I. DES NERFS ENCÉPHAUQUES EN PARTICULIER
1“ De la première paire de nerfs , ou nerfs olfactifs (0.
Les nerfs olfactifs naissent de l’encéphale par trois racines bien distinctes. De ces racines , l’une est externe , une autre interne , et la troisième moyenne. Cette dernière est grise; les deux premières sont blanches.
La racine externe est la plus longue. Elle nait de la région externe du corps strié, et devient apparente à la partie la plus recalée du lobe antérieur du cerveau , dans son point de réunion avec le moyen , sur la substance grise de sa dernière circonvolution. Souvent deux ou trois filamens blanchâtres, écartés, se réunissent pour la former. De là elle se dix'ige en avant et en dedans, cachée dans le fond de la scissure de Sylvius, et ne tarde pas à s’unir aux deux autres racines.
La racine interne, plus large et plus courte que la précédente, parait naître, en arrière et en dedans, de la substance blanche qui occupe la partie interne de la scissure de Sylvius ; assez souvent elle est bifurquée, et se prolonge jusqu’à la partie antérieure du corps
(ij Processus imimillares cerehri ad nares ; Vesal, Fallop., Colunib. — Ductus nervei a media cerebri magnitudine ad supremam narium partem; Varol. — Par primum, sive oljactorium , sire nerri olfactorii; Willis, Vieussens, Th. Barthol., Metzger, Scarpa, Sœmmer. — Olfaciens ; Heist. — Nerf olfactif de la première paire; Wiusl., Vicq-d’Azyr, et la plupart des autres anatomistes français. — Netf ethmoidal ou olfactif j Chauss.
D’ANATOMIE DESCRIPTIVE
calleux. Elle ne fait, non plus que la précédente , aucune saillie a la surface du cerveau , dans la substance grise duquel elle semble incrustée.
La racine moyenne est grise, pyramidale, etcouchee sur le point de jonction des deux autres, auxquelles elle s’unit par son sommet, qui est dirige en avant. Après s etre ainsi réunie , elle s’allonge de plus en plus , et représente un cordon grisâtre , couché sur le milieu de la face supérieure du nerf. Son centre est forme par de la substance blanche qui devient de plus en plus apparente à mesure qu’on 1 examine plus en avant.
Entre les trois racines du nerf olfactif on voit des ouvertures assez considérables qui donnent passage à des vaisseaux.
A l’endroit où ses racines se réunissent, le nerf offre un renflement triangulaire; mais PI. i5a. bientôt il s’aplatit , se rétrécit , et se porte horizontalement en avant au-dessous du lobe antérieur du cerveau , placé dans le sillon droit qui lui est destiné. Sa face inférieure offre le plus ordinairement sept stries longitudinales , trois grisâtres et quatre blanches. Elle est aplatie et recouverte par l’arachnoïde. Sa face supérieure offre une crête saillante qui pénètre dans le sillon cérébral , et se trouve formée par la racine moyenne.
En se portant en avant, le nerf olfactif perd insensiblement sa forme prismatique, semble s’arrondir, et se rapproche un peu de son semblable, dont il n’est plus séparé en avant que par l’apophyse crisla-galli. Il repose en arrière sur la face supérieure du corps du sphénoïde, et en avant sur la gouttière ethmoïdale , où il devient plus saillant et se change en «n bulbe arrondi , allongé , grisâtre , ayant l’apparence d’un ganglion. Dans ce trajet le nerf olfactif est mou, pulpeux, non enveloppé de névrilème.
Delà face inférieure du bulbe, on voit naître les rameaux nerveux qui traversent les PI. 1^3, üg. 5. trous de la lame criblée pour se distribuer dans les fosses nasales. Le nombre, le volume et la direction de ces rameaux sont variables ; on les a distingués en exlernes , en internes et en moyens. Chacun d’eux est entouré par un petit canal fibreux de la dure-mère , qui se continue au-delà du trou osseux , avec la couche extérieure de la membrane pituitaire.
Ils sont aussi accompagnés , comme les autres nerfs , par un petit prolongement canaliculé de l’arachnoïde. Dans l’intérieur des canaux fibreux de la dure-mère , les nerfs olfactifs s’épaississent et perdent la mollesse qu’ils avaient avant de s’y introduire.
Rameaux externes. Ils s’introduisent dans les trous qu’on observe sur les cornets, s’y pj. j^.. divisent et s’y subdivisent en s’anastomosant entre eux sans abandonner leurs conduits, PI. qui s’anastomosent eux-mêmes. Dès qu’ils en sont sortis , leurs anastomoses deviennent encore plus multipliées , et ils représentent une espèce de réseau plexiforme dont les mailles sont irrégulières. Les uns s’épanouissent sur le cornet supérieur en se recourbant en arrière, et en présentant leur convexité vers le sinus sphénoïdal. Ceux de la partie antérieure sont presque verticaux ; les moyens sont les plus longs de tous. Ils se recourbent en ai'rière sur le cornet ethmoïdal, et s’y ramifient en s’étendant sur le cornet inférieur.
Rameaux internes. Ils se divisent avant d’abandonner la lame criblée, et descendent sur la cloison en se divisant de plus en plus. Leurs filamens, réunis plusieurs ensemble , forment des bandelettes blanchâtres, de longueur variable, dont quelques-unes descendent jusqu’au bas de la cloison ; en avant et en arrière surtout ils sont beaucoup plus courts.
PL
PL i8», fig. ».
MANUEL
Rameaux moyens, Arriycs dans les fosses nasales , ils se répandent aussitôt dans la portion de la membrane pituitaire qui tapisse leur voûte , et ne s’étendent point au-delà.
Le mode de terminaison de ces rameaux du nerf olfactif est encore peu connu. Quelques auteurs ont avancé qu’ils contribuaient à former les papilles de la membrane pituitaire. Scarpa pense qu’ils forment une sorte de membrane propre dans laquelle ils semblent se fondre.
2° Des nerfs optiques ou de la seconde paire (').
pj ^22 Les nerfs optiques, remarquables par leur volume et le trajet considérable qu’ils
Pî. i74,fig'T» parcourent à l’inlérieur du crâne, ne fournissent aucune branche depuis leur origine ï**’ '7^, fig.2. jgyj. tevininaisou. Us naissent surtout des tubercules quadrijumeaux supérieurs,
par une bande blanche , d’apparence fibreuse , qui se contourne sur le côté externe des couches optiques, et se renforce en s’unissant intimement au corpus geniculalum extemum, renflement formé de substance grise. Celle bandeletle nerveuse adhère d’abord par une de ses faces à la couche oplique, puis passe sous le pédoncule antérieur de la protubérance cérébrale, auquel elle n’est plus attachée que par son bord externe et antérieur. Les tubercules quadrijumeaux inférieurs paraissent aussi donner une bandelette particulière aux nerfs optiques à l’instant de leur naissance.
Après leur origine , les nerfs optiques , larges et aplatis , se dirigent en devant et eu dedans , et abandonnent la scissure qui sépare les lobes moyens de la protubérance cérébrale ; parvenus au-delà des pédoncules du cerveau, ils se rétrécissent, s’arrondissent, passent sous le plancher du troisième ventricule, adhèrent au tuber cinereum , et viennent se réunir au-devant de la fosse pituitaire. En s’unissant ils forment un corps quadrilatère, aplati , qui repose sur la gouttière transversale du sphénoïde , et qu’on nomme la com- Pl. 3 78,%.2. missure des nerfs optiques. Cette commissure, dans laquelle les nerfs paraissent s’entrecroiser, donne insertion par sa face supérieure à la membrane qui ferme en avant lo troisième ventricule ; elle se continue en arrière avec le tuber cinereum.
En sortant de leur commissure , les nerfs optiques s’écartent de nouveau : ils sont cylindriques et libres, et se dirigent en avant et en dehors vers le trou optique, par lequel ils passent dans la cavité orbitaire. C’est seulement dans cette seconde partie de leur trajet qu’ils sont entourés par le névrilème.
L’arachnoïde leur forme une gaine qui les accompagne dans le trou oplique , et se réfléchit ensuite sur le canal fibreux que leur fournit la dure-mère.
En travei'sant les trous optiques ils se coudent un peu à angles obtus, et diminuent sensiblement de volume. A leur entrée dans l’orbite ils sont d’abord environnés par les extrémités postérieures des muscles droits de l’œil , et se trouvent ensuite séparés de ces muscles par beaucoup de tissu cellulaire graisseux , dans lequel rampent des nerfs et des vaisseaux.
Parvenus à la partie postérieure et un peu interne et inférieure de l'œil , ils éprouvent
PJ. 178, fig. 1.
(1) Prima nervorum a cerehro exorientium conjiigatio ; Galieu , Vesal., Coliinib. , Fallop. — Nervus -visivus, seu xiiiorins; Berenger de Carpi. — IVerri optici ; Varol. — Nervi optici sive secundœ conjugaiionis j Willis, Vicussens, Sœjnroer. — Nerf oculaire ou optique i Chauss.
D’ANATOMIE DESCRIPTIVE
un étranglement , traversent les membranes sclérotique et choroïde , et se terminent par le tubercule aplati duquel naît la rétine.
Le névrilème des nerfs optiques est plus épais , plus fort et plus blanc que celui des autres nerfs. Il est bien distinct de la gaine fibreuse de la dure-mère qui l’enveloppe, et à laquelle il tient par des filamens très-déliés. Par sa face interne , il fournit des prolongemens fibreux en forme de cloisons, qui semblent partager l’intérieur du nerf en une foule de petits canaux distincts, remplis par la substance médullaire, et qui lui donnent l’aspect d’un rotang ou roseau des Indes.
3® Des nerfs moteurs-oculaires communs , ou de la troisième paire (>).
D’un volume assez considérable, ces nerfs sortent des pédoncules antérieurs de la protubérance cérébrale vers leur bord interne , et reçoivent des filets de la substance grisâtre placée entre eux et les tubercules mamillaires. Les filets qui forment leur origine sont trèsmous , et rangés sur une ligne qui suit la direction des pédoncules. Les postérieurs sont les plus longs ; la plupart d’entre eux peuvent être suivis sous la protubérance cérébrale , et jusqu’à la tache noirâtre qu’on trouve au milieu des pédoncules.
Ces filets forment d’aboi'd un cordon aplati, qui bientôt se rétrécit et s’arrondit pour acquérir plus de consistance , en prenant un névrilème. Le nerf se porte alors obliquement en avant et en dehors , jusqu’au niveau des insertions antérieures de la tente du cervelet. Là il pénètre dans un canal fibreux de la dure-mère , s’engage dans le sinus caverneux , le long de sa paroi externe, et parvient jusqu’à la fente sphénoïdale. L’arachnoïde lui fournit une gaine qui l’abandonne bientôt pour se porter sur le canal fibreux de la dure-mère.
Avant de traverser la fente sphénoïdale, le nerf moteur oculaire commun se divise en deux branches , l’une supérieure et l’autre inférieure. Ces branches traversent la duremère et entrent dans l’orbite par la partie la plus large de cette fente, en passant entre les deux divisions de l’extrémité postérieure du muscle abducteur de l’œil, avec le nerfmoteur oculaire externe et le rameau nasal du nerf ophthalmique.
Branche supérieure. Elle se porte en avant et en dedans, passe au-dessus du nerf optique , et parvient à 1^ face inférieure du muscle droit supérieur de l’œil , auquel elle fournit un grand nombre de filets. L’un d’eux remonte le long du bord interne de ce muscle , et va se perdre dans le muscle élévateur de la paupière supérieure. Cette branche reçoit un ou deux petits rameaux du nerf nasal.
Branche inférieure. Beaucoup plus grosse que la précédente , elle se dirige en avant , entre la partie inférieure et externe du nerf optique et le muscle droit inférieur de l’œil , et bientôt se divise en trois rameaux. 1® L’un , interne , se rend obliquement dans le muscle droit interne de l’œil, et s’y perd ; 2" un autre, moyen, plus court et moins volumineux que le précédent, se dirige en avant, et s’épanouit dans le muscle droit inférieur; 3° le troisième , externe , fournit dès son origine un filet qui remonte en dehors du nerf
(i) Secundum par-, Galien, Vesal, Fallop., Columb. — Oculi motorii seu nervi tei-tii paris; WilHs. — Tertice conjugalionis nervi; Vieussens. — JYerf oculo-musculaire commun; Cbauss.
PI. iSo.fig.G,
PJ. »32.
PI. ij4.bg. J.
Pl.i78,fig.i.
PI. ijj,fig.5,
PI. I j8, ûs. I.
PI. i77,l)g.5.
PI. 178, fig. t.
PI. i77,bg.e.
PI. 178, fig. I.
MANUEL
optique pour s’unir à la partie postérieure du ganglion ophthalmique ; il passe ensuite entre les muscles droits inférieur et externe de l’œil , glisse sous le globe de l’œil, et s’enfonce presque à angle droit dans le muscle oblique inférieur de cet organe.
4* Des nerfs pathétiques , ou de la quatrième paire (').
PI. i32.
Pl,i7bCg. I.
Pl.i77,fig.4.
PI. i78,fig. TJ PI. 182.
Ces nerfs sont les plus petits de ceux que fournit l’encéphale. Leur origine a lieu audessous des tubercules quadrijumeaux inférieurs , sur les parties latérales de la valvule de Vieussens. Leurs racines varient en nombre depuis une jusqu’à quatre ou cinq. Quelquefois celles d’un des nerfs sont unies à celles de l’autre par un fdament blanchâtre et transversal ; elles sont très-molles et faciles à rompre.
Le cordon qui en provient est très-mince, arrondi. Il descend en dehors et en avant, se contourne sur le pédoncule antérieur de la protubérance cérébrale , passe sous l’arachnoïde , le long de la circonférence interne de la tente du cervelet , et , parvenu à l’apophyse clinoïde antérieure , s’engage dans un canal formé par la dure-mère et séparé du sinus caverneux par une lame fibro -celluleuse. 11 est d’abord horizontal, et placé audessous du nerf moteur-commun et au-dessus de la branche ophthalmique. Près de la fente sphénoïdale , il change de direction , remonte au-dessus du nerf moteur-commun , avec la branche ophthalmique, après quoi il traverse la dure-mère , et entre dans l’orbite par la partie la plus large de la fente sphénoïdale. Arrivé dans cette cavité , il se porte en avant, passe au-dessus des muscles droit supérieur de l’œil et releveur de la paupière, et pénètre dans la partie moyenne du muscle grand oblique, où il se perd entièrement.
5® Des nerfs trifaciaux , ou de la cinquième paire (■*).
Pl.iSi. Ce nerf tire son origine de l’extrémité supérieure de la moelle épinière, entre l’émi-
nence olivaire et le corps restiforme ; il commence par un faisceau de fibres blanehes qui remonte en dehors dans l’épaisseur de la protubérance cérébrale, reçoit dans ce trajet de nouvelles fibres blanches, et paraît dès lors divisé en trois branches. Arrivé à la partie externe et inférieure des prolongemcns postérieurs de la protubérance, près du bord externe de cette dernière , il abandonne l’encéphale pour former un cordon très- volumineux, aplati, composé d’un grand nombre de filets distincts, parallèles, et enveloppés chacun d’un névrilème particulier.
Les filets nerveux du centre du cordon reçoivent leur névrilème plus tard que ceux de la circonférence : aussi , quand on détache ces filets , ils se rompent à des distances inégales , et on trouve sur l’encéphale un mamelon blanchâtre qui semblait caché dans l’intérieur du nerf.
(1) Gracilior radix tertii parti-, Vesal. — Par ôclavum ; Fallop. — IVonum par-, Coliinii). — IServi quarto; conjugationis sire palhetici ; Willis, Vieussens. — JYerJ ociilo muscutoire interne ; Chausss.
(2) Terüum par; Vesal., Fallop., Columb. — Par quintum ; Willis, Vieussens, Meckel, Sœmm., Scarpa. — jy. Trifacial, Chauss.
Ces filets, dont le nombre s’élève de quatre-vingts à cent , sont séparés en deux paquets distincts. L’un, antérieur et interne, est composé de cinq ou six filets plus gros, plus PI. i j7,iîg.6. mous, plus blancs que les autres au-dessous desquels ils sont placés : le second, postérieur et externe, est formé par le reste des filets; il se porte en dehors jusqu’au bord supérieur du rocher , s’engage dans un canal fibreux que lui fournit la dure-mère , et arrive dans la fosse temporale interne , après s’étre élargi et aplati en passant sur le bord supérieur du rocher. Alors ses filets s’écartent les uns des autres sans s’anastomoser ni s’entrelacer, et tous vont se terminer à un renflement gangliforme, semi-lunaire , grisâtre, déprimé. Ce renflement reçoit les filets par sa partie postérieure, qui est concave.
Plat en dessous, légèrement convexe en dessus, il repose sur la base du crâne, adhère pi.i3o.fig. 2, très-fortement à la dure-mère , et se trouve formé d’un réseau de fibres inextricable.
Du bord antérieur et convexe de cette espèce de ganglion plexiforme, on voit naître Pl.i78.f;g. 1. trois troncs nerveux fort considérables, lesquels se dirigent en avant en divergeant; savoir : 1° le nerf ophthalmique , qui est le plus interne , moins volumineux que les deux autres, et situé le long de la paroi externe du sinus caverneux; 2° le nerf maxillaire pi, 182. supérieur : moyen pour sa position et son volume, il sort par le trou grand rond du sphénoïde ; 3® le nerf maxillaire inférieur , le plus volumineux et le plus externe de ces trois trous, sort par le trou ovale du même os.
Le faisceau du nerf, qui est formé de cinq ou six filets blancs distincts, ne fait pas PI. ijjjfig.fi, partie du ganglion; il passe simplement dessous pour aller s’unir au nerf maxillaire inférieur.
A. Du nerf ophthalmique.
Moins volumineuse et plus élevée que les deux autres branches fournies par le nerf PI. i7^,fig.ï, trifacial, la branche ophthalmique se porte en avant, en dedans et en haut, au-dessous de la dure-mère , le long de la paroi e xterne du sinus caverneux , dont elle est séparée par des lames de tissu cellulaire. Elle est d’abord située au-dessous du nerf moteur oculaire commun, et passe ensuite au-dessus et en dedans de lui. Elle reçoit un filet du ganglion cervical supérieur, et pénètre dans l’orbite par la fente sphénoïdale, après s’étre divisée en trois rameaux qui percent chacun isolément la dure-mère. De ces rameaux, l’un est pj. jj^j. externe , c’est le nerf lacrymal; le second est supérieur moyen , c’est le nerf frontal ; le troisième est interne, c’est le nerf nasal,
1° Nerf lacrymal. Plus petit que les deux autres branches du nerf ophthalmique, il se PI. i69,fig. i. sépare de ce dernier à l’endroit où il remonte au-dessus du nerf moteur oculaire commun ; il s’introduit dans un canal fibreux de la dure-mère, s’avance au dehors , se dirige le long de la paroi externe de l’orbite , entre le périoste et le muscle droit interne , et se termine à la glande lacrymale et à la paupière supérieure .
Dans ce trajet, il donne 1® un filet postérieur qui s’anastomose avec un filet de nerf maxillaire supérieur vers l’extrémité antérieure de la fente sphéno-orbi taire ; 2® un filet antérieur qui traverse un trou de l’os de la pommette , et s’anastomose sur la joue avec un filet du nerf facial.
MANUEL
PI. 177, (ig. /j
P!. 178, «g. 1 Pl.179.f1g. I
PI. i8a.
PI. i8a.
Pl.i78,fig. I PI, 179'fii?- '
Arrivé à la glande lacrymale , le nerf du même nom se glisse à sa face interne, et lui donne cinq à six filets qui la pénètrent et se perdent dans son tissu.
Le rameau lui-même étant parvenu au-delà de la glande se dirige en dedans , derrière l’aponévrose du muscle relcveur de la paupière, et se termine par un grand nombre de fdets à cette paupière elle-même.
2“ N erf frontal . C’est la plus volumineuse des trois In aiiches du nerf ophthalmique. Il se sépare du tronc commun plus tard que le précédent , entre dans l’orbite entre le périoste et l’extrémité postérieure du muscle droit supérieur de l’œil, s’avance obliquement en dehors, et, passant au-dessus du muscle relevcur de la paupière supérieure, il se divise en deux rameaux, l’un interne plus petit, l’autre externe plus gros.
Rameau frontal interne. Il se por te en dedans vers la partie cartilagineuse du muscle grand oblique de l’œil , donne un filet qui s’anastomose avec un fdet du nerf nasal , et plusieurs autres qui se dirigent en dehors dans l’épaisseur de la paupière supérieure, pour s’anastomoser par arcades avec ceu.x qui terminent le nerf lacrymal. Quelques-uns de ces filets se perdent dans les muscles sourcilier et frontal ; l’un d’eux traverse une petite ouverture du coronal , et va se distribuer à la membrane du sinus frontal.
Le rameau frontal interne ayant donné ces ramifications, sort de l’orbite entre la poulie cartilagineuse du grand oblique et le trou orbitaire supérieur, se réfléchit de bas en haut , monte derrière les muscles frontal et sourcilier, leur fournit des rarauscules, et se perd par des filets très-déliés dans le tissu cellulaire sous-cutané vers le sommet de la tête.
Le rameau frontal externe se dirige directement en avant , et traverse le trou orbitaire supérieur; presque aussitôt il donne un filet qui se dirige en dehors, se divise dans la paupière supérieure , s’anastomose avec ceux du nerf facial , et remonte derrière le muscle sourcilier. Un autre filet s’en isole pour gagner transversalement la racine du nez , et s unir à un filet du nerf frontal interne.
Dans l’intérieur du trou orbitaire supérieur, le nerf lui-même se divise en deux ramifications qui se réfléchissent sur le front, derrière le muscle sourcilier, et se divisent en un grand nombre de filets, les uns profonds et les autres superficiels. Les premiers se perdent dans les muscles sourcilier, frontal, et dans la peau du front; les seconds, beaucoup plus longs, se portent sur le sommet de la tête jusque vci’s l’occiput, s’anastomosent en dedans avec ceux du côté opposé , en dehors avec ceux du nerf facial , et eu arrière avec ceux des premiers nerfs cervicaux ; ils percent l’aponévrose pour devenir superficiels , et leurs dernières ramifications paraissent se porter dans les bulbes des cheveux.
3° Nerf nasal. Moyen pour le volume entre les deux rameaux précédons , le nerf nasal pénètre dans l’orbite entre les deux attaches postérieures du muscle droit interne de l’œil. De là il s’avance obliquement en dedans et un peu en bas, glisse entre le nerf optique et le muscle droit supérieur de l’œil, se rapproche de la paroi interne de l’orbite, et se partage en deux rameaux secondaires. En entrant dans l’orbite, il donne un filet grêle , qui passe en dessous du nerf optique , et va se terminer à la partie postérieure et supérieure du ganglion ophthalmique, après avoir communiqué par un petit rameau avec la branche supérieure du nerf moteur oculaire commun. En passant audessus du nerf optique , le nerf nasal fournit deux ou trois filets ciliaires au globe de l’œil.
Des deux rameaux par lesquels se termine le nerf nasal , l’un est interne et postérieur : PI. i.
il pénètre dans les fosses nasales ; l’autre est antérieur et externe : il se distribue au dehors ’•
de l’orbite.
Rajneaii nasal interne. Après s’ètre isolé du rameau nasal externe, il s’introduit dans le PI. iSi.lî". !. trou orbitaire interne et antérieur, se dirige en dedans et en haut dans le canal osseux qui succède à ce trou, en sort pour entrer dans le crâne, et glisser sous la dure-mère jusque sur les côtés de l’apophyse crista-galli. Là il pénètre dans la petite fente qu’on observe à la partie antérieure des gouttières cthmoïdales , et parvient à la voûte des fosses nasales où il se divise en deux filets , l’un interne et l’autre externe.
Le premier descend sur la partie antérieure de la cloison, entre les deux feuillets de PI. la membrane pituitaire, et bientôt se divise en deux autres filets: l’un très -mince, nommé naso-lobaire , descend sur la face postérieure de l’os du nez correspondant, et sort ensuite entre le bord inférieur de cet os et le cartilage latéral voisin, pour se ramifier dans les tégumens du lobe. L’autre, un peu plus gros, descend sur la membrane pituitaire au niveau du rebord de la cloison , et se termine près de sa base en se subdivisant.
Le second donne, près de son origine, 7jn filet qui s’engage dans un canal osseux P). 177,(1^ i , creusé derrière l’os propre du nez, et traverse cet os pour se términer dans la peau ; PPiS'd's -• ensuite il fournit deux ou trois autres filets qui descendent à la partie antérieure de la paroi externe des fosses nasales jusqu’au cornet inférieur.
Rameau, nasal externe, 11 continue de marcher dans la direction primitive de la branche PI. 182. qui le fournit, le long de la paroi interne de l’orbite, et arrivé au-dessous de la poulie cartilagineuse du muscle grand oblique , il s’anastomose avec un filet du nerf frontal interne , sort de l’orbite et se divise en plusieurs filets qui se distribuent : 1° à la paupière supérieure, où ils s’unissent avec des filets du nerf frontal interne ; 2“ à la paupière inférieure, où ils se joignent à ceux des nerfs sous-orbitaire et facial; 3° à la caroncule lacrymale, au sac du même nom , à la conjonctive, au dos du nez, au muscle pyramidal et à la peau.
B. Du nerf maxillaire supérieur.
Plus volumineux que l’ophthalmlque , ce nerf naît de la partie moyenne du renflement PI. 179, fig i. du nerf trifacial, se dirige en avant et un peu en dehors, se rétrécit, et sort du crâne, par le trou grand rond du sphénoïde, pour s’introduire dans la fosse sphéno-maxillaire ; il traverse cette fosse horizontalement, s’introduit dans le canal sous-orbitaire , le parcourt, et en sort pour se distribuer à la joue. Nous allons étudier les rameaux qui nais- Pi. 182. sent successivement de ce nerf, depuis son passage à travers le trou grand rond du sphénoïde jusqu’à sa terminaison.
Rameau orbitaire. 11 naît de la branche maxillaire supérieure à l’instant où elle traverse pj jg.^ le trou grand rond; de là il se porte en avant et en haut, pénètre dans l’orbite par la fente sphéno-orbitaire, et se divise en deux filets : l’un malaire, anastomosé d’abord avec le lacrymal, s’introduit dans le conduit de l’os de la pommette, en sort au niveau de la joue , se distribue au muscle palpébral , à la peau , et s’anastomose avec le nerf facial.
Texte. 42
MANUEL
PI. 1 ’-ji.j, fig. I PI. >8., «g. 2 PI. 182.
L’autre filet, nommé (empornl, traverse la portion orbitaire de l’os malaire, pénètre dans la fosse temporale, et s’anastomose avec les filets temporau.'c du nerf maxillaire inférieur; il remonte ensuite en dehors et en arrière , traverse l’aponévrose temporale , devient sous-cutané, communique avec les filets superficiels du nerf facial, et se perd dans les tégumens des tempes.
Le nerf maxillaire supérieur, en traversant la fosse pterygo-maxiilaire, fournit deux ou trois rameaux qui descendent en dedans , et se continuent avec un renflement ner- . veux qu’on appelle le ganglion de Meckcl, ou sphéno-palalin. Ce ganglion , d’une forme ■ très-irrégulière, variable pour le volume et même peur l’existence, est placé en dehors du trou sphéno-palatin ; il fournit des rameaux qu’on a distingués en internes, en inférieurs et en postérieur.
PI.181, lig. 2. A. Hameaux internes ou sphcno-palatins. Nés de la partie interne du ganglion, ils se dirigent en dedans et s’introduisent en nombre variable dans les fosses nasales par le trou sphéno-palatin. Ils se distribuent à la cloison ou à la paroi externe de ces cavités de la manière suivante : 1° deux ou trois filets se portent d’abord dans la membrane pituitaire, à la face concave du cornet supérieur, et se perdent dans le méat correspondant, près de l’ouverture des cellules etbmoïdalcs postérieures ; 2° d’autres rameaux très-courts vont au cornet moyen, et le parcourent jusque vers son extrémité antérieure; 3“ quelques-uns SC réunissent en un seul , et se recourbent au-devant du sinus sphénoïdal pour se répandre à la partie postérieure de la cloison ; 4° un rameau plus considérable que les rt- i8i,fîg. I. précédons, nommé naso - palatin , se recourbe d’abord au«devant du sinus sphénoïdal, traverse la voûte des fosses nasales , et se porte sur la cloison entre les deux feuillets de la membrane pituitaire ; il descend obliquement en avant le long de cette cloison , et parvient à l’ouverture supérieure du canal palatin antérieur.. Là il s’engage dans un conduit qui lui est propre, et, parvenu au milieu du canal palatin antérieur, il vient se terminer au ganglion naso-palatin. Ce dernier organe, que mon frère a le premier fait connaître, est un renflement fongiforme, rougeâtre, d’une forme ovoïde, dont la grosse extrémité, dirigée en haut, reçoit les deux rameaux naso -palatins , tandis que la petite donne eu bas deux ou trois filets, lesquels parviennent à la voûte palatine et s’anastomosent avec des filets du grand nerf palatin.
B. Hameaux inférieurs ou nerfs p>alatins. Ils naissent de la partie inférieure du ganglion sphéno-palatin, et sont au nombre de trois, un grand et deux petits.
Le grand nerf palatin est situé au-devant des deux autres. Il pénètre dans le canal palatin postérieur, après avoir donné un filet qui s’introduit dans les fosses nasales, entre les cornets moyen et inférieur, et se distribue au bord libre du cornet moyen , à sa face concave, et à la face convexe du cornet inférieur.
Le grand nerf palatin descend ensuite dans son conduit, et avant d’en sortir il envoie, à travers la portion verticale de l’os palatin , une petite ramification qui se porte horizontalement le long du bord du cornet inférieur, et se perd sur l’apophyse montante de l’os maxillaire supérieur. Au même endroit, le nerf palatin transmet, par l’un des conduits accessoires , un filet qui va se distribuer au voile du palais ; puis il sort de son canal , se porte en avant sous la voûte du palais, et se partage en plusieurs filets. Les externes , plus volumineux, suivent le bord interne de l’arcade alvéolaire supérieure, et se distribuent
Pi.i77,ng.i.
l’I. i79,fig. I.
PI. l8l.fig.2.
D’ANATOMIE DESCRIPTIVE
aux gencives. Les internes s’épanouissent sur le milieu de la voûte , et donnent des fdets aux follicules muqueux de cette partie. Quelques-uns vont s’anastomoser avec les fdets inférieurs du ganglion sphéno-palatin.
Le 7ierf palatin moijen, né en arrière du précédent, descend le long de la partie postérieure de la fente ptérygo-maxillaii’e , et s’engage dans un conduit osseux particulier, d’où il sort pour se diviser en deux filets, dont l’un se termine par quatre on cinq ramifications à l’amygdale et au voile du palais, tandis que l’autre se perd entièrement dans cette dernière partie.
Le petit nerf palatin , placé en arrière du précédent, descend entre le muscle ptérygoïdien externe et l’os maxillaire supérieur, et se partage en deux filets , dont l’un va à la luette et l’autre à l’amygdale et aux follicules muqueux du voile du palais.
C. Rameau postérieur ou nerf vidien. En se séparant du ganglion sphéno-palatin , ce nerf se porte horizontalement en arrière , envoie des filets à la membrane du sinus sphénoïdal, s’engage dans le conduit vidien, et le parcourt en donnant, à travers ses parois, des ramifications à la partie supérieure et postérieure de la cloison des fosses nasales , à la membrane du pharynx et à l’orifice de la trompe d’Eustachi. En sortant de son canal, le nerf vidien traverse le fihro-carlilage qui ferme le trou déchiré antérieur, et se sépare en deux rameaux , l’un supérieur, l’autre inférieur.
Le rameau infét'ieur ou carotidien s’introduit dans le canal carotidien en se collant contre les parois de l’artère qui le parcourt, et s’anastomose avec les filets que le ganglion cervical supérieur envoie au nerf moteur oculaire externe et au ganglion caverneux.
Le rameau supérieur ou crânien , après s’être séparé du nerf vidien , rentre dans le crâne entre le rocher et le sphénoïde ; de là il se porte en arrière et en dehors sur la face supérieure du premier, où il est logé dans un sillon , et il pénètre par X hiatus Fallopii dans l’aqueduc de Fallope, où il s’applique contre le tronc du nerf facial. 11 descend alors avec ce nerf jusqu’au niveau de la base de la pyramide du tympan , et pénètre dans cette dernière cavité par une petite ouverture spéciale. Après avoir envoyé un filet qui s’anastomose avec un autre filet du plexus carotidien interne, il traverse le tympan d’arrière *en avant, placé d’abord sous l’cnclume , puis entre sa longue branche et le manche du marteau sur lequel il est immédiatement appliqué. Il sort ensuite par la scissure glénoïdale , se dirige embas , en dedans et en avant , et vient s’accoler au nerf lingual du maxillaire inférieur. Ce filet nerveux porte le nom de corde du tijmpan depuis son entrée dans le tympan jusqu’à l’endroit où il se joint à la branche linguale. Quelques anatomistes pensent qu’il reste uni à ce dernier nerf jusqu’au niveau de la glande sous-maxillaire, où il s’en séparerait pour se jeter dans le ganglion sous-maxillaire.
Après avoir donné les rameaux qui forment le ganglion sphéno-palatin, la branche maxillaire supérieure du nerf trifacial s’avance horizontalement jusqu’à la fente sphénomaxillaire, et s’introduit dans le canal sous-orbitaire; mais avant d'y entrer elle donne les
Nerfs dentaires postérieurs. Après s’étre séparés de la branche maxillaire supérieui’e, ces nerfs, au nombre de deux ou trois, descendent sur la tubérosité maxillaire, et s’introduisent dans les canaux osseux qu’elle leur offre. Ces rameaux se divisent en plusieurs filets qui pénètrent dans le fond des alvéoles des quatre dernières dents molaires, et s’introduisent dans la cavité de chacune de ces dents par les trous de leurs racines. Un
PJ. 182, fig. 2.