Perce-neige ou Galanthink (Galanthus). La
seule espèce cultivée est indigène dans les bois, et recherchée à cause de la précocité de ses fleurs qui paraissent dès la fin de l'hiver ; ses fleurs, de couleur blanche, sont portées isolément sur des hampes recourbées en cône, d'environ un demi-pied de hauteur. Ces plantes font un charmant effet en touffes dans les parterres et aux pieds des 'arbres, ou disséminées dans les massifs et les gazons. La multiplication par caïeux est à-peu-près la seule pratiquée.
3. Plantes bulbeuses de la famille des iridées. Huit genres sont cultivés dans les jardins , et presque tous très- dignes de fixer V attention de l'amateur de belles fleurs.
i. Iris, genre très-nombreux et qui mérite de tenir une place distinguée dans toutes les espèces de jardins. Dans les parterres et les massifs on en forme des touffes, et dans les jardins paysagers ces plantes font un très-bel effet, soit sur les bords des bosquets , soit dans les gazons, soit même sur les rochers, les cabanes et les murailles, où quelques espèces croissent sans difficulté. Tous les iris ont les feuilles en épée , pointues, entières, lisses et engainantes. Les fleurs, presque toujours fort belles , sont encore remarquables par leur singularité. Parmi ces plantes , les unes ont les racines bulbeuses , les autres tubéreuses et charnues , fournissant une grande quantité de rejetons.
On remarque, parmi ces dernières, PI. germanique , dit flambe , qui atteint trois pieds, et dont chaque tige porte jusqu'à six fleurs; ces fleurs, où le bleu violet domine , offrent , soit sur les pétales, soit sur les stigmates, plusieurs nuances qui font un effet charmant : leur forme, de laquelle se rapproche la plupart des espèces, est fort singulière et assez difficile à décrire; les pe'tales , au nombre de six , sont contournées en différens sens , à d'inégales distances; trois s'inclinent en dedans et trois en dehors; enfin, trois stigmates énormes ajoutent à la complication de la fleur. Les ï. sale, varié, jaunâtre ne diffèrent du premier que par la couleur des fleurs; PI. des marais, dit glaïeul, à racines entrelacées, à tige rameuse, à fleurs jaunes ; 11. des prés, le plus élevé et l'un
a54 * PLANTES
des plus remarquables ; ses fleurs bleues , nuancées , sont veinées de jaune et de blanc ; l'I. nain , qui ne dépasse pas six pouces , à fleurs solitaires , offrant mille varie tes de couleurs très-propres à former des bordures, des touffes, et à orner les gazons, ainsi que Vh pnntanier, qui lui ressemble beaucoup , mais est plus délicat. Toutes ces espèces sont fort rustiques, croissent partout sans aucun soin ; il faut au contraire mettre des bornes à leurs envahissemens.
L'I. de Suze, dit bis en deuil, à fleurs brunes rayées de pourpre, et l'I. de Florence, h grandes fleurs blanches, craignent les gelées. On doit les couvrir l'hiver.
Tous ces iris, dont les fleurs sont légèrement odora rites, surtout lorsque le soleil les frappe , se multiplient de graines qui ne fleurissent qu'au bout de cinq ans ; aussi préfère-t-on le mode de séparation des racines et des rejets , presque toujours abondans. ^
Les espèces à racines bulbeuses sont: 1T. bulbeux, à grandes fleurs de couleurs très-variées, souvent panachées, et dont les stigmates sont divisés en deux; IX double bulbe , ainsi nommée de sa racine double ; ses fleurs sont violettes: IT. de Perse, à feuilles linéaires f glauques; il se distingue par sa fleur sans pédoncule, solitaire , presque posée sur la racine.
Ces espèces sont délicates ; on les multiplie de caïeux , que l'on obtient en relevant les bulbes tous les trois ans.
a. Glaïeul (Gladiolus). Ce genre renferme un trèsgrand nombre d'espèces à fleurs agréables. La seule espèce de pleine terre dans nos climats , le G. commun atteint deux pieds : ses feuilles sont engainantes , en forme de sabre droit , striées longitudinalement ; les fleurs , disposées en épis au sommet de la tige, sont du plus heau rouge et d'un grand effet : çn doit laisser ces plantes former touffes. Celte espèce ne demande aucun soin, et se multiplie de caïeux ou de graines ; mais ce dernier moyen ne fournit des plantes parfaites qu'après cinq ou six ans [»}•
(i) Glaïeul. Comme beaucoup d'amateurs font collection de ces plantes charmantes qn'il* cultivent en terre de bruyère et en bâche avec les ixia , nous allons leur indiquer les espèces qu'ils peuvent se procurer dans le commerce : gladiolus grandiflorus , fysantinus , ala-
BULBEUSES. a55
La plupart des autres espèces , très-nombreuses et aussi remarquables par leurs fleurs , sont du Cap, et demandent l'orangerie, la terre àê bruyère, et beaucoup de soins pour leur multiplication. Les décrire nous entraînerait beaucoup trop loin.
3. Safran (Crocus). Le safran cultivé pour les besoins de la médecine et des arts, l'est peu dans les jardins; c'est une plante à petite bulbe, fournissant des feuilles linéaires et une tige terminée par une fleur violette , dont le style a trois stigmates de près d'un pouce de long , colorés en rouge et très-odorans ; c'est cette partie de la plante qui, recueillie avec soin , sert à tant d usages.
Les sajrans printaniers , qui fleurissent au commencement du printemps, tandis que le précédent fleurit en automne , présentent une foule de variétés dans les couleurs ; eMes sont le plus souvent mélangées . et celles qui dominent ordinairement sont le jaune , le violet, l'aurore et le bleu : on possède aussi des variétés doubles.
Ces petites plantes sont agréables en touffes dans les massifs, en bordures , ou en vases dans les appartemeus; elles sont aussi fort bien disséminées dans les gazons ; elles ne demandent pas une bonne terre , mais il faut les enfoncer profondément, afin de les garantir des fortes
gelées; quelques variétés doivent même être couvertes, ►n les multiplie de graines et mieux de caïeux , qu'on sépare en relevant la plante tous les trois ans.
4* IxiA, genre très-nombreux en charmantes plantes» toutes du Cap , et qui exigent une culture spéciale qui
tus , namaquensis , versicolor , floribundus , pyramiâalis , tvatsonius , pli* catus , reeurvus , refrac tus , roseus , tristis , viridis , concolor, cunonius t cuspidattis , ht/sut us , merianus , angustus, blandus, campamtlatus , carneus, Cardin ali s.
Une nouvelle et tres-jolie espèce a fleuri cette annle chez M. Noiselle.
Glayeul a fleurs roses ( Gladtolus roseus ) ; tige de deux pied* et demi , flexueuse , feuilles pubescenles, très-engainantes ; en ianvier el fï-vrier, fleurs roses exhalant une odeur tres-suave , longues de deux pouces. Même culture que les glayeuls de bâche.
Glayeul h trois taefus ( G. trimaculatns ) ; tige de deux a trois pieds* feuilles longues d'un pied a dix-huit pouces, étroites, enstforraes; eu avril , fleurs grandes , a lube long, grêle et d'un rose paie , limbe rose à l'extérieur , blanc au-dedans, les Irois divisions inférieures marquées chacune d'une tache oculaire purpurine. Même culture.
2 jO rLan
porte leur nom, et qui est nécessaire à plusieurs autres genres de plantes également agréables. Ces plantes ne demandent, pas une grande chaleur, mais craignent le moindre froid; on doit donc les placer dans des bâches ou châssis , que l'on peut relever à volonté et couvrir de paillassons; on ouvre ces châssis toutes les fois que le temps est doux , et on les couvre de litière à la plus petite gelée: enfin, au mois de mai on l'enlève tout-à-fait : c'est à -peu-près à cette époque que les fleurs s'épanouissent dans ces haches; on les cultive, soit dans la terre même, soit en pots; mais, dans tous les cas , on a dû» composer le sol de terre de bruyère pure jusqu'à la profondeur de plus d'un pied , et mettre en dessous une couche de matières qui favorisent l'écoulement des eaux ; car ces plantes n'aiment pas l'humidité. On les multiplie de caïeux et de graines qui fleurissent souvent la troisième année (1).
Nous n'essayerons pas de décrire même les principales espèces d'ixias; nous dirons seulement qu'elles ont les feuilles engainantes, larges , la tige épaisse, souvent courbée , les fleurs plus ou moins en forme d'entonnoir, grandes et offrant une multitude de variétés et de mé-
(i) Ixia. Voici la nomenclature des ixia que l'on trouve dans te commerce. Nous y joindrons celle du genre hypoxide , qui en a été démembré : ixia bulbocodium , tricolor , hyalina, palmata , filiformis , ango font en sis , biriennis , longiflora , fusco-citrina , cinnamomea , alba , al.pallida , aulica , capitata , crocata , cr.fulgida , cr. major, cr. minor, cr. pullula , cr. ritrea ; conica , conspicua , crateroïdes , prismatica , scillaris , stellata , thyrsiflora , th. purpurea ; viridiflora , vir. data , rir. nigra , vir. rubra ; curta , crecta , er. incarnata; er. mandata ; Jlcxuosa , fi. camea ; hybrida , hyb. incarnata ; hypoxiflora, hyp. purpurea ; polystaehya , poL alba, pol. lutta , pot major , pel. rosea , pol. striata; patins y pat. carnea, pat. co ceint a , pat.paUida ; le uc a ni ha ; lutca , lut. humilis , lut. major ; ma eu lut a , monadelphia , mon. albj , mon. aurantia , mon. nigra , mon. versicolor ; ochroUuca , o*>ata. Spahaxis grandiflora , bulbifera , alba, liliago, violacea, striata , tricolor.
Une charmante espèce d'ixia a été depuis peu apportée d'Angleterre.
Ixia a fleurs coniques ( Ixia conica ) ; feuilles de la base engainantes , comprimées et réunies en forme de palme ; les eaulinaires ensiformes «t plus courtes ; tige rameuse, de dix-huit pouces à deux pieds ; en avril et mai, très-bel épi de fleurs nombreuses , grandes , d'un bel orange foncé. Même cuilure que les autres ixia.
langes de couleurs plus vives et plus jolies les unes que les autres.
On a re'cemment séparé des ixias un assez grand nombre d'espèces f sous les noms d'iparaxis et d'ypoarides. Ces plantes, qui ont beaucoup d'analogie avec eux , s'élèvent peu, fournissent aussi de charmantes fleurs, souvent bigarre'es , et exigent la même culture.
5. TiGRlNE {Tigridià). On n'en connaît qu'une espèce extrêmement remarquable par la beauté de ses fleurs qui, malheureusement , ne durent que quelques heures. Chaque pied en fournit ordinairement trois ou quatre , successivement. Celte plante a les feuilles entières , pointues et plissées , la tige rameuse , noueuse , garnie de feuilles; ce sont les rameaux qui portent ces fleurs de couleurs si variées et si belles; elles sont grandes , bien étalées aux bords, formant coupe au milieu; trois divisions de la corolle sont intérieures, plus petites, et de couleur jaune tigrée de pourpre; les trois autres, plus grandes, sont de couleur violette à la base , jaune-tigré ensuite, et terminées par une large bande du plus beau rouge.
6. Fer RAIR.E (Ferrant*). Ce genre , dont on a séparé la tigrine , est presque aussi remarquable par ses fleurs , qui ont avec elle ce point de ressemblance qu'elles ne durent que quelques heures ; elles sont très-ouvertes, de couleur pourpre foncé et velouté , avec une bande circulaire blanche et des taches jaunes.
Ces deux genres exigent la même culture , c'est-à-dire , l'orangerie , ou les châssis et la terre de bruyère , ou une bonne terre légèie. On ne les cultive qu'en pots, afin de les placer où l'on veut au moment de la floraison. On les multiplie de caïeux, qu'on peut séparer tous les deux ans.
7. ANTHOLYSE (Antholisa). Ces plantes, originaires du Cap, de même que celles du genre suivant, ne peuvent être cultivées qu'en serre ou en ho nne orangerie , dans la terre de bruyère ; on doit souvent relever les bulbes, afin d'en séparer les caïeux. Toutes les espèces et variétés sont remarquables par la singulière forme de leurs fleurs.
L'espèce la plus connue est l'A. cunone, à fleurs rouges disposées en épi.
Parmi les plus singulières, on remarque : l'A. à mas-*
il. 'H
que , dont les fleurs en lèvres , velues, à long tube , son! de couleur orangée. L'A. éclatante , remarquable par son e'pi de fleurs, long souvent d'un pied ; ses fleurs , à tube recourbé, en forme d'entonnoir, sont de couleur rouge, ainsi nue les filets des étamines, tandis que, par une bizarrerie très-rare , les anthères sont bleues.
8. Hémànthe (Hœmanthus), dit fleur de sang, tulipe du Cap, plantes fort remarquables par leurs belles fleurs rouges , disposées en épi , très-nombreuses et du plus bel effet ; elles ont quelques ressemblances avec les précédentes, et exigent la même culture.
4. Plan tes bulbeuses de diverses familles. Ne renferme que quatre genres , encore sont-ils moins répandus que la plupart des précédais ; ils font un bon effet dans les gazons,
1. COLCHIQUE {Colchicum , f. des colchicacées) , vulgairement safran des prés , naïade des prés , tue-chien. Ces plantes ont une bulbe annuelle , applatie d'un coté, enterrée profondément , et donnant naissance à une nouille bulbe , placée à coté de la première , toujours dans le même sens, ce qui fait parcourir à la plante une marche régulière ; cette bulbe fournit au printemps des feuilles radicales, entières , engainantes , d'un beau vert , qui périssent au milieu de l'été; la fleur paraît en automne, et remplace les feuilles qui avaient disparu ; c'est un long tube , terminé par cinq divisions , formant pétales , et le plus ordinairement de couleur rose. L'espèce commune , surnommée tue-chien t à cause de ses propriétés vénéneuses, croît en abondance dans les prairies, qui en sont souvent émaillées ; ces fleurs sont du (dus joli aspect, mais réveillent des idées tristes en annonçant l'approche de la chute des feuilles, de l'hiver et de ses (rimas; on ne la cultive que dans les prairies des jardins paysagers.
Mais d'autres espèces plus rares, à fleurs de couleur blanche . panachée , pourpre, double , sont fréquemment cultivées daus les jardins , ainsi qu'une espèce qui fleurit chaque mois. On les place alois ou en pots, pour former touffe , ou dans les gazons, ou dans les piates-bandes. Ces dantes n'exigent de soins que dans leur jeunesse ; on doit es semer en pots, les arroser fréquemment, et ne les repi-*
qaer que la troisième année ; jusque-là, il faut les couvrir ou les abriter.
2. Orchis (f. des orchidées). Ce genre renferme plus de cent espères , toutes remarquables par leur élégance et la couleur de leurs fleurs. Toutes ont les liges simples et anguleuses, les feuilles engainantes, les fleurs disposées en épis terminaux.
Ces plantes sont vivaces en ce sens que la rarine qui périt après la fleur reproduit auparavant à côté d'elle une autre racine destinée à pousser au printemps suivant. Ainsi ces plantes sont voyageuses De même que celles du genre suivant, on n'est pas encore parvenu à les soumettre à la culture ; ce sont des êtres sauvages qui refusent les bienfaits de la civilisation. Le meilleur moyen pour profiter de leur aspect agréable est donc de les transporter dans les gazons des jardins, et de les y abandonner ; plus souvent elles y demeureront, et quelquefois s'y multiplieront (1).
Nous devons mentionner particulièrement PO. blanc , à fleur de cette couleur, à long éperon ; l'O. pyramidal f à fleurs rouges; l'O. punaise , dont les fleurs rouges ont une odeur détestable ; l'O. panaché % à fleurs rouges, marquées de points plus foncés; l'O. militaire, à fleurs blanches et pourpres, en forme de casque; l'O. maculé, à feuilles marbrées de brun. Les fleurs de la plupart de ces espèces, comme de beaucoup d'autres , affectent des formes irrégulières et extraordinaires; des éperons de diverses formes , des divisions , des pétales isolés , lobés ,
(1) Si l'on v put conserver et voir fleurir dans un jardin des orchis, ophrys , saty rions , sera pi as , et autres plantes analogues , fl faut les apporter de la campagne avec une motte assex grosse pour remplir un pot d'oeillet, les déposer ainsi dans une plate-bande de vieille terre de bruyère , a exposition ombragée pendant une partie du jour, ne jamais biner ni cultiver en aucune manière cette plate-bande, et même fouler la terre avec ses pieds, sans néanmoins courir la ebance d'écraser les bulbes. On arrachera quelques mauvaises berbes seulement pendant la floraison, et dans tout autre temps on les y laissera couvrir le sol. On peut voir , dans le jardin de M. Lémon, à Belleville, des orebis qui , traités de cette manière , fleurissent parfaitement chaque année au milieu des mousses et autres mauvaises herbes qui sembleraient devoir leur nuirew
î6o PLANTES
pendant que d'autres sont réunies, etc., y produisent mille variations.
3. Ophrys, genre voisin et de la même famille f qui offre à-peu-près les mêmes caractères. Tout ce que nous venons de dire pour l'emploi, la culture, les variations et l'irrégularité des formes et des couleurs» des orchis lui est applicable. Son nom grec signifie mouche 9 et lui vient de la ressemblance de la fleur d'une des principales espèces avec cet insecte; une autre espèce imite une araignée. La couleur la plus ordinaire des fleurs est le blanc mélangé de noir ou de brunâtre.
4. Fumeterre (Fumaria, f. des papavéracées). "Nous avons placé ce genre dans cette section, parce que les espèces les plus cultivées ont les racines bulbeuses; mais d'autres ne les ont pas de cette nature.
La F. bulbeuse , indigène des bois, fournit des tiges sans rameaux, à feuilles composées et terminées par un épi de fleurs blanches, bleues et routes, qui paraissent en mai ; on cultive encore la F. du Canada , plante annuelle à racines fibreuses et épaisses, et à fleurs pourpres tachées de jaune, placées dans un calice violet; la F. fongueuse , jolie plante grimpante dont la tige a souvent six pieds, et dont les pétioles des feuilles et des folioles font l'office de vrilles; les Heurs rougeâtres sortent en panicules de l'aisselle des feuilles ; on cultive encore deux ou trois espèces (1).
La F. commune , dite officinale à cause de son emploi fréquent en médecine, est la plus connue. Elle croît partout abondamment dans les champs et les jardins. (Jette plante est annuelle et à racine épaisse; ses tiges faibles se ramifient beaucoup, et sont garnies de feuilles glauques
(1) Plusieurs autres espèces de fumeterre sont encore cultivées dans nos jardins où elles produisent le plus agréable effet. Telles sont :
Fumeterre otforanfc (Fumaria nobilis ); a feuilles grandes et tresdécoupées ; tiges de quime à dix-huit pouces ; en avril, fleurs nombreuses, d'un jaune pâle et à ailes pourpres au sommet , en épis gros et courts.
Fumeterre /aune (F '. lutea); feuilles élégamment découpées depuis •vril jusqu'à la 6n de Tété , tige d'un pied , portant de jolies fleurs kl juches ou jaunes dans les deux tiers de leur longueur.
tres-compose'es ; les fleurs sont petites et de couleur blanchâtre tachée de pourpre.
Les fumeterres sont peu délicates , et se multiplient facilement de graines.
IL Des plantes a tubercules et à griffes.
On reconnaît au premier aspect les plantes que nous réunissons ici à leurs racines charnues, épaisses, mais n'ayant nullement la même organisation que les racines bulbeuses. Les unes ne diffèrent des racines de la plupart des végétaux qu'en ce qu'elles sont plus volumineuses , plus molles , et formées d'une substance blanchâtre , presque toujours farineuse ; d'autres spnt des renflemens delà même substance, qui se trouvent disséminés ou réunis en groupes sur des filels de racines plus ou moins longs ; ces renfiemens portent le nom de tubercules , et les autres racines celui de tubéreuses ou charnues. De plus, parmi ces dernières, on appelle griffes ou pattes celles qui sont formées d'un petit corps centra!, accompagné de filets, ayant la forme de doigts ou de fuseaux : ces paltes , dans la plupart des espèces qui en sont pourvues , fournissent des productions de même nature qu'elles, et que Ton divise pour les reproduire par un moyen analogue aux caïeux.
Nous allons d'abord nous occuper de deux genres aussi recherchés des amateurs que les jacinthes et les tulipes , et qui sont tous deucb pourvus de pattes ; la plupart des autres ont les racines tubéreuses.
Malgré l'importance de la culture des renoncules et des anémones , puisque ce sont deux des fleurs de choix des amateurs, deux des plantes avec les variétésdesquellcs ils composent leurs parcs ou gradins de luxe, nous y donnerons ici fort peu d'étendue : nous prions le lecteur de se reporter à l'article des tulipes et des jacinthes, qui est presque entièrement applicable aux renoncules et anémones, et leur donnera des notions suffisantes sur le me'ritc de ces plantes aux yeux des amateurs, sur l'époque où il convient de faire reposer les pattes , sur la composition du sol , les précautions que réclament les semis et U séparation des racines , etc. Nous nous bornerons ici à*
aBa PLANTES
faire remarquer lçs différences et particularités des plantes à griffes (1).
i. Renoncule (Ranunculus 9 f. des renonculacécs) , l'un des genres les plus nombreux en espèces de cette famille ; la plupart sont très-propres à orner les jardins , mais ont des qualités très-malfaisantes: ce sont, au reste , des propriétés qui sont communes à presque toutes les plantes de cette famille. Beaucoup de renoncules se plaisent dans les lieux aquatiques, les prairies, les bords des eaux. Les espèces les plus remarquables et les plus dignes d'être cultivées sont :
Les R. acre et des près , surnommées boutons d'or et éassinet : on ne cultive que les variétés à fleurs doubles f
Îiui se multiplient très-aisément d'éclats de pieds ; leurs euilles sool trés-découpées , d'un beau vert, leurs tiges et leurs fleurs nombreuses : celles-ci sont du plus beau jaune et ressemblent à de jolis petits pompons*
La R. bouton d argent, assez semblable , mais à fleurs blanches.
Un grand nombre d'autres espèces sont également indigènes , et croissent partout dans les eaux et dans les prés , les bois et les champs humides : la plupart ont les feuilles très-découpées et les fleurs jaunes ; elles se ressemblent beaucoup.
La R. asiatique est celle qui a produit tant de variétés entre les mains des fleuristes ; si ce n'est le bleu , nulles couleurs, nulles nuances ne lui sont étrangères : cette espèce les réunit toutes par sçs innombrables variétés , dont les unes sont panachées, les autres d'une seule nuance : on les divise encore en doubles et demi- doubles ; celles-ci, préférées autrefois à cause de leur vigueur, ont cédé le pas aux doubles : on ne conserve plus que celles qui sont fort remarquables, et principalement pour en tirer les graines. Les doubles ne doivent laisser apercevoir aucune trace des organes de la fructification ; les pétales doivent être nombreux , arrondis , sans découpures, brillans des couleurs les plus vives et les plus pures; un bouton central de pétales serrés, de couleur
(*) VtQfuU Traité des Renoncules f du P. Darsenne,
bulbeuses* a63 plus foncée , ne donne que plus de prix & la fleur. Enfin, une plante de choix doit avoir des tiges qui portent les fleurs avec fermeté et des feuilles agréablement découpées (i).
2 . Anémone ( Anémone ) , appartient à la même famille , et a beaucoup de ressemblance avec les renoncules. On exige d'elle les mêmes qualités pour les couleurs, l'absence des découpures et de pointes dans les pétales , la direction et la tonne des tiges et des feuilles ; mais la disposition des fleurs présente quelques différences. On exige , dans les anémones , que les pétales extérieurs , nommés manteau , soient grands , bien arrondis , autant que possible de deux nuances , et contiennent comme dans une corbeille un pompon central , très-double, arrondi, de couleurs vives, formé de pétales intérieurs beaucoup plus petits que ceux du manteau. Pour avoir des graines, on réserve les pieds à fleurs simples les plus remarquables, et des nuances les plut recherchées, c'est-à-dire des diverses sortes de bleu. L'espèce que nous venons de décrire est l'A. des jardins ou des Jleuristes , plante qui mérite, peut-être, plus que toute autre, l'attention dessavans et des amateurs, par la conformation aussi singulière que remarquable de ses fleurs, où tous les organes de la génération sont transformés en pétales: nous avons dit que les véritables portent le nom de manteau ; ceux qui remplacent les étamines sont appelés le cordon 9 et sont presque toujours différens de nuances et de formes avec ceux qui remplacent les ovaires, et que l'on a nommés les béquillons.
Les autres espèces les plus remarquables sont l'A. des bois , k fleurs blanches , qui fait un charmant effet dans les bosquets; l'A. hépatique , à fleurs bleues, souvent doubles ou panachées, qui s'épanouissent au commencement du printemps , ou même en hiver, et à tiges rouges ;
(O Renoncule h feuilles de plantain ( Ranunculus plantagineus) • feuilles ovales , grandes , glauques , on peu pointues , les radicales longuement péttolées ; les caulinaires sessiles et amplexicaules ; tiges grêles , nombreuses, longues d'un pied; en avril, fleurs blanches, aemi - doubles , exhalant une agréable odeur de giroflée jaune. Pleine terre légère ou mieux de bruyère ; multiplication par éclats.
2b4- PLAN 'LES
Y A. œil de paon , qui double facilement et affecte surtout les couleurs rouges ; ces deux espèces se rapprochent assez de l'A. des fleuristes, et partaient un peu son e'clat ; enfin , l'A. pulsatile ou des prés, dite aussi coauelourde9 remarquable par ses fleurs bleues , de grande dimension , faisant contraste avec le jaune brillant des examines.
Culture des renoncules et anémones. Le sol de la Hol lande n'est pas aussi favorable à ces plantes qu'aux jacinthes , parce quelles préfèrent une terre un peu forte ; cependant les jardiniers de Harlem ont été long-temps en possession d'en fournir l'Europe , et c'est particulièrement de la Normandie qu'ils les faisaient venir pour les exporter ensuite dans toute la France : nous n'avons pas dû omettre cette observation , puisqu'elle pourra contribuer à développer chez nous un nouveau genre d'industrie et à nous affranchir d'un tribut que nous payons bien inutilement à l'e'tranger.
Les renoncules et anémones se placent dans la terre des jacinthes, mais moins sableuse et moins légère ; une terre potagère bhn riche leur convient aussi ; la formation des planches , le mode de plantation est le même que pour les jacinthes , mais il n'est pas de rigueur de planter les pattes à l'automne ; cette époque varie selon le temps où l'on veut obtenir la floraison , et on peut, sans inconvénient , ne mettre les pattes en terre qu'au printemps. Dès que la floraison est passée et les tiges flétries, il faut arracher les pattes ; on les lave pour retirer la terre, les restes des feuilles , etc. On sépare les petites pattes naissantes , et on les met dans du papier et dans des casiers bien secs jusqu'au moment de la plantation ; on peut les garder ainsi deux ans sans inconvénient (i).
Quant à la multiplication des végétaux qui nous occupent , elle exige les mômes soins que celle des jacinthes et se fait par les mêmes moyens , si ce n'est que les petites
(i) Lorsque Ton plante des anémones et des renoncules, il faut bien faire attention où est l'œil et le placer scrupuleusement en dessus, si la griffe ou patte se trouvait placée sens dessus dessous, elle s'affoltraity pour nous servir du terme technique , c'est-à-dire qu'elle ne produirait que des feuilles , non-seulement pour cettt année de la plantation , mais , dit-on , pour toujours.
jattes rernplncentlcscatcux. Comme cîux-ci, elles servent h conserver les belles variétés, tandis que les ternis ont e'galement pour but d'en faire découvrir de nouvelles ; mais ils ont cet avantage que les plantes (juî en proviennent fournissent leurs fleurs dès la troisième année de leur existence , et souvent même dès la seconde.
Les autres genres de plantes tubéreuses ou à tubercules que l'on trouve dans les jardins sont au nombre de huit.
1. ALSTRŒMÈRE ( Alstroemeria , f. des narcissées ). On cultive deux espèces : TA. pêtegrîne ou lis des Tncas a les racines en griffes , qu'on sépare par éclat pour multiplier la plante ; ces racines fournissent plusieurs tiges accompagnées de feuilles sans pétioles et opposées en croix , trêVaigucs , recourbées à leur extrémité ; les fleurs peu nombreuses, terminales , sont de couleur fond bleu mélangé de diverses nuances agréablement disposées.
L'espèce à fleurs rayées est plus petite et a les racines tuberculeuses ; les fleurs sont blanches, rayées de rouge, et paraissent l'hiver : on la multiplie par la séparation des tubercules.
Ces plantes ne peuvent se passer d'une bonne orangerie.
2. HemÉrocalle ( Hemerocallis 9 f. des narrissées). Ces plantes ressemblent beaucoup aux lis , et sont aussi très-cultivées pour ornement.
Les espèces les plus rustiques sont connues sous les noms de lis fauve et jaune; elles ne diffèrent qu'en ce que la seconde est plus petite. Les feuilles sont radicales f étroites, longues de deux ou trois pieds; les tiges , d'un tiers plus grandes, se ramifient beaucoup et portent des fleurs assez larges , de couleur jaune ( 1).
(1) HcmtrocalU graminée (Hemerocallis graminea ). Elle a beaucoup d'analogie avec l'héraérocalle jaune, mais ses feuilles sont plus étroites, el ses fleurs , moins odorantes, sont à lobes inégaux.
HémérocaUe faute (H. fui va); plus grande que ta précédente ; en juillet , fleurs d'un rouge fauve. Il en existe une variété à feuilles rayée»
de blanc. ,
HémérocaUe au Japon ( H. japonica ) ; feuilles radicales corditormes; bampe de deux pieds ; en juillet et août, fleurs nombreuses, d'un beau blanc , à odeur agréable.
Hémêmcalh blme (A. cœrulea); feuilles ovales-cordiformes ; hampe grêle , de deux pieds; fleurs d'un bleu violacé, en grappe.
aG6 PLANTES
Les H. h fleurs bleues et à fleurs blanches demander! la terre de bruyère et une le'gère couverture.
Ces plantes , dont plusieurs ont une agréable odeur, se multiplient très-aisément de graines, mais alors ne fleurissent qu'à la troisième année : c'est pourquoi on préfère le moyen de la sépaïahbn des tubercules qui terminent les racines et se portent quelquefois à de grandes distances.
3. MoRBE (Morea, f. des iridecs ); Leurs feuilles, surtout , ressemblent beaucoup à celle des iris, avec qui on les a souvent confondues. La plupart des espèces se font remarquer par le mélange des couleurs ou les taches de leurs fleurs; ainsi la M. de la Chine les a jaune pourpré , piqueté de rouge ; la M. tricolore réunit les couleurs rouge , jaune et bleu ; la M. demi-deuil a la base et le sommet des six divisions de sa fleur alternativement pourpre et noir; la M. dite iris plumeux les a blanches et à taches bleues et jaunes, et à raies veloutées; enfin ; la M. dédiée à lady North a ces mêmes divisions alternativement bleues et blanches , pointillées de pourpre et bordées de jaune. De plus , la corolle affecte , comme dans les iris , des formes singulières et remarquables.
Ces plantes se multiplient de graines , mais bien plus promptement par la séparation des racines: elles demandent une terre légère , mais riche, et, excepté la première qui se contente d'une bonne exposition et d'une couverture d'hiver , elles exigent l'orangerie et la culture des ixias.
4. AaUM ( f. des aroïdes 1 , connue sous le nom de gouet. Ce genre renferme de nombreuses espèces qui toutes ont un suc acre et purgatif. Cependant plusieurs 9 appartenant aux régions tropicales , servent de nourriture aux hommes et aux animaux , tandis que l'espèce indigène de nos climats , très-commune , est un poison assea violent. Ces plantes sont remarquables, d'abord par les formes variées et singulières , la grandeur et la couleur de leur spalhe , enveloppe qui remplace le calice et la corolle ( voyez pl. I , fig. 10 ) , et par leurs fruits en baies , le plus souvent très-apparens , mais surtout par la chaleur assez intense qui se développe, à l'époque de la floraison , aux environs des organes de la fécondation ;
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on a vn , 2 celte époque , des individus faire monter le thermomètre de dix à quinze degrés (i).
L'espèce commune, d\ie gouci, pied de veau , a la racine charnue et remplie d'un suc âcre f dangereux comme le reste de la plante , mais surtout le fruit ; toutefois la racine , par des lavages multipliés, fournit une fécule dont on peut se nourrir dans les moment de disette ; cette plante a les feuilles engainantes, radicales, luisantes, souvent marquées de taches noires ou violettes : la ti-ge, qui ne dépasse pas huit pouces, est terminée par la fleur de couleur jaune , remplacée par des fruits rouges. Celte fleur , peu apparente , est enveloppée d'un spalhe verdâtre qui passe souvent au violet. Cet arum croit spontanément et en abondance dans les haies et les bois , aux endroits ombragés , couverts. On ne la cultive guère.
Les espèces les plus dignes de remarque sont : l'A serpentaire, à feuilles grandes , dont la tige , marbrée et d'environ deux pieds, est terminée par une fleur verte en dehors et pourpre en dedans, remplacée par des baies rouges. Cette plante est d'un bon effet dans les jardins, mais détestable par son odeur cadavéreuse , qui trompe même les insectes qui se nourrissent de matières putréfiées au point de les attirer sur elle. On la multiplie aisément par la séparation des tubercules.
L'A gobe- mouche attire les insectes par une odeur semblable, et les retient embarrassés entre les poils de son spathe , d'où le surnom qu'il porte; cette espèce doit être rentrée l'hiver (2).
(1) Ardm. On cultive en serre chaude V Arum odorant (A. odorainm ); espèce a tige; a feuilles cordiforraes et ondulées, à fleurs moyennes et blancbes, paraissant en mai et exhalant une odeur fort agréable. V Arum maculé ( maculât u m ), fait un joli effet dans les lieux frais et a demi-ombragés des jardins , a cause de ses grandes feuilles panachées et maculées de jaune pâle et de brunâtre. I ' Arum a feuilles en cœur ( A. cordifolium ), est une espèce à tige, dont les fleurs sont blanches et assez grandes, ''nmme a la première, il lui faut la serre chaude et une terre franche et fraîche.
(a) Ces autres espèces de la même famille sont extrêmement intéressantes et très-répandues dans nos jardins.
Caîadion bicolor ( Caladium bicolor), à racines tubéreuses } feuilles
awu r Min » i ■ ->
5. BALISIER {Canna, f. ries balisiers). Plusieurs plantes de ce genre sont cultivées <dans les jardins comme ornement , à cause de leurs fleurs et de leurs feuilles ; on
Eeut les laisser en pleine terre , pourvu qu'on les place à onne exposition et qu'on ait le soin de les couvrit si le froid devient trop rigoureux.
Leur racine est charnue et fournit près de la surface du sol des ramilles fibreuses : les tiges droites , articulées, bien garnies de feuilles engainantes et striées de nervures obliques, atteignent six pieds d'élévation; les feuilles ont ordinairement un pied de long et sont larges de moitié, mais quelquefois ces dimensions doublent.
Les fleurs, de couleur orangée, forment épi au haut des tiges , et sont accompagnées de spatbcs. On cultive encore deux ou trois autres espèces qui ne diffèrent guère que par uue taille plus petite; toutes ont les fleurs rouges ou jaunes , et le plus souvent mélangées de ces deux couleurs.
Pour obtenir de beaux individus, il faut les multi- | lier de gi aines qu'on sème sur couche et en pots; mais, ce moyen étant long , on préfère la séparation des racines, qui se fait en plaçant eu pots les tubercules d'un vieux pied que l'on sacrifie à cet effet. Les racines des balisiers pourrissant très- facilement , on doit les tenir dans la sécheresse durant la stagnation de la sève ; mais , l'été , dé nombreux arrosemens sont indispensables.
Nous ne parlerons pas des bananiers, famille très-voisine de la précédente , malgré la beauté et Putililé de ces
radicales sagiltées , un peu petites, d'un beau rouge au centre; en juin et juillet , fleurs peu apparentes. Serre chaude et culture des arums.
CaUa d'Ethiopie (Calla aethiopica); tige de trois pieds; feuilles grandes, sagittées , d'un beau vert ; de février en avril, fleurs blanches, solitaires, très -grandes, en cornet, exhalant une agréable odeur. Orangerie éclairée ; terre constamment humide. Multiplication par la séparation des Œilletons.
Draconte polyphylk ( Dracontium polyphyllum ) ; presque sans tige; feuilles longuement pétiolées, pédiatres, crénelées digittées; spath» d mi violet pourpre , ayant la forme d'une nacelle , d'où sort un snadice court et chargé de fleurs jaunes, Serre chaude; terre francht-Ié-
gtre; arrosemens soutenus; multiplication par la séparation des tubercules arioudis de ses racines.
A TUBERCULES ET A GRIFFES. *bt)
plantes des tropiques. Elle appartient exclusivement aux serres chaudes , où elle n'est cultivée qu'avec peine et par curiosité'. Nous ne pouvons entrer dans ces détails qui nous feraient sortir du plan que nous nous somme*. tiacë(i ).
6. CYCLAMEN ( f. des lysimachies ). Les racines de ce* plantes sont vivaces , grosses, arrondie > dans un sens et applaties dans l'autre, très-recherchées des cochons y d'où le surnorn de pain de cochon oui leur a été donné. Les feuilles , marquées de taches blanches et rouges , et les fleurs le plus souvent de cette dernière couleur, quelquefois doubles , portées sur de longs pétioles et de longs pédoncules, sortent des racines. On cultive , tant en pots que dans les plates-bandes et massifs, l'espèce commune et quelques autres qui lui ressemblent beaucoup ; parmi ces espèces , celle d1 Alep demande l'orangerie ; quant aux autres, elles se reproduisent de graines dans les lieux ombragés qui leur conviennent , sinon on doit semer au levant , en terre légère , et , par prudence, les couvrir la première année.
7. DAHLIA ( f. des radiées). Depuis que cette plante est cultivée elle a produit une immense quantité de variétés dans la couleur de ses fleurs , ce qui la fait rechercher pour l'ornement des jardins ; ces nuances comprennent, le rouge, le jaune , le bleu et tous les intermédiaires. Mais, parmi les plus belles variétés , ou distingue celle à disque jaune et à demi-fleurons violets veloutés, ainsi que celle dite double, dont les fleurons sont transformés en rayons. Dans tous ces cas , afin d être
( 1) On cultive en serre une nouvelle espèce déplante tout-a-fait intéressante par là beauté de ses fleurs.
Arthropode h bractées cirrhiformes ( Arthropodium cirrhatnm )• feuilles semblables a celles du balisier glauque , lancéolées , longues de deux pieds, de mars en niai, hampe de deui ou trois pieds, portant une charmante jûiuicule de fleurs blanches , penchées, larges de près d'un pbucè, âyânt les filets des éiàmines barbus et portant des anthères grandes et jaunes. Elles produisent un effet fort agréable. Serre chaude; lerre fcétnposée de moitié terre a orangers et moitié terre de bruyère; multiplication de rejetons.
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certain de reproduire la variété, on doit multiplier la plante par la séparation des racines (i).
Ces plantes forment , avec leurs tiges nombreuses et bien garnies de feuilles de'coupe'es , composées de beaucoup de folioles, de belles touffes qui s élèvent jusqu'à hauteur d'homme. Mais, comme elles sont peu fortes et très-rameuses, l'appui d'un tuteur, ou du moins d'une ceinture, leur est souvent nécessaire , pour qu'elles puissent résister aux vents et aux pluies. Les fleurs, grandes , nombreuses, remarquables ,sont solitaires au sommet de longs pédoncules qui partent de Paisselle des rameaux ou des feuilles. Ces fleurs ne s'épanouissent guère qu'à la fin de l'été dans nos climats ; aussi arrive-t-il souvent que les graines ne mûrissent pas ; et, pour s'assurer de la semence , on doit en avoir quelques pieds en pot ou sur
(i) Dahlia. Ces charmantes fleurs ont fourni, dans ces derniers temps , un grand nombre de belles variétés dont il est aujourd'hui très à la mode de faire collection. Aussi croyons-nous faire plaisir aux amateurs en leur en donnant ici la nomenclature entière. Dahlia aiba, alba grandi jiora t al. IMac ma, al. rose a, al. yirginalis, al. flore -variegata, alropurpurea , awrora% camelliflora, carnea, lutea, lut. pallida% lut. variabi- Us , pendulina grandiflora, humitis, speciosa, sp* grandi flora ; speeiosissima, speeiosissima grandiflora, spectabilis, sulphurea, yiolaceaf viol.grandijhra. A coeur noir, amaranthe , amaranthe a coeur frisé, archiduc Charles , Beusa , blanc-gris , blanc-rose , beau violet , bleu merveilleux, brique à grandes fleurs, couleur saus pareille , marron, cramoisi, cramoisi è grandes fleurs, cramoisi vif , duc d'Angoulême , duc de Berri, duc de Bordeaux, duc d'Orléans , duchesse d'Angoulême, duchesse de Berri , duchesse d'Orléans , duchesse de Reggio, duchesse de Ragese, empereur d'Autriche, fauve, fulchiron , grand Alexandre, grand pourpre panaché , gris-blanc , gris de lin , prolifère , jaune serin , jaune pompon , jaune vif, la gloire des fleurs, la reine , le dauphin , le fortuné., l' écarlate, écarlate a cœur noir , écarlate vif, l'Ecoffé> l'honneur d'Anvers , l'honneur de Passy , lilas, lilas bizarre, lilas grande freur, grand lilas , lilas violacé, ornement des grands, Louis XVIII , jaune nuancé, Mademoiselle , Mademoiselle de France , mordoré , nankin , Louis Noisette , orange , orange à grandes fleurs, orpin, petit lilas , petit lilas savoyard , petite fleur blanche , Poiteau , non ceau , pourpre , pourpre à grandes fleurs , pourpre à larges pétales , pourpre clair, pourpre nain, pourpre noir, pourpre noir royal, pourpre velouté, prince d'Or a née , prince d'Estéraiy, Pronville, Redouté, renoncule , rose a grandes fleurs , id. à fleurs moyennes , id. à cœur jaune , «/. tendre , rose Soulif, rouge, id. a grandes fleurs, id. à fleurs moyennes , id. à petites fleurs, id. cerise , id cramoisi, id. de la terrasse, id. des Indu , id. gracieux , id. mordoré, Sabine j soleil d'or ,
A TUBERCULES ET A GRIFFES. 271 couche. Les srmis doivent être faits en terre de bruyère et sur couche. La culture des dhalias est assez assujettissante, puisqu'elles exigent la terre de bruyère, ou au moins un bon lerreau , et que, craignant également les gclc'es et l'humidité , on doit, pour être ceitain de leur conservation , arracher les racines , les garder en cave pendant l'hiver , et les replanter en mars. Cependant elles commencent à se naturaliser ; c'est une des plus belles plantes qu'on puisse cultiver.
8. Glycine ( f . des le'gumincuses ) , plantes à tige sarmenteuse et grimpante, agréables en palissades, et autour des arbres. Leurs racines sont traçantes et garnies, de distance en distance , de tubercules arrondis, au moyen desquels on les multiplie ; c'est à-peu-près le seul mode de reproduction praticable , car les graines ne mûrissent pas. Cependant ces plantes passent fort bien
f ou tif , soufré à fleurs moyennes , superbe , Thory , triomphe de l'Ecoffé, Turpin , Vandal, ventre de biche , vert, vert-bouteille , vert à fleurs variables, violacé à cœur frisé.
Ou a obtenu , depuis l'impression de la troisième édition de cet ouvrage, plusieurs belles variétés de Dahlia. Nous ne citerons que les plus .intéressantes.
La Candeur; d'un blanc pnr, double.
Grenade ; d'un rouge vif, double.
1* Capucine ; fleurs de même couleur que la capucine des jardins ; d'un brillant effet.
Mouton; Fleurs très-grandes , d'un rose vif au centre, plus tendre à la circonférence.
Arlequin; panaché de rouge et de jaune. Thouin; d'un pourpre foncé , velouté.
Sabine; Fleurs très-grandes t d'un pourpre viohec sur les bords. Vénus ; fleurs très-grandes , d'un blanc jaunâtre au centre , roses à la circonférence.
Ponce nu éclatant ; d'un ponceau très-vif.
Blanc panaché ; fleurs très-doubles , petites, lavées et fouettées dt rose violacé sur un fond blanc.
Emile ; fleurs jaunes , doubles , à demi-fleurons intérieurs tour* inentés.
Auguste ; fleurs moyennes , doubles , d'un rouge safrané.
Cléopâtre ; fleurs moyennes , d'un beau jaune , à demi-fleurons réguliers et très-ouverts.
Zélic; fleurs moyennes , doubles , à demi-fleurons en lanière , d'un blanc lilacé , à base du tube jaune , et sommet du limbe du même jaune.
Thiver en pleine terre, pouvu que l'exposition soît bonne, ou un peu abritée. Les feuilles sont composées de folioles ovales en nombre impair ; de leurs aisselles sortent des pédoncules qui portent des épis de fleurs rouges ou bleues 9 paraissant quelquefois au printemps et à l'automne.
L'espèce à fleurs bleues , qui est un peu ligneuse , a une croissance très- rapide, et s'élève quelquefois jusqu'à la cime des arbres ; ainsi mariée , elle produit , par ses grappes de fleurs, le meilleur effet, surtout dans les massifs , ou sur des arbres isolés ; ou le connaît sous le nom vulgaire de haricot en arbre.
§. IJL Des plantes à tiges et à feuilles charnues.
Les plantes charnues, désignéessous le nom de grasses, n'ont besoin d'aucune description , il Suffit de les voir
Î>our les reconnaître : la nature molle , pulpeuse de leurs cuilles et de leurs tiges, l'arrangement tout particulier de ces organes qui ne paraissent pour la plupart que des excroissances , des monstruosités de la plante , sont des caractères qui ne peuvent échapper même au premier cqup-d œil. Nous avons déjà dit , au commencement de cette section , que ces plantes croissent dans les lieux les plus arides , et se reproduisent très-facilement par le moyen des boutures faites même avec leurs feuilles , mais qu'il est peu d'espèces qui supportent la pleine terre dans nos climats ,' nous ajouterons ici que presque toutes ces plantes sont également remarquables par la singularité de leur port et la beauté , la grandeur, l'heureux con^ traste de leurs fleurs. Presque toutes ont les tiges et les feuilles glauques , et un grand nombre les a hérissées d'épines.
Les familles qui renferment la plupart des plantes grasses sont celles des cierges , des joubarbes , des saxifrages, des portulacées et des jficoïdes ; mais quelques autres genres sont encore disséminés dans divers ordres de la classification naturelle. Nous ne traiterons que des espèces les plus connues, qui forment dix genres (i).
(i) On peut, pour avoir une idée de la beauté des plantes grasses et les reconnaître avec plus de détail , consulter l'ouvrage de M, de <*ndoile snr ces plantes , avec les planches de M. ltedoute'.
Note di VAuttur*
GRASSES. i 7 3
àloès ( f . des liliace'es), genre très- nombreux en espèces remarquables par leur port et leurs fleurs f et qui ont toutes les feuilles charnues : la plupart sont originaires d'Afrique , et plusieurs sont naturalises en Sicile et en Espagne. Les espèces les plus cultivées pour ornement fool :
L'A. ordinaire , à feuilles radicales, grandes , borde'es dVpines , à tige rougeâtre , atteignant quatre pieds, ramifiée au sommet , à fleurs de couleur rougeâtre , à long tube et pendantes.
L A. soccotrin , assez semblable f mais à feuilles plus ttroites et tachées de blanc : ces deux espèces fournissent un suc gommé-résineux , très-employé en médecine , et connu sous le nom d'aloës.
U\. féroce * l'aspect d'un arbuste: ses feuilles sont très-épineuses, et ses fleurs, à longues étaraines, sont rouges ; il en est de même de TA. corne de bélier : ces deux espèces parviennent jusqu'à dix pieds d'élévation.
Les A. en éventail , langue de chat et maculé , ne sont pas épineux 1 ont les feuilles courtes et très- épaisse s , souvent de couleur mélangée , et les fleurs rouges.
L'A. perlé a les feuilles couvertes de tubercules blancs (1). 1
Ces plantes exigent dans nos climats une bonne orangerie : on ne les cultive qu'en yases qu'on remplit de bonne terre % et qu'on arrose fort peu ; il est surtout îm—
Sortant, de même que pour la plupart des plantes grasses, e ne pas mouiller les feuilles, cjui sont très-facilement attaquées de la pourriture. On les multiplie de graines
(1) Quelques amateurs cultivent ces plantes en collection. Nous allons donner la nomenclature des principales espèces.
Alors vulgaire ( Aloe vulgaris ). A* de Vit* Bourbon ( A. purpurea ) ; à feuilles larges bordées de rouge ; fleurs d'un jaune verdaire ; a. soccotrin ( A. soccrotîna ) ; corne de bélier ( A. fruiicosa ) ; a. mit ré ( A. raiireforrais ) , tige de deu* à trois pieds ; feuilles épineuses , rassemblées eu forme de mitre ; fleurs rouges ; a* féroce ( A ferox ) ; a. h om- Me ( A umbellata ) , feuilles tachées en bandes ; fleurs très-grandes, d'un beau rouge «afrané ; a. langue de chat ( A Itngua ) ; a. é«cntad\ A* plicalilis) , a. bec de canne ( A. dislicha ) f feuilles en forme de bec de canr e , ordinairement pourpres ; fleurs rouges et blanrbes , rayer* de vert au sommet \ a. bec de perroquet (A. variegata) , feuille*
sous châssis y et de rejetons que Ton obtient en abondance en coupant la plante fort court.
2. Agave ( f. des narcissées ). Deux espèces originaires d'Amérique, et qui y sont cultivées pour tirer une boisson spiritueuse du suc qu'elles fournissent , méritent principalement d'être dislingue'es. Ces plantes ne fleurissent guère que tous les douze ou quinze ans ; c'est alors qu'elles poussent une lige de vingt ou vingt-cinq pieds , très— divisée au sommet, et comme couronnée d'une multitude de fleurs d'un blanc verdâtre ; cette tige a une croissance énormément rapide ; il est exact de dire qu'elle croît à vue d'œil. Souvent , au lieu des fleurs , elle produit dcssoboles qui donnent naissance à de nouvelles plantes, qu'il suffit de mettre en terre pour reproduire un nouvel individu : nouveau phénomène bien digne des méditations des naturalistes. Tous les agavés exigent l'orangerie. Leurs feuilles , longues de plusieurs pieds , assez larges , sont bordées d'épines, et souvent nuancées de diverses couleurs. Les deux espèces que nous venons de décrire sont l'A., d'Amérique et V À, fétide , qui ne diffèrent qu'en ce que celle-ci n'a pas fes feuilles épineuses (i).
Les agavés se multiplient principalement de rejetons.
3. Stapelie ( Stapelia , f. des apocyns ) , genre entièrement composé de plantes grasses , qui demandent la
sur trois rangs , triangulaires , épaisses , maculées et bordées de blanchâtre ; fleurs rouges ; a. oblique ( A, obliqua), feuilles marbrées de blanc verdâtre ; trente ou quarante fleurs d'un blanc transparent, vertes au sommet, Variété a feuilles bordées de blanc ; a. anguleux ( A. angulata), feuilles larges, concaves; fleurs vertes et rouges à l'extrémité ; a. nain ( A. hurailis ) , feuilles épaisses , épineuses ; fleurs rouges, vertes au sommet ; a. verruqueux ( A. verrucosa ) , feuilles ensiforraes , couvertes de verrues ; fleurs rouges; a. toile oV araignée ( A. arachnoïdes), petit; feuilles couvertes de fils blancs très-nombreux; fleurs verdâtres ; a. pouce écrasé ( A retusa ) , bas ; feuilles courtes , épaisses , aplaties en dessus; a. perle (A. margaritxfera ), petit; feuilles couvertes de petits tubercules blancs; fleurs verdâtres.
t (O On en cultive encore une autre espèce, VJgavé de Virginie (Agave virginica), dont les feuilles étroites sont armées d' épines courtes; ses fleurs sessiles, verdâtres, odorantes , paraissent tu sep-
GRASSES. a-5
serre et les mêmes soins que les aloês, et qu'on multiplia très-bien de boutures.
La S. velue atteint à peine deux pieds, a les tiges carrées , accompagnées de feuilles trèi-chamues, mais cependant divisées, et de fleurs de couleur rougeâtre, très-grandes ; une variété lésa panachées de brun/ toutes deux exhalent une odeur détestable (i).
Les quatre genres suivons appartiennent à la famille des joubarbes , qui nous offre quelques plantes grasses indigènes de notre pays. La plupart croissent sur les rochers ou dans leurs fentes , et on les emploie à la décoration des murailles, des fabriques et des rochers dans les jardins.
1. Joubarbe ( Sempervivum ) , affecte en général la forme de rosettes composées par les feuilles , et du milieu, desquelles sortent des tiges le plus souvent de couleur jaune.
Cependant la J. araenoïde les a pourpre.
La J. en arbre atteint quatre pieds ; sa tige est nue> jusqu'à cette hauteur, où elle fournit une rosette do feuilles, de laquelle sort une grappe de fleurs. Cette espèce demande l'orangerie.
Ces plantes se multiplient au moyen, des rejetons quefournissent les rosettes , et de bouture.
2. SEPON ( Sedum ). Deux espèces sont indigènes de France , et croissent sur les rochers et les toits. L'une est le S. des toits , qui vient également en rosettes , et que , par cette raison , on confond avec les joubarbes ; ses fleurs sont rougeàtres , il ressemble beaucoup à un petit artichaut. L'autre est le S. vermiculaire ; cette plante est un assemblage de petites tiges très- rapprochées f garnies, de très-petites feuilles épaisses , et terminées par des fleurs jaunes.
(i) Outre la stapélie velue, on trouve dans nos serres les deux espèces suivantes : Stapélie panachée ou fleur de crapaud ( Stapelia va-, riegata ) , à fleurs plus petites , tachetées de brun fonce' sur un fond plus clair.
Stapélie h grandes fleurs ( S. grandiflora ) ; fleurs grandes, d'un pourpre noir , à cinq pointes aiguës , ciliées. Ces plantes sont de serre? chaude.
âyb PLANTES
On cultive surtout une autre espèce indigène moins commune , dite orpin. Ses feuilles sont planes , et ses
orangerie ; elles se reproduisent abondamment par leurs rejets, et facilement d'éclats ou de boutures.