Alliage imitant l'argent, 55 cuitre, 23 nickel
17 zinc, 3 fer et 2 étain. Cet alliage est connu sous le nom de Tack-jong^ des Chinois, cuivre blanc, argentan. Le maillechor est un alliage de 72 cuivre, 2 3 zinc, i5 nickel avec trace de plomb.
11. Alliage de cuivre jaune , facile à travailler au tour, 65, 80 cuivre; 3 1,80 zinc; 2,1 5 plomb et o,25 élain; ou bien, 66 cuivre, 32 zinc et 2 plomb. Le cuivre jaune facile à travailler au marteau se compose de 70,10 cuivre et 29,90 d'étain.
12. Alliage de miroirs et télescopes. 66,5 de cuivre et 33,5 d'étain auquel on ajoute une très-petite quantité d'antimoine , d'arsenic, et même de platine.
13. MUage de caractères d^ imprimerie, 80 de plomb, et 20 d'antimoine , auquel on ajoute une très-petite quantité de cuivre pour les gros caractères surtout. Pour stéréolypage on fait usagede l'alliage fusible à l'eau bouillante qui se compose de 5o bismuth, 3 1,2 5 plomb et 18,75 étain. Ce même alliage avec addition de trèspeu de mercure , sert à plomber les dents, et l'on emploie pour les pivots des dents artificielles un alliage de platine et d'argent.
14. Soudure, 666,66 or; 166,66 cuivre et 166,68 argent, pour l'or à 75o millièmes; 666,67 argent; 233,33 cuivre et 100 zinc, pour Targentà 950 millièmes. Parties égalesde cuivre et de zinc pour souder le cuivre jaune, 66,67 plomb et 33,33 étain pour la plomberie. 67 cuivre et 33 zinc pour le fer.
15. Amalgames. 80 mercure et 20 bismuth pour êtamage de globes de verre. 90 mercure et 10 or pour la dorure. 85 mercure et i5 argent pour Targenlure. 70 étain et 3o mercure pour i'étamage des glaces.
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Conversion de grammes en deniers et en karats, et \ice versa.
Si, faute de table de comparaison, on désire , pour sa propre satisfaction , ou celle des orfèvres et fondeurs, convertir les divisions du gramme en deniers et karats, et ceux-ci en partie de gramme, on y parvient par une simple règle de proportion.
Exemple,
On demande combien de Targent à 0,800 de fia donnera de deniers et de grains. On dira ; 1000 est à 12 comme 0,800 est au nombre cherché. On multipliera donc le nombre 12 par 0,800, ce qui donnera 9,600 pour produit; c'est-à-dire que l'argent sera à g deniers six dixièmes de denier ; mais ce ne sont pas des dixièmes de denier que l'on cherche , ce sont des grains* Pour convertir ces fractions de denier en grains, poids de semelle y il faut les multiplier par 24, nombre des parties dans lequelles se divise le denier, et diviser eusuite le produit, qui est i44, par 10, ce qui donne i4j4 ; l'argent sera donc à 9 deniers 14 grains 0,4. Si à la place des deux zéros qui dans cet exemple suivent le 6, il y avait des chiffres , il faudrait les multiplier également par 24 ; mais au lieu de diviser alors le produit par 10 , il est évident qu'il faudrait le diviser par 100.
Foicl la formule»
Pour convertir les deniers et leurs divisions en parties décimales de gramme, on opère absolument d'après le même principe , en observant seulement un ordre inverse entre les membres de l'équation. Ainsi on demande combien de Targent à 1 1 deniers 9 grains donnera de millièmes de gramme ; on dira, 12 sont à 1000 comme 11 d. 9gr. sont au nombre cherché; il faudra d'abord convertir les 9 deniers en fractions décimales , en les multipliant par 10 , jusqu'à ce que le produit qui en résultera puisse se diviser par 24, et placer autant de zéros avant le quotient qu'on aura multiplie de fois le numérateur de la fraction par 10. On aura dans ce casci 0,375, qui, ajoutés aux 11 deniers, font iiSyS, lesquels multipliés par 1000, donneront 11875 ; et ce produit, divisé par 12, donnera 0,9479 pour quotient, ou plus simplement 0,948 , en négligeant un dix-miU lième. L'argent sera donc à 0,948 de fin.
Les mêmes règles seront également suivies pour For, en observant cependant que le poids qui servait autrefois à peser ce métal se divise en 24 parties, qu'on appèle karats, et chacun de ceux-ci en 32 parties. Ainsi, en multipliant par 10 ou par 100 le numérateur qui suivra les karats, pour les convertir en fraction décimale, il faudra ensuite en diviser le produit par 32, au lieu de 24, comme pour l'argent.
Fourneaux 'de Coupelle,
Les fourneaux des coupelle, déjà employés dans le treizième siècle et qui sont des espèces de fourneaux à réverbère , au milieu desquels ou place un petit four
derai-cylindrîque, que l'on appelle la moufle , se construisent de diverses formes et grandeurs.
La forme la plus ordinaire de ce fourneau représente une colonne carrée d'environ 36 centimètres de large sur 34 de haut, et 34 de profondeur, terminé par un dôme mobile , en forme de pyramide à quatre faces > dont la hauteur est de aS centimètres, et l'ouverture carrée qui le termine, de 18 centimètres de ce côté. Ces dimensions varient suivant la grandeur du fourneau ; celui-ci peut contenir dans sa moufle 16 coupelles, et même 20.
Les parois de ce fourneau ont communément 5 centimètres d'épaisseur. Il porte trois ouvertures ; la supérieure est pratiquée sur le plan antérieur de la pyramide, elle sert à mettre le charbon, on la nomme gueulard : elle est demi-circulaire, sa largeur est de 19 centimètres, et sa hauteur de 17. La moyenne est celle qui correspond à la moufle, elle a 14 centimètres de large et 11 de haut. Cette partie du fourneau s'appelle laboratoire; elle reçoit par une ouverture pratiquée dans la paroi postérieure une brique de 10 centimètres de large, ï6 de long, et qui entre dans Tintérieur du fourneau d'environ 9 à 10 centimètres. C'est sur cette brique , qui remplit exactement son ouverture , et qui est d'ailleurs solidement assujettie par de la terre, que repose le fond de la moufle; disposition qui est infiniment plus solide que les pilons en terre que l'on pratiquait autrefois à cet effet. Immédiatement au-dessous de la moufle est nne tablette en terre que l'on nomme meîUonnière , de 8 centimètres de large, faisant corps avec le fourneau, et qui s'étend sur toute la surface antérieure ; son usage est depermetlrf»
cl*éloigQer la porte de rouverlure pendant la coupellation,
La troisième ouverture, ou l'inférieure, est celle du foyer: elle est carrée et a i8 centimètres de large , sur 10 de haut. Outre ces trois ouvertures principales, il y m a encore une sur chaque face latérale qui correspond au foyer, et à la même hauteur que celle de devant; on les ouvre ou ferme suivant le besoin : leurs dimensions sont de 12 centimètres de large sur huit de haut.
Le cendrier, qui reçoit tous les débris de la combustion et par lequel Tair s'introduit dans le fourneau, est formé d'une autre pièce de terre carrée, creuse en dedans, plus large que le corps du fourneau, et dans répaisseur de laquelle la base de celui-ci est reçue au moyen d'échancrures ou d'eutaiîles qui y sont faites : elle porte une grille en torre des mêmes dimensions que le fourneau, et percée de trous carrés de 2 centimètres et demi environ de côté. Cette pièce a une ouverture sur le devant, de 17 centimètres de large, sur 3 de haut; elle est destinée à fournir de Tair à la cavité intérieure du cendrier, où il s'amasse, s'échauffe, et passe dans cet état à travers les charbons qui sont au-dessus, et opère la combusliou.
Le dôme du fourneau est terpiiué par un tuyau de terre qui lui sert de cheminée , dont l'extrémité inférieure carrée s'adapte exactement à la gorge du dôme ; celte cheminée a environ S à g centimètres de diamètre intérieurement. Le fourneau dont il est question ici est supposé fait en terre, et dans ce cas il doit être soigneusement lié avec quatre bandes de fer serrées avec des vis et des écrous.
L'une est placée à la partie supérieure du dôme oii réverbère; la deuxième, à l'endroit où le dôme s'unit au corps du fourneau , et enveloppe les bords des deux parties, de manière cependant que le dôme soit libre et puisse s'enlever facilement; la troisième est placée au milieu du corps du fourneau , et comprend dans son intérieur la tablette placée sous l'ouverture de la moufle ; la quatrième enfin sert à lier la pièce carrée sur laquelle repose le fourneau, et que nous avons dit être le cendrier.
Les moufles propres pour un fourneau tel que celui qui vient d'être décrit doivent avoir environ i3 à 14 centimètres de large sur 10 de haut, absolument semblables à l'ouverture du fourneau qui leur répond.
On les introduit par l'ouverture du dôme qui est plus grande, de sorte qu'on n'est point obligé de démonter le fourneau.
D'après les dimensions que nous avons données du fourneau et de la moufle, il est clair qu'il doit rester de chaque côté de celle-ci un espace de 6 centimètres ; ce qui est suffisant pour le passage des charbons, si on ne les emploie pas trop volumineux.
L'on fait aussi des fourneaux de coupelle en fer, doublés de terre : ils durent plus long-temps que les autres, mais ils sont plus difficiles à échauffer et ne conservent pas aussi bien leur chaleur.
Les plans, coupes et élévations de divers fourneaux de coupelle, sont dessinés pl. I, fig. i à fig. 10.
Les fig. I, 2, 3 représentent une perspective et deux coupes d'un fourneau de coupelle en tôle forte. A est la cuve ou laboratoire , B le cendrier , G la moufle.
Les fig. 4 , 5 et 6 représentent la coupe horizontale ,
l'élévation et la coupe verticale d'un fourneau de coupelle en terre cuite , cerclé en fer ; le cendrier A est muni d'une grille en fer. Le laboratoire B est surmonté du dome C qui s'y adapte par deux écliancrures ee ; D est une ouverture demi-circulaire , percée dans le dôme et par laquelle on indroduit le combustibîe. On peut fermer à volonté celte ouverture au moyen d'uue porte ou bouchon en terre, F est une cheminée en tôle à laquelle on peut donner plus ou moins de hauteur suivant le tirage qu'on veut obtenir ; elle porte une labletle G sur laquelle on peut poser des coupelles, et une coulisse H par laquelle on peut introduir le corn" buslible.
I est la moufle dans laquelle on place les coupelles ; on y pratique une fente étroite sur chaque face, pour qu'il puisse s*y établir un courant d'air. La moufle s'appuie d'une part sur le devant du fourueau, et de côté appuie sur la languette L. Une porte P permet d*en fermer l'onverture en tout ou la partie.
Les fig. 7 , 8 et 9 représentent un fourneau de coupelle, en terre cuite, de forme illiptique et de petites dimensions. Ce fourneau n'a que i8 centimètres de longeur et 45 centimètres de hautenr. Son cendrier n'a qu'une ouverture circulaire sur le devant ; l'ouverture qui permet au ringard de s'introduire pour faire tom ber les cendres, se bouche à volonté avec le petit tampon t en terre cuite, h est un autre tampon en terre cuite qui sert à boucher l'ouverture du dôme par laquelle on introduit le combustible. Une cheminée , en tôle, 5 décimètres au moins, est nécessaire pour déterminer le tirage,
MM. Aufrye et d'Arcet ont évalué (jue le charbon né^
cessaire pour échauffer ce fourneau ne vaut que 5 centimes , et que celui que l'on dépense ensuite pour chaque essai ne vant pas plus de 3 centimes. L'extrême petitesse de ce fourneau exige beaucoup de soin pour placer le charbon dont il faut choisir les morceaux , et pour que le tirage ne soit pas ralenti. Un fourneau du même genre, mais de 25 centimètres de largeur, consomme très-peu plus de charbon et le service en est plus commode.
La fig. lo réprésente le fourneau HCAîkin^ fourneau dressai à souflet qui peut servir pour faire des conpulations. On y place un creuset percé c sur un fromage également percé et qui reçoit Fair du conduit. On y met la coupelle sur une grille , à une certaine hauteur dans le creuset et on recouvre celui-ci avec uue tuile à laquelle on adapte un tuyau en tôle qui sert de cheminée et à travers laquelle on peut examiner l'intérieur de la coupelle. Ce fourneau à l'inconvénient d'exiger le secours d'un souflet et n'est pas d'un service aussi commode que les précédents.
Les fig. II à 17 représentent divers aacessoires du fourneau de coupelle.
Fig. II Ringard droit.
Fig. 12 Ringard à crochets ou ringard servant à faire descendre le charbon dans le fourneau etc., etc.
Fig. i3 Pince à moustache.
Fig. 14 Pince élastique mince.
Fig. i5 Pince élastique mince à branche demi-circulaire.
Ces pinces servent à saisir, enlever et mouvoir les coupelles et les objets qu'on veut placer dedans. Fig, 16 Cuiller en fer.
Fig. 17. Maiû en tole.
Les petites cuillers et la main servent à puiser le plomb granulé etc., etc.
Des Mouf/es.
Les moufles sont des vases de terre destinés à recevoir les coupelles; elles ont à-peu-près la forme d'un four, c'est-à-dire qu'elles sont formées d'une voûte légèrement surbaissée et d'une aire horizontale , au lieu d'être elliptique ou ronde ; la sole représente un carré alongé, et la paroi du fond fait un angle droit avec l'aire.
Elles sont percées de chaque côté d'une ou de deux fentes de 18 à 20 millimètres de long , et 5 de large, il y en a aussi deux sur la paroi du fond , celle qui est opposée à l'ouverture antérieure.
Il est essentiel que l'aire des moufles soit bien droite dans toute son étendue, pour que les coupelles y soient d'à-plomb, et que le bouton de retour se trouve bien au centre du bassin.
Lorsqu'on fait faire un fourneau de coupelle, il est bon de faire fabriquer en même temps une cinquantaine de moufles, parce qu'elles conviennent aux dimensions du fourneau, et sont infiniment plus avantageuses que celles qu'on achète au hasard. Cette quantité de moufles suffit pour user un fourneau qui travaille tous les jours.
Lorsqu'on se sert des moulles, on répand sur l'aire ; du sable fin ou de la craie en poudre, pour que les coupelles ne s'y attachent point par l'oxide de plomb qui pénètre souvent à travers.
Les moufles sont faites avec le mêine mélange plastique dont on se sert pour les creusets; comme elles ne supportent jamais une très-haute température , il n'est pas nécessaire qu'elles soient très-réfractaires ; l'essentiel est qu'elles aient de la consistance et qu'elles supportent bien , sans se fêler , les alternatives du froid et du chaud.
Des Coupelles,
Les coupelles sont des vases faits avec des os calcinés , qui ont reçu ce nom parce qu'ils ressemblent à de petites coupes. Fig. i8.
Pour les préparer , on fait calciner à blanc des os d'animaux quelconques , que Von broie à l'aide de moulins ou de pilons, et qu'on passe ensuite dans des tamis d'une grosseur déterminée, car il serait également nuisible que la poudre fût trop grosse ou trop fine.
Lorsqu'on a une suffisante quantité de poussière d'os^ on la met dans des baquets , qui portent un robinet à 1 5 ou 20 centimètres au dessus de leur fond, et qui doit être garni d'un linge grossier , pour que la poussière osseuse ne puisse pas s'y introduire et l'obstruer.
On verse dessus de l'eau de rivière, dans laquelle on la laisse tremper pendant sept à huit heures, en agitant de temps en temps.
Quand la matière est déposée, et l'eau bien éclaircie, on la laisse écouler, on en remet une seconde fois, et on opère comn^e dessus.
On laisse égoutter les os suffisamment pour qu'ils acquièrent la consistance d'une pâte un peu solide, que Ton met dans les moules destinés à lui donner U
forme et la grandeur convenables. Ces moules sont faits de cutee jaune, et sont composés de trois pièces, qui se séparent facilement, fig. 19; savoir, d'un segment de cône, qu'on appelle none TN; d'un fond mobile H,0,G , dont les bords circulaires sont coupés sous le même angle d'inclinaison que les parois internes de la none , sur lesquelles elle s'appuie ; enfin, d'un moule intérieur, ou moine M, qui est un segment de sphéroïde portant à l'endroit de sa section un rebord qui s'apuie sur ceux de la none , et qui a un manche en bois ou en cuivre de 4 à 5 centimètres de long. Ainsi , lorsqu'on a mis dans le moule la quantité de matière nécessaire, on la presse avec les doigts , on enlève l'excès de la matière avec une lame de cuivre; on saupoudre alors celle surface avec de la poussière d'os très-fine , on y enfonce le moule intérieur, ou moine ^ en le frappant à plusieurs reprises avec un maillet de bois, jusqu'à ce que son rebord ait rencontré ceux de la none y et que le bassin de la coupelle soit bien formé. Par ce moyen, le bassin delà coupelle est constamment le même; il se trouve toujours au centre , et parfaitement d'à-plomb avec le corps de la coupelle lorsqu'elle est placée sur un plan horizontal.' Pour enlever la coupelle de l'intérieur du moule, on pose son fond , qui , comme on sait, est mobile , sur une petite colonne de bois, dont le diamètre est égal au sien, en appuyant légèrement sur le moule , la none descend , et la coupelle se trouve alors à ûu.
Les coupelles une fois formées comme il vient d'é* tre exposé , on les place sur des planches , dans des endroils échauffés en hiver par des poêles; et lorsqu'elles ont perdu, par l'évaporation spontanée, l'humidité su-
perflue , et qu'elles out acquis uti commencement de solidiié , on les met dans des fours, où elles éprouvent une chaleur suffisante pour les cuire.
Il y a quelques conditions à remplir pour donner aux coupelles les qualités qu'elles doivent avoir ; il faut que la poussière d'os ne soit ni trop grosse ni trop fine • dans le premier cas, elle laisserait entre ses parties des espaces trop grands, et qui seraient fort inégalement distribues , et la coupelle , après son dessèchement , serait trop poreuse; dans le deuxième, au contraire, les parties étant trop serrées, ne laisseraient pas une somme suffisante de vide pour recevoir Toxide de plomb, ou litharge, provenant de la coupellation , dont l'intro* duction ne se ferait d'ailleurs que difficilement. 2®. Il est nécessaire que la pâte d*os ne soit ni trop sèche, ni trop humide : dans le premier état, elle ne deviendrait point homogène par la pression , ou elle serait trop compacte, et ne conserverait point assez de pores relativement à son poids (i) ; dans le second état , Teau surabondante qui reste dans ia matière , et qui n'en peut sortir par la pression , puisque le moule ferme exactement, laisserait trop de vide dans l'intérieur de la matière en s'évaporant , et ce vase serait trop fragile et pourrait absorber de l'argent.
Au reste , la fabrication des coupelles ayant été jusqu*ici confiée à la routine , on ne peut guère prescrire des règles certaines et générales , soit sur le degré de finesse qu'il convient de donner à la poussière d'os, à la
(i) Les coupelles ne peuvent absorber tout au plus qu'un poids égal au leur d'oxide de plomb,
quantité d'eau qui doit entrer dans la composition delà pâle pour que la coupelle conserve la somme de vide la plus convenable, soit eatin à la force de pression qu'on doit lui faire éprouver, etc. Il y a lieu d'espérer cependant que quelque jour on portera sur cet objet intéressant de l'art de l'Essayeur, la lum-ère de l'expérience guidée par le raisonnement, et qu'il en résultera des données à l'aide desquelles on poura faire des coupelles jouissant toujours des mêmes qualilés (i).
De la purification de l'eau forte pour le départ de Vor,
Comme il est Irès-difficile , dans les travaux en grand sur tout, d'obtenir îe nitrate de potasse ou salpêlre parfaitement pur et exempt d'bydrochlorale (muriaie) de soude , ou sel marin , et que les distillateurs d'eau forte, d'ailleurs, n'emploient ordinairement pour cette opération que du salpêtre delà deuxième cuite , l'acide xîUrique qu'ils obtiennent contient constamment une quantité plus ou moins grande d'acide hydrocblorique (muriatiquc)y ou acide marin. La présence de ce dernier
(i) M. Desraarets , employé au bureau de Garantie de Paris, fest arrivé par une longue expérience dans la fabrication des coupelles, au degré de perfection que l'on peut désirer dans la qualité de ces sortes de vases.
Il en fournit à la Monnaie, au bureau de Garantie, aux essayeurs <lu commerce de Paris, et depuis long- temps on en est parfaisèment satisfait.
Les essayeurs des départenicns pourront avec confiance s'adresser ^ li'i pour cet ol)jet , soit au bureau de Garantie, ou à sa demeure; leurs coairaandes seront prompteme»t et fidèlement exécutées.
dans l'acide nitrique étant nuisible au départ de l'or , en ce qu'il favorise sa dissolution et qu'il forme de l'hydrochlorate {murîate) d'argent, il est indispensableinent nécessaire de le purifier.
Pour cela on fait dissoudre environ quatre grammes d'argent fin dans chaque kilogramme d*eau forte , ou un demi- gros pour chaque livre; à mesure que l'argent est oxidé par l'acide nitrique, il s'unit à l'acide hydrochlorique {munatiqué) , et forme avec lui un sel blanc inso- Juble qui se dépose au fond de la liqueur : ce sel porte le nom d'hydrochlorate {murîate) d'argent, ou lune cornée.
Lorsque cette matière est déposée et que l'eau forte est bien éclaircie , on la décante doucement pour ne pas entrainer le dépôt avec elle. Quoique la quantité d'argent prescrite ici soit suffisante dans, le plus grand nombre de cas, cependant comme toutes les eaux fortes ne contiennent pas la même quantité d*acide hydrochlorique (muriatique) , il est bon de s'assurer, avant de l'employer , s'il n'y reste plus d'acide hydrochlorique, en y mêlant quelques gouttes de dissolution d'argent : si elle reste claire, c'est un signe qu'elle en est parfaitement dépouillée; mais si elle se trouble , ii faut y faire dissoudre une nouvelle quantité d'argent , jusqu'à ce qu'elle présente le caraclère indiqué plus haut.
Il vaut mieux , en général, qu'il reste un peu d'argent en dissolution dans l'eau forte, que de l'acide hydrochlochlorique, parce que la présence de ce métal, lorsqu'elle n'est pas considérable , n'est pas nuisible à l'opération du départ.
Il serait bon aussi , quoique cela ne se pratiqtie pas ordinairement j de faire bouillir peudant quelques mi-
nutes Teau forle, après l'avoir ainsi purifiée, pour en chasser la petite poriion de gaz nilreux formé pendant la dissolution de Targent, lequel pourrait favoriser la dissolution de quelques atomes d'or, surtout pendant la reprise où l'eau forte employée est dans un état de concentration plus grand. En supposant que l'acide hydrochlorique n'opérât pas la dissolution de quelques parties d'or , il serait néanmoins nuisible par l'hydrochlorate d'argent qu'il formerait et qui pourrait s'attacher ou s'introduire dans l'intérieur du cornet d*or, dont il aijgraenterail le poids.
L'eau forte du commerce donnant depuis 36 jusqu'à 44 deg., et celui auquel il convient de l'employer pour le départ de Tor devant être de 22 pour la première opération, et de 32 pour la reprise, il faut l'affaibhr en y ajoutant de Teau pure. L'on peut arriver à ces degrés par le tâtonnement ; mais si l'on outrepasse le terme , il n'y a plus de remède, en supposant qu'on n'ait pas conservé une portion d'eau forte concentrée. On évite ces tâtonnemens et ces difficultés en faisant la proportion suivante : Je suppose qu'on veuille amener à 22 degrés de l'acide nitrique portant 38 : il faut multiplier le nombre de degrés qu'il y a entre cehii de son acide et le degré auquel ou veut l'affaiblir, par la masse de cet aiide, et divisant ensuite le produit par la moitié du nombre de degrés qu'a l'acide concentré; le quotient exprime la quantilc d'eau qu'il faut y ajouter.
Cette règle est fondée sur ce que l'eau ne pèse point à l'aréomètre , et sur ce qu'en faisant abstraction de la contraction , qu'on peut ici négliger sans danger , l'acide nitrique ou eau forte mêlçe avçc autant d'eau , diminue
de la moitié de ses degrés, c'est-à-dire donne la moyenne arithmélique. Ainsi je suppose qu'on désire affaiblir, conïrae je le disais lout-à-l'heure, à 22 deg., 4 kilogrammes d'acide qui en a 38 : il faudra multiplier 16 , qui est la différence entre 22 et 38, par 4, masse de l'acide; on aura 64 pour produit que l'on divisera alors par la moitié du nombre de degrés de l'acide concentré, ce qui donnera 3,367 pour \juolient, et exprimera îa quantité d*eau qu'il faudra ajouter à ces 4 kilogrammes d'acide. Ce sera donc 3 kilogrammes, plus 367 millièmes de kilogrammes, c'est-à-dire 3 hectogrammes, 6 décagramraes et 7 grammes. Si l'on veut affaiblir à 32 deg. seulement 4 kilogrammes d'acide qui en a également 38 ,on fera la proportion suivante, qui est la même que la précédente, 19 : 6 : : 4 : ^ — 1,263, exprimant la quantité d'eau qu'il faudra ajouter aux 4 kilogrammes d'acide. Cette proportion est, comme on le voit, générale et applicable à tous les cas , puisque la quantité d'eau doit croître ou décroître suivant la différence du degré de l'acide et de celui où on veut l'amener , et que le produit est toujours divisé par une quantité constante qui est la moitié du nombre dos degrés de l'acide.
De la préparation de Veau forte pour le touchau.
S'il est nécessaire pour le départ de l'or que l'eau forte soit exempte d'acide hydrocblorique {murlaiique), il n'en est pas de même de l'opération à\\ touchau, il faut, au contraire, qu'elle en contienne une proporlioîi déterminée ; cependant ceux qui ont écrit sur cet objet, et ceux-même qui pratiquent l'opération ont une opinion contraire : guidés par ce principe, vrai en lui-même ,
que îa présence de Tacide hydrochlorique dans Veail forte favorise la dissolution de l'or, tandis qu'il faut ici attaquer les métaux étrangers seulement , pour juger, par la trace d'or qui reste , du titre de ce métal, ils ont conseillé l'emploi de l'eau forte pure ; mais sous ce rapport ils se sont complètement trompés dans les conséquences qu'ils en ont tirées et les applications qu'ils en ont faites.
Je me suis pleinement convaincu par des essais nombreux que l'eau forte pure, à quelque degré qu'elle soit, u'aiiuUe action sur l'or dont le titre s'élève de i5 à i6 karals. Déjà quelques personnes s'étaient aperçues que l'addition d'un peu d' hydrochlorate {muriaie) de soude, on sel marin y donnait plus d'activité à l'eau forte, et qu'elle pouvait alors décéler la présence du cuivre dans l'or, à dis titres supérieurs à ceux où l'eau forte pure n'indiquait rien de sensible.
Mais comme l'eau forte du commerce n'est jamais parfaitement identique, non-seulement par la concentration, mais encore par sa pureté, et qu'ils y mettaient toujours la même quantité de sel, il arrivait souvent qu'ils avaient une eau forte tantôt trop énergique, et tantôt trop faible.
Ayant reconnu par des expériences , que Tétendue de cette instruction ne permet point de détailler ici, que plus le titre de l'or est élevé et plus l'eau forte doit contenir d'acide hydrochlorique, je me suis livré à une suite d'essais, et j'ai trouvé que la meilleure proportion d'acide hydrochlorique, à mêler à l'eau forte pour de l'or au-dessous de 1 8 karals , était la suivante : 98 parties d'eau forte pure dont la gravité spécifique est de ï3,4o, 2 parties d'acide hydrochlorique du poids de
îï,73 (l'eau étant prise pour l'unité ou i,ooo) et 25 parties d'eau, le tout exactement mélangé et conservé dans une bouteille de verre bien bouchée.
Pour purifier leau forte par le touchau , il faut y dissoudre 3 ou 4 grammes d'argent par kilogramme, séparer la liqueur du dépôt qui se formera par celle opération, et distiller ensuite jusqu'à siccilé.
Coupellation,
La coupeliation est une opération qui a pour objet la détermination exacie de la quantité de métaux étrangers alliés à l'or, à l'argent, ou à ces deux métaux réunis, ou ce qui revient au même, la détermination de la quantité d'or et d'argent alliés à d'autres métaux.
Pour y procéder , on prend une masse quelconque du métal allié dont on veut connaître le titre : autrefois, cette quantité était de 36 grains, qu'on appelait semelle, mais aujourd'hui on Ta réduite à un gramme, qui est l'unité des poids du nouveau système , et qui représente 18,841 grains.
Les substances qu'on emploie à la séparation des métaux étrangers alliées à l'or et l'argeiU, sont le plomb et le bismuth; cependant ce dernier a quelques inconvéniens qui l'on fait abandonner.
Pour mieux concevoir les effets de ces métaux dans la coupellation, il faut d'abord savoir que le plomb est un métal très-fusible , facile à oxider , dont l'oxide , par sa propriété fondante, vitrifiable et pénétrante, favorise Toxigénalion du cuivre , métal le plus communément uni avec l'or et l'argent, et l'entraîne avec lui dans la coupelle.
Ce n'est pas assez de savoir qu'il f^ut du plomb poi^r
enlever le cuivre à l*or et l'argent, il est nécessaire de déterminer, au moins d'une manière approcliée, la quantité la plus convenable de ce métal, car elle doit augmenter dans une certaine raison avec le cuivre. On y parvient par l'habitude ol le tâtonnement; c'est ordinairement par la couleur, la pesanteur, le son , rélaslicité, et surtout ])ar le changement de couleur que le métal prend à la chaleur rouge, que l'on juge à peu près de son litre, et que Ton établit la dose de plomb à employer ; la résistance qu'il oppose à la lime , la couleur que prend la surface limée ,sonl encore des indices bous à consulter, et celui qui a de l'exercice dans ce genre de travail ne se trompe pas d'une grande quantité. Plus l'argent et l'or sont alliés de cuivre, plus leur couleur tire sur le rouge, moins leur pesanteur spécifique est grande, plus ils ont d'élasticité, plus ils brunissent au feu , plus la dureté et la résistance à la lime augmentent.
Coupellation de Varient.
Si ce métal contient un vingtième, ou o,o5 de cuivre, il faudra employer quatre fois et demie autant de plomb que de métal allié; mais s'il en contient 0,20, il faudra en mettre au moins it parties. La quantité de plomb doit, comme il est sensible, augmenter comme le métal étranger; dc-làilsuil que souvent il arrive qu'on est obligé de n'opérer que sur le demi-gramme, lorsque l'argent est tellement chargé de cuivre, qu'il exige i5 ou 16 parties de plomb, par exemple; à moins qu'on n'emploie dans ce cas des coupelles deux fois plus grandes que pour l'argent qui ne contient qu'un ving- \ième de cuivre , car les coupelles ne peuvent guère ab-
sorber plus que leur poids d'oxide de plomb ; saus cela le surplus resterait à la surface de ce vase, ou sortirait par le fond de la coupelle et la ferait adhérer à la moufle.
On poui rait cependant éviter ce dernier inconvénient, en metlant la coupelle contenant la matière sur uue autre coupelle renversée qui absorberait le plomb surabondant à la capacité de la première. L'essai n'a pas eu assez de plomb lorsque le bouton du retour est plat, que ses bords sont aigus, et qu'il présente à sa sur, face des taches grisâtres.
Lors donc que la quantité de plomb nécessaire pour la coupellation de l'espèce d'argent dont on veut connaître le titre, a été approximée par les moyens indiqués plus haut , on place sa coupelle dans la moufle du fourneau (i); on charge ce dernier de charbon d'une moyenne grosseur , et quand on juge que la chaleur est suffisamment élevée, ce qui a lieu ordinairement au bout d'une heure , ce qu'on reconnaît au rouge légèrement blanc des coupelles , on y met le plomb. Dès qu'il est découvert , et que sa surface est bien brillante, on y place avec soin, à l'aide d'une pincette, l'argent enveloppé dans un cornet de papier (2). Si le plomb
(i) Pour charger le fourneau il faut employer du charbon qui ne soii ni trop petit , ni trop gros : dans le premier cas ce combustible, «n se réunissant trop intimement, ne laisserait pas d'espaces asse» grands au passage de l'air, et la chaleur ne s'élèverait point <iu degré nécessaire ; dans le second cas, les espaces seraient trop grands, et il passerait une grande quantité d'air qui ne servirait pas à la eombuslion , et q:n ne ferait qu'enlever une portion de chaleur. îl faut donc prendre un terme moyen,
(a) Quelques personnes ont eonseillé d'envelopper la matière à
est suffisamment chaud, Targent se fond promptement, la matière se découvre et s'éclaircit, Ton voit se former sur la matière en fusion des points plus lumineux, qui se promènent à sa surface et tombent vers la parlie inférieure , et une fumée s'élever et serpenter dans l'intérieur de la moufle. A mesure que la coupellation avance, V œuvre s'arrondit davantage, les points brillans deviennent plus grands , et sont agités d'un mou vement plus rapide. Il est toujours utile que l'essai ait plus chaud au commencenlent de l'opération, surtout si la matière est à un titre bas, mais il est dangereux que la chaleur soit trop élevée sur la fin , parce qu*une portion d'argent se volatiHserait, et le boulon de retour courrait le risque de rocher (x). Ce sont deux causes
essayer dans le plomb réduit en lame mince, Pinteuiion d'éviter l'effervescence et le pétillement que produit quelquefois le papier.
(i ) On reconnaît que la chaleur est trop forte , lorsque la couleur de la coupelle est blanche , qu'on ne voit point serpenter la fumée dans l'intérieur de la moufle , ou que cette fumée s'élève trop ra-> pidement jusqu'à la voûte de la moijffle; l'essai n'a point assez chaud quand la fumée paraît pesante, obscure, que son mouvement est lent, et que sa marche se dirige presque parallèlement au fond de la mouRe. On s'aperçoit encore que l'essai n'a point eu assez chaud quand il reste 5ur les côtés du bassin un bourrelet de lilharge ou de petites lames jaunâtres de la même matière.
On augmente la chaleur en mettant sur le devant de la moufle un ou deux charbons allumés , et en rapprochant la porte de l'ouverture du fourneau : on diminue au contraire le trop grand feu, ea plaçant près des coupelles oii sont contenus les essais, d'autres coupelles froides, qu'on remplace par d'autres, s'il est nécessaire.
Mais la meilleure manière d'éviter l'excès dans l'un et l'autre cas, c'est d'avancer ou de reculer les coupelles dans la moufle, quand on
piiissaiîtes de déperdition, qu'il faut éviter avec soin lorsqu'il s'agit de prononcer d'une manière rigoureuse sur la quantité de lin que contient le lingot ou tout autre ouvrage allié. Il faut donc, lorsque les deux tiers environ de l'essai sont passés, rapprocher la coupelle sur le devant du fourneau, de sorte qu'il n'ait justement que chaleur nécessaire pour bien présenter tous les signes de V éclair. On appelle ainsi , ou encore fulguration , coruscation^ le mouvement rapide dont est agité le bouton, lorsque les dernières portions de plomb s'évaporent , qu'il présente sur toute sa surface des rubans colorés de toutes les nuances de l'iris, qu'il se fixe ensuite en devenant terne , et qu'il s'éclaircit immédiatement après, par la disparition d'une espèce de nuage qui semblait couvrir sa surface. On reconnaît qu'unessai est bien passé, lorsque le bouton de retour est bien arrondi, qu'il est blanc-clair et cristallisé en dessous; eufm, qu'il se détache facilement du bassin de la coupelle lorsqu'elle est froide (i). S'il restait du plomb
en a la facilité , c'est-à-dire qu'il n'y â pas un irop grand nombre d'essais dans le fourneau. En général, pour pouvoir gouverner ses essais et être sûr de leur exactitude, il ne faut jamais le« passer sur plus de deux rangées , et attendre même que la première soit à moitié passée pour mettre le plomt dans la seconde. On a soin de mettré dans le fond delà moufle une provision de coupelles, pour les avoir toujours chaudes à mesure qu'on en a besoin.
(i) Le fond du bassin de la coupelle^est d'un jaune cîlrln lorsque l'or ou l'argent ne contiennent pas de cuivre ou très-peu. Au contraire, il a une teinte grise plus ou moins foncée , lorsqu'ils en contiennent. Si la matière recélait d'autres substances métalliques, excepté le bismuth , elles ne passeraient point , elles resteraient, au contraire , sur les côtés du bassin suus la forme scorie? j diffé*
dans rargent, le bouton» au lieu d'être blanc mat et grenu en dessous, serait au contraire brillant et comme miroité , il n'adhérerait point du tout à la coupelle.
Cependant, comme il est très-difficile, à moins qu'on ait une grande habitude, de saisir le degré Je chaleur convenable pour l'essai de tel ou tel argent, il est toujours sage d'en faire deux essais, qu'on a soin de placer aux deux côtés de la moufle , ou de les faire dans deux opérations différentes, afin que les causes de déperdition qui pourraient agir sur Tun n'influent pas sur l'autre, et que Ton puisse conséquemment avoir une garantie de l'exactitude de Topération. Si les deux boutons sont égaux, ou s'ils ne diffèrent que d'un milième, par exemple , on peut regarder l'opération comme ayant été bien faite; mais s'il y avait plusieurs millièmes, il faudrait la recommencer jusqu'à ce qu'on fût parvenu à cette précision indispensable , s'il s'agit surtout de prononcer sur le titre d'une grande masse d'argent , et d'en garantir le titre par l'apposition d'un paraphe.
Il n'est pas nécessaire d'avertir qu'il faut peser avec beaucoup d'exactitude l'argent que l'on soumet à l'essai, car la moindre négligence pourrait apporter plusieurs millièmes en plus ou en moins, ce qui deviendrait d'une conséquence assez considérable sur une grande quantité de matière. Il n'est pas moins important de ne pas employer dans la pesée de trop petits fragmens de matière, parce qu'ils peuvent s'échapper sans qu'on
remment colorées ; suivant l'espèce de métal. Le fer donne une scorie noire , l'étain une roaticrc grise , le zinc un bourrelet jaunâtre » etc.
s'en aperçoive, en les enveloppant dans le papier, où être emportés, lorsqu'on place le cornet dans la coupelle, par le courant d'air qui s'établit, ou le pétilleineut qui a lieu quelquefois lorsque le papier s'enflamme (i).
La pureté du plomb n'est pas une chose dont la considération doive être négligée; on conçoit en efft;t que s'il contenait des quantités notables d'argent, comme cela arrive souvent , il ajouterait à la matière une quantité de fin qui n'y existait pas (2). On pourrait cependant se servir de ce plomb si on n'en avait pas d'autre ; il suffirait de passer dans une coupelle à part une quantité de ce plomb égale à celle qu'on aurait employée pour l'essai de l'argent , et de mettre le grain qui en proviendrait dans la balance du côté des poids, lorsqu'on pèserait le boulon de retour. Une remarque qu'il ne faut jamais perdre de vue, c'est qu'en général , lorsque l'argent est à un bas titre, il a besoin d'une chaleur plus forte, dans le commencement surtout, que l'argent fin; celui-ci, au contraire, en n'exigeant en- \iron qu'une partie et demie de plomb , demande en
(1) îl arrive souvent que îes ouvragfs des orfèvres viennent à la marque, encore chargés ou de la terre dans laquelle ils ont e'ié moulés, ou de la ponce et de i'hulle avec lesquels on les a polis, Dans ce cas , il faut avoir soin de nettoyer leurs languetles et leurs bavures avant de les peser, soit en les recuisant , soit en les limant ; ou , ce qui vaut encore mieux , ne pas les recevoir qu'ils ne soient propres, far on trouverait un titre plus bas que celui où est véritabicmenl la matière, ou l'on perdrait un temps considérable à nettoyer tous ce» objets.
(2) M. Sage annonce que le plomb le plus pauvre contient encore 4/5 de çraia d'argent par livrç.
même temps moins de chaleur , principalement %'crR la fin de la coiipellalion. Le plomb n'agissant sur les métaux élrangers à l'or et à l'argent qu'en s'oxidant, il s'ensuit qu'il est indispensable de donner à Pair un libre accès dans l'intérieur de la moufle; mais il faut qu'il soit sagement administré et modifié suivant les circonstances, dont il est réservé à l'artiste exercé de pouvoir saisir les nuances imperceptibles aux yeux encore novices dans ce genre de travail. C'est en éloignant plus ou moins la porte du fourneau, qu'on peut remplir cet objet.
Tels sont. les principes et les applications que l'on doit en faire, pour exécuter avec précision l'opération de la coupellalion de Targent.
M. D'Arcet a déterminé, par des expérifences précises, la proportion du plomb à employer dans les essais , pour le cas où Ton se sert d'un fourneau qui donne 8° p. sur le devant de la moufle, 12° au milieu et 21* au fond, les coupelles étant placées au milieu. Voici ces résultats :
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