LA STRUCTURE DU CORPS HUMAIN
L anatomie humaine a pour objet la connaissance exacte de tous les organes qui constituent le corps de 1 homme. Dans 1 étude de cette science , on doit sans cesse suivre la méthode analytique , séparer, diviser, isoler les parties par la dissection , afin d’apprendre à les mieux connaître, et de pouvoir ensuite embrasser d’un coup d’œil leur ensemble et les liens qui les enchaînent pour en former l’homme.
Dans le corps humain , on doit considérer les liquides , les solides et les phénomènes de la vie, qui ont entre eux les rapports les plus intimes. Les liquides, pendant la vie, deviennent continuellement solides, et les solides, à leur tour, redeviennent liquides. Les uns et les autres ne se produisent que dans les corps vivans , et la vie ne peut se trouver que dans des êtres formés à la fois de ces mêmes élémens organiques.
Les liquides ou les humeurs forment la plus grande partie du corps , les dix-huit vingtièmes environ : ils sont de trois genres; 1° le sang; 2° les liquides qui sont versés dans le sang et s’y mêlent pour le réparer ; 3° ceux qui en émanent , et dont les usages sont très-différens suivant leur nature.
1° Le sang est le centre de tous les autres liquides , de ceux qui le renouvellent , et de ceux dont il fournit à tout instant les matériaux. C’est un liquide rouge , odorant , d’une saveur salée , glutineux au toucher , d’une pesanteur un peu supérieure à celle de l’eau ; dont la quantité a été très-diversement déterminée ( de dix livres à cent), et qui , récemment tiré d un homme a ivant , présente les phénomènes suivans : il répand une vapeur animale , et après s être refroidi de quelques degrés , il se prend en une masse qu’on appelle caillot ou coagulum. Celui-ci se rétrécit successivement , et se trouve bientôt entouré d’un liquide séreux .
fi MANUEL
iaunàtre qui en sort par une sorte d’exsudation , et qu'on nomme le sérum. Si on lave le eanffulum on enlève avec l’eau le cruor ou mollir, colorante rouge , et le résidu es une masse
fibrineuse’ Le sérum est formé en grande partie d’eau, d’albumine , de quelques sels, et d une ,im ineuse- »eru"1 6 r , , 0,ir.i-.,,ipc microscopiCTues , entoures d une
petite quantité de mucus. Le cruor est compose de globules m.croscqiq mais .
netits nue ceux du cruoi. La nonne emm , 4 . ».
eUe'même consiste en un amas de filamens réunis entre eux comme un feutre. Il para,., en outre que le sang contient une petite quantité de la matière caractéristique de la substance nerveuse que M. Chevreul nomme cérélrine : comme tous les autres liquides animaux, .1
lubsttt ^'entretiennent le sang et le réparent entrent surtout par
les voies de la diges.il Les alimens se transforment ^ “d £
Itotno**, «U «
analogues a ceux du sang , mo 1 inodore douceâtre au goût , qui se
change en parue en chyle, ou liquide blanc opaq , rQsé e contracte et à
coagule après son extraction et dont le Ju Ses glob„les sont nombreux,
la longue est entoure d un fluide asset ana g • « uu un(f teinte rosée
et ne diffèrent guère de ceux du sang que par leur cou > l’albumine. 11 y a aussi
pale. Le coagulum du chyle "“en, les propriété/du sang
dans le cl, ,1e une matière grasse Ce liquide acq 8 où nd ta couleur
dans les glandes du mésentère , et surtout en traversant P
rouge, en même temps que le sang ; veineux ^in^t, au moyen de, 8o Le sang, comme une source les parties, les matériaux des laides
aussi les matériaux de nutrition et d’accrois- Se,On peml0encôre ™gTà.côté des liquides les substances gazeuses que l’on trouve dans la
Jl lZwellue, qui sont eux-mémes susceptibles d’étre réduits par analyse meca-
„i( e„ de, f ttio^r^ri tz» :
, 1 o U fibre albuminée Elle est blanche , quelquefois nacree et resplendissante , linean e ,
S° 1 dtue peu extensible; essentiellement formée de gélatine et d’albumme, elle
On°!.Cvc dans sa composition une grande quantité de fibrine un ^ [ d
gélatine. 3” La Mance nerreuse. C’est une pulpe blanche ou grisâtre , molle , sam elas c ,
qui affecte des formes différentes pour constituer le système nerveux. Elle est composée
spécialement de deux matières grasses, l’une blanche, l’autre rougeâtre, d’osmazome, il albumine, de phosphore, de soulre et de quelques sels. 4° La substance glanduleuse. Elle est granulée, varie en couleur, en consistance, et en composition chimique, suivant les glandes dans la structure desquelles elle entre.
Les solides forment tantôt des cordons , des canaux ou vaisseaux ; tantôt des espèces de toiles organisées qu on nomme des membrane s , et dont la texture et la disposition sont aussi variables que les usages.
Aoiciles principaux tissus ou systèmes qui, par leur réunion, composent les organes; pi. , /v nous ne ferons qu indiquer ceux sur lesquels nous anrons occasion de revenir par la suite.
1 Sistème cellulaire ou LAMiNEux : c’est le tissu le plus généralement répandu dans l'économie. 11 est interposé entre toutes les autres parties, et leur sert à la fois de moyen d union et de séparation ; c est par son intermède qu’un grand nombre de nos organes sont susceptibles de changer continuellement de forme , de rapports , de dimensions , et de se mouvoir avec facilité les uns sur les autres. 11 représente un toilt continu , espèce de trame qui pénètre partout : de sorte que si 1 on supposait, par la pensée, toutes les autres parties enlevées , le corps n’en conserverait pas moins sa forme. Sa continuité établit une communication entre les régions les plus éloignées du corps ; il compose à lui seul un trèsgrand nombre d’organes , et entre , comme élément essentiel , dans la formation de tous les autres. Il offre , suivant les diffétens individus et les diverses parties du corps , d’assez gi andes variétés dans sa consistance et sa texture. La substance dont il est formé est extensible , tenace , rétractile ; elle prend aisément , quand on la distend , l’apparence de fdamens et de lames fort minces et diaphanes ; quand on l’insuffle, celle de vésicules ou de cellules 1 1 ansparentes , qui communiquent toutes les unes avec les autres. Il sert de moule à toutes les autres parties , dont les plus petites portions intégrantes sont plongées dans son épaisseur ; il est pour elles une sorte d atmosphère qui les entoure et les pénètre. Il est , pendant la vie , continuellement arrosé ou imbibé d’une vapeur séreuse , laquelle est versée dans ses aréoles par les artérioles qui le parcourent , et reprise par les vaisseaux absorbans qui en naissent!
Examine au microscope , le tissu cellulaire paraît composé de globules arrondis , réunis , d après les recherches de MM. Edwards , en séries irrégulières qui forment tantôt des lignes ri. i. fig.. droites et tantôt des lignes tortueuses ou recourbées, et disposées par couches; le même auteur s’est assuré que tous les globules d’une lame de tissu cellulaire sont semblables entre eux et que leur diamètre réel est de ^ de millimètre. La composition chimique du tissu celluaire le rapproche du sérum du sang : il est formé spécialement d’albumine et de gélatine.
2° Système adipeux. Il consiste en des vésicules membraneuses réunies en groupes plus PJ. ,.ng. , ou moins volumineux , logées le plus souvent dans les aréoles du tissu cellulaire , et ren ermant, dans leur cavité, un fluide huileux, jaunâtre, d’une odeur et d’une saveur particulières , qu’on nomme la graisse. Les vésicules adipeuses sont en général arrondies globuleuses souvent soutenues par un pédicule vasculaire. Elles présentent , dans leur intérieur, es fdamens très ténus qui les parcourent comme des cloisons incomplètes , et sont munies de vaisseaux sanguins capillaires. Le tissu adipeux forme sous la peau une couche unie qui comble les inégalités des antres parties, et donne aux formes de la femme et de en ant eurs contours arrondis et gracieux. Sa quantité moyenne fait environ la vingtième partie u poi s total du corps. Dans la jeunesse il abonde principalement sous la peau ;
fig. 6.
lia. 8,
MANUEL
, • „pftp nlace. et se concentre dans les
dans les âges suivans il abandonne successiv ^ auantité diminue , et les individus
cavités du tronc ! dans la vieillesse , or mMTem ■ ' la même nature que la graisse
maigrissent. La moelle , qu. remplit les cavités des «, «* demï-fluide à la tempé-
d es autres parties. La graisse qui «tend les dive’rses régiol.
rature ordinaire du co. ps , c *P<^ “ par vaisseaux ou les canaux dans lesquels sont
jir J-
suivans : , nombre de deux dans l’homme, tiennent par leurs
À. Système artériel. Les arlcr , c r <aorte\ dans toutes les parties du
troncs aux ventricules du cœur et se rai ’ seulement. Chacune d'elles a la forme
corps ; l'autre (antre pulmonme ) dans les po secom|a;,.e5 tMKi à des branches ,
d'ün;rbrC\drdl\lTeLx" meaux à des ramuscules de plus en plus ténus. Chaque T ' r'des arttes elensiblement cylindrique. Les parois de ces vaisseaux sont formées “ “nur*, mince, polie,
'‘TJitTl” nature anaiogue à celle du tissu ligamenteux. Les artères sont serree, a fibres teutrees.au ïa|vules qui permettent au sang de passer du
garnies chacune, a leur ongin , marche 'rétrograde de ce liquide; à leur autre
ttïzrzæ'SL'**
ri— moment centre, le
S7 tsTr tlV^e^rCraissent , par une foule de racines capillaires , dans tous a», poumons.
qui viennent de toutes les parties ( Mmes caves ) par deux ron ^ comme
(veines pulmonaires') par quatre. Les veines sont îvisees disnosées en général
les artères; leur intérieur est garni d'un grand nombre de valvules , disposées en généra
nar paires véritables soupapes qui permettent au sang de passer des rameaux c ans
e^empèchent son retour enLs contraire. Les parois des veines «Ht. ~ plus molles que celles des artères, et formées de deux membranes. L J,
larges et plus nombreuses que les artères. Elles ramènent vers le cœur le £ ™ ‘L parties , et pour cela ce liquide circule dans leur cavité , des ramuscules vers ram . , f.pnv-ci vers les troncs , en éprouvant un véritable mouvement centnpete.
C. Système lymphatique. Les vaisseaux lymphatiques ou absorbans, généra i ement ^repan u^ dans le corps, ont des parois très-minces, demi - transparentes ; ils sont tous g ^ en dedans, de valvules semblables i. celles des veines et ayant les “^mnee % au niveau considérés à l'extérieur, ils présentent des etranglemens de distance en dis , ^ ^
des valvules. De ces vaisseaux, les uns contiennent un liquide imp q u fece
lymphe; les autres sont remplis , à certaines époques , par le chyle qu i s p P interne des intestins. Les vaisseaux lymphatiques se réunissent en plusieu » q
s’ouvrent eux-mêmes dans les veinas, pour y verser le liquide qu’ils contiennent, et le mêler avec le sang. Mais avant de se rendre dans les veines , ils traversent tous , en se divisant, des organes qu’on appelle ganglions lymphatiques. Ceux-ci sont de petits corps mous , rougeâtres , variables pour la forme et le volume , d’une texture encore peu connue.
Après s’être ramifiés dans leur épaisseur, les vaisseaux lymphatiques en sortent pour se décharger dans leurs troncs principaux.
1° Système nerveux. Il est formé par une substance molle , pulpeuse , composée de globules blancs ou grisâtres , et disposés de diverses manières. Cette matière , tantôt est arrangée en masses plus ou moins volumineuses , d’une forme déterminée , comme on l’observe pour le cerveau , le cervelet , la moelle épinière ; tantôt elle est enfermée dans des canaux fibreux très-fins, lasciculés, pour former les nerfs ou cordons mous , blanchâtres, qui se divisent PI. i. fig. u. en un grand nombre de branches , et vont porter le sentiment et le mouvement dans toutes les parties. Ces nerfs , dans certains endroits , s’unissent pour donner lieu à des réseaux auxquels on a donné le nom de plexus 7ierveux. D’autres fois la substance nerveuse est réunie par du tissu cellulaire en petites masses grisâtres, denses , auxquelles viennent se rendre, et d où émanent une grande quantité de filets nerveux. Ces petites masses ont été appelées PI. 1. fig n, des ganglions nerveux. La substance nerveuse est, dans quelques parties, épanouie sous la (orme de membrane molle, diffluente, comme on le voit pour la rétine , etc.
Les différens organes formés par la substance nerveuse forment deux systèmes principaux , distincts ; 1 un qui parait appartenir plus spécialement aux sens et aux raouvemens , et l’autre aux fonctions des organes de la vie nutritive.
■i Sïsième séreux. Les membranes séreuses qui le constituent sont des espèces de sâcs sans ouverture, placés partout où doivent avoir lieu de grands mouvemens. Elles semblent n être qu une forme particulière du tissu cellulaire. On les trouve sous la peau , là où cette membrane recouvre des os très-mobiles, comme au-devant du genou, au coude, etc. , autour ou a côté des tendons et des aponévroses des muscles qui produisent de grands mouvemens ; entre les extrémités articulaires des os mobiles ; enfin dans toutes les cavités du tronc. Partout elles ont 1 apparence de sacs sans ouverture, tenant, d’une part, à la partie mobile, et de 1 autre à celles contre lesquelles elle se meut. Elles se replient sur elles-mêmes pour fournir des gaines plus ou moins complètes aux vaisseaux , nerfs et autres parties qui les traversent , de sorte que les organes ne sont point contenus dans leur cavité , bien qu’ils le paraissent au premier coup d’œil. Leur surface intérieure est lisse , polie et libre. Elles sont formées i. fig. 9.
de tissu cellulaire condensé , et parcourues par un grand nombre de petits vaisseaux sanguins et lymphatiques. Elles sont garnies de prolongemens frangés, lesquels versent dans leur intérieur un liquide albumineux , limpide ou onctueux , filant , qui facilite le glissement des parties contiguës, et conséquemment celui des organes auxquels elles sont fixées. Ce liquide est versé sans cesse par les extrémités exhalantes des artères, et repris par les vaisseaux absorbans. Les membranes séreuses représentent ainsi de grands réservoirs intermédiaires aux vaisseaux exhalans et absorbans , dans lesquels les liquides séreux , en sortant des uns , séjournent pendant quelque temps avant de passer dans les autres.
6° Système muqueux. Les membranes muqueuses dont il se compose ont été ainsinommées , a raison du liquide visqueux qui en lubréfie habituellement la surface libre. Elles tapissent les conduits , les cavités , les organes creux , qui communiquent à l’extérieur, par les Texte. 2
PI. I.fig. 10.
PI. fig. 3
PI. 2. fi£
manuel
' .. «nniimipiit avec les tégumens. sur
ouvertures naturelles dont la ^*1 une face” externe ou
le pourtour de ces memes, ouver u . ^ ^ „,lf vnrmnrter ces membranes à deux
adhérente , et une grandes divisions
tle la digestion et de la ^^“^'vSeT'cM membranes sont, en 'général,
organes de la générât, on et t e ^ ères aucorps; elles représentent une sorte de
partout en rapport avec des s . frappans d’organisation , de fonctions
peau interne , et ont avec le ttssu cutané J fibreuse qui e„ forme
e, de propriétés vitales. Elles sont f^ertures extérieures, d’un épiderme
la partie principale, de papdles, e , , or„anes profondément situés , par un
'iuiicsrfu
mucus abondant. Elles ieç , parties d’une grande quantité de petites
et sont parsemées , dans pr^e -ferment, dans.eur
glandes arrondies, grisâtres, q ' ,[roit à |a 'urface libre de la membrane , pour
centre , une cavité qui s om 1 P » désignée sous le nom de mucus.
y ~~ Xginées ; peu extensibles , qui forment
7° Sïsteme UGAmm ■ dK Pande ou des espèces de toiles blanches, luisantes
par leur reuuton d«co , P sa force de cohésion , de résistance
tissu cellulaire 'que par son degré plus considérable i 1 cstion ■ il est comme lui, gélatineux et albumineux. Il forme: 1° les Ugamcns qui ' 1 COn ™. J UU5 auv autres; 2° les tendons ou les cordes fibreuses qui transmettent :“trlu: uMsturttXt. lei mouvemensdes muscles, dont iU reçoivent Us f.bres charnues par l’une de leurs extrémités ; S" les aponévroses ou membranes qm enlou lès' muscles servent de points d’attache à leurs fibres, et ne sont souvent el es-memes que des expansions des tendons; 4» beaucoup d’antres membranes, qui enveloppent divers o Inès, entrent dans leur composition, comme la dure-mère, le pertes, e la sclérotique etc. Le tissu ligamenteux est composé presque uniquement par de la gélatine.
S» ’ Système ÉLxsrtoor.. Les fibres dont il est forme se d.stmguent de celles du ttssu précédent par un peu moins de force de résistance, beaucoup plus d élasticité, et une couleur iatmitre particulière. Sous le rapport chimique , elles en different encore , en ce qu’elles sont de nature albumineuse et fibrineuse. On trouve ce tissu employé par la nature en antagonisme avec l’action de la pesanteur et de la contraction musculaire. Dans es grands quadrupèdes , il constitue un ligament élastique qui soutient la tete sans 1 emp 01 de l’action musculaire. Les artères ont dans leur épaisseur une membrane élastique composée de ce tissu , laquelle comprime le sang que la contraction du cœur a pousse dans ees vaisseaux, et continue ainsi la circulation. On trouve également le tissu élastique dans plusieurs autres vaisseaux; dans certains ligamens de la colonne vertébrale, dans les
conduits aérifères du poumon, etc. . .
go Système cartilagineux. Les cartilages sont des parties d’un blanc laiteux, opali» lis sont flexibles , compressibles , très-élastiques , résistans , moins durs cependant et moins pesans que les os. On ne voit que difficilement la disposition de leurs fibres, parce qu elles sont tellement serrées , qu’au premier aspect elles semblent former un tout homogène ,
comme serait du blanc d’œuf coagulé. Le tissu cellulaire ne paraît entrer qu’en très-petite quantité dans leur organisation. Dans l’état ordinaire , leurs -vaisseaux ne contiennent que des liquides blancs : on n’a pas pu y démontrer la présence des vaisseaux lymphatiques ni des nerfs. Ils sont composés d’albumine, d’eau, et de phosphate de chaux. Les uns forment le parenchyme des os , avant l’entier développement de l’ossification , et ont été appelés cartilages temporaires ou d’ ossification ; d’autres recouvrent les extrémités articulaires des os, et ont été nommés cartilages d’incrustation ; ceux qui servent de prolongement à quelques os , comme aux côtes , ont reçu le nom de cartilages de prolongement , etc. Ces organes remplissent des fonctions très-importantes dans l’économie , à raison de leur consistance et de leur élasticité parfaite.
10° Système eirro-cartilagin eux. Il est formé par les fibro-carlilages . On nomme ainsi des organes qui tiennent le milieu, pour leur texture, entre le tissu fibreux et le tissu cartilagineux. A. Béclard les a distingués, en 1 ° ftbro-cartilages temporaires ou d’ ossification , tels sont ceux qui chez le fœtus doivent former la rotule, et les autres os sésamoïdes ; 2° en / ibro-cartilagcs d’ incrustation ; ils existent partout où il y a un frottement considérable d’un os ou d’un tendon contre le périoste , comme on le voit pour les coulisses qui livrent passage aux tendons; 3° eujibro-cartilages interarticulaires , qu’on trouve entre les surfaces articulaires des os.
11° Système osseux. Les os sont les organes les plus solides et les plus durs du corps qu’ils soutiennent , et dont ils déterminent les principales formes et divisions.
12° Système musculaire. Il est formé par les muscles : organes de volume et de figure très-variables , ordinairement de couleur rouge , susceptibles de se raccourcir ou de se contracter pour produire les mouvemens, et formant ce qu’on appelle vulgairement la chair dans les animaux. Les muscles communiquent le mouvement en s’insérant aux os ou à d autres parties, le plus souvent par le moyen de cordes ou de membranes fibreuses; tantôt ils se contractent sous l’influence de la volonté ; tantôt leur raccourcissement se fait d’une manière indépendante de cet acte de l’entendement.
13° Système érectile ou caverneux. C’est un tissu d'une nature particulière , spongieux, composé de petits filamens qui se croisent , s.’unissent , se séparent dans toutes les directions, interceptent entre eux une foule d’aréoles, lesquelles communiquent les unes avec les autres , et sont ordinairement remplies et comme imbibées de sang. Le tissu caverneux parait essentiellement vasculaire et nerveux. Il se gonfle, se distend, rougit, entre en érection sous le stimulus des divers agens , et produit ainsi des mouvemens par la dilatation active dont il devient le siège. Il se trouve dans la verge , le clitoris , le mamelon , etc.
1 i° Système glanduleux. Il est constitué parles glandes : organes très-différens pour la figure et la grandeur, ayant en général une texture mollasse, globuleuse , granulée ; dans lesquels on rencontre une grande quantité de vaisseaux, de nerfs , et un tissu particulier. On ignore quelle est la nature intime du tissu glanduleux; il paraît différer pour chaque glande. Les uns ont pensé , avec Malpighi , qu’il résultait d’une agglomération de petites masses solides, qu ils ont nommées grains glanduleux , dans lesquelles se terminaient les vaisseaux sanguins, les nerfs, et d’où provenaient les conduits excréteurs; d’autres ont avancé , avec Ruysch , que le tissu des glandes était entièrement vasculaire ; enfin quelques autres ont imaginé que les grains glanduleux de Malpighi n’étaient que des espèces
PI. a. fig. 5,
PI. 2. fig. 9.
PI. a. fig. 4,
PI. 2. fig. I.
PI. 2. fig. IO.
12 manuel d’anatomie descriptive.
d’utricules ou de follicules , dans lesquels les liquides s’arrêtaient, pour y prendre, par leur séjour, des caractères particuliers. Il sort du parenchyme des glandes une foule de petits conduits , qui se réunissent en troncs plus ou moins volumineux , pour donner naissance à un ou plusieurs conduits excréteurs , chargés de porter au dehors le liquide sécrété. Les glandes en effet , telles que le foie , le pancréas , les reins , les mamelles, les testicules , etc. , sont destinées à tirer du sang qué leur apportent les artères les molécules nécessaires à la formation de nombreux liquides , comme la bile , le suc pancréatique , l’urine, le lait, le sperme , etc. , lesquels sont élaborés dans leur tissu sous l’influence des forces de la vie. Plusieurs de ces glandes ont sur le trajet de leurs conduits excréteurs des réservoirs particuliers, dans lesquels les liquides sécrétés s’amassent, et subissent diverses modifications avant d’être définitivement évacués.
15o Système corné. Il comprend des parties dans l’intérieur desquelles on ne peut démontrer la présence de vaisseaux ni de nerfs ; qui sont insensibles , susceptibles de se reproduire , quand elles ont été détruites ou se sont détachées spontanément , et qui paraissent résulter de la concrétion d’une matière sécrétée par les organes sur lesquels 011 les rencontre; ce système comprend X épiderme , les ongles , les poils ; et dans les animaux les cornes, les écailles , les plumes , etc.
Les tissus forment seuls , ou différemment combinés les uns avec les autres, tous les organes du corps. Ceux-ci , liés les uns aux autres pour remplir les fonctions de la vie°, dont ils ne sont que les instrumens matériels, se réunissent en divers groupes, plus ou moins compliqués , auxquels on a donné le nom d 'appareils. Les appareils ont été divisés selon les fonctions qu’ils sont appelés à remplir. Or, en suivant dans l'étude de l’anatomie cet ordre physiologique , le seul qu’on doive adopter, on voit que les appareils peuvent être rapportés à trois classes principales, selon 1° qu’ils ont pour but de mettre phomme en rapport avec les corps extérieurs; 2° qu’ils concourent à la nutrition, «à pentretien et l’accroissement de l’individu; 3° qu’ils sont destinés à la propagation de l’espèce, à la génération.
C’est en nous conformant à cet ordre , et pour ne pas trop nous éloigner de l’ancienne méthode, suivie encore par un assez grand nombre d’anatomistes, que nous diviserons notre ouvrage en sept grandes parties , savoir : 1° de l’ostéologie ou des os , et de leurs moyens d’union ; 2° de la myologie ou des muscles , et de leurs dépendances ; 3° des organes des sens ; 4° de la névrologie ou des nerfs : 6° de l’angiologie ou des vaisseaux; 6° delà splanchnologie ou des viscères; 7° de l’embryologie ou du fœtus , et de ses dépendances.
Pour étudier les organes , et déterminer leur position générale et leurs rapports respectifs , on suppose l’homme debout , dans une situation parfaitement verticale , les bras pendans sur les côtés du tronc , et la paume des mains dirigée en avant. On tire une ligne fictive qui , passant par le sommet de la tète , tombe verticalement entre les deux pieds , et fait de toutes parts , avec le sol , un angle droit : c’est ce qu’on nomme la ligne centrale du corps. On se sert de cette ligne pour assigner les noms de région aux organes; et suivant qu’ils regardent dans tel ou tel sens , relativement à cet axe du corps , ils sont antérieurs ou postérieurs , internes ou externes, supérieurs ou inférieurs , moyens ou latéraux , etc.