‹ Manuel d'anatomie déscriptive du corps humain représentée en planches lithographiées (volume 4)Chapitre 183 sur 279 · P). 1SG · texte numérisé non relu

P). 1SG

En sortant du crâne , le nerf pneumogastrique forme un cordon arrondi, un peu renfle, grisâtre , d’une texture plexiforme ; d’abord placé devant le nerf grand hypoglosse il lui devient postérieur, pour descendre en avant des muscles grand droit anterieur de la tete et long du cou , en dehors de l’artère carotide primitive ; et en arrière de la veine jugulaire interne, auxquelles il est uni, ainsi qu’au cordon de communication. des ganglions

cervicaux, par un tissu cellulaire dense, filamenteux.

Arrivé à la partie inférieure du cou , le nerf pneumo -gastrique pénètre dans la poitrine, en glissant derrière la veine sous-clavière ; il passe à droite devant l’artere sous-claviere , et à gauche devant la crosse de l’aorte; il se dirige d’abord en arrière, augmente de volume , se place derrière les troncs des bronches , et les abandonne pour se porter derrière l’œsophage, qu’il accompagne à travers le diaphragme pour se jeter sur 1 estomac.

Dans l’intérieur même du trou déchiré postérieur, le nerf pneumo-gastnque communique avec le nerf spinal par un ou deux filets ; plus bas il communique par d autres filets avec les nerfs glosso-pharyngien , hypoglosse , et avec les ramifications du ganglion cervical supérieur. Il fournit les rameaux suivans :

Rameau pharyngien . Il vient de la partie supérieure du nerf vague, et reçoit, au moment où il s’en sépare , un rameau du nerf spinal. Il descend obliquement en dedans derrière l’artère carotide interne , contre laquelle il est collé au niveau de l’atlas. La il s unit aux filets que le nerf glosso-pharyngien envoie autour de cette artère , et forme avec eux une sorte de plexus réticulé qui l’embrasse. Le rameau pharyngien se rapproche du pharynx en augmentant de volume , et se divise , vers le bord supérieur du muscle constricteur moyen, en un grand nombre de filets qui s’anastomosent fréquemment soit entre eux, soit avec ceux du nerf glosso-pharyngien, du rameau laryngé supérieur et du premier ganglion cervical, pour constituer le plexus pharyngien. Les mailles de ce plexus sont il régulières, plus ou moins nombreuses; ses filamens sont grisâtres, et se perdent les uns dans le muscle constricteur supérieur, les autres dans l’inférieur. Deux ou trois se jettent sur l’artère carotide interne , et s’anastomosent avec des filets des ganglions cervicaux sur l’artère carotide primitive.

Rameau laryngé supérieur. Il abandonne le nerf pneumo-gastrique au-dessous du rameau précédent, passe de même derrière l’artère carotide interne, descend en dehors du ganglion cervical supérieur, et se divise en deux rameaux secondaires, apres s etre anastomosé par quelques filets avec ce ganglion , avec le nerf hypoglosse , et, en avoir fourni d’autres au plexus pharyngien. Ses deux rameaux sont 1 un externe et 1 autre interne.

Rameau laryngé externe. Il descend en dedans jusque sur les côtés du larynx, fournit des filets aux muscles sterno-thyroïdien , hyo-thyroïdien , constricteur inférieur et ciico-thyroïdien. Quelques-uns de ces filets pénètrent dans le larynx entre les cartilages thyioïde et cricoïde; d’autres se jettent sur le corps thyroïde.

Rameau laryngé interne. Il se porte en dedans , derrière le muscle thyro-hyoïdien , traverse la membrane ihyro-hyoïdienne, et se divise aussitôt en plusieurs filets rayonnans , qui grossissent et se ramollissent en s’écartant les uns des autres. Les supérieurs remontent au-devant de l’épiglotte et de sa glande , auxquelles ils se distribuent , ainsi qu a a membrane du pharynx, en s’anastomosant sur la ligne médiane avec ceux du côte oppose . les inférieurs, plus gros que les précédons, se distribuent à la membrane muqueuse eu

pharynx et dn larynx, a la glande aryténoïde et au muscle aryténoïdien. L’un d’eux descend entre le cartilage thyrroïde et le muscle tliyro-aryténoïdien , puis entre ce cartilage et le muscle crico-arytenoïdien latéral , pour se perdre dans le muscle crico-thvroïdien.

Ces ramifications ne s étendent jamais aux autres muscles du larynx, auxquels sont destines les filets du nerf laryngé inférieur. Quelques-unes d’entre elles s’anastomosent avec des filets asccndans de ce dernier.

Le nerf pneumo-gastrique donne, au-dessous du nerf laryngé, un filet qui s’unit au premier des nerfs cervicaux , un autre qui s’anastomose avec le nerf hypoglosse , et quelques autres qui se jettent sur l’artère carotide interne.

Rameaux cardiaques. Différens à droite et à gauche, ces rameaux se portent dans les PI. 186, 187. plexus nerveux du cœur. Ceux du côté droit, au nombre de deux ou trois, naissent du tronc du nerf pneumo-gastrique correspondant, à un pouce environ au-dessus de l’origine de l’artère carotide. Ils se collent sur cette artère, en descendant en dehors et en glissant sur l’artère innommée , pour se confondre avec les filets cardiaques du ganglion cervical inférieur.

Le rameau cardiaque gauche est ordinairement unique. Il descend sur l’artère carotide , se divise sur la crosse de l’aorte, et se perd dans le plexus cardiaque correspondant.

Rameaux laryngés ivjeneurs ou rêcurrens. Ils naissent du tronc du pneumo-gastrique PI. 186, 18'. dans l’intérieur même de la poitrine , et remontent pour se distribuer! au larynx. Ils offrent des différences remarquables à droite et à gauche.

Celui du côté droit s’isole du nerf pneumo-gastrique au niveau du bord inférieur de 1 artère sous-clavière , se recourbe en arrière et en dedans sous cette artère qu’il embrasse , remonte derrière les artères carotide primitive et thyroïdienne inférieure correspondantes, glisse sur le côté droit de la trachée-artère dans le sillon qui la sépare de l’œsophage, et arrive au larynx.

Le nerf laryngé inférieur gauche naît dans la poitrine, plus bas que le précédent , et décrit à son origine une arcade bien plus étendue que la sienne, parce qu’il se contourne au-dessous de la crosse de l’aorte; de plus, ses filets pulmonaires et cardiaques appartiennent à la partie postérieure de l’artère pulmonaire et du cœur.

Immédiatement après sa naissance , le nerf laryngé inférieur donne deux ou trois filets PI. ,88. qui s’unissent aux filets cardiaques du pneumo-gastrique et à ceux du ganglion cervical inférieur, en formant avec eux un plexus nerveux entre l’artère sous-clavière et la trachéeartère. Un peu plus haut il en donne d’autres qui se distribuent à la partie antérieure de la trachée-artère, accompagnent les artères pulmonaires, et se jettent en partie dans les plexus pi, ,88. cardiaques. Le long de la trachée-artère il en fournit à ce conduit, à l’œsophage, au corps thyroïde, à la partie inférieure du larynx; il envoie des filets au muscle constricteur inférieur du pharynx , sous lequel il glisse , et se divise en deux ou trois rameaux secondaires.

L’un d’eux répand ses divisions dans la membrane muqueuse du pharynx, derrière le larynx; les autres se distribuent aux muscles crico-aryténoïdiens postérieur et latéral , passent à travers la membrane crico-thyroïdienne , et vont se terminer au muscle thyroarylénoïdien et à la membrane muqueuse du larynx. Ils communiquent avec les filets du rameau interne du nerf laryngé supérieur.

Le nerf pneumo-gastrique , après avoir fourni les rameaux laryngés inférieurs, donne

PI. ibG.

PI. igi.

MANUEL

de nouveaux filets au niveau de la bifurcation de la trachée-artère. Quelques-uns descendent sur la face antérieure de celle-ci , s’y divisent , et s’anastomosent soit entre eux , soit avec les filets du rameau laryngé inférieur et du ganglion cervical inferieur pour concourir à la formation du plexus pulmonaire. Plusieurs de ces filets se portent sur 1 artere pulmonaire et sur la partie antérieure des bronches ; d autres se îstn uen a a pai îe postérieure de la trachée-artère et à l’œsophage.

Avant de parvenir aux bronches, le nerf pneumo- gastrique se divise en un nom ire variable de rameaux qui s’écartent les uns des autres, forment une sorte de trame areolaire , à mailles irrégulières , et concourent en grande partie à la formation du ptexus pu monairc. Celui-ci reçoit des filets du ganglion cervical inferieur et des premiers gang ions thoraciques , et forme derrière les vaisseaux des poumons un véritable reseau qui envoie de toutes parts des filets grêles , communiquant entre eux et se ramifiant sur les divisions des bronches, à la membrane muqueuse desquelles ils paraissent se distribuer spé- Les différens rameaux du nerf pneumo-gastrique , après s être écartés les uns des autres au niveau du plexus pulmonaire, se réunissent de nouveau pour former deux gros troncs qui descendent le long de l’œsophage , et ont été nommés cordons oesophagiens.

Le cordon œsophagien du côté droit est formé par quatre ou cinq rameaux sortis de a partie antérieure du plexus pulmonaire correspondant. Il descend sur les pai lies latcra

et postérieures de l’œsophage.

Le cordon œsophagien du côté gauche résulte de la réunion de deux ou trois rameaux seulement qui viennent de la partie inférieure du plexus pulmonaire gauche , et descend sur la partie antérieure de l’œsophage.

Les deux cordons œsophagiens ont entre eux de fréquentes communications au moyen de filets qui du droit descendent au gauche , en passant devant l’œsophage , et par d autres 1s nombreux qui se portent du gauche au droit, en passant derrière ce conduit. L un et l’autre fournissent beaucoup de filets à ses parois, et quelques-uns a l aorte thoracique. Enfin ils sortent de la poitrine par l’ouverture œsophagienne du diaplnagme.

En pénétrant dans l’abdomen , le cordon œsophagien droit, plus volumineux que le aauche est collé à la partie droite et postérieure de l’œsophage. Il se divise en un granc nombre’ de rameaux qui forment autour du cardia une sorte de plexus dont les filets s distribuent à l’estomac et aux organes voisins.

I es filets stomachiques se portent sur la face postérieure de l'estomac , de la pente vers la «rende courbure , et s’enfoncent de plus en plus dans l'epatssenr de ses parois ; que -

au pylore , ces filets s’anastomosent avec ceux du côté droit , et communiquent avec le plexus hépatique.

11° Des nerfs accessoires ou spinaux, ou de la onzième paire (0 .

Ces nerfs naissent de la moelle epinière dans le canal vertébral , à une distance plus ou moins considérable du crâne, et qui n’est pas toujours semblable à droite et à gauche sur le même sujet. Le plus souvent, leur premier point d’origine se voit au-dessus de la racine postérieure du quatrième nerf cervical. Quelquefois on le rencontre plus haut, rarement plus bas. Ce premier filet remonte entre les deux racines de chaque nerf cervical ou bien derrière elles , près du ligament dentelé correspondant : il reçoit de nouveaux fdets à la naissance de ces nerfs, augmente de volume, communique avec le nerf sous-occipital , et entre dans le crâne par le grand trou occipital, derrière l’artère vertébrale. Alors il se dirige en avant, en haut et en dehors, gagne le trou déchiré postérieur au-dessous du nerf pneu mo-gastri que , et sort du crâne par le meme canal.

Sorti du trou déchiré postérieur, le nerf spinal s’éloigne du pneumogastrique , adhère a l’hypoglosse , glisse derrière la veine jugulaire interne, traverse le muscle sterno-mastoïdien vers son tiers supérieur, et s’enfonce sous le muscle trapèze dans lequel il se perd.

Le nerf spinal fournit dans 1 intérieur meme du canal fibreux que lui offre la dure-mère un ïameau assez \olumineux, qui parait destiné à augmenter le volume du pneumo-gastrique. Ce rameau donne d’abord deux ou trois filets à la branche pharyngienne dc° ce neif, passe derrière celui-ci, et fournit un filet à l’hypoglosse. Au-dessous de l’origine du rameau laryngé supérieur , il se divise en plusieurs filets qui se perdent dans ceux dont se compose le nerf pneumo-gastrique.

Le nerf spinal , en traversant le muscle sterno-mastoïdien . lui donne deux ou trois file ts qui se perdent dans ses fibres charnues. Puis il fournit un ou deux autres rameaux qui s’anastomosent avec les branches antérieures des troisième et quatrième nerfs cervicaux • il reçoit au contraire du second et du troisième nerfs de la même région, deux rameaux qui augmentent son volume après avoir formé avec lui des aréoles triangulaires qui concourent à la formation du plexus cervical. Enfin il se perd par un nombre variable de filets dans la partie supérieure du muscle trapèze.

PI. 1/5, lig. 1,

PI. i5a.

PI 1 7 S, fig i .

P1 '74»Sg-i.

Pi. iS-T.

Pi. 1 83.

Pi. i8f>.

12° Des nerfs hypoglosses ou de la douzième paire (»).

Les nerfs hypoglosses naissent par dix ou douze filets du sillon qui sépare de chaque

i Narras spinalis sire accessorius ad par vagum ; Willis, Vieusscns, J. F. Lobsteia, Sœmm Nerfs acces- ’o.rcs de la huitième paire-, Winsl. - Nerf spinal ou accessoire de TViUis-, Sabat, Boyer.-- Nerf spino-craniotrapczien ; Poital. — NerJ tracliélo-dorsal-, Chauss. J J '

'•V Par sePUmum iC-^ Vesal, Fallop , Columb . - Par octarum- Mes. Bcnedict. , Piccolhomini. Pars paru, sexti- U»or,us - Par decimum - Th. Bcrthol , Andersch. Par nonum ; Willis, Vieusscns, Bœhmer. y v 8™ndhj pogaisse, ou de la neuvième paire-, Winsl, Sabat, Boy. -Nerf lingual, ou de la douzième paire-, q i Azyr. Narras hypoglossus, vulgo nerrus lingualis médius sire nouas, quamr.is sit nerrorum cerebri terera duodecimus 5 Sœmm. — L’hyo-glossien ; Chauss.

PI. 1 7 4. fi

PI. i8.3,

34i MANUEL

cité les éminences pyramidale et nlivaire. Ces filets, placés les uns au-dessus des autres , commencent eux-mémes cliacun par deux ou trois petites racines, et se portent eu dehots en convergeant. Ils se réunissent en un seul cordon qui sort du crâne par le trou contlylien antérieur, où il se trouve renfermé immédiatement dans une game fibreuse que lui

fournit la dure-mère. , 1 r

Au-dessous du trou condylien antérieur, le nerf hypoglosse adhéré au tronc du nerf

pneumogastrique; il descend en avant, et devient plus superficiel en passant au-devant des deux branches de l’artère carotide primitive, du nerf vague et du ganglion cervical supérieur. Dans cet endroit il est recouvert par les muscles stylo-hyoïdien et digastrique. H s’anastomose par un ou deux filets avec l’anse nerveuse que les nerfs sous-occipilal elle premier des cervicaux forment autour de l’apophyse transverse de l’atlas. Glissant sous le muscle sterno-mastoïdien , il parvient à l’angle de la mâchoire , se recourbe sous le tendon moyen du muscle digastrique , envoie une branche assez volumineuse le long du cou , et

remonte en avant vers la langue où il se termine. % ,

1“ Branche cervicale descendante. Elle se sépare du nerf hypo-glosse a 1 instant ou il se recourbe sous le tendon du muscle digastrique, et descend verticalement au-devant de la veine jugulaire interne jusqu’au milieu du cou. Là elle se réfléchit en arrière et en haut pour s’anastomoser avec la branche descendante interne du plexus cervical , au-dessous du muscle sterno-mastoïdien, et forme avec cette branche une arcade renversee , de a convexité de laquelle émanent plusieurs filets. Avant de s’unir au plexus cervical, a branche cervicale descendante fournit deux rameaux qui se perdent , 1 un dans le muscle o moplat-hv oïdien , et l’autre dans les muscles slerno-hyoïdicn et sterno-thyroidien : elle se termine par plusieurs filets: les uns , internes, se jettent dans le muscle sterno-thyroidien ; d’autres externes, se perdent dans le muscle omoplat-hyoïdien ; enfin les derniers, mjcneurs donnent quelques filamens aux parois de l’artère carotide primitive, et vont s’anastomoser avec les troisième et quatrième nerfs cervicaux , et souvent avec le nei

àV^BnZZTngaalc formant la continuation du tronc de l’hypoglosse. Elle passe d’abord entre les muscles mylo-hyoïdien et hyo-glosse, augmente de volume par 1 ecartement de ses fibres, donne un rameau au muscle thyro-hyoïdien , en reçoit un du ganglion ceivical supérieur, et envoie plusieurs filets aux muscles constricteur supérieur du pharynx, stylo-pharyngien , génio-hyoïdien , mylo-hyoïdien et génio-glosse. Un de ces fnets s anastomose avec le filet mylo-hyoïdien du nerf dentaire inférieur; plusieurs autres remonten sur la face externe du muscle hyo-glosse , et s’unissent soit entre eux , soit avec les filets du rameau lingual du nerf maxillaire inférieui .

La branche linguale de l’hypoglosse , arrivée au bord antérieur du muscle hyo-glosse, oasse entre les muscles génio-glosse et lingual, se porte en avant en haut et en dedans et se termine vers la pointe de la langue par un grand nombre de filets qui se perden tous dans les fibres charnues de cet organe , en s’anastomosant fréquemment les uns avec

les autres.

Page 1