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De la rime

Quelques hébraïsants ont cru que la rime jouait un rôle dans la poésie hébraïque. Elle s'y rencontre quelquefois, mais elle n'en est pas un élément essentiel. Les écrivains hébreux ne s'y sont jamais astreints d'une manière régulière et suivie (1).

* 603. — De l'assonance.

Les poètes bibliques affectionnent Y assonance^ c'est-àdire la reproduction fréquente d'une même syllabe dans la composition d'une pièce plus ou moins longue. Cette syllabe est d'ailleurs placée arbitrairement dans le vers. On peut citer comme exemples remarquables d'assonances L Ps. cxxiv (hébreu), et le cinquième chapitre des Lamentations, où la syllabe nou se rencontre trente-cinq fois dans les quarantequatre vers qui le composent.

milieu d'un verset. On a supposé que dans ces deux derniers exemples, comme dans la série précédente, le sélah était mal placé; mais les cas sont trop nombreux pour permettre d'accepter facilement cette hypothèse. De plus, les anciennes versions ont le sélah au même endroit. (1) Voici les principaux exemples de rimes dans la poésie biblique : G en., IV, 23; XLix, 5, 6, 7, 8; Num., xxiv, 5, 6; Deut., xxxii, 15, 16, 17; Ps. VIII, 3, 4, 5, 6, 7; xviii, 2, 5, 6, 15, 17, 18, 20, 21, 27, 28, 34, 36, 37, 39, 41, 43, 44, 45, etc.; xx; xxill, 2, 3, 4, 5; xxv, 4, 5; xxxiv, 5, 6; cxLiv, 11-15; Prov., xxxi, 17, 18; Gant, m, Il ; Is., xxxiii, 22. etc. La rime est frappante dans la réponse de Samson aux Philistins qui ont deviné son énigme par la trahison de sa femme ; Jud., xiv, 18 : Lonlê' kharaschMem be'égld/Af Si voui n'aviez pas labouré avec ma génisse, Lô' metiâ'^Atfm khidaMi. Vous n'auriez point deviné mon énigme.

L'emploi régulier de la rime, dans la poésie rabbinique, paraît avoir été introduit seulement vers le vu» siècle de notre ère.

♦ 604. — De l'allitératioD.

Outre leur goût pour l'assonance, les poètes hébreux avaient une prédilection marquée pour V allitération, c'est-àdire la répétition des mêmes lettres ou des mêmes syllabes (1 ), Vannominaiion ou la répétition des mêmes mots sous des formes différentes (2), les jeux de mots (3). Ce sont là autant de traits du goût oriental. Ils ne sont pas d'ailleurs exclusivement propres à la poésie; ils se retrouvent aussi, mais beaucoup plus rarement , dans la prose.

• 605. — Poèmes acrostiches ou alphabétiques.

4° Il existe en hébreu un poème d'une forme particulière, dont il nous reste à parler pour achever de faire connaître l'art poétique d'Israël ; c'est le poème alphabétique, dans lequel chaque vers ou chaque série parallèle de vers commence par une lettre de l'alphabet, reproduit selon l'ordre reçu. C'est donc une sorte d'acrostiche. Ce genre de composition paraît avoir été adopté, de préférence, pour aider la mémoire à retenir les vers, quand la suite des idées n'était pas très marquée (4).

(1) Ps. II, 8; XXII, 28; lxxii, 8; xcviii, 3; Is., XLV, 22; xLix, 2; Ps. XLVii, 5 ; Prov., v, 4; Is., xlix, 2 ; Ez., v, 1 ; Ps. lxxiv, 6 ; lxxxvî, 1 5 ; cm, 8 ; CXI, 4; cxii, 4;CXLV, 8; Soph., i, 15; Job, xxx, 3; xxxviii, 27, etc., etc.

(2) Is., xxii, 17, 18; xxiv, 16; xxvii, 7; xxix, 14; xxxiii, 1, etc.

(3) Gen., XLix, 19 (voir n" 357, la note sur ce passage); Ps. xxXYi, 10 j XL^ 4; LU, 8; Is., xxix, 1, 2; Zach., ix, 5, etc.

(4) Les Ps. CXI et cxii sout composés chacun de vingt-deux vers, commençant par les vingt-deux lettres de l'alphabet. Les membres parallèles sont doubles dans les huit premiers versets, formés par les seize premières lettres. Le parallélisme a trois membres dans les deux derniers versets, et par conséquent six vers, commençant par les six dernières lettres. Dans le Ps. cxix (Viilgate, cxviii), il y a vingt-deux stances de seize vers chacune. Le premier membre parallèle de chaque stance commence par la même lettre. Ce sont là les seuls exemples de Psaumes alphabétiques parfaitement réguliers. L'éloge de la femme forte dans les Proverbes, xxxi, 10-31, est aussi un poème alphabétique tout à fait régulier, de même que les deux premiers chapitres et le quatrième des Lamentations. Dans le troisième chapitre, chaque lettre de l'alphabet est répétée trois fois et l'ordre est exactement suivi, excepté pour le phé, qui est placé avant Vain, au lieu de le suivre. Les

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