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sont doués d'uné sensibilité si obscure; tandis die là peau où beaucoup d'entrée eux viennent s’épañotir en possède une sivive êt si délicate. Il est inexact, toutefois, de soutenir que la sénsibilité soit Loujours en raison de leur nombré ou de leur volume. L'urètré, la surface du gland, qui jouissént d’une sensibilité si exquise, en reçoivent certainement moins que l’œsophagé et le pharynx.
Et admettant que presque tous les nerfs de là sensibilité arrivent à la peau , on explique très-bien comment il se fait que, dans les opérations , il n’y ait pour ainsi dire que la section de cette membrane de douloureuse ; mais comment expliquer ensuite les douleurs qui, plus tard , se manifestent souvent au fond des plaies, qui caractérisent certaines tumeurs, les inflammations développées profondément ?
En s’adossant , les filets nerveux ne constituent pas des anastomoses aussi complètes que les artères, et se confondent rarement d’une manière complète. Le plus souvent, ils restent côte à côteet sans se mèler , quoique enveloppés dans la même gaine, jusqu’à leur terminaison définitive. Mème quand ils s’anastomosent en forme d’ansé, la confusion de leur matière nervale est si rare ou si difficile à constater qu’on en a nié l'existence, même a l'extrémité des doigts, où personne ne la révoquait en doute. C’est à tort, selon moi, car je suis parvenu plusieurs fois à dé+ couvrir de ces anses dont la convexité ne fournissait aucun rameau, quoiqu'elles fussent douées d’une régularité parfaite. C’est là ce qui fait qu’un nerf ne peul pas en remplacer un autre, que chaque organe a Yéritablement les siens, et, par conséquent, que la division de chacun d'eux a pour suite presque inévitable la paralysie de l'organe auquel il est destiné. En un mot, comme les nerfs se ramifient à la manière d'une branche d'arbre, tout rameau dont on interrompt la continuité avec lé tronc en reste ab- Solument séparé; tandis que le système artériel réprésentant partout des cercles , fait que chacune de ses branches peut être divisée sans arrêter la circulation nulle part.
Tout cordon nerveux est composé d'un cerlain nombre de filaments réunis entre eux par un tissu cellulaire rare, dense et très-fin, puis enveloppé par une gaîne plus ou moins lâche, plus ou moins complète. Chaque filament est à son tour formé d'une sorte de tube fibreux on névrilématique et d’une proportion variable dé matière nerYale, Adhérant à la pulpe médullairé
NÉRFS, 39 par sa face interne, el dépourvu de cloisons célluteuses à son intéricur, ce tube permet au mercure qu'on y pousse de le parcourir et desuivre la route du filet, ce qui a pu , quoiqu’à tort, faire croire que les nerfs étaient creux ou tanal:eulés comme les vaisseaux. L’inflammation y est rare , parce qu'ils contiennent peu dé vaisseaux sauguins, que leur tissu cellulaire est filamenteux et sec, et que leur trame organique, purement fibreuse , ést peu favorable à l'accumulation des fluides.
Cette texture serrée fait en outre que lé pus, quand il s’y est formé, se dissémine sous l'aspect de stries ou de petits points dans les interstices des filaments nerveux, au lieu de se rassembler en foyers. Elle fait , par la méme raison, que les productions et les dégénérescences douées dé quelque prédilection pour les tissus durs, tels que les glandes ét la matrice, s’y remarquent assez souvent, Les piqüres dés nerfs ne sont si douloureuses que parcé qu'elles en ébranlent plus ou moins les divers filets ; el comme il est difficile qu’elles ne touchent pas par quelques points la matière nervale, elles laissent souvent à leur suite une SE induration, une sorte de renflement.
Quand on diviseincomplétement les nerfs, il en résulte d’abord des douleurs très-vives, parce que les filets conservés réagissent plus ou moins sur ceux qui ne le sont pas. Leur section n’est point accompagnée de rétracetion, ou n’en offre du moins qu'une très-légère , d'abord parce qu'ils sont en général libres et mobiles au milieu des muscles ; ensuite parce que leurs branches, leurs filaments, sont contenus dans des tubes presque inertes. Il résulte de 1à qu’au lieu de rentrer dans les chairs après une amputation , les nerfs un peu volumineux proéminent et pendert à la surface de la plaie; que, si on se borne à les couper sans produire de perte de substance, leur continuité manque rarement de se rétablir par agglutination immédiate. Aussi est-il probable alors que les fonctions de celui qu’on a divisé ne tarderaient pas à se rétablir , et a-t-on reconnu que la Cautérisation ou l'excision en devient indispensable lorsqu'on veut en suspendre pour {oujours les irradiations,
Au total, généralement moins tendus et plus souples encore que les vaisseaux , les nerfs s’accommodent sans peine à tous les mouvements, à tous les changements d’attitude du corps ; circonstance d'autant plus heureuse que le moindre tiraillement exercé sur eux soit dans un sens, soit dans un autre, amène sur-
le-champ de violentes douleurs. Leurs rapports avec certains os les exposent à la commotion el aux contusions. Un coup sur la face produit un éblouissement qui ne peut être dû qu’à la commotion des nerfs. Une violente secousse du coude engourdit momentanément toule la portion cubitale de l’avant-bras et dela main. Une chute sur le sacrum paralyse momentanément les membres inférieurs. |
Accompaghnant presque toutes les veines superficielles un peu volumineuses, et n'ayant à ce sujet de position bien fixe, se plaçant Lantôt en dedans, tantôt en dehors, ils ne peuvent pas toujours être ménagés dans les opérations que réclament les maladies de ce genre de vaisseaux.
Quant aux nerfs profonds, leur forme arrondie, leur fermeté, leur teinte blanche ou rosée, ne permettent de les confondre ni avec les artères, qui sont jaunâtres et se laissent facilement aplatir, niavec les veines, qui sont noirâtres et infiniment plus molles. Dépourvus de gaînes propres, ils sont tantôt plus, tantôt moins éloignés des vaisseaux. Quelques-uns d’entre eux rampent souvent à la surface de ces derniers, de manière à ne pouvoir en être que difficilement séparés. Ailleurs, ils forment une sorte de nalte, de plexus, qui enveloppe et cache tellement le tronc artériel, que les opérations à pratiquer sur lui deviennent d'une difficulté extrême : témoin le plexus axillaire. Le plus souvent , néanmoins, il n’en reste qu’un le long du vaisseau principal, et, de même que les nerfs sous-cutanés, il se tient ordinairement un peu plus superficiel. Sa position étant assez fixe , il peut , de cette manière , servir de guide quand il s’agit de découvrir l'artère.
Les praticiens qui s'étaient imaginé que la ligature des nerfs n'entraîne pas de paralysie , élaient jusqu’à un certain point excusables de les comprendre dans le même lien que l'artère, eux que l'anatomie chirurgicale n'avait point encore éclairés.
On distingue les cordons nerveux , dans une plaie d'amputation, à leur couleur grise, à l'aspect granulé de leur coupe et au peu de tendance qu'ils ont à se retirer dans les muscles. Ceux qui sont le plus solidement accolés aux artères s’en séparent en général assez facilement pour qu'il soit aisé de les éviter. Les simyles rameaux font seuls exception. On y remédie en les étranglant ayec une force suffisante pour en rompre la continuité. Iei, d’ailleurs, comme pour tout ce qui concerne les anévrismes, le
chirurgien acquiert beaucoup d'assurance en se souvenant d’une règle qu’il convient de poser, savoir : Qu'en partant de l'os, le nerf vient toujours entroisième lieu, tandis qu’on le rencontre le premier en venant de la peau. L'artère, la veine, le nerf, dans le premier sens ; le nerf, la veine, l'artère, dans le second ; tels sont les rapports à peu près constants de ces trois ordres d’or- . ganes.
Les cordons nerveux qui n’accompagnent ni les artères, ni les veines, paraissent être plus particulièrement destinés aux muscles. Plusieurs d’entre eux traversent des ouvertures osseuses, où ostéo-fibreuses, incapables de les comprimer jamais. Ainsi les nerfs du crâne, ainsi les nerfs du bassin, ainsiles nerfs sus-scapulaires , ainsi tous les nerfs rachidiens. D’autres passent dans l'intervalle de pièces mobiles du squelette, et peuvent être comprimés dans certains mouvements au point d’engourdir la totalité du membre. La plupart finissent par se mettre en contact immédiat avec la surface de certains os, et quelques-uns par la contourner sur un point déterminé. De tels rapports les exposent à être gravement compromis ou blessés dans les fractures, à se laisser renfermer dans le cal, à devenir ainsi la cause de douleurs inouïes, de mouvements convulsifs et d'accidents tétaniques.
La texture solide, quoique peu extensible, du névrilème, et la réunion d’un certain nombre de filets dans chaque cordun, donnent aux nerfs une très-grande ténacité, une résistance presque insurmontable, dans le sens de leur longueur, tellement que leur déchirure n'a lieu qu'après celle des vaisseaux, ou même des muscles, et que lestractions exercées sur eux peuvent en ébranler les racines à la moelle, les détacher du cordon rachidien plutôt que de les rompre dans leur trajet, s'ils conservent quelque liberté au milieu des parties dont ils traversent les interstices. Comme tous leurs filets sont parallèles , il est au contraire très-facile de les déchirer, ou plutôt de les éparpiller transversalement, | ” ART. Il. — Nesfs viscéraux. — Si la forme ganglionaire du grand sympathique lui donne une vie en quelque sorte indépendante, sa communication avec le système cérébro-spinal, par autant de racines qu'il y a de troncs nerveux, le rattache d’une manière assez intime à la moelle épinière pour que la destruction de cette dernière le prive bientôt de la plus grande partie
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de sa puissauée, et finissé par en añéantir complétement les fonctions. N'ayant point de névrilèmé, se modifiant plus ou moins dans les plextis et dans lés ganglions qu’ils sont obligés de traverser, les rameaux du nerf {risplanthniqué ne doivent conduire qu'avec peine les impressions jusqu’au cerveau, et encore ne lés y amènent-ils qu'après leur avoir imprimé des caractères parliculiers.
La compréssion, la {orsion, la déchirure du testicule, dés intestins, sont accompagnées de souffrances de même nature, parce que leurs nerfs sont fournis par le grand sympathique. Comme les filaments de ce nerf se mêlent d'une manière intime aux organes, il est à peu près impossible de lès en séparér. C’est à cela qu’il faut s'en prendre $i, quand on étrangle üne partie qui ne renferme que des nerfs ganglionaires, la douleur, moins aiguë, plus sourde d'abord, dure plus longtémps et finit par devenir plus vive que s’il y parvenait des cordons du système rachidien. Le mélange devient tellement intime dans certains appareils, qu’on finit par ne plus pouvoir en suivre les traces. C'est ainsi que le système vasculaire ne laisse apercevoir des filets nerveux autour de ses branchés qu’à leur origine, et qu’il est bientôt impossibie d'en démontrer le moindre vestige dans aucune de ses tuniques.
La distribution du nerf gänglionäiré est telle, il existe un tel consensus entfe toutes ses parties, que ses maladies comme ses fonctions ont une grañde tendancé à se généraliser, et que l’ut dé $es rameaux Venant à se perdre est aussitôt suppléé par les autres, Une foule d'opérations viennent à l'appui de cette assertion. Jamais, en effet, on n'a remarqué que la section des plus grosées branchés du grand sympathiqué ait sérieusement inquiété le chirurgien ni qu'il en soit résulté la moindre apparence de paralysie dans les organes circonvoisins.
Dépourvu du tissu cellulaire et de vaisseaux appréciables, le grand sympathique né parait guère susceptible de s’enflammer par lui-même ; mais sa nature gélatineuse el la sensibilité obtuse dont il jouit, le rendent sujet à quelques dégénérescences particüliéres, notamment à des tumeurs rougeâtres, dures, homogènes, qui ne semblent être, le plus souvent, que le résultat d’une hypettrophie de quelques-uns dé ses ganglions.
ART. III. — Applications générales. — Dans son ensemble, l'appareil nerveux offre quatre nuances bien distinctes, quant à
ses fonclions, et qu’on rencontre souvent dans la mème partie.
Prenons l'œil pour exemple, Les nerfs du mouvement animent les muscles de cet organe, et des filets sensitifs y arrivent en certain nombre. Il en reçoit d’autres du système végétatif pour présider à ses fonctions nutrilives ; on y trouve enfin un nerf à sensation spéciale, le nerf optique.
On comprend dès lors qu’une maladie ou une opération puisse altérer profondément la sensibilité de l'œil ou de toute autre partie, sans troubler en rien sa motilité, non plus que sa nutrition, et réciproquement.
Un inalade peut être amaurolique toute sa vie, tout en conservant dans l'organe la forme et les autres propriétés anatomiques de l’état naturel,
Si la destruction des filets du grand sympathique qui viennent se distribuer dans l'œil entraine parfois la cécité, c'est que, présidant à toutes les nutritions, ces filets ne sont pas moins nécessaires à la rétine, à iris et à la coque oculaire ane mae qu’à l'existence de l'individu considéré en masse,
Rien ne serait plus facile, au surplus, que Mur à une foule d’autres parties, et presque à tout le corps, ce que je viens de dire de l'œil, que de montrer partout la spécialisation du système nerveux, et la possibilité d’allérer les fonctions de chacune de ses nuances sans nuire à l'exercice des autres.