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ART. I. — INTROD. AUX PROPHÉTIES DE JÉRÉMIE

disposés à suivre ces conseils. Non contents de l'avoir mis en prison, irrités par les prophéties qu'il continuait à faire, ils voulurent en finir avec lui et le jetèrent au fonds du puits de Melchias ; il y serait mort, sans l'intervention d'Abdémélek, eunuque éthiopien, qui le sauva avec la connivence du roi, xxxviii. Il resta cependant prisonnier. Sédécias le consulta en secret; Jérémie lui annonça qu'il n'échapperait pas aux Chaldéens, xxxviii, 18. Ces derniers revinrent en effet au bout de peu de temps, et leur retour produisit la plus profonde consternation, XXXII, 2. La victime de la fureur populaire chercha alors à relever les courages abattus, par un acte propre à montrer la confiance qu'il avait dans l'avenir : il acheta un champ à Anathoth, xxxii, 6-9, parce que Dieu lui avait révélé « qu'on posséderait de nouveau des maisons et des champs et des vignes dans le pays, » xxxii, 15, sous le règne heureux et glorieux du Messie, xxxiii, H , 16-18. Cependant ces belles prophéties ne devaient se réaliser que longtemps après.

983. — Ministère de Jérémie à l'époque de la ruine de Jérusalem.

L'heure fatale sonna enfin. Jérusalem fut prise, le temple brûlé, le roi et les princes emmenés en captivité (588). Jérémie eut l'amer privilège d'être bien traité par le vainqueur. Il fut délivré de prison; on lui laissa le choix d'aller à Babylone ou de demeurer en Judée. A Babylone, c'étaient les honneurs ; à Jérusalem, c'était la désolation. Il n'hésita pas ; il resta au milieu des ruines de la cité sainte et se retira ensuite à Masphat, xl, 6. Il avait consacré quarante ans de sa vie à prévenir ou à atténuer les malheurs qui venaient de fondre sur sa patrie; n'ayant pu les empêcher, il voulut du moins les partager. Sur les débris fumants de Jérusalem et )lu temple, il composa ses immortelles Lamentations^ où son f xquise sensibilité se manifeste d'une manière si touchante. Il les écrivit, d'après la tradition, au nord de Jérusalem, dans la grotte qu'on appelle aujourd'hui la grotte de Jérémie. Aucune langue ne possède d'élégie comparable à celle de ce prophète, qui avait tant aimé la ville et la maison de son Dieu, sans pouvoir les sauver. Jamais poète n'a su accu-

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muler comme lui les images de la désolation et rendre la douleur plus sympathique.

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