‹ Manuel d'anatomie descriptive du corps humain [electronic resource] (volume 2)Chapitre 38 sur 217 · DES COTES · texte numérisé non relu

DES COTES

Les côtes sont des os irréguliers , grêles , allongés , et placés les uns au-dessus des autres , pi. 26, 27. pour former les parois latérales de la poitrine : on en compte douze de chaque côté. Elles sont courbées en arc , assez épaisses et arrondies en arrière, minces et aplaties en avant.

On les désigne ordinairement par leur nom numérique en les comptant de haut en bas.

Elles s’articulent toutes en arrière avec la colonne vertébrale ; en avant, les sept supérieures se joignent au sternum, et ont été appelées sternales o\x vraies côtes ; \e?, cinq inférieures ne se prolongent pas jusqu’à cet os, et ont reçu le nom de côtes asternalcs , ahdomi~ nales o\\ fausses côtes. Les deux dernières, à raison de leur mobilité, ont été nommées cotes flottantes.

La longueur des côtes, peu considérable dans la première, augmente de presque la moitié dans la seconde, et ensuite successivement jusqu’à la huitième. A partir de cette dernière , elle va en diminuant jusqu’à la dernière , qui est la plus courte. Leur largeur diminue insensiblement de la première à la dernière ; elle est en générale plus prononcée en avant qu’en arrière. Leur direction varie. La première est horizontale ; les autres sont de plus en plus inclinées, de sorte que leur extrémité postérieure est plus élevée que l’antérieure. La plupart des côtes sont plus courbées en arrière qu’en avant , et torses sur ellesmêmes , de façon que l’une de leurs extrémités est toujours relevée lorsqu’on les place sur un jîlan horizontal. On distingue dans les côtes :

1° he corps ou la partie moyenne; il est mince , aplati, convexe en dehors, concave en àeà&ns. Ss. face externe présente en arrière une éminence nommée la tubérosité, laquelle PI. 25. /ig. 6. s’articule par une facette convexe et lisse qui la surmonte , avec l’apophyse transverse de la vertèbre dorsalè correspondante. Plus en avant on volt une ligne saillante qu’on appelle angle des côtes , et au niveau de laquelle ces os paraissent coudés. Cet angle se trouve pi 29 d’autant plus éloigné de la tubérosité , qu’il appartient à des côtes plus inférieures. En avant de l’angle , la surface externe des côtes et lisse est assez large. La face interne des côtes est Pi, 27 concave, étroite, et recouverte par la plèvre. Leur bord supérieur est mousse et épais ;

Xinfirieur est plus mince et comme tranchant. Il offre en arrière une gouttière qui loge les nerfs elles vaisseaux intercostaux.

2» V.extrémiti postérieure on vertébrale des côtes est articulée avec la colonne vertébrale à l’aide d’une tête légèrement aplatie, ordinairement munie de deux facettes planes. Celles-ci sont séparées l’une de 1 autre par. un angle saiUant , et sont en rapport avec chacune des

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demi-facettes creusées sur le corps des vertèbres dorsales. Cette tête est soutenue par un col allongé, aplati ou arrondi , qui est appuyé en arrière contre l’apophyse transverse de la. vertèbre correspondante.

3® \J extrémité antérieure ou sternale est aplatie , et plus large que la précédente dans les côtes supérieures ; elle est plus mince qu’elle , au contraire , dans les dernières côtes. Elle offre une facette oblongue , concave , qui reçoit le cartilage de prolongement auquel elle est fort adhérente.

PJ. 25. tig. 4.

PI. 25. lig. 5.

PI. 2$ flg. 7-

PI. 25. fîg. 8.

Parmi les côtes , il en est qui présentent des caractères particuliers ; ce sont :

A. La première côte. Elle est horizontale , plus courte et plus large que les autres. face supérieure offre une gouttière sur laquelle passe l’artère sous-clavière ; sa face inférieure, inclinée en dedans , est lisse et sans gouttière ; son bord interne est concave , mince , tranchant ; X externe est arrondi , et présente en arrière la tubérosité. La première côte n’a point d’angle. Sa tête est arrondie, n’offre qu’une seule facette, et se trouve supportée par un col fort étroit. Son extrémité antérieure est plus large que dans les autres côtes.

B. La seconde côte. Elle est beaucoup plus longue que la précédente, et presque horizontale comme elle. Sa face externe est obliquement dirigée en haut , et l’interne en bas. Celleci n’offre en arrière qu’une gouttière à peine marquée ; l’angle est peu prononcé ; la tête a Une double facette.

C. La onzième côte. Elle est courte, peu courbée, sans tubérosité, et par conséquent sans rapports articulaires avec l’apophyse transverse correspondante ; son angle est peu anarqué , placé très-en avant; sa tête est volumineuse, munie d’une seule facette articulaire ; sa face interne n’offre pas de gouttière ; son extrémité antérieure est mince.

D. La douzième côte , encore moins courbée que la précédente, sans tubérosité et sans gouttière , diffère de la onzième en ce qu’elle est plus courte et manque entièrement d’angle. Son extrémité antérieure est allongée en pointe.

Les côtes sont formées à l’extérieur de tissu compacte , et à l’intérieur , de tissu diploïque. Elles se développent d’abord par un point d’ossification ; vers la dix-huitième année il paraît deux autres petits points , l’un pour la tête , et l’autre pour la tubérosité. Ces deux dernières pièces ne tardent point à se confondre avec la portion principale de l’os.

DE LA POITRIXE EN GÉnÉrAL.

Considérée dans son ensemble, la poitrine a la forme d’un cône tronque, aplati d’avant en arrière, dont la base est en bas; elle est symétrique. On la divise en surface externe, surface interne, circonférence supérieure et circonférence inferieure.

La surface externe de la poitrine présente les régions suivantes :

1° Région antérieure rétrécie en haut, large en bas , et plus ou moins saillante, suivant les individus ; elle est un peu oblique en avant et en bas , à l’aison de la légère inclinaison du sternum. Elle présente au milieu la face cutanée du sternum , et 1 appendice xiphoïde ; sur les côtés , les cartilages de prolongement des côtes , d’autant plus longs qu’ils sont plus inférieurs , et bornant en avant les espaces intercostaux. Il résulte de la longueur différente de ces derniers organes , une série de lignes qui , dans chaque côte , indique son union avec

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le cartilage correspondant. Cette série forme une ligne générale oblique en bas et en dehors, et servant à limiter latéralement la région antérieure.

2° Région postérieure plus large en bas qu’en haut , elle présente sur la ligne médiane , p]. 29. la rangée des apophyses épineuses séparant les gouttières vertébrales ; celles-ci, formées par les lames des vertèbres , et bornées en dehors par la série des apophyses transv erses , lesquelles sont articulées avec la tubérosité des côtes : plus en dehors on trouve une suite de surfaces appartenant aux côtes , et comprises entre l’angle et les tubérosités de chacun de ces os. Une ligne oblique en bas et en dehors , formée par la série des angles des côtes , détermine la forme de la région postérieure , qu’elle limite en dehors ; l’obliquité de cette lio-ne dépend de ce que les angles s’éloignent d’autant plus des tubérosités , que les côtes sont plus inférieures.

3° Régions latérales. Elles sont convexes, surtout en arrière; étroites en haut, plus larges en bas , elles sont formées par les côtes et les espaces qui les séparent. Ces espaces , au nombre de onze , ont en général plus de largeur à leur partie antérieure qu’à la postérieure; ils sont obliques comme les côtes ; courts et larges en haut, ils diminuent ensuite de largeur en augmentant de longueur, jusqu’à celui qui existe entre la huitièn\e et la neuvième; alors ils diminuent de nouveau de longueur jusqu’au onzième ou dernier, lequel est très-court.

La surface interne de la poitrine présente aussi quatre réglons ; La région antérieure est légèrement concave , présente la face postérieure du sternum au milieu , et de chaque côté les cartilages costaux. 2“ La région postérieure offre au milieu la saillie du corps des vertèbres dorsales ; cette saillie rétrécit sur la ligne médiane, le diamètre antéro-postérieur de la cavité de la poitrine. De chaque côté on voit une large gouttière, allongée, profonde aa milieu , parallèle à la colonne vertébrale , se trouvant au-devant de l’angle des côtes. 3° Les régions latérales sont concaves , formées par la face interne des côtes et les espaces intercostaux.

La circonférence supérieure de la poitrine ou son sommet, offre une ouverture oblongue transversalement, oblique eii'bas et en avant, formée en arrière par la colonne vertébrale, en avant par l’extrémité supérieure du sternum, et de chaque côté par la premlèi’e côte.

La circonférence inférieure de la poitrine ou sa base, est très-évasée, mobile, et plus étendue pj transversalement que d’avant en arrière. Elle offre en avant une grande échancrure triangulaire , au fond de laquelle on trouve l’appendice xiphoïde , et qui est formée latéralement par le bord inférieur des cartilages des côtes abdominales. La base de la poitrine présente en arrière deux échancrures qui dépendent de l’inclinaison des deux dernières côtes sur la colonne vertébrale, et de chaque côté, un bord convexe, formé par les cartilages des côtes abdominales. Elle est oblique en bas et en arrière, et descend bien plus dans ce dernier sens et sur les côtés , qu’en avant.

Direction de la poitrine. L’axe du cône tronqué que forme le thorax , est oblique en bas et en avant ; cette obliquité dépend surtout de l’inclinaison de la paroi antérieure , qui s’écarte de la colonne vertébrale à mesure qu’elle descend. Les parois latérales n’y concourent que très-peu.

Les diamètres antéro-postérieur et transverse de la poitrine sont , à cause de la forme conique de cette cavité , d’autant plus grands qu’on les examine plus près de sa base.

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Les dimensions de la poitrine offrent des différences individuelles fort nombreuses , qui portent spécialement les unes sur sa hauteur, les autres sur sa largeur.

Elle présente également des différences relatives aux sexes et aux âges, ainsi :

1° Elle a moins de hauteur et plus de largeur, surtout à sa base, proportiomrellement chez la femme que chez l’homme.

2° Chez le fœtus elle est courte , fort évasée en bas , et plus étendue d’avant en arrière que transversalement ; conformation produite par le peu de courbure de l’angle des côtes , et parfaitement accommodée à la situation du cœur et du thymus, qui sont à cet âge trèsvolumineux et placés à peu près au milieu de la cavité thoracique, tandis que les poumons à peine développés en occupent les parties latérales. Il résulte de cette disposition que lo sternum est d’autant plus oblique en bas et en avant, que l’enfant est plus jeune; cet os parait ensuite s’abaisser, et son extrémité inférieure se porter en arrièrere à mesure que l’on avance en âge , de sorte que chez le vieillard il est presque parallèle à la colonne vertébrale. Les deux fosses longitudinales que forment les côtes ert dedans de la poitrine sur les régions latérales de l’épine , et qui logent la partie postérieure des poumons , ont peu do profondeur et de largeur. Les ouvertures supérieure et inférieure de la poitrine participent à la conformation particulière de cette cavité chez le fœtus; ainsi la première n’a point , à proportion gai’dée , une étendue transversale aussi considérable que Chez l’adultè , tandis qu’elle est plus grande d’avant en arrière qu’elle ne le sera par la suite. La base de la cavité thoracique est plus étendue proportionnellement d’avant en arrière chez le fœtus que chez l’adulte, aussi la distance qui sépare la colonne vertébrale de l’appendice xiphoxde est chez le premier plus considérable que chez le dernier. Les côtes , sur un thorax de fœtus , sont plus rapprochées les unes des autres , qu’elles ne le seront dans un âge plus avancé.

Usages de la poiti ine. La poitrine forme une grande cavité qui loge le cœur et les poumons , prmeipaux organes de la circulation et de la respiration ; par sa solidité elle protège efficacement ces parties contre l’action des corps extérieurs; par la mobilité dont sont douées les diverses pièces osseuses qui la composent , elle concourt à l’exercice de la respiration. Envisagée sous ce dernier point de vue , elle peut sê dilater ou se resserrer. Le premier mouvement qui produit \' inspiration a lieu , surtout par l’élévation , l’écartement et le déjettement des côtes en dehors; il détermine l’entrée de l’air dans les poumons. Le second mouvement produit Y expiration ; il a pour but d’expulser l’air renfermé dans les poumons, et s’effectue spécialement par l’abaissement, le rapprochement des côtes.

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