Ï115T.0IRE
de Boijolin.
Fleur chère à tous les cœurs, elle parc à la fois El le chaume du pauvre et le palais des rois ; Elle orne tous les ans la beauté la plus sage;
Xe prix de l'innocence en est aussi l’image.
. Gentil Bernard,
Tendre fruit des pleurs de l’aurore , Objet des baisers du zéphir,
Reine de l’empire de Flore ,
Ilâte-toi de t’épanouir.
Que dis-je, hélas ! diffère encore.
Diffère un moment de t'ouvrir :
L’instant qui doit te faire éclore Est celui qui doit te flétrir.
Armand GouffM.
Dès que viennent les chaleurs ; Zéphir de ses ailes légères,
Ouvre le calice des fleurs Et le corset de nos bergères.
En tous lieux, ainsi qu’en tout lems-.
L'amour arrange bien les choses;
11 sait que partout au printems,
On doit voir des boutons de rose.
Lemibrhk.
Reine de nos jardins , rose aux vives couleurs. Sois fière désormais d’être le prix des mœurs,
Et de voir éclater tes beautés printanières Sur le front ingénu des modestes bergères ;
Sois plus flattée encore de servir en nos jours De couronne aux vertus que de lit aux amours . La pomme à la plus belle, a dit l’antique usage En plus heureux a dit : la roso à ta plus sage.
ua’damr de Jouve au.
Une rose un jour s’admirait Au reflet d’une eau vive et pure.
Un zépliir léger l’effeuillait,
Et l’onde emportait sa parure.
aimé Martin.
Bientôt dans les bosquets du superbe Orient, La plus belle des fleurs, la rose va paravtrc Elle s’ouvre, aussitôt son parfum se rt P a “ d ’
Couvre son sein charmant d’une vive rougeur.
de Legre.
Vous dont la gloire est d’être belle , D’un sexe aimable jeune fleur,
Prenez la rose pour modèle,
Son éclat naît de sa pudeur.
Cet ornement de la nature Se cache sous un arbrisseau.
Et pour garder sa beauté pure,
Arme d’épines son berceau.
'. Hélas 1 Belle rosière ,
ïr» P ?ÎS d’une rose embellit .on chapeau.
«d^?ïÆS«de ttf BU.pay,e.e-e S .
HISTOIK*
aussi ce qui est arrivé. Nous n’irons pas fouiller dans la littérature de plusieurs peuples nos voisins, tels par exemple que les allemands, etc., etc.j pour comparer ce qu’ils pos^ sèdent de roses poétiques avec ce que nous en avons, parce que nous jugerions mal par des traductions. Mais comme il est peu de personnes qui ignorent les langues harmonieuses de l’Italie ancienne et moderne, nous croyons faire plaisir aux amateurs en leur rappelant ce que les poètes Jde cette patrie des roses ont dit de mieux sur ce sujet. Nous ferons même un rapprochement assez curieux de la manière dont un des poètes latins les plus célèbres, Catulle, et le plus fameux poète de la moderne Italie, l’Arioste, ont traité le même sujet.
Ut flos in septis sccretus nascitur liortis,
Ignotus pecori, nullo contusus aratro,
Quem mulcent aurïe ,firmat sol, educat imber,
Mulli ilium pueri, multæ optavere puellæ ;
Idem quom tenui carptus déflorait ungui,
Nulli ilium pueri, nullæ optavere puellæ.
Sic virgo, dum inupta manet, dum cara suis est,
Quom castum amisit polluto corpore florem ,
Nec pucris jucunda manet, uec cara pueris.
Catülli. Epilhal. Manlii et Junior .
la virginella è simile alla rosa ,
Ch in bel giardin, sulla nativa spina,
Mentre sola e sicura si riposa,
Nè gregge nè pastor se le avvicina ;
L’aura soave e l’alba rugiadosa,
L acqua e la terra al suo favor s’inchina ; --
'Ciovani vaghi, e donne innamorate ,
Amano over ne e seni e tempie ornate.
Ma non si tosto dal materno stelo Pimossa viene, e dal suo ccppo Verde,
Che quanto avea dagli nomini e dal cielo Favor, grazzia e bellezza, tutto perde.
La vergine che’l fior, di ehc più zelo,
Che de’begli occhi e délia vita a ver de,
Lascia altrui corre, il preggio ch’avea innanti Perde nel cor di tutti gli altri amanti.
Abiosxo, Orlando furioso , cant. r.
Ses jroses.
Ces vers del’Arioste sont si évidemment calqués sur ceux: de Catulle , qu’en les traduisant ici nous donnons presque la traduction de ceux de l’auteur latin. Pour rendre ce rapprochement plus piquant, nous mettrons en regard les deux traductions. Catulle dit :
«Comme une rose née à l’écart dans le bosquet solitaire d’un jardin, ignorée des troupeaux, loin du soc meurtrier de la charrue, caressée par les zéphirs, colorée par le soleil, nourrie de rosée, excite les vifs désirs des jeunes garçons et des jeunes filles.
«Comme, lorsqu’elle est cueillie et fanée, elle cesse d’être désirée par eux ;
» De même une jeune fille est chérie des siens tant qu’elle conserve son innocence et sa chasteté ; mais lorsqu’elle a perdu la fleur de sa virginité, les jeunes garçons ne la trouvent plus aimable, et elle cesse d’être chère aux jeunes filles. »
A présent écoutons P Arioste.
«La jeune fille est semblable à la rose, qui, seule et ignorée, dans un beau jardin , repose sur sa tige épineuse. A l’abri des entreprises des troupeaux et des befgers, le doux zéphir, l’aube humide, l’eau et la terre la comblent de leurs faveurs ; la jeunesse folâtre et innocente aime a en parer son sein et à s’en couronner.
» Mais à peine est-elle dé tachée de la tige qui l’a vu naître, nt de sou buisson de verdure, que, faveurs du ciel, grâces , beauté, elle perd tout. Ainsi la jeune fille qui laisse ravir celte fleur d’innocence qu’elle devait garder avec plus de soin que ses yeux et môme que sa vie, perd tous les avantages de ses charmes, et le cœur de tous ses autres amans. »
Mais l’auteur du Pastor fido , qui certainement connaissait aussi les vers de Catulle et qui les a butinés comme l’Arioste, était loin de partager les opinions morales que ^jf>n peut se former à ce sujet. Ecoùtez-le :
Corne in vago giardin rosa gentile,
Che nelle verdi sue tenere spoglie Pur dianzi era rinchiusa,
E sottu l’ombra del notturno vélo
3S nisTomü
Incolta e sconosciuta Stava posando in sul materno stelo,
Al subito apparir del primo raggio,
Che spunta in oriente,
Si desta, e si risente ,
E scopre al sol, che la vagheggia e mita,
Il suo vermiglio ed odorato seno,
Dov’ ape sussurando Nei matutini albori Vola , suggendo i ruggiadosi union :
Ma s’allor non si coghe,
Siccbè del mezzo di senla le Gamme,
Cade al cader del sole Si scolorita in su la siepe ombrosa,
Che appcna si puô dir questa lu rosa.
Cosi. la verginella Mentre cura materna La custodiscc e chiude,
Chiude aqch’ella il suo petto Ail 5 amoroso afletto ;
Ma se lascivo sguardo Di cupidp amator vien, che la min,
E n’oda ella i sospiri,
Gli âpre subito il cure,
E nel tenero scn riceve amore.
E se vergogna il cela,
O temenza l’affrena,
La misera tacendo,
Per soverchio desio tutta si strugge ;
Cosi perde beltà, se 5 l foco dura ,
E perdendo stagion, perde ventura.
Pasxor fido, act. i®, sccna 4*
a La rose vermeille qui, long- tems cachée dans un jardin,
vermeils et odorans, sur lesquels la diligente abeille <jn bourdonnant sucer les larmes de 1 Aurore , mais lo si une main discrète ne prend pas le soin de la cuer, sur sa lige Asséchée elle ressent les chaleurs du milieu dj jour, l’étoile brillante du berger la trouve le soir sans co leur et sans vie, et le voyageur étonné ne sait plus si ce
une rose. Telle est une jeune vierge, tandis que sous la garde d’une mère tendre et vigilante, elle ferme son coeur aux amoureux désirs. Mais si les regards voluptueux d un jeune amant portent dans ses sens tous les feux de 1 amour, et si, sage et craintive, elle se voit forcée de dérober a tous les veux les cruels tourmens qu’elle endure, infortunée. elle se consume, perd sa beauté, et pour jamais s envole loin d’elle la saison fleurie des amours. »
Quand nous avons parlé de l’origine de la rose et de sa couleur, nous avons omis, et certes nous avons eu grand tort dans ce grave sujet, l’opinion d’Ausone. Nous allons reparer notre faute.
Nec satis in verbis. Roseo verrus aurea serlo ,
-Mœrentem puisât puerum, et graviora paventem.
Olim purpureum mulcato corpore rorem Sutilis expressit crebro rosa verbere : quæ , jam Tincta priùs, traxit rutilum magis ignea fucum.
Ausoki , cupido cruci afflixus. idyl. 6 .
« Vénus, fâchée contre son fils à cause des maux qu’il lui avait faits, cueillit une branche de rose , et eut le courage d’en frapper l’Amour. Les coups qu’elle lui donna ül . en , t saigner son corps délicat, et la rose, qui avant était déjà colorée, parut dès lors d’un rouge plus vif. »
Le même poète latin a fait, des roses, le sujet d’une charmante idyle, qu’on ne me pardonnerait pas de passer sous silence.
Ver erat : et blando mordentia frigora sensu Spirabat croceo mane revecta dies.
Strictioi* Eoos prcecesserat aura jugales,
Aestiferum suadens anticipare diero.
Errabam riguis per quadrua compita m horlis,
Maturo cupiens me vegetare die.
Vidi concretas per gramina flexa pruinas
Pendere aut, olerum stare cacumimbus :
Caulibus et patulis teretes colludere guttas,
Et cœlestis aq'uæ pondéré tune graviras.
Vidi pæstano gaudere rosaria cul tu,
Exorientenovo rocida Lucifero.
Rara pruinosis canebat gemma frutetis,
4o histoire
Ad primi radios interitura die.
Ambigeres , rapcret ne rosis aurora ruborem,
An daret : et flores tingeret orta dies.
Ros unus , coior nnus, et unum manè dtiorurra.
Sideris, et floris nam domina una Venus.
Rorsan et ünirs odor ; scd celsior ille per auras Diflluit : expirât proximus iste magis.
Communis Papliie dea sideris, et dea floris ,
Prxcipit unius muricis esse habitum.
Momentum intererat : quo se nascentia florin»,
Germina comparibus dividerent spatiis.
Hæc viret angusto foliorum tecta galero :
Hanc tenui Folio purpura rubra notât.
Hæc aperit primi fastigia celsa obelisci,
Mucronem absolvens purpureis capitis Vertice collectos ilia exsinuebat amictus,
Jam meditans foliis se numerare suis.
Née mora: ridentis calathi palefecit honorem ,
Prodens inclusi sembla densa croci.
Hæc modo, quæ toto rutila verat igné coin arum ,,
Pallida collapsis deseritur foliis. '
Mirabar celerem fugitiva ætate rapinam,
Et dum nascuntur, consenuisse ros|as.
Ecce et defiluxit rutili coma punica floris,
Dum loquor : et tellus tecta rubore micat.
Tôt species , tantosque ortus, variosque novatus Una dies aperit, conficit una dies.
Consequimur, Natura, brevis quod gratia florum est , Ostentata oculis illico dona rapis.
Quam longa una dies, ætas tam longa rosarum,
Quas pubescentes juncta senecta premit.
Quam modo nascentem rutilus conspexit Eous,
Hanc rediens sero vespere vidit anum.
Sed bene, quod paucislicet interitura diebus,
Succedens ævum prorogat ipsa suum.
Collige virgo rosas, dum flusnovus, etnovapubes.
Et memor esto ævum sic properare tuum.
Aüsonu rosæ, idyl. l/j.
«C’étaitau printems: l’aurore paraissait, et la fraîcheur du matin m’invitant à jouir des premiers rayons du soleil, je vins me promener à travers les fleurs de mon jardin. La rosée de la nuit, brillant sur les feuilles des plantes comme des rubis, faisait courber les fleurs sous son poids, Mes ro-«
siers, fiers des soins que je leur consacre, développaient leurs pétales aux premiers feux du jour, et je ne savais si je devais attribuer à la rose ou aux reflets de l’aurore les brillantes couleurs dont ils brillaient ; car 1 existence de 1 amante de ïiton ne dure qu’un jour ainsi que celle de la reine des fleurs. Je croirai que l’une et l’autre ont une odeur égale, mais que l’une l'exhale dans le vague de l’air, tandis que l’autre la prodigue à la terre. Ce qu’il y a de certain , c’est que Vénus les a également teintes de la plus belle
» Ce fut pour moi, en cet instant, un bien vif plaisir que de considérer les divers changeinens qui s’opéraient sur mes rosiers : celui-ci offrait un bouton muni de son enveloppe verte, celui-là en montrait un autre qui laissait entrevoir, mais à peine, ses brillantes couleurs; non loin de là un troisième, en brisant ses liens, faisait apercevoir le sommet de sa corolle, tandis que à côté d’elle une autre encore plus avancée semblait, en déployant ses pétales vermeils, inviter à les compter; elle montrait aussi avec orgueil son sein ombragé d’étamines dorées. Mais, hélas ! à peine éclose, je l’aperçus se faner , et ses feuilles à demi décolorées vinrent en voltigeant parsemer la terre. Je gémis sur l’impression cruelle et rapide que le tems laisse sur d’aussi belles fleurs, l’instant qui les voit naître, me dis je, touche à celui qui doit les voir périr : tant d’éclat ne dure qu’un moment ! La nature devrait-elle nous priver ainsi de ses dons, lorsque nous ne faisons que commencer à en jouir? La rose si belle ne dure qu’un jour, et l’astre qui, le matin, admira sa jeunesse et sa fraîcheur, la retrouve le soir mourante de vieillesse. Cependant sommes-nous justes de nous plaindre delà courte durée de cette fleur charmante, lorsque chaque matin en fait éclore de nouvelles qui semblent en quelque sorte en prolonger la durée? Et vous, jeunes filles, n oubliez jamais combien la rose est passagère, qu’il n’est qu'un tems pour la cueillir, et surtout souvenez-vous que les roses du plaisir sont passagères comme elles. »
Langage, dos roses.
Les fleurs ont aussi un langage mystérieux , mais que 1 on ne peut comprendre que dans le cas où l’on est initié. Nous extrairons tout ce que nous allons dire des roses , à ce sujet, du charmant petit livre de Madame Louise Lcnevcux, intitulé le s flcttrs emblématiques.
« Nous ne répéterons pas ici ce que l’on a déjà dit sur les
fleurs , sur l’estime et l’usage qu’on en a fait dans tous les* tems, nous renvoyons le lecteur qui désirerait s’instruire sur cette aimable matière à un excellent mémoire de M. Deleuze. Mais nous aborderons tout d’un coup notre sujet, en cherchant les premières causes qui ont pu inspirer aux hommes l’idée de prêter de l’éloquence à ces êtres délicats et
^ » C Lorsque les peuples commencèrent à se civiliser , ils sentirent que le langage seul n’était pas un moyen suflisant de communication : ils cherchèrent à peindre la pensée pour la faire comprendre aux yeux comme à l’oreille, ht ils inventèrent les hiéroglyphes , consistant en images de plantes , d’animaux , etc. Un épi de blé, par exemple , devait signifier la moisson, puis, par extension, l’abondance et les richesses. L’ivraie, qui croît dans les moissons et gâte les blés , devait être le symbole du vice. La rose , la plus belle des fleurs alors connues, signifiait la beauté. L licn-
ture sainte est pleine de ces allégories ingénieuses.
„ La civilisation, en se perfectionnant, amena une foule de nouveaux besoins, d’où la nécessité d’augmenter le vocabulaire écrit, et surtout de le rendre plus clair , plus précis , en le soumettant aux règles de la syntaxe. Les hiéroglyphes devenus insuffisans furent relégués chez les prêtres égyptiens qui seuls en conservèrent l’intelligence, et l’écriture fut inventée. .Les Grecs en attribuèrent la décour;verte à Gadmus :
C’est de lui que nous vient cet art ingénieux
De peindre la parole et de parler aux yeux.
» Néanmoins les Chinois conservèrent et ont encore aujourd’hui un alphabet dont toutes les lettres ont la figure d’une fleur ou de sa racine. »
» Les améliorations résultant de la marche rapide de la civilisation, furent balancées par quelques vices qui en sont aussi les funestes suites; le despotisme et l'injustice ont, jusqu’à présent, presque toujours marché avec ses progtes, l’homme policé sentit sa force, l’augmenta par scs diverses inventions, et en abusa. Il soumit tous les êtres à son injuste domination, et celui que la nature avait créé son égal, qu’elle lui avait donné pour partager ses affections, pour jouir de son bonheur et l’augmenter, fut une victime de sa cruelle injustice. Les femmes de l’Orient lurent enfermées dans des harems ; en Occident elles furent soumises à des exigences dont le ridicule et l’injustice les rendent plus véritablement esclaves qu’en Asie.
DES EOSES. 43
» Mais le feu sacré de la liberté brûle dans le cœur d’une jeune fille comme dans celui du républicain le plus indomptable, comme dans celui de tous les êtres vivans. Les femmes ne pouvant se soustraire à la tyrannie par la force, cherchèrent à lui échapper par la finesse, et 1 amour vint aiguiser les armes fournies par la ruse.
» Il fallut trouver des moyens de se communiquer ses sentimens et sa pensée, sans qu’un triste geôlier pût en saisir les expressions au passage : le langage des fleurs fut retrouve. Dans l’instant où un jeune Persan jette à une belle prison nière , en passant près du harem , une tulipe ou an balisier, en Europe une nouvelle Oriane, renfermée dans un cloître abhorré, jette à son amant, par dessus les grilles de fer, un myosotis trempé de ses larmes. La politique s’est aussi quelquefois servi de.ee langage mystérieux : le chardon en Ecosse, la rose rouge et la rose blanche en Angleterre, en
France le lis, et un instant la violette. »
Madame Leneveux entre ensuite dans quelques details historiques, puis elle ajoute : « Quelques auteurs recueillirent tous cesfragmens épars pour en composer un vocabulaire aussi complet que possible. »
C’est de ce vocabulaire lui-même, beaucoup enrichi par les recherches de cette dame, que nous allons extraire le langage mystérieux que l’on affecte aux différentes espèces ou variétés de roses.
Une bose — Beauté.
La beauté la plus éblouissante est comme la rose , qui ne dure qu’un jour.
On voit que chaque fleur est simplement l’emblème d’une chose, tant qu’on ne l’interroge pas. Mais outre l’emblème elle a un langage particulier , qui consiste en la phrase que nous imprimons en caractères italiques.
bose simple. — Simplicité'.
Ne confondez pas ta simplicité du cœur et des manières , avec la simplicité d’esprit.
bose cent-feuilles. — Grâces.
Les Grâces sont également compagnes des Muscs.
C’est sans doute pour cette raison que lorsque les peintres, et les poètes peignent -les Grâces accompagnant \ émis ou l’Amour ils les représentent couronnées de myrtes ; mais qu’ils les couronnent de roses lorsqu’elles suivent les Muses.
BOSE BEg QUATRE SAISONS, — Btauté toujours IlQUVCllC*
A mes yeux vous serez toujours belle.
Non seulement ce rosier est couvert de fleurs pendant toute la belle saison , mais c’est encore celui de tous qui exhale Codeur la plus suave.
rose beanche< — Silence.
Le mystère est un des charmes de Pamour .
On sait qu’Harpocrate, le dieu du silence, est souvent représenté avec une rose à la main et un doigt sur la bouche.
rose jaune. — Infidélité.
L’homme croit pouvoir être à la fois infidèle et constant.
Un de nos auteurs a dit, à propos de l’infidélité : « c’est peu de chose quand on le sait ; quand on l’ignore ce n est rien. » Un autre ajoute ceci ou à peu près :
Le bruit est pour le fat, la plainte est pour le sot, L’honnète homme trompé s’en va , mais ne dit mot. rose capucine. — Éclat.
Tout ce qui brille n’est pas d’or.
On a sans doute voulu faire allusion ici à la désagréable odeur qu’exhale cette fleur dont les couleurs ont un éclat approchant de celui de l’or.
rose musquée. — Beauté capricieuse.
Le caprice est l’indice de la légèreté d’esprit.
On a fait de cet arbrisseau l’emblème du caprice , parce que, dit l’auteur des Fleurs emblématiques, dans le même terrain ,auxmêmes expositions , enfin, dans des circonstances absolument semblables, tantôt il végète avec vigueur tantôt il languit ou meurt, sans qu’on puisse en deviner les raisons , ce qui rend sa culture plus incertaine que difficile. rose pompon. — Gentillesse.
La gentillesse cM la grâce de fenfance.
La rose pompon est petite, jolie et gracieuse, ce qui 1 « fait comparer à ia gentillesse dont la nature a paré l’enfance ; mais, hélas ! cette genti liesse aimable passe souvent avec le premier âge, comme la beauté passe avec la jeunesse.
rose mousseuse. — Amour voluptueux.
On ne rêve plus d'amour platonique.
Tout le monde connaît cette charmante variété de cent> fcuilles, que depuis près d’un siècle on cultive en Provence»
On en a fait le symbole de la volupté, parce qu’elle est sans épines et que ses aiguillons ne sont pas piquans.
rose en bouton. — Jeune fille.
Lu pudeur doit défendre la beauté comme l’épine défend la rose.
De tout tems on a comparé une jeune fille à un bouton de rose, et la pudeur à une épine chargée de défendre la fleur si fragile de l’innocence.
un bouquet de roses ouvertes.
Selon madame Charlotte de Latour', il indiquerait que la reconnaissance est plus douce que le parfum des roses, et que la puissance est souvent plus éphémère que leur beauté.
UN ROSIER AU MILIEU d’üNE TOUFFE DE GAZON.
Il y a tout à gagner avec la bonne compagnie.