ASSAINISSEMENT DES TERRES
22. Egoutter.— Une terre qui n’est pas bien égouttée ou assainie, soit naturellement, soit artificiellement, ne produira jamais une récolte abondante, quels que soient les autres soins qu'on puisse y apporter.
23. Terre perméable.—Une terre s'égoutte, soit naturellement, soit artificiellement, quand il ne reste plus d’eau dans le fond des raies, entre les planches, et même dans les bas fonds de la pièce, quelques heures après les plus fortes pluies. On dit alors que le sous-sol est perméable à l'eau ; c’est-à-dire que la couche de terre, en-dessous du labour, laisse passer toute l'eau qui traverse /e sol, ou la couche labourée.
24. Terre imperméable.—Toute terre, qui ne remplit pas les conditions indiquées plus haut, a besoin d'égouts artificiels. Elle est appelée imperméable.
25. Pourquoi égoutter ?—Trois choses sont indispensables à la germination des semences : la chaleur, l'air, l'humidité, Mais pour que la chaleur et l'air puissent pénétrer la terre, le cultivateur devra ouvrir des issues à l'eau qui est de trop et qui en conséquence nuit à la terre, au point de l'empêcher souvent de donner des produits
profitables. Ces issues une fois ouvertes, la surabondance d'eau qui nuit sortira sans difficulté; mais l'humidité nécessaire restera, Ce sont ces issues ouvertes par la main de l’homme aui forment Les égouts artificiels.
26. Sol rempli d’eau.—Travailler, au printemps ou en été, une terre forte qui est imbibée d’eau, c'est le moyen de faire de 74 brique. Plus la terre sera ainsi travaillée, plus elle deviendra dure en séchant au soleil.
27. Poussière et vase.—La terre forte s'ameublit par la gelée, les labours faits en bonne saison, les hersages, etc. Elle tombe alors plus ou moins en poussière. Si cette poussière est mêlée à beaucoup d'eau, elle se transforme en vase, que la chaleur durcit bientôt, presque autant que la pierre.
28. Danger à éviter.—Les plantes, en croissance sur de pareilles terres, s'y trouvent alors emprisonnées et étouffées dans cette espèce de ciment, et peuvent à peine y vivre; les plus faibles y périssent sans aucun doute. Les divers travaux d’égouttement sont done tout à fait indispensables dans les terres fortes.
29. Refroidissement.—Aussi longtemps qu'une terre est imbibée d'eau, elle reste froide, même dans les saisons les plus chaudes. La chaleur du soleil, en réchauffant la surface de la terre, fait évaporer une partie de l’eau que contient le sol. Cette forte évaporation refroidit grandement la terre et ses environs. Le sol reste donc froid, aussi longtemps qu’il contient un excès d'humidité et que l'évaporation se continue.
30. Gelées précoces.—C’est ainsi que s'expliquent ces gelées précoces de juillet, août et septembre, dans les terres basses très humides, et dans leurs environs. L'éva-
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poration, très grande pendant les chaleurs du jour, refroidit d’abord le sol, et l'atmosphère pendant la nuit. Plus la terre est humide et la journée chaude, plus grands sont les dangers de gelée dans les environs, même à quelques milles de distance des marais. De là l'avantage d'égoutter le plus possible.
31. Stérilité des terres humides.—L'excès d'eau dans le sol remplit tous les vides qui se trouvent dans la terre ; il empêche l'air d’y pénétrer. Les terres mouillées, étant privées de chaleur et d'air, resteront à peu près stériles tant qu'elles ne seront pas bien égouttées, quelle que soit leur richesse naturelle.
32. Comment égoutter ?—Pour qu'une pièce de terre s'égoutte bien, au moins à la surface, il faut que les dernières raies de charrue, entre chacune des planches du labour, soient droites, nettes, qu'elles aient une pente légère vers les rigoles ; que les rigoles coupent ou saignent les raies dans les parties basses de la pièce et se vident dans les fossés ; enfin, que les fossés soient plus profonds que les rigoles et bien nettoyés jusqu’à leur décharge. Sur combien de terres dans notre pays ces conditions sont-elles remplies ?
33. Confection des fossés.—11 faut donner aux fossés un fort talus. La largeur du fossé à l'ouverture devrait être au moins double de sa profondeur, afin d'empêcher la terre de s’ébouler. Une largeur de pelle est ordinairement suffisante au fond ; car la pression de l'eau dans un chenal étroit lui permet de s'écouler plus vite. fossé ainsi fait est plus facile à entretenir.
Fig. 3.—Fossé bien fait,
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34. Levées de fossés mal tenues.—Bien des levées de fossés ne sont pas étendues, sont couvertes de mauvaises herbes, et servent de refuge aux insectes et rongeurs les plus nuisibles, Ces levées non étendues font perdre autant d'excellente terre ; elles exposent les fossés et les décharges des rigoles à se remplir. Elles sont fréquem-
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mences mûrissent et se répandent au loin. A l'endroit où les rigoles joignent le fossé, la levée est encore plus haute. Ce poids de terre sur le bord du fossé fait souvent qu'il s'éboule. De plus, comme il faut jeter très haut les curures, celles-ci retombent en partie dans le fossé et obstruent presqu'aussitôt le passage de l’eau. Nettoyer tous les fossés et rigoles en souffrance, voilà autant de travaux que l’on devrait toujours faire avec grand soin l'automne. Les négliger, c'est une faute considérable qu'il importe d'éviter à l'avenir,
35. Comment les étendre ?—En attelant deux chevaux l’un devant l’autre, on peut labourer toute la levée du fossé ; puis, après avoir hersé, pour briser les mottes, on peut étendre cette terre à la pelle sur les planches voisines, ou la charroyer plus loin au tombereau, ou bien la mélanger au tas de fumier que l’on aurait à faire dans les environs, ou bien encore en faire des composts en mélange avec de Ja chaux. Ces vieux travaux en souffrance ne peuvent pas être tous faits la même année, mais le cultivateur actifet prévoyant les fera dans la mesure de ses moyens et le plus tôt possible, puisqu'ils lui seront très profitables.
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36. Fossé labourahle.—Les fossés, faits à la charrue et à la pelle à cheval, ne sont plus exposés aux éboulements, On les entretient
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De plus, la terre peut se cultiver et se nettoyer jusque dans le fond du fossé, ce qui est très avantageux.
37. Pelle à cheval. — Le meilleur instrument pour étendre ces terres est la pelle à cheval, avec laquelle on les transporte très rapidement dans les bas-fonds ou sur le milieu des pièces. En répétant les labours deux ou trois fois, on arrivera à labourer jusque dans le fond du fossé ; on l’élargira, on enlèvera toutes les terres accumulées au bord, et on agrandira considérablement le terrain à cultiver.