DU CRYSTALLIN ET DE SA MEMBRANE
Le crystallin est un corps lenticulaire , transparent, placé à la réunion du tiers antérieur de l’œil , avec ses deux tiers postérieurs, entre l’humeur aqueuse qui est en avant, et le corps vitré qui est en arrière. Son axe correspond au centre de la pupille.
Sa face antérieure est libre dans toute son étendue, et en rapport avec l’humeur vitrée qui la sépare des procès ciliaires. Elle est convexe, bien moins cependant que la face postérieure, laquelle est reçue dans une excavation du corps vitré. La circonférence du crystallin est attachée aux procès ciliaires et à l’ouverture antérieure de la choroïde, par les petits fdamens tendineux qui se fixent à sa capsule, et dont j ai parlé. Le crystallin est parfaitement transparent dans l’adulte; dans le fœtus il est un peu rougeâtre; dans les vieillards il devient naturellement jaunâtre comme de l’ambre : quelquefois même il perd un peu de sa transparence , surtout vers son centre.
Presque sphérique dans le jeune âge , le crystallin est alors mou , comme pulpeux ; chez l’adulte il paraît composé de deux couches distinctes : l’une extérieure, molle, gluante ; l’autre centrale, plus solide, forme une espece de noyau à couches concentriques, superposées, en nombre indéterminé, qui adhèrent peu les unes aux autres.
Le crystallin est plus pesant que l’eau. Il est formé de gélatine, et surtout d’albuminequi se coagule par l’action de divers réactifs, du feu , de l’alcool, des acides.
On n’a pu jusqu’ici suivre de vaisseaux ni de nerfs dans la substance de cet organe. J’ai constaté que chez le fœtus le crystallin se développe constamment par trois points
distincts , formés chacun de lames concentriques qui leur sont propres. Ces trois segmens du crystallin , d égal volume , sont séparés les uns des autres par une petite sphère crystalline centrale , parfaitement ronde , qui s’en trouve enveloppée de toute part ; ils sont séparés chez le fœtus par des intervalles remplis d'une humeur limpide ; plus tard ils se soudent intimement, et il devient impossible de les séparer. Quelquefois leur léunion n a point lieu , et la matière qui les soude devient opaque; il en résulte alors ce ipie j ai nommé la cataracte d trois branches , maladie dont j’ai recueilli plusieurs observations.
La membrane ou la capsule du crystallin représente un sac sans ouverture; elle a la forme du corps qu elle renferme. Elle ne paraît envoyer aucun prolongement dans le crystallin, et ne lui adhère point. Elle est en rapport en arrière avec la membrane hyaloïde, et ne se trouve pas enveloppée par un double feuillet de cette membrane, comme on l’a dit. En avant, elle est baignée par 1 humeur aqueuse. Par sa circonférence elle tient aux intervalles des procès ciliaires par les filamens fasciculés que j’ai fait connaître , et qui s épanouissent les uns sur sa face antérieure , et les autres sur la postérieure. La capsule du crystallin est assez épaisse , surtout dans sa moitié antérieure. Elle paraît avoir quelque analogie de structure avec la cornée.
Enlie le crystallin et sa capsule on trouve un liquide transparent, abondant, légèrement visqueux, qui s’échappe dès qu’on ouvre la capsule, et qu’on a nommé l’Jiumeur de Morgagni.
PI. 144, Gg. 3 4,5, 6,7, 8
P1.,4-j, 6g. 9 PI. 142, fig. 8.
Pi.i4u, fig. 7.
Pi. 1 44, fig. 9.
DU COnrS VITRE ET DE LA MEMBRANE IIYALOÏDE.
Le corps vitre occupe les trois quarts postérieurs de l’œil, sous la forme d’une masse pi.T/0.f> ' transparente , molle, tremblante comme de la gelée. Sa figure est sphérique; en avant il offre une excavatjpn qui reçoit la face postérieure du crystallin; il est recouvert dans toute son etendue, excepté en avant, par la rétine, qui ne lui adhère pas. Il est composé de 1 humeur vitrée et de la membrune hyaloïde.
L humeur vitrée a l’apparence d’une solution de gomme parfaitement diaphane ; elle est un peu plus pesante que l’eau , et paraît avoir la même composition chimique que l’humeui aqueuse. On a évalué sa quantité à environ cent grains.
La membrane hyaloïde , très-mince et transparente , enveloppe l’humeur précédente.
L e envoie de sa face interne une grande quantité de lamelles qui interceptent entre elles
ues aiéoles ou cellules dans lesquelles est renfermée l’humeur vitrée. Ces cellules, dont la
loi me est difficile à déterminer, communiquent toutes ensemble. Au niveau de l’entrée du
nerl optique, la membrane hyaloïde se réfléchit sur elle-même, pour former un canal
cylindroide qui traverse directement le corps vitré d’arrière en avant, et renferme l’artère
nom 1 îciere du crystallin. Ce canal, que je crois avoir fait connaître le premier, et que pi ,
j ai nommé hyaloidien, 11e peut être aperçu qu’en rendant la membrane hyaloïde légère- * ° ^
mint opaque, par des procédés que j’ai indiqués ailleurs.
On dit généralement qu’au niveau des procès ciliaires, vers le contour du crystallin, a membrane hyaloïde se divise en deux lames qui passent l’une devant ce corps , et l’autre verrière, de manière à le renfermer dans leur duplicature. Cette assertion n’est point Texte. 36
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exacte. La membrane hyaloïde, en effet, arrivée au niveau des procès ciliaires, qu’elle semble loger, contracte simplement des adhérences avec les petits tendons qui fixent le Pl.142.fig. 7. crystallin, et passe en entier derrière ce corps; aussi ce qu’on a décrit sous le nom de canal godronné ou canal de Petit , n’est que l’espace qui reste entre les innombrables tendons dont je viens de parler, et la membrane hyaloïde. Dans l’espèce humaine, presque toujours , lorsqu’on enlève les tuniques extérieures de l’œil , ces tendons se séparent des procès ciliaires , pour rester adhérens avec le crystallin a la membrane hyaloïde , ce qui a fait croire a la plupart des anatomistes qu’ils dépendaient de cette dernière membrane. Des dissections soignées et l’examen de ces parties sur 1 œil de plusieurs animaux , m ont convaincu qu’on avait en général mal saisi leurs dispositions.
La structure de la membrane hyaloïde est encore peu connue ; elle reçoit des branches de l’artère centrale de la rétine.