EMPOISONNEMENT LENT
« Il se peut qu’un homme ait pris une dose de poii on irritant, trop peu considérable pour le faire périr
empoisonnement lent.
en peu d’heures, mais que celte dose, répétée à des intervalles plus ou moins rapprochés , entretienne un état presque continue) d'anxiété, de douleurs plus ou moins vives à l’estomac, aux intestins; produise parfois des vomissemens, des déjections alvines de matières muqueuses, sanguinolentes, et amène l’extinction de la vie dans l’espace de dix, quinze ou vingt jours, et même plus. » ( Chaussier. )
Nous avons vu qu’il existait des maladies simulant l’empoisonnement aigu, et que la brusquerie de l’invasion, la gravité des symptômes, la rapidité de la mort, ne pouvaient faire naître que des soupçons et des probabilités; et, quoique la quantité du poison ait dù être considérable, proportionnellement à son énergie, qu’il était cependant quelquefois très difficile de le reconnaître. Aussi devons-nous avouer que , dans le cas d’empoisonnement lent , par de faibles doses d’une substance vénéneuse, incessamment répétées, il sérail extrêmement difficile de le constater, parce qu’une foule d’affections le simuleraient. Cependant un médecin , appelé à donner des soins au malade , pourrait concevoir des soupçons et chercher les moyens de les éclaircir. Les symptômes que déterminent les poisons, ne différent que dans leur degré d’intensité, et en les comparant avec la constitution et l’état de l’individu , en étudiant chaque exacerbation qui suit l’injection d’une nouvelle dose de poison, les intermittences qui se rapportent à quelques particularités de la conduite du malade , on remarquerait des phénomènes qui ne
EMPOISONNEMENT eent.
urraient s’expliquer, paraîtraient étranges et insolites,
, quelque pénible que puisse devenir alors le rôle 1 l’homme de l’art, il ne doit négliger ni prudence, ni «servations, ni analyses, et il parviendra ainsi à prénair un projet criminel , et à livrer des assassins à la silice.
S3i la mort n’a pu être empêchée , et que les moyens mnalyses n’aient pas fait découvrir de poison , les ciriiiislances de la maladie , et l’examen cadavérique ne rrmettent au médecin que d’établir des probabilités empoisonnement.
L’empoisonnement a-t-il été volontaire ou criminel?
Quoique les auteurs s’en rapportent à l’examen des îliles considérations morales, pour décider si la mort ■ empoisonnement est l’effet d’un suicide ou d’un imicide , il est certain cependant que la nature même poison doit trancher tous les doutes dans quelques constances , c’est ainsi que , dans un rapport sur un d’empoisonnement par l’acide sulfurique, on serait îduit à prononcer que le suicide est extrêmement ibable, si le cadavre appartenait à un individu adulte, que l’on ne découvrît aucune trace de violence : mnent présumer en efTet qu’un jeune homme fort et oureux se soit soumis, sans résistance, à prendre 1 pareil poison ; la folie ou l’exaltation la plus vive rivent seules lui avoir inspiré une telle volonté.
SG