‹ Manuel complet théorique et pratique du jardinierChapitre 18 sur 111 · DE MULTIPLICATION · texte numérisé non relu

DE MULTIPLICATION

voisinage, on construit l'orangerie el la serre. Dans tous les cas, quelle que soit l'étendue du terrain , ce lieu doit être habilement dissimulé par un bosquet , de façon qu'on ne l'aperçoive que lorsqu'on y est parvenu , à moins que l'orangerie ne forme fabrique , et ne puisse servir de point de vue , et alors elle seule est découverte. Dans toutes sortes de culture , mais spécialement dans celle des fleurs , le choit des graines est de la plus haute importance. Nous avons déjà dit que le mieux était de laisser , au lieu même de semis, dans la pépinière , quelques-uns des plus beaux pieds pour fournir les semences. Mais , qu'on adopte ou non ce moyen , on doit marquer, dans son jardin, les pieds destinés à cet usage, et les soigner particulièrement. Les plus beaux , les plus vigoureux, les plus remarquables , doivent toujours être préférés ; on doit, de plus, retrancher la plupart des rameaux, et ne laisser que les principaux, afin qu'ils soient mieux nourris.

Dès qu'on s'aperçoit que les enveloppes qui contiennent les graines sont sèches, et se préparent & s'ouvrir, on doit en faire la récolte ; pour cela , on ne tire pas les graines de ces enveloppes j mais on coupe les tètes des fleurs, on les met sécher au soleil pendant plusieurs jours , pour dissiper toute humidité, et durcir la pellicule des semences. On les garantit des -attaques des insectes , et on les lie en paquets, ou bien on les met dans les sacs, que Ton suspend au plancher, dans un lieu sec, après les a voi r étiquetés. Ce n'est que lorsqu'on veut les semer qu'on les retire de leurs enveloppes : il faut alors les vaner légèrement à la main ou au van.

C'est surtout pour les espèces h fleurs doubles, et qu'on multiplie de graines, qu'il est bien important de choisir pour porte-graines les plantes dont les fleurs ont le plus d'éclat et de beauté. Sans cette précaution, on ne pourrait bientôt plus s'en servir, ces plantes ayant toujours de la tendance à dégénérer.

Le temps et la manière de récolter , lever et conserver les ognons , bulbes et griffes, sera indiqué à la section qui traite de ces plantes ; c'est aussi au commencement de chacune des sections qu'on trouvera ce qui est relatif aux divers '''procédés artificiels de inultiptication»

Noos venons d'indiquer les soins auxquels le culti-* \ateur doit se livrer pour tirer des plantes qu'il cultive tout le parti qu'il a droit d'en attendre , el pour les multiplier y indications que nous compléterons dans la des— cription particulière des genres ; rappelons maintenant les principales cluses de destruction auxquelles les végétaux sont exposes , et les remèdes qu'on peut y apporter. Cette partie de la culture est fort peu avancée, et se borne à-peu-près à une multitude de pratiques routinières, quelquefois bonnes, mais différentes dans chaque pays. On ne sera donc pas étonné que nous passions si rapidement sur cette matière 9 à laquelle nous avons d'ailleurs consacré un chapitre dans la première Partie.

Nous dirons seulement ici que les maladies des plantes ont pour cause des accidens ou des lésions interries. On ne connaît guère de traitement curatif de ces dernières ; quant aux accidens , retrancher la partie blessée ou attaquée , détruire les plantes et les animaux parasites qui nuisent aux végétaux, tels sont à-peu-nrès les seuls remèdes certains , mais non toujours praticables , dont on peut tenter l'effet.

Quant aux animaux domestiques ou sauvages, auxquels on peut interdire l'entrée des jardins , il est inutile de dire qu'ils doivent être rigoureusement bannis , surtout des parterres ; les uns , comme les chiens,' les chats , les lapins, les volailles , en courant, en grattant la terre, brisent, bouleversent, arrachent, détruisent les plantes; les autres, tels que les vaches, les chevaux, les moutons, les chèvres , etc. , n'y causent pas de moindres dégâts par leurs dents meurtrières.

Quant à ceux dont on ne peut empêcher l'invasion, il faut leur donner la chasse directement, ou les effrayer par des épouvantai!*, et les détruire par des pièges, des appâts , des poisons. Les insectes , surtout les plus pctits9 font un grand tort à beaucoup de fleurs, en rongeant les boutons ; on les chasse ordinairement, et souvent on les fait périr en arrosant les fleurs attaquées avec une décoction de plantes à suc âcre, comme le tabac, le sureau, le noyer , etc.

DE MttlTIPLICATlON. ^3 Les instrumens nécessaires, dans les jardins d'agrément, sont les mêmes que dans les jardins utiles, mats ils y sont plus indispensables. Nous renvoyons donc au chapitre de la première Partie , qui s'en occupe , et à la planche III,

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