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ÉUe et Elisée

Les deux plus grandes figures de cette époque sont Élie et Elisée. Les Bollandistes appellent Élie le Thesbite : prodigiosus Thesbites{i). Abarbanel dit de lui : Omnium suœ setatis prophetarum facile princeps, et si a Mose discesseris, nulli secundus (2) . C'est, en effet, de tous les personnages de l'Ancien Testament, celui qui a été peint avec les plus vives couleurs. Ses apparitions rares, soudaines et courtes, son courage indomptable et son zèle de feu, l'éclat de ses triomphes, son voyage au Slnaï, ses miracles, son enlèvement au ciel, la calme beauté de sa présence sur la montagne de la Transfiguration, tout cela jette autour de sa personne une auréole incomparable. Son portrait est du reste si bien tracé, ainsi que celui de son disciple Elisée, par l'auteur des Rois, qu'il suffit délire le texte sacré pour en garder à jamais le sou* venir. L'un et l'autre furent les intrépides champions do Dieu contre l'impiété, ils furent comme le type des prophètes d'action et s'acquittèrent parfaitement du rôle pour lequel Dieu suscitait ces hommes, qu'il remplissait de son esprit, à qui il révélait l'avenir et confiait le pouvoir d'opérer des miracles. — Le souvenir d'Élie vit toujours sur le Garrael et dans l'ordre qui porte ce dernier nom (3).

(1) Acta Sanctorum, t. v julii, p. 4.

(2) Smilh's Dictionary ofthe Bible, t. i,p. 524. Cf. Eccli., XLViii, 13-18.

(3) Voir dans les Acta Sanctorum, loc. cit., De S. Elia propheta in Palxs- Hna commentarius historiens, de cultu, gestis, raptu et reditu, p. 4-22.

iOÔ CnAP. m. — LES LIVRES DES ROIS. [500]

§ VI. — HrSTOIRE DU ROYAUME DE JUDA DEPUIS LA CHUTE DU ROYAUME

d'Israël jusqu'à la captivité de Babïlone (721-588), IV Reg., xviu-xxv.

500. — Division et analyse sommaire de l'histoire de cette époque.

Le royaume d'Israël avait servi, de fait, de boulevard au royaume de Juda contre les invasions assyriennes, qui menaçaient à cette époque toute l'Asie occidentale. Quand Samarieeut succombé sous les coups des rois de Ninive, Jérusalem n*eut plus rien pour la protéger contre ces redoutables conquérants. Toute la période qu'embrasse la dernière section des livres des Rois est remplie par la lutte de l'Assyrie d'abord, de la Chaldée ensuite, contre l'Egypte. La Palestine, placée entre les deux rivaux asiatique et africain, s'alliait volontiers avec ce dernier, qui était plus proche et ne nourrissait pas de projets d'agrandissement; elle oubliait trop souvent qu'elle ne devait compter que sur le secours de son Dieu.

d® Ezécbias, fidèle au Seigneur, triomphe, par la protection du ciel, de Sennachérib. La délivrance miraculeuse de son royaume, sa maladie, et l'ambassade qu'il reçoit de Mérodach Baladan sont racontées, xviii-xx. Cf. n** 939. — 2° Son fils Manassé et son petit-fils Amon ne marchent pas sur ses traces, et attirent de grands malheurs sur le peuple, xxi. — 3° Le saint roi Josias cherche à rétabhr la piété dans Juda et se sert du Deutéronome, retrouvé dans le temple, pour l'exciter au culte du vrai Dieu. Il périt à la bataille de Mageddo, en essayant de barrer le passage au roi d'Egypte, Néchao, qui allait porter la guerre en Asie, xxii-xxiii. — 4'^ Sur ces entrefaites, Ninive avait disparu de la face du monde et sa puissance était passée à Babylone et à Nabuchodonosor, roi de cette ville. La dernière section du livre des Rois, xxiv- XXV, nous montre ce redoutable monarque punissant Juda de ses crimes, faisant et défaisant ses rois, prenant plusieurs fois Jérusalem, détruisant enfin le temple de Salomon et emmenant les Juifs captifs sur les bords de l'Euphrate. Les circonstances de ces derniers événements sont plus longue-

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