‹ Manuel complet du baccalauréat ès-sciences physiques et mathématiquesChapitre 172 sur 234 · DES FEUILLES · texte numérisé non relu

DES FEUILLES

Les feuilles, avant de se développer, sont toujours renfermées dans les bnurgeous; elles y sont diversement disposées les unes par rapport aux autres, mais toujours de la même manière dans toutes les plantes de la même espèce, souvent du meme genre, quelquefois meme de toute une famille. Ou a donné à cette disposition des feuilles dans le bourgeon le nom de préfoliation ,

Les feuilles sont des expansions membraneuses erdinairement planes, verdâtres, liorizoufales, naissant sur la tige et les rameaux , ou partant immédiatement du collet de la racine. Quand on examine leur .structure générale, on la trous e formée d’un faisceau de fibres qui se .sépare de la tige pour aller composer le squelette de la feuille. Ces filu-essonl composées de trachées, de fau.sscs trachées, de vaisseaux poreux et de vaisseaux des sucs propres, entremêlés d’un peu de tissu cellulaire provenant de l’enveloppe herbacée de la tige. Ce tissu cellulaire, en rempli.ssaut le.s intervalles laissés par les fibres , constitue le parenchyme delà feuille. Quelquefois ce parenchyme manque comme dans Vhydrogetoîi. La surface de ce ti.ssu cellulaire, en se des- .sécliant à l’air, forme l’épiderme de la feuille. Celle-ci présente à sa partie supeneure une siirra'*e lis.se plus verte, couverte d’uu épiderme pre.sqiic dépourvu de stomates et plus adhérent ; sa

hOTAMQBK.

face liiféiieure est plus molle, d'uue couleur moins foncée, souvent « ouverte (ie])oils ou de duvet, et offrant un épiderme percé d’uu grand nombre de pores ou stomates. Entre les deux laines d’épiderme, se trouve ia partie formée par les fibres elle pareacbyme, et que M. Dccaiidoîle nomme mésophjlle; c’est lui qui donue la forme à la feuille. Cependant M. Bronguiart a fait voir que les feuilles submergées sont dépourvues d’épiderme et par conséquent de stomates. Le pai’euchyme y existe constamment , mais les nervures des feuilles ne sont formées que par des cellules allongées, diq^osces eu séries linéaires, mais ne constituant jamais de véritables \aisseaux. La feuille peut donc être plus simplement définie par l’épanouissemeut d’un faisceau défibré, dont les intervalles sont pour l’ordinaire remplis par du parenchyme. Quand répanouissement se lait, dès que le faisceau se sépare de la tige, la feuille qui est attachée sans le secours d’aucun support est appelée si, au contraire, ce faisceau se

]»rolonge quelque temps avant de se diviser , il prend le nom de pctiolcy pendant que le nom de limhe est donné à la partie épanouie de la feuille, et la feuille est alors dite pétiolée. Ce pétiole j^eut être simple ou ramifié; dans ce dernier cas il prend le nom de support comniun ou rachis^ et ses divisions et subdivisions petiotes partiels ou pctiolules.

Le limhe qui constitue la feuille proprement dite offre à considérer 1“ une face supérieure tournée vers le ciel; 2.'^ une face inférieure tournée vers le sol; 3‘^ une base, partie qui s’unit à la lige ou au jiétiole; 4'^ un sommet, extri'miilé opposée à la base; 0“ une circonlérence , ou ligne déterminant la forme de sa surtacc, La face inférieure de la feuille est encore remarquable par un grand nombre de prolongements provenant du pétiole , qui se |)ronouceut encore quoique à un moindre degré sur la face supérieure. On les connaît sous le nom de nereures. Celle qui fait suite au pétiole et qui est la principale, se.dirige longitudinalement et divise la feuille eu deux partiesàpeu jirèségales : on l’appelle côte ou nennire médiane. Les autres partent toujours de ses parties latérales ou de sa base et preuneut le nom de nervures proprement dites quand elles soiît un peu prononcées, de quand elles le sont moins, et meinnles quand

elles le sont peu. Ces nervures peuvent quelquefois se développer au-delà de la circonférence et former des épines plus eu inoius aiguës ( iiex aquifoliiim ). On peut se servir avec avantage de la disposition des nervures des feuilles pour cararté-

HISTOIRE NATURELLE

riser plusieurs divisions des végétaux. En effet, excepté quelques aroïdes, tous les monocotylédones offrent des nervures simples et parallèles entre elles. Les dicotylédones aii contraire presen-» tent des nervures qui sont ramifiées et anastomosées de diverses manières. La disposition des nervures donne lieu à trois modifi- ^ cations qu’on nomme i® heisinerves ou digitinerves ^ lorsque les nervures partent de la base de la feuille et se dirigent vers son sommet ; 2® latérinerves ou penninerves , quand les nervures naissent des parties latérales de la côte; 3° mixtinerves , quand elles participent de ces deux caractères.

Les feuilles peuvent être simplement attachées à la tige par un rétrécissement ou articulation qui ne fait pas corps avec elle; on les dit alors caduques ou articulées^ et elles peuvent tomber de bonne heure ; quand au contraire elles sont tellement unies à la tige qu’on ne saurait les en séparer sans déchirement, on les dit persistantes.

Quant à la manière dont les feuilles sessiles sont attachées sur la tige, on les distingue en : quand elles em-

brassent la tige dans toute sa circonférence ; semi-amplexicatiles^ si elles n’en enveloppent que la moitié; engainantes^ quand leur base se prolonge et forme une gaine qui enveloppe la lige {graminées, cjpéracées')', décurrentes, lorsque le limbe se prolonge plus ou moins sur la tige sous forme d’ailes membraneuses ( 'verhascum thapsus ); perfoliées, si le limbe paraît traversé par la tige {buplevrum rotundifoliiim) connees ou conjointes, lorsque étant opposées elles se soudent par leur base à travers laquelle passe la tige ( saponaria officinalis ). Lorsque le limbe d’une feuille est formé d’une même pièce, son pétiole n’offrant aucune division sensible, elle est simple (tilleul, lilas). Quand au contraire la feuille est formée par l’assemblage de plusieurs petites feuilles isolées les unes des autres et que l’on nomme /olioles , la feuille est alors composée. Ces folioles sont fixées sur le pétiole commun ou rachis, soit immédiatement , soit à l’aide d’un petit pétiole particulier nommé pétiolule; elles peuvent être aussi articulées ou non articulées. C’est dans ces sortes de feuilles articulées que l’on remarque ces phénomènes de mobilité que Lin>:ée appelait sommeil des feuilles ^ dont la faa)ille des légumineuses en particulier nous offre de si fréquents exemples. Indépendamment de ces deux principales modifications, les feuilles peuvent offrir une série de modifications qui montrent un passage insensible de l’une à l’autre.

BOTAjNIQKE.

Les Jeuilles simples peuvent être :

I» Relativement au lieu d’où elles séminales, pri-

norJia/es, radicales, canlinaires, ramaires, florales , etc.

20 Selon la manière dont elles sont disposées sur la tige et les ameaux,o/;/<osees, lyerticillées, alternes, distiques, unilatérales,

'parses^ etc. ^ i

Par cette dernière dénomination , il ne faut pas croire que les euilles soient disposées sans ordre sur la tige; au contraire, Bonnet a montré qu’elles n’étaient disposées que d apres une loirale autour de la tige, et dont chaque tour de spirale contient in plus ou moins grand nombre de feuilles, nombre qui ne rarie plus pour chaque tour dans une même espece. Ainsi quelluefois la spirale est formée de cinq feuilles , et la cinquième correspond à la première : on les nomme alors feuilles en quinconce. Quehiuefois la spirale n’en contient que trois, et la troisième est au-dessus de la première, la quatrième au-dessus de la deuxième : alors on les nomme distiques ( ormes ). Quelquefois la spirale en contient six, huit, dix , ou même un plus grand

"°Dans certains végétaux plusieurs spirales marchent parallèlement les unes à côté des autres : le pandanus par exemple en offre trois.

3° Quant à leur direction par rapport à la tige, les feuilles sont : dressées^ étalées,, infléchies, réfléchies, pendantes, eXo,,

40 Dans leur circonscription elles peuvent être orbiculées, ovales, elliptiques, lancéolées, filiformes, spatulées, etc.

50 Les feuilles écliancrées à leur base peuvent être cordiformes, rétiformes, sagittées, hastees,

60 D’apres la manière dont elles sont terminées, elles sont aiguës, piquantes, aciiminées, mucronées, obtuses, bifides, bilobées, bipartites , etc.

70 Elles sont quelquefois anguleuses et alors elles sont : triangulaires, rhomboidales, deltoïdes, trapézoïdes, etc.

8° D’après le nombre des incisions qu’offre leur limbe, elles peuvent être : trifides, quadrifides , multifides , trilobées, multilobécs, tripartites, miiltipartites, palmées, pinnatifides, etc.

9® Par rapport à leur expansion, elles sont : planes, convexes, concaves, striées, etc.

mSTOmB .\All!Kli),l,F,.

io'> Eu égard à leur consistance : membraneuses ^ coriaces^ molles, roides, etc,

iio D’après leur coloration, vertes, glaïupies, tacheiéos, etc. La couleur verte des feuilles est due, comme celle du tissu cellulaire en général , aux gi’anules verts rpii existent dans l’intérieur des ulricules, granules qui constituent la globuline de M. Tiq piii ou la chromule de M. de CandoUe.

12® Enfin, quand le grand pétiole existe, il peut s’insérer au centre de la face inférieure de la feuille, (ju’on dit alors être peltce ( tropœohim rnajus)-, il peut être en forme de massue, dans le trapa natans\ en forme de gouttière sur la face qui regarde la tige, dans plusieurs omhelliferes , etc.; et lorsque le limbe de la feuille se prolonge sur lui en formant deux appendices membraneux , on dit qu’il est ailé ( citrus aurantiutn ).

Les feuilles composées sont dites simplement composées, si le pétiole commun ne se divise pas; décomposées, s’il se ramifie, et sur- décomposées, s’il se subdivise plusieurs fois. Les premières sont digitées ou pennées : digitées , toutes les fois que les folioles parlent en divergeant du sommet même du pétiole commuu (marronnier d’Inde j ; pennées, quand les folioles prennent leur origine sur les parties latérales du rachis (acacia, ba-

gueuaudier). . j i

Les fouilles sont avec les racines les organes essentiels de la nutrition des végétaux. Ce sont elles qui absorbent dans i’atmospbère les substances nutritives qui y sont répandues à l’état de gaz onde vapeurs. Elles servent puissamment à l’assimilatioii en décomposant les substances pour les faire concourir à la nutrition du végétal. C’est par elles que se fait la décomposition de l’acide carbonique dont elles s’approprient le carbone, et rejettent Toxigèiie sous l’influence de la lumière. Enfin , c’est par elles que certains principes inutiles a leur alimeiilatiou sont rejetés, tantôt sous forme de gaz, tantôt sous forme de vapeurs, et tantôt sous forme de corps solides. Le premier de ces phcnomèues est connu sous le nom àQ respiration; le second, sous celui de transpiration; et le troisième, sous celui d’excrélions végétales.

Page 1