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CHAPITRE XV

CLOTURES ET BARRIÈRES.

535. Quand clôturer.—C'est à la suite des semailles que nos cultivateurs soigneux réparent leurs clôtures, et qu'ils en font de neuves, Aujourd'hui que le cèdre devient de plus en plus rare et cher, ilimporte d'y mettre toute l'économie possible, et de donner à ces travaux toute la durée dont ils sont susceptibles, J'ai vu des clôtures en cèdre de quatre perches par pagée, qui datent de dix ans et plus, qui n'ont pas été touchées depuis qu'elles sont finies, et qui promettent de durer cent ans. J'en ai vu d'autres de six perches, que l’on refait tous les ans, et qui à l'automne sont en ruine, Si l’on calculait bien le temps qu'on y met, et la durée des matériaux que l'on y emploie, on verrait l'importance de bien finir ce que l'on fait,

536. Choisir de grosses perches.—Choisissez donc de grosses perches, dont quatre rempliront une bonne pagée ; cent de ces perches feront vingt-cinq pagées de clôture, tandis que de petites n’en feraient que vingt, ou même que seize, s'il fallait y mettre six perches. Si celles-ci se vendent six piastres le cent, les autres vaudraient donc en

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proportion près de dix piastres. Un autre avantage, c’est que la clôture faite avec de grosses perches sera plus facile à faire et bien plus durable.

537. Perches sciées.—Dans certains endroits, on scie le cèdre en perches de 34 à 2 pouces d'épaisseur, sur la longueur voulue, C’est une grande économie de bois et cela permet de clôturer plus vite et beaucoup mieux. Cette pratique est fort recommandable, et devra se généraliser partout où faire se pourra.

538. Inconvénients des chevilles en bois.— Aujourd'hui, plusieurs cultivateurs ont cessé de mettre des chevilles en bois dans leurs clôtures. Ces chevilles affaiblissent les piquets, les coins qu'il faut y mettre se défont assez vite, et bientôt la clôture tombe, On les remplace par deux liens en fil de fer galvanisé : un, sous la perche du bas, et l’autre audessus de la perche du haut, ce qui

empêche les animaux de défaire la clôture, On emploie, pour ces attaches, du fil assez fort pour qu'il ne casse pas. On le coupe, avec des pinces spéciales qui tordent ou coupent le fer au besoin. Ces deux attaches donnent une grande solidité à la clôture, et dispensent de mettre un soutien sous la perche du bas : ce qui est très important. C’est ordinairement par là que la gelée soulève les clôtures chaque année, et qu’elle nous force à les refaire si souvent. Dans les terres que la gelée soulève fortement, il serait bon d'examiner les clôtures dès le printemps, pendant que la terre est encore soulevée, et de donner au besoin et sans retard quelques coups de masse sur la tête des piquets. Par ce moyen, on sera sûr d'entretenir parfaitement celles qui auront été faites avec des attaches en fer et ces soins n'exigeront que fort peu de temps, une fois l'an, s'ils sont faits en bonne saison.

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539. Endos sous les clôtures neuves.—Avant de commencer une clôture neuve, on devrait toujours faire, avec la charrue, än bon endos, à l'endroit qu'elle doit occuper. Il est bon de faire deux sillons de chaque côté, et aussitôt que la clôture est faite, de relever la terre à la pelle, On ménage une perche, une planche, ou un fil de fer, si la clôture est ainsi faite ; les clôtures sont plus solides, les piquets n’ont pas besoin d'être enfoncés si avant, et de plus, les animaux ne peuvent plus s'appuyer aussi facilement sur les clôtures.

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