Auteur du livre de Néhémie ou second d'Esdras
1° Il porte le nom de Néhémie : celui-ci y raconte lui-même, à la première personne, son voyage à Jérusalem et ce qu'il y a fait. Le titre, il est vrai, pourrait être pris dans le sens d'histoire de Néhémie, mais la forme du récit prouve que Néhémie est l'auteur de sa propre histoire et que c'est une sorte d'autobiographie (1). Il a, dans ses prières, une locution qui lui est familière et qui revient soMy^ni: Mémento mei^Deus
(1) Il ne 86 propose point d'ailleurs directement de raconter sa vie: il veut surtout faire connaître la restauration de Jérusalem et du culte, pour montrer l'accomplissemeut des promesses de Dieu.
128 CHAP. Y. — LES DEUX l:7:ies d'esdras. [5IOl
meus, V, 19; vi, 14; xin, 14; 2-2; 29; 31. C'est le dernier mot du livre et comme la signature de l'auteur.
2° Tout le monde admet que Néliémie a rédigé les six premiers chapitres; mais les rationalistes prétendent que la partie comprise de vu, 69 à xii, 26, est postérieure d'un siècle à la première, et ils l'attribuent à celui qu'ils appellent le chroniqueur; ce dernier, d'après eux, a composé les Paralipomènes, Esdras et Néhémie, lesquels ne forment pas trois ouvrages différents, mais un seul; il a inséré, II Esd., i-vi, disent-ils, un mémoire de Néhémie ; le reste de ce livre est de sa composition. Ils apportent quatre raisons en faveur de leur sentiment : 1** La diversité du style de viii-x, comparé à i-vi. — Celte diversité n'existe pas : la seule preuve qu'on essaie d'en donner, c'est que, i-vi, Dieu est appelé Élohim, tandis que, viii-x, il est appelé tantôt Élohim^ tantôt Jéhovah ou Adonaï. En réalité, il est ordinairement nommé Élohim , et le nom de Jéhovah se lit aussi i. Les autres raisons qu'on apporte ne sont pas plus concluantes. — 2° Le rôle que joue Esdras, viii-x. Dans ces chapitres, Néhémie disparaît, ce qui n'aurait pas lieu, s'il en était l'auteur. — Néhémie, laïque, s'efface dans les choses religieuses devant Esdras qui est prêtre, mais il ne disparaît point complètement, il est même nommé avant Esdras, viii-9. — 3° Nous lisons, Néh., viii, 1, à peu près le même verset que dans l Esdras, m, 1 , ce qui indique que l'auteur des deux passages est le même. — S'il y a quelques ressemblances, c'est parce qu'il s'agit d'une fête qui revenait tous les ans à la même époque et dans des circonstances analogues. — 4" Un argument plus fort en apparence contre la composition de II Esdras parNéhémie est tiré de ce que la liste des grands-prêtres contient, xii, 11,22, le nom de Jeddoa ou Jaddus, contemporain d'Alexandre le Grand. L'échanson d'Artaxercès, qui avait au moins trente ans la 20^ année de ce roi de Perse, en 445, quand il fit son premier voyage à Jérusalem, ne pouvait écrire en 330, à la chute de l'empire perse. — En examinant attentivement la généalogie en question, xii, on remarque que les 'ji^. 1-9, contiennent une première liste des prêtres revenus de captivité avec Zorobabel , laquelle
[o2i] ART. II. — DU LIV. DE NÉIIÊMIE OU SEC. LIV. d'eSD. 429
est antérieure à Néhémie; i2-21, ime seconde liste des familles sacerdotales du temps du grand-prêtre Joacim, fils de Josué, et 24-25, une troisième liste des chefs des familles lévitiques. Le 'f. 2G conclut en disant : Bl in diedus Joacim filii Josiie, filii Josedec^ et in diebus Nehemiœ ducis et Esdrœ sacerdotis scriOœque. Ce résumé nous prouve que cette table généalogique est de l'époque de Néhémie. Quant aux versets 40-41 et 22-23^ ils y ont été ajoutés plus tard pour la compléter, par une main étrangère.