège, luter à la paraffine, etc.). Distiller le perchlorure sans dépasser 35° et de façon à produire 40 siphonnements en 6 heures et demie (bain-marie 60° à 65°, pression 4 centimètres cubes). Sécher la poudre ainsi traitée à 37°, puis l’épuiser de nouveau à l'appareil de Soxhlet avec 200 centimètres cubes d'alcool absolu dans les conditions suivantes : distiller au bain-marie sans dépasser 300 et de façon à avoir 30 siphonnements en 5 heures (bain-marie 60° à 65°, pression 9 centimètres cubes à 6 centimètres cubes de mercure). Recueillir le liquide du ballon, laisser reposer 24 heures, filtrer sur papier. Déterminer l'extrait sec en portant 10 centimètres cubes de liquide à 60° pendant 8 à 9 heures jusqu'au point constant. Ramener au titre de 15 grammes d extrait sec par litre, soit par addition d'alcool, soit par évaporation dans le vide au-dessous de 30°.

Technique de la réaction — Le sérum à éprouver doit être chauffé à 55° pendant 15 à 20 minutes, La température doit être rigoureusement contrôlée.

Les manipulations doivent se faire à une température d'environ 20°, les variations de température pouvant avoir un effet sur les résultats de l'expérience.

Le péréthynol est dilué à 4 pour 6,5 (1 + 5,5) dans l’eau distillée au moyen de l'appareil mélangeur (Leune, constructeur). Cette dilution se fait en deux temps ;

1° Dilution au tiers (1 de péréthynol + 2 d’eau). Dans un verre cylindrique à fond plat (30 millimètres de diamètre intérieur) introduire 6 centimètres cubes d’eau bidistillée, descendre l’hélice (15 millimètres de diamètre) dansle verre,

de manière qu'elle soit entièrement recouverte d’eau sans toutefois qu'elle touche le fond. Mettre en marche le moteur et, en suivant les indications du tachymètre fixé sur l’appareil, agir sur le rhéostat, jusqu à ce que la vitesse de rotation de l’hélice soit de deux cents tours à la minute, puis au moyen de la pipette de 3 centimètres cubes, dont l'écoulement est réglé par un robinet spécial à un centimètre cube par minute, laisser couler la dose de péréthynol. La position de la pipette doit être telle que les gouttes tombent dans l’eau d'une hauteur de 3 à 4 centimètres, que le capillaire inférieur soit vertical et qu'il ne touche n1 iles parois du verre, ni la tige de l’hélice.

2° Pour amener la suspension à sa dilution définitive (1 p. 6,5) enlever la pipette et verser en filet mince 10,5 centimètres cubes d’eau bi-distillée ; alors seulement, arréter l’agitateur.

Pour la préparation de cette suspension, on peut employer une pipette de 6 centimètres cubes (doubler les quantités d’eau etse servir d’un verre de 40 millimètres de diamètre et d’une hélice de 35 millimètres), mais on ne peut opérer avec moins de 3 centimètres cubes de péréthynol, car au début de la dilution l’eau ne couvrirait pas l'hélice ; de plus, cela entraînerait une augmentation d'opalescence de la suspension obtenue, et par suite fausserait les résultats.

La suspension doit être employée dans les deux heures qui suivent sa préparation et seulement après avoir repris la température du laboratoire, la dilution ayant produit un échauffement.

Après avoir retiré les sérums du bain-marie à 55°, les laisser refroidir dans le laboratoire pendant cinq à dix minutes. Pour chaque examen, deux tubes seulement sont indispensables : un tube à péréthynol et un tube témoin; cependant il est préférable, toutes les fois que la quantité de sérum sera suffisante, de préparer des tubes en double, comme contrôle.

Avec un rhéomètre réglé à 0,4 centimètres cubes distribuer 0,8 centimètres cubes de sérum (2 cylindrées) dansles quatre tubes. Ces distributions doivent être faites dans le laboratoire à température constante (20°) ou, tout au moins, les tubes devront y être portés aussitôt après.

Trente minutes après la fin du chauffage, ajouter, dans

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deux des tubes 0,4 centimètres cubes de la suspension de péréthynol et dans les deux autres (témoins) 0,4 centimètres cubes d’eau bidistillée alcoolisée à 1 pour 6,5 d'alcool absolu.

Agiter soigneusement les porte-tubes plusieurs fois s’il est besoin pour assurer le mélange intime des deux liquides (à ce moment de l'expérience ne pas boucher les tubes avec le doigt pour les agiter par renversement).

Boucher les tubes au caoutchouc et les placer pendant quatre heures à 25° dans un bain-marie.

Les lectures des résultats se font dans le laboratoire à température constante : on détermine en densité optique, à l’aide du photomètre, l'absorption du tube à péréthynol et celle du tube témoin ; le témoin permettant de tenir compte de l’opalescence propre du sérum et de sa couleur (présence des pigments biliaires ou d’hémoglobine), la différence des deux lectures mesure bien le trouble formé par le mélange du sérum et du péréthynol (absorption du précipité en suspension). Cette différence, exprimée en centièmes, est inscrite sur le dossier du malade. Les mesures répétées avec les tubes de contrôle doivent donner le même résultat (à trois centièmes près). Pour les sérums normaux, la différence est nulle ou au plus égale à 6.

J). Réaction de Gaté et Papacostas. Formol-gélification des sérums syphilitiques.

Ajouter à 1 centimètre cube de sérum très clair deux ou trois gouttes de formol du commerce, et abandonner le tout 24-30 heures à la température du laboratoire. Les sérums à Wassermann positif forment une gelée, alors que les sérums à Wassermann négatif restent liquides. Cette réaction concorde avec celle de Wassermann dans 85 % des cas.

La réaction estindépendante de l’inactivation des sérums par Ja chaleur. Les sérums peuvent être anciens de 48 heures ou même plus s'ils ne sont pas contaminés.

E. — Réaction de la méiostagmine.

Lorsqu'on ajoute à un sérum dilué un extrait alcoolique de microbes, la tension superficielle estabaissée comparativement à un mélange sérum dilué et eau physiologique. La diminution de la tension superficielle, faible ou peu marquée pour les sérums normaux, est d'autant plus intense que les sérums contiennent plus d'anticorps vis-à-vis de l'extrait alcoolique employé comme antigène. On la mesure par l'augmentation du nombre de gouttes compté au stalagmomètre de Traube.

Pour le diagnostic de la fièvre typhoïde. par exemple, on emploie une série de tubes contenant 9 centimètres cubes de sérum dilué au 1/20 ; dans le 1° tube on ajoute 1 centimètre cube d’eau physiologique à 8,5 p. 1.000 (témoin) ; dans le 2, on ajoute 1 centimètre cube d'extrait alcoolique de bacilles typhiques dilué au 1/10 ; dans le 3°, 1 centimètre cube du même extrait dilué au 1/100 ; dans le 4, 1 centimètre cube du même extrait dilué au 1/1.000 et dans le 5e, 1 centimètre cube du même extrait dilué au 1/10.000 On mélange intimement par agitation. On compte les gouttes immédiatement au stalagmomètre ou après 2 heures à 37°. Suivant la dilution d’antigène, le nombre de gouttes augmente de 1,8 à 3,7.

La réaction de la méiostagmine a été appliquée au diagnostic d’un grand nombre de maladies : tuberculose, syphilis, échinococcose, cancer, etc., mais ses résultats sont discutables.

F. — Réaction du benijoin colloïdal.

Cette réaction ne peut être recherchée qu'avec le liquide céphalo-rachidien. N’employer que dela verrerietrès propre, lavée dans l’acide chlorhydrique à 2% dans l'eau, puis rincée deux fois à l’eau distillée.

Les réactifs sont : 1° une solution de NaCI chimiquement pur à 0 gr. 10 p. 1.000 ; 2° 1 gramme de benjoin (résine de

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benjoin pure dans 10 centimètres cubes d'alcool absolu; ; laisser en contact 48 heures jusqu'à dissolution, décanter. Pour la réaction, prélever 0 cc. 3 de la solution alcoolique claire. qui sont versés lentement dans 20 centimètres cubes d’eau distillée tiédie à 35°.

Avoir soin de n’employer que de l’eau récemment distillée et une suspension de benjoin fraîchement préparée”

Technique originale : 16 tubes.

1° Tube 1 : 0,25 centimètres cubes de la solution de NaCI ; tube 2 : 0,5 centimètres cubes de la solution de NaCI ; tube 3 : 1,5 centimètres cubes de la solution de NaCI ; tubes 4 à 16 : 1 centimètre cube de la solution de NaCI.

2° Ajouter le liquide céphalo-rachidien dans la proportion suivante : tube 1 : 0,75 centimètres cubes ; tube 2 : 0,5 centimètres cubes ; tube 8 : 0,5 centimètres cubes.

Prélever dans le tube 3 (1,5 centimètres cubes de solution NaCI + 0,5 centimètres cubes de liquide céphalo-rachidien) 1 centimètre cube du mélange, que l’on reporte dans le tube 4en brassant, et ainsi de suite jusqu’au tube 15. Rejeter le centimètre cube provenant du tube 15. Le tube 16 ne recoit pas de liquide céphalo-rachidien.

3° Dans chacun des 16 tubes, verser 1 centimètre cube de la suspension aqueuse de benjoin. Le tube 16 sert de témoin. Laisser à la température du laboratoire et lire les résultats après 12 heures.

Technique simplifiée : 5 tubes, pas d’eau chlorurée, de l’eau distillée :

1° Tube 1 : 0,5 centimètres cubes d’eau distillée ; tube 2: 1,5 d’eau distillée ; tubes 3 à 5 : 1 centimètre cube d’eau distillée.

2° Ajouter le liquide céphalo-rachidien. Tubes 1 et 2 : 0,5 centimètres cubes.

Dans le tube 2 prélever 1 centimètre cube du mélange et porter dans le tube 3 ; procéder de même pour les tubes 3 et 4, mais rejeter le centimètre cube prélevé dans le tube 4. Le tube 5 ne reçoit pas de liquide céphalo-rachidien. Les dilutions du liquide céphalo-rachidien sont les suivantes : 1/2, 1/4, 1/8. 1/16.

30 Verser dans chacun des 5 tubes 1 centimètre cube de la suspension aqueuse de benjoin. Le tube 5 sert de témoin.

Laisser à la température du laboratoire et lire les résultats après 12 heures.

Résultats. — Dans les tubes positifs, la précipitation du benjoin est totale, le liquide est clair. La résine est sédimentée au fond du tube. Dans les tubes négatifs, le liquide reste trouble. Il n'y a pas de précipité.

Dans les réactions positives. la précipitation s'observe dans les 5 premiers tubes (d’où l'emploi del: technique simplifiée pour un diagnostic FES et peut même s'étendre aux tubes 9 et 10.

Le liquide céphalo-rachidien normal donne souvent une précipitation dans les tubes 6, 7,8, jamais dans les tubes 1 à 9.

La réaction ne peut pas être pratiquée avec des liquides xanthochromiques ou hémoglobiniques qui précipitent le benjoin dans la zone syphilitique.

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