SEPTIÈME PARTIE
GHAPITRE NEIX
DÉSINFECTANTS ET ANTISEPTIQUES. — DESTRUCTION DES ECTOPARASITES ANIMAUX.
a) CRÉSYLOL SODIQUE.
Crésylol officinal.. . . 1 kgr. (de densité environ 1.045) Soude caustique liquide. 1 kgr.
Effectuer le mélange dans un vase en grès ou en métal émaillé, car il dégage beaucoup de chaleur qui ferait éclater le verre.
S'emploie en solution à 40 grammes par litre. Le crésylol sodique renferme 50 p. 100 de soude caustique. Son point d’ébullition varie de 185 à 205.
b) Lysoz (Crésyl-oléine-potasse). — Très soluble, ne tache pas le linge et n’est pas caustique pour les muqueuses. S’emploie en solutions à 40 grammes par litre dans l’eau distillée ou de pluie. L’eau de robinet, si elle est calcaire, forme un précipité qui trouble la solution.
c) CHLORURE DE CHAUX. — Solution à 10 grammes par litre. On délaye d’abord 100 grammes de chlorure de chaux du commerce dans un litre d’eau. On étend ensuite à 10 volumes avec de l’eau tiède à 40-50°au moment d'en faire usage. La dose de 10 grammes de chlorure de chaux correspond à 1 litre de chlore, si le chlorure de chaux titre 100%, c’est-à-dire renferme 100 litres ou 321 gr. 5 de chlore par kilogramme. Mais la teneur en chlore du chlorure de chaux ou hypochlorite du commerce est variable (de 90 à
1300 ordinairement). Il faut doncreconnaître, par un titrage chlorométrique préalable, celle du produit qu’on veut employer.
d) EAU DE JAVEL. — Dilution à 25 grammes par litre, correspondant à 2gr. 5 de chlore actif par litre.
(Même observation que pour le chlorure de chaux pour la teneur en chlore. L’eau de Javel du commerce renferme habituellement de 60 à 100 grammes de chlore actif par litre).
e) LIQUEUR DE LABARRAQUE. — (Hypochlorite de soude ou chlorure de soude liquide du Codex, titrant 2 fois son volume de chlore actif).
S’emploie en solutions à 50 ou 100 grammes par litre, principalement pour les lavages et la désinfection des muqueuses des cavités naturelles.
Nota. — L'efficacité des divers produits à base de chlore dépend de leur teneur en chlore. Or celle-ci est très variable. Il importe donc d’en préciser le titre, ce qu’on peut faire aisément de la manière suivante :
On pèse 10 grammes d’'hypochlorite de chaux ou d’eau de Javel et on dissout ou délaye dans une quantité d’eau distillée suffisante pour porter le volume à 1 litre.
On verse 25 centimètres cubes de cette solution dans une fiole conique dans laquelle on ajoute 2 grammes d’iodure de potassium dissous et quelques gouttes d'acide chlorhydrique pour acidifier légèrement. Puis on dose l’iode mis en liberté par une solution d’hyposulfite de sodium à 24 gr. 800 par litre (hyposulfite cristallisé purifié). 1 centimètre cube de cettesolution correspond à 3 milligr. 55 de chlore actif.
f) ANTIFORMINE. — Constituée par parties égales de la liqueur chlorurée calcique et sodique de la Pharmacopée anglaise et d’une solution à 15 p. 100 de soude caustique.
La formule de la liqueur chlorurée tue et sodique de la Pharmacopée anglaise estla suivante:
Garbonate de soude. “sutu,b 21 Sue 60 gr.
Chlorure de chaux sec. . . ." + . + .:. 40 gr. atrdrisiiltée 7 SSP CRE LNIIEr
Dissoudre le carbonate de soude dans 100 centimètres cubes d’eau distillée ; triturer ensuite le chlorure de chaux dans 300 centimètres cubes d’eau distillée ; filtrer séparément les deux liqueurs, les mélanger et filtrer de nouveau.
g) LAIT DE CHAUX. — 1 kilo de chaux éteinte pour 4 litres d’eau. (On éteint la chaux en délitant 1 kilo de chaux vive avec 500 grammes d’eau qu’on ajoute par petites portions.) |
Pour désinfecter les déjections, il faut mélanger celles-ci avec 2 p. 100 de lait de chaux fraîchement préparé. Contact au moins six heures.
h) ALDÉHYDE FORMIQUE OÙ FORMOL. — Solution à 40 grammes par litre d’eau (40 centimètres cubes de solution commerciale à 40 p. 100, dans un mélange d’eau et d’alcool méthylique à parties égales).
En vapeurs 2gr. 5 à 5 grammes par mètre cube (voir tables de désinfection ci-après).
Pour l’usage, la solution commerciale d’aldéhyde formique à vaporiser doit toujours être étendue d’au moins 4 fois son volume d’eau afin d'éviter la polymérisation.
Les vapeurs d’aldéhyde formique se combinent avec l’ammoniaque pour former une hexaméthylène-diamine qui n’a pas d’odeur ; d’où la possibilité de faire disparaître rapidement l’odeur de formol dans les locaux désinfectés, en y pulvérisant de l’ammoniaque.
i) DÉSINFECTION DES LOCAUX PAR L'ALDÉHYDE FORMIQUE ET LE PERMANGANATE DE POTASSIUM, A FROID, SANS APPAREILS (Procédé de R. Doerr et H. Raubitschek). — Ce procédé, employé depuis 1908 pour la désinfection officielle en Allemagne, présente les avantages suivants :
1° Suppression de tout appareil coûteux ;
20 [ln'est pas nécessaire de fermer hermétiquement les locaux, ni de coller du papier sur les interstices desfenêtres, des portes, etc.., comme c’est le cas pour les autres procédés ;
3 Ce procédé est si simple qu'il est à la portée de tout le monde ; |
40 Il n’y a pas de danger d'incendie ;
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5° Il est moins cher que tous les autres.
Il faut, pour la désinfection : 1° formol de commerce à 40 p. 100, qu’on étend de la même quantité d’eau ; 2° permanganate de potassium cristallisé ; 3° de grands vases dans lesquels on verse la solution de formol sur le permanganate de potassium.
D’après le tableau établi par les auteurs, un local de 50 m° (on calcule le volume du local en multipliant la longueur par la largeur, puis par la hauteur) néeessite, pour être désinfecté : 1 kilo de permanganate de potassium cristallisé et 2 litres de formol à 40 p. 100, étendus d’eau. Il faut surtout veiller à ce que les vases soient très grands et employer, dans le cas ci-dessus par exemple, une cuve de 25 litres, car ce mélange mousse fortement et pourrait déborder.
On opère de préférence à la température de 20°. En hiver, on chauffera le local, au préalable, et on attendra que le feu soit éteint. Les vieilles cuves, baquets ou tonneaux en bois, de dimensions convenables, sont préférables aux vases en métal, bien que ces derniers ne soient pas détériorés par l'emploi de ces produits.
Pour éviter que le liquide ne vienne tacher le plancher s’il débordait, on placera les cuves sur des vieux chiffons ou des sacs. Du reste les taches s’enlèvent facilement par l'acide oxalique. Pour désinfecter, on ferme simplement les portes, les fenêtres ou toutes autres ouvertures. On ouvre largement les armoires, commodes, bahuts ; on défait les lits ; on suspend les tapis, couvertures, draps, de telle sorte que les vapeurs désinfectantes puissent pénétrer partout, et on verse, dans les ustensiles ad hoc contenant le permanganate de potassium cristallisé, la quantité nécessaire de formol dilué. Après 10 à 12 secondes, le gaz se dégage sous la forme d’un épais nuage qui se diffuse dans la pièce. Durant ces 10 secondes, on peut facilement sortir et fermer la porte. On laisse les vapeurs agir pendant six heures, temps suffisant pour que la désinfection soit complète. Il ne reste plus qu’à aérer ensuite jusqu'à disparition de l’odeur piquante du formol.
La tableau qui suit permet de se rendre compte de la quantité de produits à employer pour la désinfection des locaux.
Contenance |Quantités nécessaires de| Contenance minimum
en mètres cubes
Formol des vases à employer à ne MnO#K à 40 p. 100 pour le mélange dilué
2 litres 25 lit. de contenance
és LAS LES 50 lit. ou 2 vases de 25 lit.
4 ») ») » ») Pt.» 75 lit. ou 3 vases de 25 lit.
8 100 lit. ou 4 vases de 25 lit.
0 » 125 lit. ou 5 vases de 25 lit.
J) AMMONIAQUE. — On peut remplacer les procédés usuels de désinfection des pièces habitées (fumigation de formol ou de ses succédanés) par l’évaporation d’ammoniaque ordinaire placée simplement dans des vases plats (cuvettes de photographe, par exemple) au niveau du parquet. Le D’ Riegler, à l’Institut d'hygiène de Buda-Pesth, désinfecta ainsi une chambre de 100 mc? avec 1 kilo d’ammoniaque ordinaire. Après une heure, il s'était évaporé 200 grammes de liquide, après 2 heures 250 grammes, après 3 heures 300 grammes, après 4 heures 350 grammes, après heures 390 grammes et 450 grammes après huit heures. Naturellement la pièce doit être hermétiquement close.
Dans ces conditions, après examen de tissus imprégnés auparavant demicrobes divers, on constate que les bacilles du choléra et de la typhoïde sont tués au bout de deux heures, la bactérie et les spores du charbon en moins de trois heures, le bacille diphtérique après huit heures. On voit que le procédé est efficace ; en outre il est peu coûteux ; enfin il n’altère ni les meubles, ni les tentures ‘.
k) SourrEe. — En brûlant, le soufre dégage le double de son poids d’'anhydride sulfureux (SO?). Ce dernier est un désinfectant assez actif qu’on emploie surtout pour la désinfection et la destruction des rats et des insectes dans les cales de navires, magasins, docks, caves, etc. Il a l’inconvénient de décolorer certains tissus et d’attaquer légèrement