CHAPITRE XXIITI
RECHERCHE ET TITRAGE DES ANTICORPS TUBERCULEUX
A. — Préparation des antigènes tuberculeux.
a) Extrait peptoné B? de Calmelte et Massol. — On fait macérer, pendant 48 heures, au bain-marie à 659, 5 grammes de bacilles secs, préalablement lavés, dans 100 centimètres cubes d'une solution de peptore de Witte à 10 p. 100 dans l’eau distillée (la teneur en peptone dela tuberculine brute de Koch est de 10 p. 100,. On sépare ensuite le liquide des microbes par filtration, et on le répartit en flacons ou en ampoules.
Cet antigène est un véritable extrait de bacilles de Koch, dépourvu des substances complexes inactives ou empêchantes que renferme la tuberculine. Il décèle les moindres quantités d'anticorps contenues dans les divers sérums de sujets tuberculeux.
Pour l'emploi, on le dilueau 1/10 dans l’eau physiologique et on ajoute, à chaque tube de réaction, 1 centimètre cube de cette dilution.
b) Antigène à l'œuf de Besredka. — La culture en profondeur du bacille tuberculeux, dans un milieu Hquide à l'œuf, a permis à Besredka de préparer un antigène doué d’une grande sensibilité. On emploie.à cet effet,une culture de quatre jours de bacilles tuberculeux humains dans le bouillon à l'œuf réparti à raison de 50 centimètres cubes par boîtede Roux. Après stérilisation par un chauffage de trente minutes à 1009, on laisse pendant vingt quatre heures les bacilles se déposer au fond de la boîte, puis on décante et on centrifuge le dépôt ; le culot ainsi obtenu est dilué dans 4 centimètres cubes d’eau physiologique. La suspension microbienne est ensuite soumise, au moins pendant deux heures, à une agi-
TITRAGE DES ANTICORPS TUBERCULEUX 235
tation mécanique dans un tube de verre muni de billes de verre. Finalement, elle est diluée dans trente fois son volume d'eau physiologique à 9 p. 1.000. |
D'après Urbain, la partie active de l’antigène à l'œuf récemment préparé avec une culture de quatre jours, est constituée par les corps microbiens émulsionnés. Au contraire, dans une émulsion ancienne, c’est le liquide séparé par centrifugation qui est devenu très actif, comme nous l'avons constaté. Les bacilles tuberculeux, remis en émulsion dans l’eau physiologique, ne dévient plus que très faiblement l’alexine. L’antigène de Besredka préparé depuis 2 ou 3 mois se comporte donc comme un extrait bacillaire. Sa sensibilité se conserverait intacte pendant au minimum 15 mois.
c) Antigène méthylique de Boquet et Nègre. — Des bacilles humains et bovins, provenant de cultures sur bouillon glycériné, âgées de 6 semaines, sont stérilisés par un chauffage de trente minutes à 1209, filtrés sur papier et mélangés à parties égales. Les corps bacillaires sont ensuite lavés à l’eau distillée sur le filtre, puis desséchés à l'étuve ou dans la cloche à vide.
Les microbes secs sont traités par de l’acétone pendant 24 heures (1 centimètre cube d’acétone par centigramme de bacilles), desséchés de nouveau et, finalement, mis à macérer dans l’alcool méthylique à 999 (1 centimètre cube d'alcool par centigramme de bacilles) !.
On laisse en contact pendant dix à douze jours à 370-380, en agitant fréquemment. Le liquide, séparé du dépôt microbien par filtration, constitue l’antigène tuberculeux qui doit être employé à la dose d’un vingtième de centimètre cube, soit 1 centimètre cube de la dilution au vingtième dans l'eau physiologique. Le pouvoir anticomplémentaire de cette dilution est à peu près équivalent à celui de l’antigène de Besredka. Comme pour ce dernier, il disparaît en présence du sérum normal.
Les extraits méthyliques doivent être conservés à l’abride la lumière et de l'air, à cause de leur pouvoir hygroscopique. Ils fournissent, à froid, un précipité assez abondant qui se
1. Il est indispensable d'employer de l'alcool méthylique à 99, l'action dissolvante des alcools à titre plus faible étant presque nulle.
286 RÉACTIONS HUMORALES ET HÉMATIMÉTRIE
dépose sous la forme depetites masses blanches, et se redissout entièrement lorsque le liquide est porté à 459-500.
Au moment de l'emploi, l’antigène méthylique,rendu limpide par un séjour de quelques minutes à l’étuve ou au bainmarie à 90°, est prélevé avec une pipette sèche et versé dans un verre sec. Il est additionné, d’abord goutte à goutte, puis plus rapidement, d’eau physiologique, dans les proportions indiquées. L’émulsion doitêtretrouble et opalescente. Pour éviter les échecs, ilest indispensable de se conformer à cette technique.
Les extraits ainsi préparés ont une activité plus grande que les extraits méthyliques directs tels que Petrof les avait réalisés. Leur sensibilité est équivalente-à celle de l'extrait peptoné de Calmelle et Massol et de l’antigène à l'œuf de Besredka. Is fournissent une réaction positive avec les sérums des tuberculeux, même en présence de très faibles quantités d'anticorps. Ils offrent l'avantage d’une préparation facile et d'une conservation indéfinie. On peut se les procurer à l’Institut Pasteur.
B.— Technique de Calmette et Massol pour la recherche des anticorps tuberculeux.
La méthode de Calmette et Massol, appliquée au titrage des anticorps tuberculeux dans le sérum des malades, comporte trois séries de tubes : la première, de 5 tubes ou davantage, reçoit une quantité fixe, soit O0 cc. 2 du sérum à éprouver, inactivé par chauffage pendant 1/2 heure à 55° et une quantité fixe de l’antigène méthylique, soit 1 centimètre cube de la dilution au 1/20 ; la 2e série de trois tubes (témoins sérum) reçoit lamême quantité de sérum queles tubes de la 1" série, soit 0 cc. 2. La 3° série de 3 tubes (témoins antigène) reçoit la même quantité d'antigène que les tubes de la 1'e série, soit 1 centimètre cube.
Dans chaque tube des trois séries, on ajoute ensuite des doses croissantes d’alexine à partir de la dose minima.
On complète partout au volume total de 2 cc. 5 avec de l’eau salée physiologique à 8,5 p. 1.000 et on agite soigneusementchaque tube pour assurer l’homogénéité du mélange.