DE L’ORGANE DE LA VISION, OU DE L’OEIL ET DE SES DÉPENDANCES
Placés dans les cavités orbitaires , les yeux sont entourés de parties qui les protègent , les garantissent de l’action des corps extérieurs , et servent à leurs mouvemens ; ces organes accessoires constituent leurs dépendances. Nous allons d’abord les faire connaître; ce sont les sourcils, les paupières, la glande et les voies lacrymales.
1° Des sourcils.
Les sourcils, dont la saillie, la largeur, 1 épaisseur, varient suivant les individus, sont pj ,3 i deux éminences arquées, placées au-dessus des paupières, depuis la racine du ne’z jus- à,* 3? 4. qu’aux tempes. Convexes en haut, concaves en bas, ils reposent sur l’arcade sourcilière du coronal. Leur extrémité interne ou leur tête est plus saillante et plus épaisse que l’externe ou leur queue.
MANUEL
Pi. J 3g, fig. 1
PI. 1 3g. fig. 3
PI. i4i, fig. i
PI. i3g. fig. i
PI. i39,fig.i
Pi i39,Gg.5,
PI. i3q, fig. i.
Les sourcils sont garnis de poils courts et roides, plus longs en dedans qu’en dehors , obliquement dirigés dans ce dernier sens , et ayant ordinairement la même teinte que les cheveux. La peau dans laquelle sont implantés les bulbes de ces poils est assez épaisse, et repose, par l’intermède d’une couche de tissu cellulaire graisseux, sur les muscles frontal, orbiculaire des paupières et sourcilier.
Les nerfs des sourcils viennent des nerfs frontal et facial. Leurs artères viennent de l’ophthalmique et de la temporale ; leurs veines se rendent dans les troncs veineux correspondans.
2° Des paupières.
Espèces de voiles mobiles placés au-devant de l’œil , destinés à protéger cet organe , à le soustraire au contact de la lumière et des corps extérieurs par leur occlusion , les paupières sont distinguées en supérieure et en inférieure : la première est séparée du front par le sourcil; la seconde se confond en bas avec la joue.
La paupière supérieure, plus large et plus mobile que l’inferieure, descend au-dessous du diamètre' transversal de l’œil. Convexes en avant, concaves en arrière, pour s’accommoder à la forme du globe de l’œil sur lequel elles reposent , les deux paupières présen- . tent, sur leur face antérieure, des rides transversales qui disparaissent en grande partie lorsqu’elles sont fermées.
Les bords libres des deux paupières , dirigés en bas pour la supérieure , en haut pour l’inférieure , éloignés l’un de l’autre ou immédiatement en contact , suivant que l’œil est ouvert ou fermé, sont taillés en biseau sur leur face interne, de sorte qu’ils forment par leur rapprochement un canal triangulaire dont la paroi postérieure est constituée par le globe de l’œil. Ce canal, plus large en dedans qu’en dehors, sert à conduire les larmes vers les points lacrymaux pendant le sommeil.
Ces bords se réunissent aux extrémités du diamètre transversal de l’œil, en formant deux angles, l’un interne, plus ouvert, appelé 1 z grand angle de l’œil; l’autre externe, plus petit , nommé le petit angle. En dehors de ce dernier on voit quelques rides qui se dirigent en rayonnant vers la tempe.
Les bords libres des paupières sont minces , arrondis , et comme excavés dans l’étendue de deux ou trois lignes vers le grand angle , endroit où ils correspondent à la caroncule lacrymale. Au moment où ils commencent à être épais et taillés en biseau , ils offrent un petit tubercule , au centre duquel on voit l’orifice des conduits lacrymaux. Dans le reste de leur étendue ils présentent une série de petites ouvertures qui sont les orifices des follicules palpébraux , et plus en avant , près de la peau , une série de poils qu’on appelle les cils.
Les cils sont des poils durs qui garnissent le bord libre de l’une et l’autre paupières; ils sont plus nombreux , plus forts et plus longs à la supérieure qu’à l’inférieure ; ils sont aussi plus prononcés vers la partie moyenne de ces voiles mobiles que vers leurs extrémités; ils manquent entièrement entre l’angle interne de l’œil et les orifices des conduits lacrymaux , et sont implantés sur deux ou trois rangs. Ceux de la paupière supérieure sont recourbés en haut, et ceux de l’inférieure en bas, de sorte qu’ils se touchent par leur convexité sans se croiser et sans pouvoir se mêler pendant l’occlusion de l’œil.
Organisation des paupières.
Les parties qui entrent dans la composition des paupières sont la peau, des fibres museu aires, une membrane fibreuse, une membrane muqueuse, deux fibro-cartilages , dès loliicules sébacés , des vaisseaux et des nerfs.
... 10 d‘S rafUrel esl "'“-‘‘‘ne « demi - transparente , surtout vers leurs bords
libres. Elle est unie a la couche musculaire par un tissu cellulaire lamelleux, lâche oui ne contient jamais de graisse. ’ H
2° La couche musculeuse des paupières est formée par le muscle orbiculaire. La sapé- PUtolî, , neure reçoit en outre l'expansion fibreuse de son musele' élévateur
3« La membrane fibreuse des paupières, située au-dessous de la couche musculeuse
" tC q"e ':ers leur P“rl,e extlîr"e ; 1» Portion de cette membrane , oui appartient à il paupière supérieure, reçoit ordinairement nne lame fibreuse qui se détache de l’arcade orbitaire, et se trouve placée entre le muscle palpébral et l’expansion aponévrotique de ehivateur de la paupière supérieure; celle de la paupière inferieure est imméd teu en recouverte en arriéré par la conjonctive. Ces deux portions entrecroisent leurs fibresTers partie externe de la cavité orbitaire , à laquelle elles se fixent. En dedans elles se changen insensiblement en tissu cellulaire. L’expansion aponévrotique du muscle élévateur de
‘ paU‘",j' e jipeneure forme , a cette dernière , une seconde couche fibreuse dont les fibres croisent la direction des precedentes.
4° Les f,bro-cardIages tarses sont deux petites lames cartilagineuses, élastiques ,’au m • mures situées dans 1 épaisseur des paupières, vers leurs bords libres, au même niveau lue S ‘“'
la membrane fibreuse. Celui de la paupière supérieure est plus large et plus long que X de inferieure. Chacun s attache en dedans à la branche correspondante de la biflrcaUon du tendon du muscle orbiculaire, et se termine en dehors an point de jonction desdeux plans fibreux. Plus larges e. plus épais à leur milieu qu’à leurs extrémités, ils soit c„» vexes eu avant concaves en arrière, recouverts dans le premier sens par la couche nusculeuse , et dans le second par la conjonctive. En arrière, ils sont creusés de sillons verticaux qui logent les glandes de Meïbomius. Leur bord libre, taillé en biseau es beaucoup plus épais que leur bord adhérent. Celui-ci es, mince , courbé , donne insertion la combe fibreuse, et, déplus, celui du cartilage tarse supérieur , à l’aponévrose de P, , ,
1 élévateur de la paupière correspondante. PI . 1 4 î , hg.3.
5° Les Joüiculcs ciliaires ou glandes de Meïbomius sont de véritables follicules sébacés tres-allonges , loges dans les sillons de la face postérieure des cartilages tarses , au-dessous a membrane conjonctive. Ranges les uns à côté des autres, ils représentent des lignes jaunâtres, ïerticales , droites ou flexueuses , quelquefois ramifiées, plus nombreuses, plus ongues et plus grosses a la paupière supérieure qu’à l’inférieure. Il n’y en a qu’une vingtaine a cette dernière, tandis qu’on en compte trente à quarante à la première. Les folîicu es ciliaires sont plus longs et moins larges vers le milieu des paupières qu’à leurs extrémités. Us communiquent quelquefois les uns avec les autres, et s’ouvrent par des orifices tres-etroits, sur le bord libre de l’une et l’autre paupière , en arrière de l’imertion
PI i39, lîg. 8, i3.
'Pl.i39.tig.
272 MANUEL
des cils. Ces follicules sécrètent une humeur grasse, onctueuse, qu on nomme chassie , et qui lubréfie le bord libre des paupières.
ïî’ 6° Membrane muqueuse des paupières. Les paupières sont revetues en arrière pai une i3. portion de la conjonctive , membrane muqueuse très fine, demi-transparente, qui leur est cojnmune avec le globe de l’œil. La conjonctive se continue avec la peau sur le bord libie des paupières, au niveau des cils. Partie du bord libre de la paupière supérieure, où elle est percée par les orifices des follicules ciliaires , elle fournit un prolongement dans le conduit lacrymal supérieur, se porte derrière le fibro-cartilage tarse supérieur, le revet ainsi que l’aponévrose du muscle élévateur, et se réfléchit sur la partie antérieure du globe de l’œil , en formant un cul-de-sac assez profond entre cet organe et la paupière ; elle recouvre ensuite la partie antérieure et supérieure de la sclérotique, la cornée, la partie antérieure et inférieure de la première de ces membranes, et gagne la face postérieure de la paupière inférieure, en formant, entre elle et le globe de l’œil, un nouveau cul-de-sac moins profond que le précédent. Sur le bord libre de la paqpière inférieure , elle envoie un prolongement dans le conduit lacrymal inférieur , et se continue ainsi avec la membrane muqueuse des fosses nasales. Sur la partie interne du globe de 1 œil , elle forme un repli semi-lunaire , dont la cavité regarde en dehors , et que , mal à propos , on a nomme membrane clignotante . La membrane conjonctive est unie aux paupières et au globe de 1 œh par un tissu cellulaire blanchâtre, très-serré , lequel est beaucoup plus lâche au niveau des deux culs-de-sac et de la partie interne et externe de 1 œil. Sa face externe est polie, non villeuse , habituellement humectée ; elle renferme beaucoup de vaisseaux capillaires sanguins qui viennent des vaisseaux ophthalmiques : au niveau de la cornee elle est extrêmement mince , tout-à-fait diaphane , et ne reçoit pas visiblement de vaisseaux sanguins dans cet endroit. Dans quelques inflammations de l’œil, ces vaisseaux deviennent trèsapparens.
7° Vaisseaux des. paupières. Les artères qui se distribuent aux paupières viennent de l’ophthalmique , de la sous-orbitaire, de la temporale et de la faciale. Les veines palpébrales ont à peu près la même distribution, et s ouvrent dans les troncs correspondans. Les vaisseaux lymphatiques y sont fort nombreux , et se rendent dans les ganglions placés sur la glande parotide et près de l’angle de la mâchoire.
8° Nerfs des paupières. Ils viennent surtout des nerfs lacrymal, facial, sous-orbitaiie ,
frontal et nasal.