DES PLANTES ANNUELLES
Les plantes annuelles sont celles qui naissent et meurent dans la même année , et le plus souvent , dans nos climats « parcourent toute la re'volution de leur existence dans l'espace de temps qui s'écoule depuis le cora-
Il8 PLANTES
menceraent du printemps jusqu'à la fin de 1 automne ; encore est-il plusieurs espères dont la durée est même ylus limitée , et qui remplacent presque dans le règne végétal les éphémères du règne animal; à peine leur vit est-elle de quelques heures, de quelques jours , tandis que d'autres végétaux , dignes témoins de l'antiquité du
Îlobe , semblent indestructibles même à la main du emps , et laissent couler sur leur tete une longue suite de siècles.
Mais, nous ne pouvons pas nous occuper de ces deux extrêmes. Ceux dont la durée comme la taille est gigantesque , tels que les baobabs, les figuiers d'Inde, etc. , paraissent appartenir exclusivement à la zone torride, et résistent même pour la plupart à nos cultures artificielles. Les autres , qui ne sont que l'ébauche de la nature organisée , tels que la tremelle , des algues , des lichens , certains champignons, ne méritent aucune mention sous le rapport du parti utile ou agréable qu'on peut en tirer dans nos jardins.
Nous nous occupons donc ici des plantes dont l'existence est bornée à quelques mois et au plus à Tannée, tant pour leurs tiges que pour leurs racines, propriété qui donne beaucoup moins de choix pour leur culture , et laisse à l'art beaucoup moins de prise.
Mais observons, avant tout, que cette classification des plantes en annuelles, bisanuclfes et vivaces , si commode , si utile pour le cultivateur, a le défaut de ne pas €trc caractéristique pour les végétaux. En effet , Ion tomberait dans une grave erreur si on pensait que toutes les plantes de cette section; partout et toujours, exe** cutent la révolution de leur existence dans un an. Cette propriété de se reproduire et de périr chaque année paraît tenir, en partie du moins, et pour certaines plantes , eu climat et au sol; la théorie ne nous offre pas encore de données assez sûres pour prévoir ces cas, mais les observalions en ont constate de nombreux exemples. L»e n est donc pas toujours rigoureusement qu'il faudra entendre les qualités de plante annuelle, de même que celle de plante bisanuelle ou vivace, mais relativement à nos climats , notre sol , notre culture. Au reste , toutes les fois que les plantes présenteront des variations de duree fréquentes, nous aurons soin de les mentionner.
ÀNNUEtLES. Iig
Les plantes annuelles fleurissent et reproduisent leur espèce par les graines dans le courant de l'année; mais , comme cette fonction est la plus importante de tous corps organise's , c'est un moyen employé quelquefois pour prolonger souvent de plusieurs années la durée des plantes qui nous occupent, que d'empêcher leur floraison, et quelquefois seulement la maturité des graines. 11 semble alors que la plante n'a pas rempli le vœu de la nature f et elle attend que les circonstances lui permettent de remplir ce devoir , d'acquitter ce tribut général.
Les plantes annuelles périssant chaque année , on doit s'attendre à ne rencontrer parmi elles que des tiges herbacées : en effet , à peine quelques espèces les ont-elles demi-ligneuses , tels que les soleils, les renouées , les ricins.
La même cause produit un effet plus important ; c'est que toute m uhi pli cation autre que par les semis est impossible, si ce n'est par des tours de force de culture extrêmement 'ares. Ni les boutures , ni les marcottes, ni aucune autre ▼oie artificielle démultiplication, ne peuvent conserver pour Tannée suivante une plante dont la vie est bornée à quelques saisons au plus; seulement, par le procédé des
( greffes herbacées de M. de Tchusdy , on peut transporter es bourgeons de plantes rares sur des plantes plus communes , et ainsi , avec un pied unique et précieux f en produire plusieurs , mais pour une année seulement (t). 11 est donc impossible de posséder dans les jardins des plantes annuelles qui n'y fructifient pas, sans renouveler chaque année la provision de graines de leur pajs originaire , et c'est ce qui a lieu pour beaucoup d'espèces.
(f) Il serait bien important et bien curieui de vérifier si, par U moyen de ces greffes, faites de plantes annuelles sur des plantes vivace* d'un même genre , on d'un genre voisin analogue v si toutefois* elles sont possibles, on ne pourrait pas parvenir à prolonger leur «xisieacc (•).
Note de F Auteur.
(*) Cette note est encore une preuve du préjugé dans lequel était l' auteur lorsqu'il écrivait cet excellent ouvrage. I) croyait que le sujet snr lequel on place une greffe lui transmettait plus ou moins de ses quatre
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L'impossibilité Je reproduire ces végétaux par Tes procédés artificiels a un autre inconvénient ; c'est de rendre les variétés précieuses par leur beauté ou leur rareté , fort incertaines , puisqu'en général les semences ne les reproduisent pas : celles que l'on a, on les tient donc pour ainsi dire du hasard , et tout au plus quelques tà~ tonnemens d'expérience indiqueront-ils un moyen de réussite un peu moins incertain , un peu plus abondant. Cependant la culture , en rendant , pour ainsi dire , domestiques quelques espèces , en changeant leur type primitif à tel point qu'elles sont méconnaissables et qu'elles en forment même de nouveaux , ainsi que nous espérons le démontrer ailleurs, leur a aussi fait perdre presque entièrement leurs-qualités naturelles ; ainsi, nous voyons les marguerites {chrysanthèmes) , les balsamines, les» pieds-d'alouelte , etc., reproduire facilement les espèces doubles ou de couleurs variées par le moyen des semis.
Toutefois, pour ne pas avoir le contraste désagréable d'individus communs à côté de ceux qui méritent l'attention , pour avoir dans cette espèce de cercle de niante* une égale élégance de mise et de tournure , malgré la diversité des formes , des costumes et des couleurs, deux précautions sont indispensables. Il faut semer ces plantes dans des lieux de réserve où on les apprécie , afin de pouvoir, en les repiquant, leur donner la place indiquée par leur mérite : ce moyen est le plus en usage et le meilleur pour les espèces dont les pieds sont destinés à demeurer séparés : il est aussi le seul pour celles qui , pat leur délicatesse , exigent des soins particuliers pour leur
Îremière éducation , tels que des semis sur couche , elc. fn assez grand nombre de plantes annuelles étant d'origine étrangère sont dans ce cas.
La seconde précaution à prendre pour s'assurer de la beauté de tous les individus , est relative aux plantes qui
lés; ce qui esl absolument faux. Une greffe vit sur son sujet a 11 maniera des boutures , ou, si Ton veut, des plantes parasites , qui ne changent jamais de nature en raison de la nourriture qu'elles reçoivent % mais qui, au contraire, assimilent cette nourriture à leur proprt nature.
rement leur reprise est prompte et facile , malgré que
t de lieu s'opère fréquemment à l'ap-
aswueelllS. tir ne peuvent être semées qu'à la place même qu'elle* doivent occuper, soit pour une réusite plus assurée, soit parce qu'on, veut en foi mer des touffes, des rayons , des> bordures. Dans ce cas , on doit semer surabondamment f c'est-à-dire confier au sol un excès de graines, afin de
fjouvoir arracher ou couper les individus dont le développement aura permis de constater l'infériorité ; c'est ce qu'on pratique notamment pour les pieds-d'alouette.
Les plantes annuelles, si ce n'est pour leur première éducation , n'exigent d'autres soins que des arrosemens. Dans les premiers jours du repiquage , surtout , l'eau leur est plus impérieusement nécessaire , et même il est bon d'abriter du grand soleil les individus délicats. Ordinaire
leur changement
proche de la floraison. Nous' devons cependant avertir qu'il faut toujours le faire le plus tôt possible , et de plus,, que certaines espèces ne peuvent supporter ce déplacement, ce qui nécessite leur semis sur place. Enfin autant que possible , la transplantation doit être faite avec la motte enlevée avec le secours du transplantoir ou de la houlette.
Aussitôt que la fleur de ces plantes est passée, on doit s'empresser de les faire disparaître , leur aspect devenant, alors aussi désagréable qu'il était attrayant auparavant 9 à moins qu'on ne les conserve pour se procurer des graines. Mais on ferait bien mieux , afin d'entretenir la propreté et l'élégance du parterre, de garder, à l'effet de fournir des graines, quelques-un des plus beaux pieds sur l'emplacement du semis : cela aura de plus l'avantage que les graines seront et plus abondanteaet. de meilleure qualité , et mûres plus promptement.^
Les plantes annuelles sont d'nn usage bien rare dans les jardins paysagers et dans ceux d'une certaine étendue , la nécessité de les planter et soigner une- à une chaque fois et dans chaque endroit où l'on veut en jouir , obligerait à de fort longs travaux dans un grand espace ;mbUf dans les jardins fleuristes et aux alentours de l'habitation , ces végétaux sont , pour ainsi dire , indispensables. L'avantage de les placer partout où le besoin s'en fait sentir , partout où l'agrément et la volonté y invitent,
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et lorsque les autres fleurs ont cessé de donner leurs brillons produits , les rend recommandables à tous égardsdans les parterres. On les y met ordinairement sur les premiers plans des plates-bandes , des corbeilles , des massifs, ainsi qu'entre les touffes des plantes vivaces ; d'autres forment des touffes , des corbeilles , des bordures ou des rayons dont on varie les dessins à volonté. C'est en faisant le semis de ces plantes à diverses époques, qu'on retarde ou qu'on accélère leur floraison : avec le secours des couches pour les premiers semis, on peut en jouir depuis la fin du printemps jusqu'aux gelées.
Les plantes annuelles qui méritent le plus d'être cul— tivees, à cause de leur beauté et de la facilité de leur culture , sont le réséda, les pavots , les pieds-d1 alouette , les mauves y le séneçon rf! 'Afrique , les silènes, bellesde-nuit, reines-marguerites, balsamines* centawéesf tagetes , zinnia , ipornea.
§. I. Des plantes annuelles rustiques.
Nous réunissons dans ce paragraphe celles des plantes annuelles dont la culture est la plus simple, et qui n'exigent pour leur multiplication ni couches, ni terrain préparé.
Les unes fleurissent au printemps.
1. Ibkiude (Iberis, f. des crucifères), très-connue sous les nomps de thlaspi et taraspic, a la forme d'un petit arbre à rameaux très-divisés et à feuilles entières, petites , épaisses. Les deux espèces les plus cultivées dans les jardins , sont :
L'L de Crète , dont tous les rameaux se terminent par des espèces d'ombelles de fleurs, et forment un vaste corymbe blanc , rarement rouge ou violet. Elle orne très-agréablement les parterres et y est fréquemment employée.
Ll. de Perse, qui ressemble a celle de Gibraltar, sont toutes deux vivaces et toujours vertes. Leurs feuilles sont très-épaisses et leurs fleurs semblables à celles de la première espèce , mais moins nombreuses. Celle de Perse
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demeure en pleine terre à bonne exposition , celle de Gibraltar doit élrc rentrée l'hiver, (i)
a. RÉSÉDA .( Heseda, f. des capparide'cs ). L'espèce des jardins est le R. odorant , dit amourette d'Egypte : c'est une plante très-basse, à tige faible, et qui n'est recherchée <ju a cause de l'odeur agréable de ses fleurs qui sont petites, disposées en grappes à l'extrémité des tiges, et de couleur verdàtre entremêlée de rouge. Cette plante ne demande aucun soin , mais on peut , en la mettant en serre , la rendre presque vivace. fille fleurit presque toute Tannée. L'espèce de notre pays est presque semblable , mais n'a aucune odeur.
Ces plantes sont fort basses.
Les quatre genres suiçaus atteignent une taille moyenne d'environ deux pieds.
i. Blette ( Blitum , f. des arroches ) , désignée sous le nom à'epinard-fraise , tiré des qualités apparentes de ses feuilles et de ses fruits ; mais ceux-ci n'ont aucun goût , et celles- là sont trop peu nombreuses pour remplacer celles de Tépinard. On la cultive dans les jardins d'agrément pour ses fruits rouges qui, disposés en grappes, font un bon effet. Les feuilles sont alternes , triangulaires et à long pétiole. Elle se resème d'elle-même quand la terre est préparée.
a. PAVOT ( Papaver , f. des papavéracées). Le P. coq ou coquelicot à fleurs rouges très-éclatantes , est trop commun dans les champs pour être cultivé (a) ; celui des jardins est une plante qui atteint jusqu'à cinq pieds , à tige forte , accompagnée de grandes feuilles alternes.
(t) On cultive , sous le nom de Dkavi dis Ptbek«5 ( Draba pùenaica) , une jolie petite plante vivac* , à feuilles ayant trois ou cinq lobes , formant d'épaisses rosettes; ses fleurs, qui paraissent au printemps, sont blanches, variées de pourpre; elle est très -propre à orner les rocailles humides des jardins paysagers. Elle appartient à la même famille.
(a) Le Pavot coquemcot ( Papaver rhœas ) » est an contraire une plante tres-cultivée dans les jardins , où ses nombreuses variétés produisent un charmant effet. Ses (leurs, simples ou doubles, sont, ou d'une couleur uniforme,, ou bordées d'une autre; les jïlus ordinaires sont d'un ronge écarlate, roses ou blanches. Il faut choisir les graintt m les individus les plus doubles.
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plissr'es, glauques et épaisses , qui sortent des noeud* de la tige; les fleurs sont très-grandes et en tête; elles «doublent très -facile. ment , et sont alors le plus souvent, découpées profondément. Les pétales ont toujours une tache noire à leur base : quant à la couleur des fleurs , elle varie beaucoup ; elles sont souvent panachées.' Les capsules, de forme singulière et comme surmontas d'une couronne, contiennent plusieurs milliers de graines.
On cultive encore le P. des Alpes et le P. du Levant, dont la taille est moindre que celle du P. ordinaire Le dernier a des fleurs rouges, superbes, il est vivace t et on doit le rentrer l'hiver pour conserver ses racines. Les pavots conviennent à l'ornement des jardins paysagers.
3. ChÉLIDOINE ( Chelidonium , f. des papavéracées). La seule espèce cultivée est à feuilles glauques, d'où le nom de glaucienne qu'on lui a donné. Sa tige fournit , à chaque nœud , de grandes feuilles blanchâtres , épaisses , velues, très-contournées. Les fleurs, de couleur jaune, rouge ou violette, sont assez belles, et portées sur un long pédoncule qui se termine ensuite par une capsule en forme de gousse , renfermant les graines. La tige et les feuilles, lorsqu'on les brise 9 donnent un jus rougeàtrc, très-puantet très-fort.
4. Pied-d'Alouette (Delphinsum , f. des renonculacées). Une espèce croit naturellement dans les champs, et porte le nom de bec d'oiseau et autres. Le P. vioace, qu on cultive dans les jardins, lui ressemble beaucoup ; c'est une grande plante élancée, à feuillage très-découpé, à fleurs variées. L'espèce la plus cultivée s'appelle aussi Jleur d*Ajaac , fleur royale, dauphinelle ; sa tige est
droite, couverte de petites feuilles effilées et de rameaux qui affectent la forme cylindrique, et terminés par une pyramide ou panache de fleurs nombreuses de couleurs très-variées, du plus bel effet (1).
(1) Daupbinhllk , Pied-d'Alouktte. On donne la préférence , pour faire des bordures , aux variétés nommées pied-d% alouette nain ou pyra~ midal , dont la lige ne dépasse guère douze à quinte pouces de hauteur, «t dont les fleurs, beaucoup plus serrée» , fort doubles, varient dan 4
Ces fleurs, rassemblées eu corbeilles on disposées en rayons, sont d'un effet charmant dans les parterres. Leurs fleurs affectent les couleurs les plus agréables, et doublent d'une manière très-riche ; elles ressemblent à un beau plumet place' sur un bonnet vert : elles n'exigent que des arrosemens assez fréquens.
La plupart des plantes annuelles fleurissent l'été', telles sont les suivantes , dont les deux- premiers genres s'élèvent peu.
1. Crépide {Crépis , f. des semiflosculcuses ) , renferme un grand nombre d'espèces, dont plusieurs sont indigènes et communes. On cultive dans les jardins la barbue et la rouge , mais non celle des toits et la bisannuelle , malgré que ce soient de belles plantes, parce qu'elles sont trop répandues. La C. barbue se fait remarquer par ses fleurons jaunes et son disque noir , et la C. rouge par son calice he'risse' et ses belles fleurs d'un rouge tendre. Elles doivent être semées en place.
2. Souci {Calendula, f. des radiées) ( voyez l'exemple d'une plante radiée , pl. I , fig. i£ ). Celte plante , frappée de défaveur sans aucun motif, si ce n'est peut-être son odeur, et qui pourrait se plaindre avec raison de l'injustice des hommes , fait un assez bon effet dans les jardins, mais en est à-peu-près bannie. Sesfleurs sont jaunes, et leurs rajons , plus foncés , tirent vers l'aurore. On en possède deux ou trois espèces à-peu-près semblables, dont les fleurs doublent facilement (i).
un grand nombre de nuances; on les multiplie de graines seme'es en place au printemps , en terre franche. La I>auphin*lle a grandes fleurs ( Delphinium gramhjlornrn ) , est une très-belle plante vivace , originaire de Sibérie. *es fleurs , d'un beau bleu d'azur , tachées do rouge, paraissent en juillet et août ; on la multiplie de graines et d'éclats, et elle réussit assez bien dans tous les terrains.
(i) Sons le nom de soucia bouquet , on en possède une très-jolie variété nouvelle , remarquable en ce que, sous les premières fleurs e* après leur épanouissement , prennent naissance quinze ou vingt fleurs secondaires et réunies en bouquet Le souci de la reine est une autre variété a fleurs plus large* , plus doubles et d'un jaune moins foncé ; on cultive en orangerie éclairée le Souci uygrometiie (Calendufa pluvialis)* originaire du Cap; et le Souci a veuilles de çttiïW^V' ( G chryianthcmi/olia ) , du môme pays et vivace.
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Les quatre genres suivons s* élèvent jusqu'à deux pieds.
I. Phalaris (Arundinacea , f. des gramens), porte aussi les noms de roseau ruban, alpiste , chiendent pa-~ riaché, ruban Cette plante , d'un effet agréable , se dis tingue par de longues feuilles en forme de ruban et rayées deîdanc sur un vert tendre : elle garde quelquefois des racines vivac.es , au moyen de traces ou s to loues , ce qui peut servir à la multiplier (i).
a. AMARANTHE (Amaranthus , f. des amaranthées ). La diversité de coloration des feuilles de ces plantes en a fait multiplier les espèces, qui sont toutes fort agréables dans les parterres. Leurs feuilles, d'un vert foncé, tirent, en général , sur le rouge ou le brun. Nons ne distinguerons que deux espèces , dont la première est d'une taille assez élevée ; c'est l'A. tricolore, à feuilles panachées f ovales, grandes, et à fleurs en paquets ; l'autre est l'A. à fleurs en queue , qui les a d'un rouge plus sanguin et disposées en grappes cylindriques pendantes, d'où le nom de discipline de religieuse.
3. Améthystes ( Amet/rystea, f. des labiées ). L'espèce dite bleue est la seule cultivée ; elle est agréable par ses fleurs légèrement odorantes , disposées trois à trois , et d'un joli bleu. Elle se distingue par ses tiges quadrangulaires , caractère général de la famille des labiées ; ses feuilles opposées et ses fleurs en lèvres , a cinq divisions ou lobes {voyez pl. I , fig. ai).
4. Anserine ( Chenopodium, f. des arroches ) , renferme une trentaine d'espèces , la plupart d'Europe f qui ont les tiges et les feuilles cannelées , et les fleurs peu ap-
(1) Comme le pbalaris est vivace, nous le ferons snivre d'une aut rt pîanle vivace de la même famille f produisant le même effet.
Roseau qvkkouillk a trcilles pawachkks (Arundo donax varitgata).
tecrefranebe , substantielle , un peu humide ; elles se multiplient par 1* séparation des drageons. La variété panachée est sensible aux gelées; il loi faut une bonne couverture l'hiver, ou la rentrer en orangerie»
annuelles. 137
parentes , en paquets au bout des rameau*. Les espèces qui croissent sans culture et sont plutôt détruites que recherchées f sont l'A. hastée , connue sous le nom île bon Henri; l'A. verte, dite poule grasse , qui vient partout en abondance; celle des murs , qui y croît en effet, et qu'on mange quelquefois en guise de'pinards; enfin la puante , aussi très-commune , et désignc'c sous le nom d'arroche puante.
Les espèces cultivées pour ornement sont l'A. pourprée f de Chine , dont les feuilles sont couvertes d'un duvet rougeâtre et de forme lancéolée ; cette plante a un beau port; l'A. à balai , à tieps et feuilles très-légères, ce qui la fait rechercher. La plupart ont une odeur agréable.
Les dix genres suivons sont des plantes d'une taille élevée , et gui par conséquent conviennent aux grands terrains et aux massifs.
t. SlDA (Sida, f. des malvacées ). Genre très-nombreux , surtout en espèces des tropiques t dont plusieurs sont vivaces. L'espèce dite abutilon est à-peuprès la seule cultivée en Europe : elle est agréable par son port , et sert en Chine , d'où elle provient, de plante textile. Dans nos climats, elle demande une bonne exposition (1).
2. MAUVE (Malva, f. des malvacées), renferme aussi un grand nombre d'espèces , dont plusieurs sont communes et indigènes de France : on les reconnaît £ leurs feuilles arrondies en cœur , souvent plissées ( voyez pl. I , fig. i3 ) , et à leurs fruits réunis en forme de couronne.
La grande mauve, à fleurs rayées de blanc et de violet; la mauve alcée , qui croit dans les bois, et celle musquée , sont des plantes élégantes et d'or-
(1) On cultive en .«erre chaude deux charmantes espèces de ce genre. Sida réfléchi (Sida reflexa) du Pérou ; lige de trois pieds ; feuilles cordiforroiîs , grandes et blanchâtres; en été , fleurs écarlates , tachées de brun dans l'intérieur. Sida en arbre (S.arborea). Tige de six pieds; feuilles cordîformes; en éleveurs blanches, assez grandes ; ces plante* reprennent difficilement de boutures j nuûs g» le* multiplie de graine» semées sur couche au printemps.
ne ment par leurs fleurs. Une nuire espèce , la M. fri-+ sée % les décore par son feuillage vert tendre, trèsplissé, et par sa taille élevée : elle fait bien dans les
massifs (i),
3, ÂKGÉMOKE (Argemonium , f. des papaveracées ) , originaire du Mexique ; cette plante est presque naturalisée en Europe : on l'y connaît sous le nom de pavot épineux. En effet , sa lige élevée , ses rameaux et ses larges feuilles sont garnies d'épine*. Les fleurs sont le plus souvent jaunes, blanchâtres, quelquefois rougeAtres. Froissée, elle jette un suc jaune très-acre et d'une odeur désagréable.
4 Bourrache (Borago, f. deshoraginées ). Connue aussi sous le nom vulgaire de langue de bœuf ; on en cultive trois espèces; la vulgaire , naturalisée en France ; celle à larges feuilles et celle à feuilles épaisses. On reconnaît aisément ces plantes à leurs tiges et à leurs feuilles velues, rudes et ridées. Leurs fleurs, disposées à l'extrémité des tiges et des rameaux , sont bleues et quelquefois rouges, avec un cercle intérieur blanc : leur forme est en roue et à cinq divisions.
L'espèce vulgaire, agréable dans les plates-bandes, est d'un usage fréquent en médecine , et sert de plus à décorer les salades.
5. Nigelle (Nigella, f. des renonculacées ) , plante élancée et d'un aspect agréable. Leurs feuilles sont trèstléroupèes, et leurs fleurs , ordinairement bleues ou blanches , doublent quelquefois ; la plus cultivée est la "N. de Damas , dont les fleurs sont accompagnées d'une collerette à folioles capillaires fort longues , ce qui les fait désigner vulgairement par les noms de patte d'araignée , cheveux de Fénus ; l'espèce de Crète , dont les graines ont une forte odeur , s'appelle aussi poivrette. La N. des champs , dont les fleurs n'ont pas de colle-
(i) la M at&t dfoariquée (Maîva divaricata), est une très-jolie plante ligneuse du Cap; ses feuilles petites , dentées, lob'ies et plissées, sont portées par des rameaux inclinés avec grâce ; ses fleurs , qui paraissent depuis juin jusqu'en d membre , sout nombreuses, blanches at rayées
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relies , nie'rîtcraît d'être cultivée t et formerait de jolies bordures (1 ).
6. Immortelle ( f. des flosculeuses ). Nous re'unissons sous ce nom plus conuu quelques plantes dont les botanistes ont forme' des genres difte'rens. Leur nom vient de la longue dure'e de leur fleur : elle est duc à la nature ecailleuse de leur calice colore et ressemblant à une fleur, tandis que les ve'rilables flcuis sont peu ou point apparentes.
i°. Immortelle {Xerantherrmm ). UI. commune ou annuelle a les feuilles lance'oUes , blanchâtres ; les fleurs, assez grosses , sont blanches , violettes ou me'lange'es , et placées au bout des tiges (a).
20. Immortelle ( Gnaphatium ) , a les feuilles trèssèches , et se plaît, ainsi que la précédente, dans les lieux arides et chauds. Il en est plusieurs espèces qui diffèrent peu les unes des autres. Leurs fleurs , petites et très-serrées, sont «le couleur blanche ou jaune , et en paquets ; elles sont agréable* d*ns les parlerrcs et les bosquets,
d'un carmin très-vif. Orangerie ; terre légère , substantielle; multiplication de boutures étouffées sur courbe chaude , 011 de graines semées au printemps sur la même couche. On cultive de même les arbustes suivaos : Mauve rouge ( M miniata); flf. du Cap ( M. canensis); M tffilée{ M. virgata ). On en possède une superbe espèce de serre chaude , la ]ïf. ombelUe ( 33. umbellafa ). (1) On cultive une autre espèce fort jolie :
ïïigelle d'Espagne ( Nigella nispauica ) , plante annuelle et rustiques ses fleurs bleues et d'un blanc pur , ont des collerettes plus grandes; Même culture.
(a) Deux autres espères très-belles sont cultivées dans nos orange ries.
Immortelle éclatante (Xeranthemum folgidurn ) ; plante frutescente , des Alpes ; tige d'un a deut pieds; feuilles oblougues, persistantes; en juin, fleurs d'un jaune éclatant et doré. Terre légère; peu d'humidité en hi\'er ; multiplication de boutures.
Immortelle à bractées ( X. braclealum ), frutescente, de la nouvelle Hollande ; tige de trois pieds ; feuilles lancéolées , aiguës; en été et en automne , fleurs d'un jaune doré, solitaires et paniculées. Même culture; multiplication aisée par ses graines.
tTn genre très-voisin , démembré de celui-ci, a fourni une plante très-belle et Ires-cultivée.
Elichryse h grandes /leurs ( Elicbrysum speciosissimum ), plante frutescente, du C*p ; tige d'un pied ; feuilles lancéolées , persistantes; en
I'uin et août , fleurs belles, grandes , à demi-fleurons jauues et disque, îlanc. Meiue culture que les trois espèces précédentes*
surtout par leur longue durée, soit coupées, soit sur pied. Quelques espèces croissent naturellement dans nos champs (1).
3°. On nomme encore immortelle violette , Varna tanthine : le premier nom lui vient de la dure'e de ses fleurs , et le second de leur couleur. Les feuilles de cette
filante sont allongées , d'un vert foncé , et les fleurs , solitaires sur chaque pédoncule , d'un beau violet. C'est aussi son calice qui est coloré. Pour croître avec vigueur, elle demande à être semée sur couche , et plantée en boa t terreau (a).
7. Soleil (Hélianthus , f. des radiées), l'une des plantes dont la fleur est la plus belle et la plus extraordinaire, et à laquelle on ne fait nulle attention, parce qu'il est trop facile de se la procurer : elle ressemble, absolu— meut au disque du soleil. Sa lige , grosse , forte , s'élève à sept ou huit pied*. Vers la partie moyenne, elle se divise en rameaux accompagnés de larges feuilles couvertes de poils. La tige principale et les rameaux sont terminés chacun par une fleur qui s'incline vers le sud , et forment ainsi une sorte d assemblée en grande parure , que préside la fleur de la tige centrale , toujours plus grosse et plus ample. Ces fleurs sont entourées de demi-fleurons fort grands , et ont jusqu'à un pied de diamètre.
Il en est une autre espèce, à racines vivaces , qui est désignée sous le nom de petit soleil. Ses fleurs sont plus petites, mais assez semblables ; sa racine fournit plusieurs tiges formant touffe , d'un aspect fort agréable. On en
(1) Les espèces cultivées pour l'orne ment , sont :
Immortelle fétide ( Gnaphaliura fatidum ), haute de deux pieds , à fleurs grosses, iaunes , a calice argenté' ; /. de Firginie ( G. roargaritaceuro) , de dix-huit pouces, à (leurs d'un jaune soufre et calice argenté; /. globuleuse ( G. exiraium ), haute d'un uied, a fleurs d'un beau jaune et involucre rose; elle exige l'orangerie l'hiver, ainsi nue la suivante ; Ld'Oriênti G. orientale), tige d'un pied; (leurs d'un beau jaune luisant, ainsi que leur calice.
(a) Variétés, \° à fleurs blanches; ap à fleurs couleur de chair. Çctte plante est plus connue sous le nom de Gomphrcne globuleuse (Gomf hrena globosa ).
connaît encore deux autres espères à racines vis aces , et le topinambour.
8. Tabac ( Nicotiana, f. des solanees ). C'est une belle plante qui peut servir à l'ornement des jardins par ses feuilles oblongues et très-longues, el ses fleurs en roue, ordinairement de couleur rose, et portëes sur une longue tige. Mais , en ce moment, elle est proscrite, même des jardins.
g. Stbamoine {Datura stramonium, f. des solanees). connue sous le nom de pomme épineuse , plante d'orne— ment, mais bien inutile dans les champs, où elle est maintenant naturalisée. Ses tiges sont fortes et garnies* de larges feuilles à angles nombreux enveloppant leur pétiole. Ses fleurs , avant leur épanouissement , sont enfermées dans une capsule épineuse ; leur forme est une trèsgrande et très-belle cloebc. L'espèce A%Egypte a les mêmes fleurs , souvent doubles. Mais ces plantes doivent être peu répandues, à cause de leurs qualités malfaisantes : leur odeur est nauséabonde et produit même des vertiges.
Une espèce fort belle vient en arbre ; elle exige la serre (i).
io. Renoué (Poïygonum , f. des polygonc'es ) , plus connue sous le nom de persicaire : on ne cultive que la grande. C'est une plante qui parvient jusqu'à dix pieds , à tige forte , noueuse , et dont les nœuds sont couverts d'une pellicule rougeâtre. Il part de ces nœuds des rameaux semblables à la tige , en petit , et accompagnés de grandes et larges feuilles d'un vert tendre. Les fleurs
sont terrniuaies et disposées en chatons, ou epis pendons, de couleur rouga ou blanche, renfermant des graines noires.
(i) Cette espèce en arbre (Datura arborea), est superbe ; ses fleurs, paraissant de iuillet eu octohr*, sont en forme de trompette, longues d'un pied, blanches, rayées de jaune pâle , très-odorantes. Cet arbrisseau magnifique, s'élevaut de dix à quinze pieds, se conserve très-bien dans une bonne orangerie éclairée. Il lui faut une bonne terre à orangers, des arrosemens abondans en été , rares en hiver j on le multiplie très-aisément de boutures.
La Stramohufastueuk oud'Eg/pte ( Datura fasluosa), est une plante
l£l PLANTES
Cette dernière espèce fleurit à l'entrée de l'automne.
Taules ces grandes plantes font un bon effet dans les jardins spacieux et paysagers. On doit les y placer sur les premiers plans des massifs.
§. IL Des plantes annuelles délicates.
Ce paragraphe renferme les plantes qui exigent, pour leur culture, de plus grands soins que les précédentes , et notamment réclament de plus fréquens arrosemens, et leur semis sur couche , sous châssis , en terre de bruyère ou en hon terreau.
La plupart fleurissent dans le courant de l'été.
Les quatre genres suwans ne dépassent guère un pied d'élévation.
i. Basilic (Ocymnm, f. des labiées). Les plantes de ce genre, comme la famille des labiées , sont aromatiques et d'une odeur fort agréable : elles ont les rameaux petits cl très-divisés. Les feuilles sont aussi fort petites, surtout dans une espèce qui se distingue de la plus répandue par la finesse de son feuillage ; ces feuilles deviennent souvent violettes; quant aux fleurs, elles sont nombreuses , mais peu remarquables. Les basilics aiment les sols de terreau et beaucoup d'arrosemens. Ces prantes , si recherchées autrefois , semblent déchues pour long-temps d'un tronc qu'on ne peut cependant pas dire qu'elles avaient usurpé ( i).
annuelle , «'élevant de deux pieds, ayant de très-belles fleurs souvent composées de deux ou trois corolles l'une dans l'autre, d'un blanc verdâtre ; elle a des variétés à fleurs blanches ei à fleurs doubles. On la multiplie de graines semées en mars sur couebe chaude.
I a Stramoine cornue ( D. rerataur.ola ) , se cultive de la môme manière ; ses fleurs très-grandes, blanches en dedans, violacées en dehors, odorantes, se succédant depuis juillet jusqu'en octobre, s'ouvrent a cinq heures du soir el se referment le lendemain à neuf heures.
(i) Basilic. On cultive plu* particulièrement les variétés a feuilles de laitue, h feuilles d'ortie, et anisé. Elles se distinguent par leurs feuilles
f)lus larges, et la dernière par son odeur particulière. Le basilic de Ceyan ( Oeymum gratissimum ), a une odeur plus suave que les précédens et a en outre l'avantage d'être vivace. On cultive encore le basilic à grandes fleurs ( O. grandifiorum ) , el le petit basilic ( O. minimum ). Tous se semeut sur couche tiède , en mars, et se repiquent en pot , ou «n pleine terre à exposition chaude. On leur donne des trrosemen* •oufeaus-.
3. ClkONIE (C/eonia, f. de* labiées) f jolie plante connue sous le nom de brunelle adorante ; malgré sa petite taille, ses fleurs sont grandes, disposées en corymbes terminaux, le plus souvent violettes, quelquefois panachées. Ses feuilles s'unissent à la lige*, en diminuant toujours le long du pétiole jusqu'à sa base.
3. Séneçon (Senecio, f. des radiées). Nous ne parlerons pas de l'espèce commune, qui croît partout, mais seulement du S. d'Afrique ou élégant. Sa lige est rameuse , ses feuilles tiès divisées et visqueuses ; le disque de la fleur est jaune, mais les fleurons de la circonférence sont d'un beau rouge et d'assez graiide dimension. C'est line plante nouvellement introduite dans les jardins, et qui mérite bien d'y trouver une place. Rentrée en serre , elle dure plusieurs années (i).
4- SiLÈNE (f. des cariophylées), réunit plus de quatrevingts espèces ; les unes des champs , les autres cultivées dans les jardins. Parmi celles-ci , on remarque le S. à bouquets ; le S. à cinq plaies , dont les pétales blancs ont des taches pourpres ; le S. à fleurs roses , très-petit. Les fleurs sont disposées, au bout des tiges, en faisceaux : leurs feuilles sont visqueuses.
Les cinq genres suivans ont une taille plus élevée , sans dépasser deux- pieds.
1. CâlOSIE ( Celosia , f. des amaranthées ) , plus connue sous le nom de passe-velours et de crête de coq , appelée souvent atnaranthe par'Ies jardiniers. Une espèce est à fleurs rouges et l'autre a fleurs jaunes , et leur mélange a produit beaucoup de variétés hybrides. Elles se font remarquer par leurs fleurs très petites , mais accumulées d'une manière irrégulière et aplatie, ce qui simule quelquefois des crêtes , des caroncules , ou un velours serré. Leur effet est fort agréable dans les carres et dans les plates-bandes.