Caractère général des livres historiques
Les livres historiques dont nous venons d'énumérer les noms continuent l'histoire du peuple de Dieu, commencée dans l'Exode, les Nombres et le Deutéronome. Ils ne sont pas II. 1
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tous écrits de la même manière et dans la même forme, mais ils ont cependant des caractères communs quant au fond et quant au style.
1" Quant au fond, ils s'attachent principalement à faire ressortir l'intervention continuelle de la Providence, qui se manifeste fréquemment, dans le gouvernement de son peuple, par des miracles et par des prophéties. Tout ce qui ne tend pas à faire ressortir l'action de Dieu sur Israël est volontairement négligé et passé sous silence, ou du moins n'est mentionné qu'accidentellement et par voie d'allusion.
2° Quant à la forme, elle est simple et naturelle ; tantôt brèvx et laconique, tantôt abondante et diffuse; les répétitions y sont assez fréquentes ; les transitions font défaut et la liaison même des événements n'est pas indiquée. — Un des traits les plus importants à signaler dans les historiographes hébreux^ antérieurs à la captivité, c'est qu'à la différence des écrivains occidentaux, ils racontent toujours purement et simplement les faits, sans jamais les juger. Ils constatent que le peuple de Dieu est heureux, quand il est fidèle à la loi, malheureux, quand il la transgresse, Jad., ii, 12-20, etc.; c'est là, pour ainsi dire, leur philosophie de l'histoire; mais à part cette indication du rôle de la Providence, ils sont simples narrateurs. — Ainsi la conduite de Samson, se laissant entraîner par ses passions désordonnées, n'est point blâmée expressément par Fauteur sacré, et celle de David, épargnant Ja vie de Saûl, son ennemi, quand le sort de ce roi est entre ses mains, n'est l'objet d'aucun éloge formel. L'historien ne prononce non plus lui-même aucun mot de désapprobation contre les différents actes répréhensibles de ce prince; et si les crimes contre Urie et Bethsabée sont justement condamnés dans ses écrits, ce n'est pas directement par l'écrivain, mais indirectement, par le prophète Nathan, II Reg., XII. L'orgueil de David, dans le dénombrement de son peuple, n'est également réprouvé que par la confession du coupable lui-même et par les paroles du prophète Gad, IIReg.,xxiv, 10, 17; 13.
3° Cette manière impersonnelle d'écrire l'histoire se re-
marque dans le Pentateuque comme dans les autres livres historiques de l'Ancien et du Nouveau Testament, à l'exception du second livre des Machabées, où l'auteur inspiré a jugé les faits à la façon des historiens grecs. Elle est très importante à noter, parce qu'elle fournit la solution de beaucoup d'objections qu'on a soulevées contre les Livres Saints. On a prétendu qu'ils approuvent les actions coupables qu'ils rapportent, parce qu'ils ne les censurent point. Rien n'est plus faux : ils n^approuvent ni ne désapprouvent les événements qu'ils racontent; au théologien et au critique de les apprécier d'après leur nature et leurs conséquences. Neque approbavit hoc Scripiura neque reprobavit, dit S. Augustin, au sujet d'actes répréhensibles rapportés par les Écritures, sedy justitia et lege Dei consulta, œstimandam pensandumque dimisit..., utnoster intellectus in judicando exerceretur (1).