C. — Bacillus œdematiens
Examen à l'état frais. — Bacille long, droit, incurvéou sinueux, à bouts arrondis, cilié, mobile dans l'organisme et les cultures jeunes. Spores ovalaires subterminales ou libres, abondantes.
a) COLORATION. — Prend le Gram.
b) CULTURES. — Anaérobie strict. Trouble le bouillon glucosé, puis les microbes s’agglutinent et se déposent. Dégagement gazeux. Odeur sui generis.
Gélatine. — Non liquéfiée, sauf lorsqu'elle est fortement sucrée (2 p. 100.)
Gélose profonde. — Colonies arborescentes, à centre opaque s éclaircissant en 2-3 jours.
Sérum et ovalbumine coagulés. — Non attaqués.
Lait. — Lentement coagulé (5 à 30 jours), puis lecaillot se désagrège.
Attaque plus fortement galactose, glucose, maltose et dulcite que lévulose et saccharose.
Très pathogène pour les animaux de laboratoire. Produit chez le cobaye, par inoculation sous-cutanée, un œdème gélatineux blanc ou rose, peu dépressible. Mort en 6- 18 heures.
Produit une toxine très active et une hémolysine.
D. — Bacillus histolyticus.
Cilié, mobile, sporulé.
a) COLORATION. — Prend le Gram.
b) CULTURES. — Anaérobie strict. Trouble uniformément le bouillon glucosé, puis se dépose. Pas de dégagement gazeux.
Liquéfie rapidement la gélatine. Digère le sérum coagulé et la viande. Coagule le lait, puis digère le caïllot.
Pathogène pour tous les animaux de laboratoire : œdème, digestion des tissus, dénudation des os.
Produit une toxine qui provoque les mêmes désordres que le microbe.
E. — Bacillus sporogenes.
Cilié. Mobile. Sporulé. Ressemble au vibrion septique. a) COLORATION. — Prend le Gram.
b) CULTURES. — Anaérobie strict. Trouble le bouillon glucosé, dégagement gazeux et odeur putride.
Liquéfie rapidement gélatine, sérum et ovalbumine coagulés. Coagule le lait en grumeaux qu’il digère ensuite. Digère la viande. Attaque glucose, lévulose, maltose, galactose, mannite.
Certaines variétés sont pathogènes pour le cobaye (gangrène gazeuse putride) et pour l’homme lorsqu'elles sont associées à d’autres microbes. Produit une toxine peu active.
F. — Bacillus fallax.
Cils nombreux et longs. Mobile, peu sporulé, encapsulé dans les cultures jeunes et les sérosités pathologiques. a) COLORATION. — Prend le Gram.
b) CULTURES. — Anaérobie. Trouble le bouillon Martin sucré, avec dégagement gazeux et odeur aigrelette. Non protéolytique mais fortement saccharolytique. Pathogène pour le cobaye. Toxine peu active.
G. — Bacillus aerofætidus.
Mobile. Prend le Gram. Non sporulé. Trouble le bouillon Martin. Odeur.
Liquéfie rapidement la gélatine. Attaque l’ovalbumine coagulée et la rend transparente. Coagule le lait et digère le caillot, Digère le sérum coagulé. Peu pathogène pour le cobaye.
H. — Bacille tétanique.
Examen à l’état frais. Bâtonnet grêle, non sporulé dans le pus. Spore terminale réfringente dans les milieux de culture (forme en épingle). Légèrement mobile en l'absence d'oxygène et seulement avant la sporulation. Nombreux cils péritriches (30 à 100) en culture jeune non sporulée.
a) COLORATION. — Toutes les couleurs basiques d’aniline. Spores colorables par la méthode de Moeller comme celles du charbon. Prend le Gram.
b) CULTURE. — pH limites = 5,5-8,3 ; optimum — 7,0- 7,6. Anaérobie. Supporte la présence de faibles quantités d'oxygène. Culture entre 15 et 420. Optimum 37°. Bouillon frais troublé en 24heures, puis éclairci par dépôt des spores. Odeur caractéristique de corne brûlée.
Gélose. — Culture en arbre de pin par piqûre. Dégagement de fines bulles gazeuses (CO?, CH).
Gélatine. — Colonies radiées. Dégagement de petites
bulles gazeuses. Liquéfaction lente.
Lait non coagulé.
Pomme de terre. — Culture maigre, filaments fins, sans spores.
Pulpe de cerveau. — Excellent milieu (von Hibler), noir-
cit par formation de sulfure de fer.
Spores très résistantes à la chaleur (tuées en 4 heures à 90°, en 2à 3 minutes à 100°) et aux antiseptiques. Abondantes dans l'intestin des herbivores et la terre des jardins.
Tous les animaux de laboratoire sont sensibles à l’infection tétanique, la souris, le rat et le cobaye, en particulier, le lapin et le chien résistent davantage. Les cultures jeunes ne sont pas virulentes. Dès que la toxine est formée, leur inoculation donne le tétanos. Les spores lavées et chauffées
à 80° sont inoffensives ; mais lorsqu'elles sont protégées contre la phagocytose par un caillot sanguin, des corps étrangers ou des microbes associés, ou quand elles sont injectées avec une dilution d'acide lactique ou de sulfate de quinine, elles deviennent tétanigènes.
Le bacille tétanique reste localisé au point d’inoculation où il sécrète une toxine d’une extrême activité. Le milieu le plus favorable à la préparation de la toxine tétanique est le bouillon Martin frais, faiblement alcalin, additionné de 1 p. 100 de peptone et de 0,5 p. 100 de NaCI. Culture à 370. Le maximum d'activité est observé vers le 10° jour ; la toxicité diminue ensuite, surtout au contact de l’air. Les cultures décantées, non filtrées, sont plus actives. On peut obtenir des filtrats hypertoxiques en ensemençant le bacille tétanique dans un filtrat provenant d’une culture de 20 jours et en répétant la même opération une ou deux fois, Une toxine initiale tuant la souris au 1/1.000 de centimètre cube peut ainsi devenir mortelle pour le même animal à 1/100.000 de centimètre cube.
La toxine tétanique est facilement modifiée ou détruite par la lumière et les agents oxydants, par la bile dont 1 centimètre cube neutralise 200 doses mortelles pour le cobaye (Vincent); le trichlorure d’iode, la solution de Lugol, le formol (Ramon). On la conserve en solution glycérinée au froid ou sous huile de parafline. Elle est précipitable par le sulfate d’ammoniaque à saturation. Le précipité dialysé et séché à 22° est stable. Injecté aux animaux sensibles, il provoque l'apparition d’un tétanos typique.
ÏJ. — Bacillus botulinus.
Bacille rectiligne, à bouts arrondis. Sporulé. Légèrement mobile. Prend le Gram. Anaérobie strict. Température optimum 220. Trouble le bouillon glucosé avec dégagement gazeux. Odeur butyrique. Colonies transparentes, arrondies, jaune brun sur gélose glucosée. Gélatine, lentement liquéfiée. |
Peu pathogène. Rencontré dans les aliments altérés ;
sécrète une toxine très active dont l'injection reproduit les symptômes de la maladie naturelle (botulisme).
J. — Bacillus fusiformis.
Examen à l’état frais. Bacille long, rectiligne ou incurvé, parfois sinueux, extrémités effilées et partie médiane renflée. Non cilié. Immobile.
COLORATION. — Toutes les couleurs basiques d'’aniline. Ne prend pas le Gram.
CULTURE. — Anaérobie. Culture difficile, vit en sym-
biose avec divers microbes, cocci, spirilles. On peut obtenir des colonies pures, repiquables dans la gélose sucrée de Veillon.
Pathogène (pourriture d'hôpital, angine de Vincent) est généralement associé à un fin spirille.