‹ Manuel d'anatomie descriptive du corps humain [electronic resource] (volume 2)Chapitre 156 sur 217 · VI. 142, flg. I 7t · texte numérisé non relu

VI. 142, flg. I 7t

4° DE l’iris.

On nomme ainsi une membrane placée Terticalement , comme une cloison, à la parlle antérieure de l’œil , au milieu de riuimcur aqueuse. L’iris est circulaire et aplati; il sépare l’une de l’autre. les deux chambres de l’œil, et présente à sa partie moyenne une ouverture arrondie, qu’on appelle prunelle ou pupille, et (jui permet à ces deux cavités de communiquer l’une avec l’autre. La pupille a son centre un peu plus près de l’extrémité interne que de l’extrémité externe du diamètre trans.versal de l’œil. Pendant la vie elle jouit de mouvemens de dilatation et de resserrement, au moyen desquels elle mesure en quelque sorte la quantité de lumière qui doit pénétrer dans l’œil. Des deux chambres de l’œil cjue sépare l’iris, l’antérieure est plus grande que la postérieure; elle est bornée en avant par la face postérieure de la cornée, et en arrière par la face antérieure de l’iris. La chambre postérieure n’a pas plus d’un quart de ligne de profondeur, et n’existe guère que vers la circonférence du crystallin et la partie correspondante de la face postérieure de l’iris. Elle a la forme d’un prisme circulaire à trois pans.

La face antérieure de l’iris est diversement colorée, suivant les Individus, en bleu, en brun, en noir, en gris, etc. Elle offre ordinairement deux teintes disposées en cercle: l’une interne, près de la pupille, plus foncée et moins large; l’autre externe , située vers la grande circonférence, est plus large et moins foncée. Souvent les couleurs de l’iris, qui perdent leur vivacité après la mort, sont mélangées et disposées par plaques, comme des marbrures. La face antérieure de l’iris est recouverte par la membrane de l’humeur aqueuse. Elle offre des stries saillantes, flexueuses , qui semblent partir de la grande circonférence, et se perdent vers la petite, en se bifurijuant et s’unissant les unes aux autres. Dans les intervalles de ces stries , on voit des villosités d’une exce.ssive ténuité.

La face postérieure de l’iris , qu’on a nommée la membrane uvée, est enduite d’un pigmentum ou vernis noir très-épais, qui lui adhère fortement et se continue dans les i/Uervallcs des procès ciliaires, avec celui de la face interne de la choroïde.

La grande circonférence de l’iris adhéré à l’ouverture antérieure de la choroïde, et parait comme enchâssée entre le ligament ciliaire qui fait saillie en avant, et les procès ciliaires qui la débordent un peu en arrière. Sa petite circonférence circonscrit la pupille.

On n’est point généralement d’accord sur la structure de l’iris. Les uns le regardent comme formé d’un tissu spongieux, érectile, produisant, par sa dilatation, le resserremcnlde la pupille, et par son affaissement , la dilatation de cette ouverture; les autres, avec M. Maunoir de Genève, pensent que cette membrane est musculeuse et formée de deux ordres de fibres, les unes externes, radiées; les autres correspondantes à l’anneau coloré interne, et formant, autour de la pupille, un véritable muscle sphincter.

, Dans le fœtus, jusqu’au septième mois de la gestation , la pupille est fermée par une membrane grisâtre, molle, essentiellement vasculaire, qu’on a nommée membrane pupillaire. Les recherches que j’ai faites sur cette membrane m ont permis de constater :

1° Qu elle existe constamment chez le fœtus humain, qu’on peut déjà l’apercevoir au troisième mois, et qu elle se rompt ordinairement vers le septième; 2“ qu avant sa ruj>-

D’ANATOMIE DESCRIPTIVE

ture elle forme avec l’iris une cloison complète qui sépare entièrement les deux chambres de l’œil : 3® que la chambre antérieure de l’œil forme , avant la destruction de la membrane pupillaii’e, une cavité sans ouverture , tapissée par une véritable membrane séreuse (la membrane de 1 humeur aqueuse) qui exhale et renferme immédiatement l’humeur aqueuse; 4° que la chambre postérieure, très-petite, contient, à la même époque, une humeur séreuse fort limpide, mais moins abondante que celle de la chambre antérieure ; 5° que la membrane pupillaire est formée de deux feuillets membraneux adossés , et contenant, dans leur intervalle, des vaisseaux sanguins fort nombreux; 0° que ces derniers vaisseaux sont fournis par les rameaux des artères ciliaires longues qui se prolongent audelà de l’ouverture de l’iris, pour former des arcades llexueuses dans l’intervalle des deux feuillets de la membrane pupillaire; 7° que ces anses vasculaires ne s’anastomosent que rarement , par leur convexité , avec celles qui leur sont diamétralement opposées , et qu’il reste entre elles, vers le centre de la pupille, un petit espace irrégulier, dans lequel la membrane pupdlaire est dépourvue dp vaisseaux, et par cela même beaucoup plus faible que dans le reste de son étendue; 8° qu’on ne peut attribuer la destruction de la membrane pupillaire, ni à sa macération dans les humeurs de l’œûl, ni à une absorption nutritive, puisque, après sa rupture, on retrouve constamment ses lambeaux flottans et ses vaisseaux.

D’après les faits rapportés dans un mémoire sur la membrane pupillaire, je crois avoir démontré que la rupture de celte membrane a lieu par la rétraction de ses anses vasculaires, qui se retirent vers la petite circonférence de l’iris, en s’éloignant les unes des autres, et par conséquent du centre de la pupille. J’ai de plus constate que le petit cercle artériel de l’iris n’existe pas chez le fœtus avant la rupture de la membrane pupillaire, et qu’il est formé par les vaisseaux de cette membrane qui se sont retirés vers l’iris sans avoir éprouvé le moindre déchirement; qu’il est placé sur le contour même de la pupille chez le fœtus, et que ce n’est que plus tard qu’il se retire peu à peu sur la face antérieure de l’iris.

Pi.14.1, Hg.'i,

PI. i/j-2, fig. 6.

5° DE LA RÉllNE.

La rétine est une membrane nerveuse, grisâtre, très-molle, comme pulpeuse, demi- Pl.^o.fig.S. transparente, qui se trouve au dessous de la choroïde, et embrasse le corps vitré. Elle commence en arrière autour du tubercule que le nerf optique forme dans l’œil , et s’étend jusque vers la circonférence du crystallin. En avant, la rétine s’amincit de plus en plus, se porte sur les procès ciliaires, pénètre dans leurs intervalles , et paraît finir au niveau de l’extrémité interne de ces plis radiés.

La rétine présente, à deux lignes environ en dehors du nerf optique , une tache ronde, d’un jaune assez foncé chez les adultes, plus clair chez les enfuns et les vieillards. Cette PI. i.Zjo,fig.3, tache , découverte par M. Soemmerring, est large d’à peu près une ligne ; elle est entourée de plusieurs plis irréguliers , dont un seul parait avoir une existence constante , tandis que les autres sont dus à l’airaissement de l’œil et de la rétine après la mort. Au milieu de la tache jaune on voit un trou arrondi, fort étroit, nommé trou central de ta rétine.

La rétine , suivant quelques anatomistes , est formée de deux lames adossées et unies

MANUEL

étroitement l’une à l'autre. L’externe de ces lames est pulpeuse, parait médullaire, et se détache en partie par la macération. L’interne est plus résistante, sert de soutien à la première : elle est fibro-vasculaire , et a été appelée arachnoïde par quelques auteurs. C’est l’I. i43,fig.6. elle qui reçoit spécialement l’artère centrale de la rétine. La rétine ne contracte aucune adhérence avec la choroïde qui la recouvre; elle ne tient à la membrane du corps vitré que par des fdamens vasculaires d’une extrême ténuité.

6“ DE l’humeur aqueuse et de sa membrane.

On nomme humeur aqueuse une liqueur limpide et transparente qui remplit les deux chambres de l’œil , depuis la cornée jusqu’au crystallin , et au milieu de laquelle est plongé l’I. l’iris. Sa quantité est de cinq à six grains. Elle est légèrement visqueuse , un peu plus

’’ pesante que l’eau , et contient, en très-petite portion , de l’albumine, de la gélatine et du

muriate de soude. La membrane de l’humeur aqueuse est très-mince, transparente. Elle tapisse toute la chambre antérieure de l’œil, adhère très-intimement à la face postérienre de la cornée et à la face antérieure de l’iris. On ne peut la détacher de ces parties et la rendre visible qu’avec beaucoup de difficulté; chez le fœtus, elle représente un sac sans ouverture, parce qu’elle forme le feuillet antérieur de la membrane pupillaire. Chez l’adulte, elle parait cesser aux environs de la pupille; du moins, jusqu’ici , les dissections les plus délicates n’ont pas permis de constater si elle se prolonge dans la chambre postérieure.

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