‹ Manuel d'anatomie comparéeChapitre 1 sur 93 · PRÉFACE DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

PRÉFACE DU TRADUCTEUR

L'ouvrage dont nous offrons aujourd'hui la traduction, n'est pas l'œuvre d'un homme inconnu au public scientifique. Après avoir signalé son entrée dans la carrière des investigations par des recherches très-variées sur l'anatomie et l'embryogénie des animaux inférieurs, notamment des Méduses, des Siphonophores, des Tuniciers, des Hétéropodes et des Ptéropodes, M. Gegenbaur, aujourd'hui professeur à Heidelberg, a enrichi la science par des monographies extrêmement i-emarquahles sur des points ardus de l'anatomie comparée des Vertébrés. On peut donc dire de lui qu'il a parcouru, dans ses investigations, le champ entier de la science, dont il a condensé ici les résultats sous forme de manuel. Le lecteur s'apercevra du reste facilement, tant par l'exposition des faits que par les conclusions que l'auteur en tire, que ^ manière de voir est puisée dans l'observation consciencieuse autant que dans une connaissance très-étendue de la littérature.

Notre traduction a été entreprise sur la seconde et dernière édition de Touvrage allemand, publiée en 1870. Voici comment M. Gegenbaur ^'exprime, dans sa préface, sur son ouvrage : « Chacun comprendra qu'il ne s'agit ici de rien moins que d'un exposé complet des données anatomiques recueillies jusqu'à ce jour, l'étendue des matériaux existants étant trop considérable. Je dois donc, pour les descriptions détaillées, renvoyer aux ouvrages cités dans la bibliographie, mais ici encore il fallait garder une certaine mesure et distinguer le principal de l'accessoire.

« Pour la répartition de l'ensemble j'ai cru devoir garder le cadre des divisions zoologiques, qui me parait encore pour le moment répondre le mieux à l'état actuel de nos connaissances en anatomie comparée. J'avoue cependant volontiers que je considère une répartition d'après les systèmes d'organes, poursuivie à travers le règne animal tout

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entier comme la meilleure. Mais une telle exposition ne saurait*élre actuellement qu'un but lointain que nous nous proposons irallein- (Ire. Pour y arriver, il nous faudra une intuition plus complète des organismes que ne la permet l'étal actuel de nos connaissances, et pour se lancer dans cette voie avec succès, il faudrait préalablement remplir deux conditions essentielles. La première serait de s'astreindre ii une comparaison plus méthodique, faisant abstraction d'une foule de relations fonctionnel les résultan t d'adaptations et qui , se plaçant au poin t de vue purement morphologique, démontrerait, en suivant des séries considérables, les changemenis que subissent les organes ou les systèmes d'organes.

« La seconde condition serait de faire uneétude complètede la genèse des organes et de leur différenciation, à partir d'un premier état d'ébauche indifférente. Les résultats obtenus de celle manière feraient aussi connaître les degrés de parenté qui relient les différents types... « J'ai cherché, tant en général qu'en particulier, à pousser plus loin la comparaison. C'est ici que j'ai dû ressentir souvent et amèrement l'absence de travaux précurseurs réelleynent comparatifs, La rareté de ces travaux forme un contraste frappant, autant avec le nombre toujours croissant de productions appartenant au domaine descriptif, qu'avec la faveur avec laquelle notre science est en général accueillie. Qu'on excuse, pour ces molifs, une partie au moins des défauts inhérents à cet ouvrage. »

Le manuel de M. Gegenbaur présente, pour la première fois, l'application rigoureuse et méthodique de la théorie de la descendance à Tanatomie comparée. C'est ce qui a engagé mon ancien collaborateur, M. Moulinié, à entreprendre la traduction de cet ouvrage, traduction d'autant plus ditïicile que souvent on pouvait se trouver embarrassé en présence des vues propres à l'auteur et des locutions nouvelles dont il a dû se servir. Mon brave ami n'a pas vu l'achèvement de l'œuvre, dont la guerre avait longlemps arrêté l'impression. M.Edmond Perrier, maître de conférences de zoologie à l'Ecole normale supérieure, a bien voulu nous prêter son précieux concours pendant l'achèvement des dernières livraisons. Qu'il en reçoive mes remercîmenls les plus sincères.

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