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DES POUMONS, ET DE LEURS DÉPENDANCES

1° Des poumons.

Les poumons sont deux organes spongieux , dans lesquels se passent les phénomènes PI. aoS, chimiques de la respiration. Essentiellement vasculaires , d’une forme conoïde , ils sont ’’ contenus dans le thorax, et recouverts par les plèvres. Ils sont séparés l’un de l’autre par les médiastins et le cœur, mais ils sont liés entre eux par les bronches et les vaisseaux pulmonaires.

Le volume des poumons est toujours en rapport avec la capacité de la cavité de la poitrine; sans cesse en contact avec ses parois, ils en suivent tous les mouvemens , se dilatent et se resserrent avec elles : aussi n’existe-t-il aucun vide dans l’intérieur du thorax.

Le poumon droit est plus volumineux et plus large que le gauche, qui est un peu plus PI. 2o5. allongé. Cette disposition paraît dépendre de la saillie considérable du foie vers la poitrine à droite, et de la déviation du cœur à gauche.

La couleur des poumons varie aux différens âges. Chez l’adulte , et dans l’état sain , elle est d’un fauve pâle , tirant sur le blanc ou le gris , interrompue par de petites taches linéaires, d’un bleu violacé plus ou moins foncé, et qui sont irrégulièrement disséminées.

Dans l’enfance ils sont d’un rose pâle, et les taches violacées dont leur surface est marbrée sont moins larges , moins nombreuses et moins foncées.

Les poumons sont les organes les moins denses de l’économie. Leur poids, abstraction faite des maladies dent ils peuvent être affectés, est, terme moyen, la trente-cinquième partie du poids du corps.

Les poumons ont la forme d’un cône irrégulier , aplati et concave en dedans , et dont la base repose sur le diaphragme, tandis que le sommet correspond au cul-de-sac supérieur des plèvres. Leur face externe , recouverte par la plèvre, est en contact dans toute PI, 260 son étendue avec les parois du thorax , auxquelles elle n’adhère pas dans l’état sain. Sur

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l’un et l’autre poumon elle est parcourue , clans toute son étendne , par une scissure profonde , oblique de haut en bas et d’arrière en avant , c|ui divise l’organe en deux lobes, l’un supérieur plus petit, l’autre inferieur plus grand. Mais le lobe supérieur du poumon droit est divisé en deux portions par une scissure secondaire , dirigée en sens opposé à la précédente, et dont l’étendue ainsi que la profondeur varient beaucoup. On voit que le lobe moyen , ou le troisième lobe du poumon droit , n’est qu’un appendice du lobe supél'I. 2o5, 207. rieur. La face interne des poumons répond aux médiastins et au péricarde. Elle est concave, et cette concavité est plus prononcée sur le poumon gauche, pour s’accommodera la saillie considérable du cœur dans cette région de la poitrine. Sa partie movenne livi'e passage aux bronches et aux vaisseaux pulmonaires. l'J 207. Les deux faces du poumon, en se réunissant eu avant, forment un bord mince, irré-

gulier, angulaire, oblic|ue , cjui, dans le poumon gauehe , présente inférieurement une échancrure , laquelle reçoit la pointe du cœur. En arrière , il résulte de cette réunion des faces un bord épais et arrondi, qui est reçu dans l’angle rentrant formé parles côtes et la colonne vertébrale.

ri. 2d5. La base des poumons est concave, et appuie sur la convexité du diaphragme. Elle est

circonscrite par un bord tranchant , onduleux , qui descend entre le diaphragme et les parois thoraciques pendant l’inspiration.

Leur sommet , arrondi, bosselé, monte au niveau de la première côte, et quelquefois un peu au-dessus chez les personnes dont la poitrine est rétrécie.

Les poumons sont formés par des lobules qui sont composés de canaux bronchiques et de vésicules pulmonaires, de vaisseaux sanguins et lymphatiques, de nerfs et de tissu cellulaire.

2® De la trachée-artère et des bronches , ou des conduits aériferes des poumons.

PJ. 2o5 , 206, fî". 1, 2.

PI 21 I, fg. I .

P).2II,f!g.I,

La trachée-artère est située au-devant de la colonne vertébrale , et s’étend de la partie inférieure du larynx , qui la surmonte , à la sfeconde ou à la troisième vertèbre dorsale. Elle a la forme d’un cylindre aplati en arrière, et dont le diamètre varie de huit à dix lignes. Elle est recouverte de haut en bas par le corps thyroïde , les veines thyroïdiennes inférieures, les muscles sterno-hyoïdiens et thyroïdiens, dont elle est séparée par du tissu cellulaire très-làche, par le thymus, la veine sous-clavière gauche, le tronc brachio-céphalique et la crosse de l’aorte. Elle est eouchée supérieurement sur l’œsophage, et inférieurement sur le corps des vertèbres. Elle est en rapport de chaque côté avec les artères carotide.s primitives, les veines jugulaires internes, les nerfs pneumo-gastrique et grand sympathique.

extrémité supérieure de la trachée-artère est unie au bord inférieur du cartilage cricoïde au moyen d’une membrane fibreuse.

Son extrémité inférieure se divise en deux tuyaux cylindriques plus petits, qu’on appelle bronches. Les bronches, distinguées en droite et en gauehe, descendent en s’écartant l’une de l’autre , presque à angle droit, et pénètrent chacune dans le poumon correspondant , au niveau de la quatrième vertèbre dorsale. La bronche droite , embrassée par la courbure de la veine azygos et par l’arcade de l’artère pulmonaire droite , est plus volumi-

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neuse , plus courie , et marche plus horizontalement que la gauche : celle-ci est embrassée par l’aorte et l’artère pulmonaire gauche. Parvenues dans les poumons , les bronches se partagent en deux et quelquefois trois branches. Destinée à l’un des lobes pulmonaires , chacune de ces branches , dans son trajet a travers ce lobe qu’elle parcourt , donne naissance à un plus ou moins grand nombre de rameaux , d autant plus petits qu elle-meme a diminué davantage de volume. Ceux-ci, en se dirigeant dans tous les sens, se divisent à leur tour , et se subdivisent plusieurs fois ; et les vésicules pulmonaires , d après Reisseisen , ne sont autre chose que les extrémités arrondies des derniers ramuscules bronchiques réduits à une très-grande ténuité. Cet anatomiste compare ces extrémités globulaires à celles d’un chou-fleur.

Les conduits aérifères des poumons sont composés de cerceaux fibro-cartilagineux , de membranes, de vaisseaux sanguins et lymphatiques, de ganglions lymphatiques, de glandes mucipares et de nerfs.

Les cerceaux Jibro-carlilagineux sont des anneaux Incomplets, Interrompus dans leur tiers postérieur. Au nombre de seize à vingt à la trachée-artère , ils sont places horizontalement les uns au-dessus des autres, et séparés par des intervalles membraneux. Leur face externe est recouverte par la membrane fibreuse de la trachée ; leur face interne est tapissée par la membrane muqueuse. Leurs bords donnent attache à la membrane fibreuse qui les sépare. Il n’est pas rare de voir des cerceaux de la trachée-artère se réunir entre eux. Le premier est assez large , et se confond quelquefois avec le cartilage cricoïde : le dernier , beaucoup plus large encore, est triangulaire, et sa partie moyenne se prolonge en bas en forme de pointe, pour s’accommoder aux deux premiers anneaux des bronches, avec lesquelles il se trouve en rapport.

Les cerceaux des bronches ne diffèrent des précédons qu’en ce qu’ils sont plus petits , et quelques-uns formés de plusieurs pièces. Mais dans les divisions bronchiques on ne trouve plus que des plaques , puis des grains cartilagineux irréguliers , de forme variable, qui diminuent peu à peu de volume, et disparaissent enfin tout-à-fait dans les ramuscules qui n’offrent plus qu’une demi-ligne de diamètre, ainsi que l’a constaté Sœmmerriug. On les observe surtout aux ramifications des bronches et des rameaux bronchiques, à l’affaissement desquels ils s’opposent efficacement.

La membrane fibreuse des conduits aérifères des poumons s’attache à la circonférence inférieure du cartilage cricoïde. Elle s’amincit de plus en plus à mesure qu’elle s’enfonce dans les poumons, et, suivant Reisseisen, elle finit avec les grains cartilagineux dont nous avons parlé. Elle est interrompue en avant par les fibro-cartilages , qui paraissent développés dans son épaisseur, et au-devant desquels elle envoie des fibres peu abondantes. En arrière elle est aplatie, et l’on voit sur sa face extérieure un grand nombre de granulations rougeâtres, qui ne sont autre chose que des glandes mucipares , dont les conduits excréteurs viennent s’ouvrir à la surface de la membrane muqueuse. En dedans la membrane fibreuse est appliquée antérieurement, et dans l’intervalle des fibro-cartilages , sur la membrane muqueuse ; postérieurement elle est en contact immédiat avec une couche de fibres musculaires transversales, qui s’attachent aux extrémités des cerceaux cartilagineux, et complètent le canal formé par eux. Cette couche musculeuse joue, suivant Reisseisen , un grand rôle dans les fonctions des conduits aérifères. A mesure que les cerceaux carti-

PJ.

P! 211, lig. I, 3,

PI. 21 I,Gg. 1.

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PI. 212 , fig.

lagineux des bronches diminuent d’étendue et se déforment, ces fibres deviennent de plus en plus circulaires. Pveisseisen les a suivies très-loin , et il pense que cette couche se jn-olonge jusiju’aux extrémités des rameaux bronchiques , quoique l’œil, même armé de fortes loupes , ne puisse plus les y apercevoir.

A l'intérieur de cette couche musculeuse on trouve un plan de fibres longitudinales , assez apparentes à travers la membrane muqueuse et dans toute son étendue , mais surtout à la face postérieure de la trachée , et vers sa division. Ces fibres, décrites et représentées d’abord par Mnrgagni, ont été étudiées avec un très-grand soin par Reisseisen , et dessinées dans son bel ouvrage. 11 les compare au tissu de l’utérus, ou à la tunique propre des artères. Elles se prolongent jusque sur les derniers ramuscules bronehiques ? et ce sont elles qui donnent au poumon l’élasticité dont il jouit, même après la mort.

Enfin une membrane muqueuse continue à celle du larynx, et qui se prolonge jusque dans les vésicules pulmonaires, revêt la face interne des canaux aérifères des poumons, et toutes les parties que nous avons successivement examinées. Mince et rougeâtre , clic présente en arrière des rides très-prononcées qui dessinent le trajet des fibres longitudinales placées au-dessous d’elle : elle est criblée par les ouvertures des canaux excréteurs des glandes trachéales. Son organisation ne diffère pas de celle des autres membranes muqueuses. On n’est pas d’accord sur l’existence de l’épithélion h sa surface interne.

La bifurcation de la trachée-artère et les bronches sont recouvertes d’un assez grand nombre de corps plus ou moins volumineux, et de forme variable, qu’on glandes

bronchiques. Ces glandes sont d’une couleur noire chez l’adulte, et d’un tissu assez mou. Plusieurs anatomistes ont prétendu avoir vu leurs conduits excréteurs; mais la plupart en nient l’existence , et considèrent ces corps comme des ganglions lymphatiques.

La trachée-artère reçoit de nombreux vaisseaux qui viennent des artères thyroïdiennes supérieures et inférieures ; les nerfs lui sont fournis par le pneumo-gastrique.

Les nerfs des poumons proviennent directement du nerf vague ou des plexus pulmonaires. Les uns, superficiels , entourent le poumon, et se distribuent au tissu cellulaire inter-lobaire et sous-pleural.- D’autres suivent le trajet de l’artère pulmonaire et de ses divisions , et se terminent dans les parois de ces vaisseaux , dans celles des artères bronchicjues, des bronches, et dans le tissu cellulaire inter-lobulaire. Le plus grand nombre enfin accompagne l’artère bronchique , et se porte avec elle sur les parois des bronches , où ils forment des réseaux fort élégans, que Sœmmerring a suivis jusqu’aux ramifications bronchiques d’une demi-ligne de diamèti’e.

Les vaisseaux sanguins des poumons sont l’artère pulmonaire, l’artère bronchique et les veines correspondantes.

L’artère bronchique se divise en rameaux superficiels et profonds. Les rameaux superficiels se dirigent vers la face externe du poumon , et s’y terminent en un réseau capillaire très-serré. Les rameaux profonds suivent le trajet des bronches, envoient des ramifications au tissu cellulaire interlobulaire , et s’épanouissent en vaisseaux capillaires dans l’épaisseur de la membrane muqueuse des conduits aérifères.

Les divisions de l’artère pulmonaire accompagnent également les rameaux des bronches; elles donnent à chaque vésicule pulmonaire une ramification qui se divise à sa surface en un réseau capillaire très-délié; elles en jettent d’autres dans les intervalles interlobû-

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laii'es , et en. envoient à la surface externe des poumons , pour s’anastomoser avec les rameaux profonds et superficiels de l’artère bronchicjue.

Les dernières ramifications de l’artère pulmonaire donnent naissance aux radicules des veines.dll même nom. Ces veines augmentent successivement de volume, marchent à côté et au-dessous des artères correspondantes, communiquent assez fréquemment avec les veines bronchiques, et se réunissent enfin dans chaque poumon , en deux gros troncs.

Les vaisseaux lymphatiques des poumons sont extrêmement nombreux. Les uns , super- Ji ciels , sont placés sous la plèvre , et surtout dans les scissures interlobaires ; les autres , profonds, accompagnent les canaux vasculaires et aérifères , derrière lesquels ils sont placés : de fréquentes anastomoses ont lieu entre les uns et les autres.

Je viens de décrire tous les élémens du tissu pulmonaire , si j’en excepte le tissu cellu- pi. 207. laire. Celui-ci sépare et unit tout à la fois les bronches et les vésicules , les vaisseaux sanguins et lymphatiques, et les nerfs : il forme avec ces diverses parties, en les entourant d’une espèce de membrane , ce que l’on nomme des lobules palmonctires. Ces lobules ont des formes très-variables. Séparés les uns des autres par celle couche celluleuse que l’on aperçoit très-bien en déchirant un poumon après l’avoir soumis à la coction , iis ne communiquent entre eux qu’au niveau de l’embranchement des canaux aérifères et sanguins. Les poumons sont entièrement formés par la réunion d’un grand nombre de ces lobules.

3“ Des plèvres.

Les plèvres sont dei^x membranes séreuses qui représentent deux sacs sans ouverture , PI. io5, 207. comme toutes les membranes du même ordre , et revêtent d’une part la face interne de la poitrine , et de l’autre la face externe des poumons et du péricarde. Si l’on suppose les plèvres commençant vis-à-vis les apophyses transverses des vertèbres dorsales , on peut ainsi suivre leur trajet. Après avoir recouvert les ganglions nerveux du thorax , les articulations costo-vertébrales, elles se portent sur les parties latérales du corps des vertèbres.

Là elles se rapprochent l’une de l’aulre , mais elles laissent entre elles un espace quadrilatère , appelé médiastin postérieur , qui loge l’aorte , l’œsophage , la veine azygos , le canal PI. ao5, 207. thoracique, les canaux aérifères des poumons, un grand nombre de ganglions lymphatiques , et beaucoup de tissu cellidTire. Le médiastin postérieur est parallèle à la colonne vertébrale.

En se dirigeant en avant, presque contiguës l’une à l’autre, les plèvres gagnent bientôt les faces latérales du péricarde : elles en recouvrent une petite étendue, se portent sur la face postérieure des vaisseaux pulmonaires, et de là sur les poumons eux-mêmes. Elles tapissent successivement toute la surface de ces organes, pénètrent dans leurs scissures , pj recouvrent leur face interne, la partie antérieure des vaisseaux pulmonaires , et regagnent les faces latérales du péricarde. Parvenues à la partie antérieure de cc dernier, les plèvres SC rapprochent de nouveau en se dirigeant vers la face postérieure du sternum , mais elles ne se réunissent pas , et il reste entre elles , dans ce trajet du péricarde au sternum , un intervalle nommé médiastin antérieur. Le médiastin antérieur , oblique de haut en bas

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ri. 2o5.

et de droite à gauche , très-étroit à sa partie moyenne, représente assez bien un X dont les branches inférieures seraient beaucoup plus longues que les supérieures. Il est rempli inférieurement par du tissu cellulaire graisseux , qui communique avec celui de l’abdomen à travers le diapfiragme. Il loge le thymus dans sa partie supérieure. — Des parties latérales du sternum , les plèvres se portent sur les cartilages costaux et sur les cotes ; elles revêtent les muscles, les vaisseaux et les nerfs intercostaux, et après avoir formé supérieurement un cul-de-sac au niveau de la première côte, et s’être prolongées en bas

sur le diaphragme, elles viennent se terminer au point d'où nous les avons supposé partir.

Les plèvres adhèrent beaucoup plus aux parois du thorax et au péricarde qu’aux poumons. Elles sont unies à ces diverses parties au moyen d’une couche de tissu cellulaire assez épaisse au niveau des espaces intercostaux , mais très-mince sur les poumons, ainsi que sur le diaphragme.

Dans l’état naturel la surface interne des plèvres, partout en contact avec elle-même, est lisse, polie, libre d’adhérence, et sans cesse lubrifiée par une vapeur séreuse. Elle présente quelquefois sur les côtés du diaphragme des appendices graisseux.

Le tissu cellulaire sous-pleural reçoit beaucoup de ramifications des artères intercostales, thymiques , péricardines , phréniques supérieures, œsophagiennes et bronchiques. Des veines correspondantes accompagnent ces artères. On voit naitre des plèvres un grand nombre de vaisseaux lymphatiques.

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