ART. I. — INTROD. AUX PROPHÉTIES DE JÉRÉMIE
par l'intervention des princes de Juda, parmi lesquels il devait y avoir encore des conseillers de Josias, xxvi. Environ quatre ans plus tard^ l'armée de Néchao, qui était allée combattre les Ghaldéens en Mésopotamie, fut battue à Gharcamis, XLVi, 2. La victoire de Nabuchodonosor sur le pharaon ruina les espérances du parti égyptien en Juda. Les prophéties de Jérémie commençaient à s'accomplir. Déjà les soldats babyloniens envahissaient de nouveau la Palestine, à la poursuite des Égyptiens vaincus, et ceux qui n'habitaient point dans des villes fortifiées étaient réduits à se réfugier dans les murs de Jérusalem, comme le firent les Réchabites, xxxv; cf. iV Reg., X, 15, pour échapper à la brutalité de l'ennemi. Le prophète choisit ce moment solennel, où la patrie courait un danger évident, pour faire promulguer par son disciple Baruch tous les oracles divins qu'il avait fait recueillir en volume. L'émotion fut grande ; Jérémie et son secrétaire furent obligés de se cacher; Joakim brûla le rouleau qui contenait la prédiction des malheurs de sa capitale, xxxvi. Sans se laisser déconcerter, Jérémie s'empressa de dicter de nouveau ses prophéties à Baruch, xlv. Il apprit, sur ces entrefaites, que la captivité de Babylone durerait soixante-dix ans, xxv, 8-12. Les malheurs qu'il avait prédits à Joakim ne tardèrent pas à se réahser : Nabuchodonosor assiégea et prit Jérusalem; il emmena captifs un certain nombre de Juifs parmi lesquels Daniel et ses compagnons (606) (1). C'est de celte première déportation que datent les soixante-dix ans de la captivité.
(1) Daniel, i, 1, porte la 3« année du règne de Joakim, au lieu de la 4* année que nous lisons dans les prophéties de Jérémie. Ce n'est pas une contradiction; c'est simplement une manière différente de compter: « Daniel parle de la 3^ de Joakim achevée et Jérémie de la 4« commencée. » Calmet, In Jer.^ xxv, 1, p. 271. Nabuchodonosor chargea Joakim de liens et voulut l'emmener captif à Babylone, mais la mort imprévue de sou père Nabopolassar l'ayant forcé de retourner précipitamment à Babylone, il laissa Joakim sur le trône de Jérusalem, ou bien, l'ayant emmené à Babylone, il Par., xxxvi, 6, il le renvoya bientôt après dans sa capitale, comme un roi d'Assyrie l'avait fait autrefois pour Manassé, Il Par., xxxiii, 11-13, et c'est à Jérusalem que Joakim mourut et qu'il fut enseveli dans le tombeau de ses pères, IV Reg., xxiv, 5; Jer., xxii, 19 ; XXXVI, 30.
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Quelques années après, Joakim s'étant révolté contre Nabuchodonosor, celui-ci vint mettre de nouveau le siège devant la capitale de la Judée. Joakim mourut probablement au commencement des opérations, et ainsi furent réalisées les prophéties faites contre lui, Jér., xxii, d9; xxxvi, 30 (598).