‹ Manuel d'agriculture [microforme]Chapitre 53 sur 215 · cinquan terre pe auront 1 les terrc · texte numérisé non relu

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trouve dans le marché plusieurs sels de potasse non raffinés qui sont utiles à l'agriculture, Cependant on doit généralement leur préférer les cendres vives et lessivées, qui dans notre pays sont communes et livrent leur potasse à plus bas prix que celle des sels importés. |

309. Déchets de sucreries de betteraves.—Les sucreries de betteraves fabriquent, comme résidus, des engrais potassiques plus ou moins puissants, qui seront très utiles surtout dans les terres légères, Les cultivateurs, qui résident auprès de ces fabriques, feront bien de les utiliser, ainsi que les boues qui résultent du lavage des betteraves, lesquelles sont un véritable engrais pour toutes les terres.

310. La potasse dans la glaise.—Les terres très fortes contiennent en général une proportion considérable de potasse, mais à l'état insoluble. Cependant, au moyen de la chaux, les terres fortes sont ameublies et leur potasse devient alors utilisable.

311. Les glaises comme amendement. — Quarante à cinquante charges de glaise par arpent, étendues sur la terre pendant l'hiver et exposées à l’action des gelées, auront un effet magique sur les terres sablonneuses et sur les terres tourbeuses bien égouttées. Autrefois on exagérait grandement la quantité de glaise nécessaire à pareil amendement, L'expérience a prouvé qu’une quantité relativement faible de glaise sur les terres légères suffit pour les améliorer et qu’il vaut beaucoup mieux répéter cet amendement après 7 à 8 ans que d’en surcharger la terre.

312. Importance des calcaires.—On a vu plus haut la nécessité de la chaux, comme engrais, et de plus, sa très grande importance comme amendement, dans presque toutes les terres. Les cultivateurs devraient donc en faire l'essai sans retard, sur chacune de leurs pièces de terres

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en labour, De 4 à 8 minots par arpent peuvent suffire— les terres fortes en exigeant plus que les terres sablonneuses.—Flle est indispensable aux terres de savane qui peuvent en utiliser de 8 à 12 minots par arpent, tous les Tou 8ans. Le minot de chaux en pierre pèse environ 70 Ibs.

313. La pierre à chaux.—Le carbonate de chaux (pierre à chaux) ne devient utile comme engrais ou comme amendement qu'autant qu'il est brûlé ou qu'il est moulu en fine poussière, Ilne faut donc pas prive terre de chaux, parceque les carrières de pierre à chaux n’en sont pas éloignées, Il arrive souvent que la terre qui recouvre ces carrières est grandement améliorée par la chaux éteinte.

314. La marne. — Certaines terres fortes contiennent beaucoup de chaux en poussière. Si la chaux que contiennent ces terres excède 10 % on les appelle marneuses. Les marnes sont des amendements puissants surtout dans les terres légères, puisqu'elles contiennent ordinairement, outre la chaux, un excédent de potasse, On constate que la terre est chargée de chaux en en faisant dessécher un peu et en y ajoutant quelques gouttes d'acide sulfurique ou de vinaigre très fort. S'il y a forte ébullition, cette terre est chargée de chaux et peut servir à l’amendement des terres légères. Mais comme pour la glaise, il suffira d'en étendre 30 à 50 voyages par arpent. Cest du temps perdu que d'en mettre à la fois en plus grande quantité. |

315. Cendre de tourbe.—La cendre de tourbe est un excellent amendement pour la plupart des terres, mais surtout les terres fortes et les prairies. Il est cependant fort regrettable de brûler à l'excès les terres tourbeuses. Un grand nombre de terres dans notre province ont été

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stérilisées en brûlant à l'excès, sous forme de tourbe, l’humus dont elles étaient recouvertes. Dans la plupart des cas, ces terres seraient devenues excellentes et de longue durée, si au lieu du feu, comme amendement, on s'était servi de la chaux, On leur aurait ainsi conservé l'humus indispensable, et on aurait transformé en nitrates l'azote insoluble que contiennent toujours les terres de savane,

316. Cendres de houille.—Les cendres de charbon contiennent toujours une assez forte proportion de chaux, et sont par là utiles à la plupart des terres, pourvu qu'elles ne soient pas rougeûtres et très lourdes. Elles seront plus particulièrement utiles dans les terres fortes, Ceux qui peuvent s'en procurer facilement feront bien d'en essayer de 20 à 30 voyages par arpent, étendus sur les labours au commencement de l'hiver.

317. Le plâtre. — Le plâtre (sulfate de chaux) est vraiment un engrais, mais un engrais très incomplet. Il est excellent sur le trèfle, les pois, les lentilles, etc. ; il peut remplacer la chaux en partie. Les cultivateurs devraient employer le plâtre sur les nouvelles prairies, bien égouttées etameublies, Is s'en trouveront très bien, s'ils en sèment environ un minot par arpent, dès le printemps, quand les feuilles ont 3 à + pouces de hauteur,

318. Ne pas abuser du plâtre ni de la chaux.—Le plâtre et la chaux sont des engrais incomplets. Outre la chaux qu'ils fournissent aux plantes, ils ont de plus pour effet de rendre solubles dans la terre et, par conséquent, de faire utiliser par les récoltes, beaucoup des matières fertilisantes contenues dans le sol. L'effet du plâtre et de la chaux trop longtemps répétés serait donc d’épuiser la terre, Le cultivateur doit s'en servir pour augmenter ses récoltes ; mais plus il enlève au sol, plus il devient nécessaire

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qu'il lui rapporte,en quantité suffisante, les éléments des récoltes qui peuvent manquer à la terre.

319. Loi de la restitution.—Tout bon cultivateur doit se rappeler qu'une fois le sol appauvri, il est impossible d'en obtenir de grosses récoltes, sans lui rendre ce qui est indispensable à la production de ces mêmes récoltes. Le cultivateur doit donc établir un système de culture qui épuise le moins possible sa terre. Ce sujet demande une étude spéciale. On a vu qu'il faut rapporter au sol, sous forme d'engrais, ce qui lui manque pour produire des récoltes abondantes, C’est là un principe qu'on ne saurait trop approfondir,

320. Résumé.—Les cultivateurs doivent ménager les engrais—leur succès en dépend—c'est d’ailleurs un devoir

’état. Celui qui, par sa négligence, appauvrit sa terre, prépare de mauvais jours à sa famille. Un bon père de famille doit préparer l’avenir des siens. Il lui faut donc bien administrer les talents que la Providence lui a confiés. C'est en étudiant le mieux possible cette question du maintien et du développement de la fertilité du sol, que l'on assurera, pour une bonne partie du moins, notre avenir national dans cette province.

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