DES VAISSEAUX LYMPHATIQUES EN PARTICULIER
1° Des vaisseaux lymphatiques qui aboutissent au canal thoracique.
A. Des vaisseaux lymphatiques des membres inférieurs.
Comme les ganglions , on les a divisés en superficiels et en profionds.
Les vaisseaux lymphatiques superficiels des membres inférieurs naissent sur les orteils , par des racines très-fines qui s’anastomosent fréquemment entre elles. Celles qui couvrent la face dorsale forment, en se réunissant, de seize à vingt rameaux qui se portent presque tous vers le bord interne de la jambe, et montent avec la veine saphène interne sur les parties antérieure et interne du membre inférieur. Plusieurs suivent le trajet de la veine saphène ex terne, mais tous, à l’exception de quelques-uns qui se contournent derrière le genou , gagnent la face interne de la jambe à une plus ou moins grande distance du genou, et viennent s’anastomoser avec les précédens. Tous les vaisseaux lymphatiques des faces dorsale du pied et antérieure de la jambe se trouvent ainsi rassemblés à la partie supérieure de la jambe et inférieure de la cuisse , en dedans de la rotule. Les racines des vaisseaux lymphatiques de la face plantaire des orteils constituent, par leur réunion successive , deux ou trois rameaux qui gagnent le talon , recouvrent le tendon d’Achille , et montent sur la face postérieure de la jambe , en communiquant en dedans et en dehors a\ec les rameaux antérieurs. Dans leur trajet, ces rameaux reçoivent ceux de la face postérieure de la jambe, et, après avoir couvert le mollet de leurs anastomoses , ils vont, aux environs du jarret, se jeter dans les rameaux antérieurs.
Texte.
PI. 284. 28G, fig. 1.
PI. 286, fig. t .
PL 266, fig.
PI. 267, fig, 2.
PI 266, Üg 2
PI. 267, fig-
PI 2G7, fig-
PI. 269, fig PI. 270, fig
PI. 270, fi{ PI. 271, fi
458 MANUEL
\près cette réunion générale des vaisseaux lymphatiques du pied et de la jambe, les troncs qui en résultent montent le long de la partie antérieure et interne de la cuisse, en se rapprochant , en s’envoyant réciproquement de nombreux rameaux d anastomoses , et ils se terminent aux ganglions inguinaux superficiels. Dans ce dernier trajet , ils reçoivent plusieurs vaisseaux lymphatiques qui naissent les uns , en plus grand nombre , de la face antérieure delà cuisse , et les autres de sa face postérieure. Quelques-uns de ces vaisseaux marchent î* côté des troncs précédens , et vont se jeter séparément dans les ganglions inguinaux superficiels.
1, Des vaisseaux lymphatiques profonds des membres inférieurs , les uns suivent le trajet de la veine saphène externe , les autres accompagnent les artères tibiales anterieure et postérieure et l’artère péronière. Ceux qui suivent le trajet de la veine saphène externe, au nombre de deux ou trois , naissent sur la partie externe des faces dorsale et plantaire du pied. Ils s’enfoncent sous l’aponévrose jambière aux environs de la malléole externe , montent sur le bord externe du tendon d’Achille , puis se plaçant entre les muscles jumeaux , ils vont se diviser dans les ganglions poplités , après avoir reçu sur leur chemin des rameaux lymphatiques du tendon d’Achille et des muscles jumeaux. Quelques-unes de leurs divisions traversent l’aponévrose pour s’anastomoser dans le creux du jarret avec les vaisseaux lymphatiques superficiels.
Les vaisseaux lymphatiques tibiaux antérieurs sont ordinairement au nombre de deux. L'un, né de la plante du pied , autour de l’arcade plantaire , passe à la face dorsale de cet organe, et suivant le trajet de l’artère pédieuse, il monte d’abord dans le premier espace interosseux métatarsien , puis entre les muscles de la face antérieure de la jambe. Parvenu aux environs de l’extrémité supérieure du tibia, il se jette dans un petit ganglion qu’on rencontre ordinairement à cette hauteur, oubien il passe par l’ouverture supérieure du ligament interosseux, et va s’anastomoser avec les vaisseaux profonds de la face postérieure de la jambe. L'autre prend naissance sur le bord externe du pied , et suit le trajet du précédent jusqu’au tiers moyen de la jambe , où il traverse le ligament interosseux pour s’unir aux vaisseaux lymphatiques péroniers.
2. Les vaisseaux lymphatiques tibiaux postérieurs naissent de toutes les parties profondes e i- ia plante du pied , et constituent plusieurs troncs qui montent sur le trajet de 1 arlere tibiale postérieure qu’ils entourent de leurs anastomoses, jusqu’aux ganglions poplités dans lesquels ils pénètrent.
Les vaisseaux lymphatiques péroniers, nés de même à la plante du pied , montent sur artère péronière et se jettent dans les ganglions poplités.
, . Les vaisseaux lymphatiques profonds de la jambe et du pied , réunis ainsi aux ganglions
g-'- poplités, forment, en établissant entre ces divers ganglions de nombreuses anastomoses , un plexus à mailles très-serrées, duquel sortent de deux à quatre troncs qui montent autour de l’artère poplitée et de l’artère crurale , pour aller se terminer dans les ganglions inguinaux profonds , après avoir reçu le long de la cuisse un assez grand nombre de rameaux qui viennent de ses parties profondes. Il n’est pas rare de voir des vaisseaux lymphatiques cruraux traverser le canal crural, sans s’arrêter aux ganglions profonds qu’on y rencontre ; 2 et dans ce cas ils vont se jeter dans les ganglions iliaques externes.
B. Des vaisseaux lymphatiques superficiels des fesses , du périnée , des lombes , des parties génitales externes , de l'abdomen , etc.
Les vaisseaux lymphatiques des fesses s’anastomosent fréquemment entre eux au milieu de la graisse abondante dans laquelle ils sont plongés. Ils se contournent en dedans et en dehors sur la partie supérieure de la cuisse , et viennent s’unir aux vaisseaux cruraux superficiels et à ceux du périnée pour se terminer aux ganglions superficiels de l’aîne.
Les vaisseaux lymphatiques des lombes se portent en dehors , au-dessus de la crête de l’os des îles, et descendant en devant , ils se jettent dans les ganglions inguinaux superficiels. Ils communiquent , en haut, avec les vaisseaux lymphatiques dorsaux superficiels inférieurs, en dedans, avec les lymphatiques lombaires du côté opposé , et en bas avec ceux de la fesse et de la cuisse.
Vaisseaux lymphatiques de la moitié sous-ombilicale des parois de l’abdomen. Leurs racines communiquent en haut avec celles des vaisseaux lymphatiques de la partie sus-ombilicale , et, après avoir recouvert de leurs réseaux anastomotiques toute la région hypogastrique, elles se rassemblent en quelques troncs qui aboutissent aux ganglions superficiels de l’aîne.
Vaisseaux lymphatiques du périnée , du scrotum et de la verge. Ceux du périnée s’unissent bientôt avec ceux de la face interne de la cuisse et avec les suivans. Ceux du scrotum sont très-nombreux ; après s’être envoyé des rameaux d’anastomoses sur la cloison du dartos , ils montent de chaque côté sur la face interne de la cuisse, où ils reçoivent les vaisseaux lymphatiques de la verge. Ceux-ci consistent en deux faisceaux qui montent sur les parties latérales de la verge, et en un tronc isolé qui suit quelque temps le dos de cet organe pour se diviser et se subdiviser bientôt après. Tous ces divers vaisseaux ainsi réunis se rendent aux ganglions inguinaux superficiels.
Chez la femme, les vaisseaux lymphatiques qui viennent des parties extérieures de la génération ont la même destination.
C. Vaisseaux lymphatiques profonds obturateurs , ischiatiques , génitaux , etc.
Les vaisseaux lymphatiques obturateurs appartiennent aux muscles adducteurs et aux parties environnantes. Ils suivent le trajet de l’artère obturatrice, traversent le trou ovale, et se terminent aux ganglions hypogastriques.
Les vaisseaux lymphatiques ischiatiques naissent des muscles jumeaux , pyramidal , carré et grand fessier, et , remontant le long de l’artère ischiatique , ils vont se jeter dans les ganglions hypogastriques, après avoir traversé, dans la plupart des cas , de petits ganglions placés sur le trajet de cette artère.
V aisseaux lymphatiques fessiers profonds. Ils sortent des trois muscles du même nom , traversent avec l’artère fessière la grande échancrure sciatique , et viennent s’ouvrir dans les ganglions hypogastriques, immédiatement après avoir reçu des vaisseaux lympha tiques nés des muscles du périnée et des environs de l’anus, et qui accompagnent les vaisseaux honteux internes.
Les vaisseaux lymphatiques profonds de la verge ou du clitoris montent le long de 1 artère honteuse interne, et aboutissent aux ganglions hypogastriques.
PI- 268, fig. I,
PI. 268, fig. 2.
Pl-aji.flg.i,
PI. 268, fig. 2.
PI. 271, fig. a.
PI. 271, fig. 1.
PI. 271 , fig. 1 .
PI. 271, fig. 1.
460 MANUEL
PI. 37 j. Vaisseaux lymphatiques du testicule. Très-nombreux et assez volumineux chez 1 homme
adulte, ils naissent des tuniques et de la substance du testicule et de l’épididyme ; ils se rassemblent au nombre de six à douze branches, montent sur le cordon des vaisseaux spermatiques , et, après avoir traversé avec lui le canal inguinal, ils s accolent à 1 artère spermatique pour aller se terminer aux ganglions lombaires.
Pi. 272, fig. 2. Les Vaisseaux lymphatiques de la prostate et des vésicules séminales s unissent à ceux de la vessie , ou se jettent dans les ganglions hypogastriques.
PI. 275. Vaisseaux lymphatiques génitaux profonds de la femme. Les vaisseaux lymphatiques de
l’utérus sont extrêmement nombreux. Très-petits pendant l’état de vacuité de l’organe , très-volumineux pendant la gestation , ils sortent des parties superficielles et profondes. Les uns appartiennent au col , et s’unissent aux lymphatiques nombreux qui naissent des parties latérales du vagin, pour s’ouvrir dans les ganglions hypogastriques. Les autres viennent du corps, se prolongent sur les ligamens larges , et, se réunissant h ceux de 1 ovaire et de la trompe de Fallope , forment avec eux une espèce de plexus , dont les troncs aboutissent aux ganglions lombaires, et s’anastomosent avec les vaisseaux lymphatiques rénaux.
D. Des vaisseaux lymphatiques des organes urinaires.
PI. 272, fig. 2 Les Vaisseaux lymphatiques de la vessie , nés de toutes les parties de cet organe , accompagnent les vaisseaux sanguins , et vont s’ouvrir dans les ganglions hypogastriques.
PI. 274 , 275. ^Vaisseaux lymphatiques des reins. On les distingue en superficiels et en profonds. Parmi les vaisseaux superficiels, les uns communiquent dans la scissure du rein avec les vaisseaux profonds; les autres , réunis en plusieurs branches , s’enfoncent dans la substance de l’organe , et vont également s’anastomoser avec les lymphatiques profonds. Ceux-ci ont leurs racines dans toutes les parties intérieures du rein. Ces racines forment des troncs qui longent assez ordinairement les vaisseaux sanguins , et sortent avec eux par la scissure de 1 organe pour se rendre aux ganglions lombaires. Les uretères sont aussi embrassés par de nombreux vaisseaux lymphatiques qui communiquent en bas avec ceux de la vessie , en haut avec ceux des reins.
PI. 275. Les vaisseaux lymphatiques des capsules surrénales s anastomosent fréquemment entre
eux , autour et dans l’intérieur de ces organes. Ils s unissent en partie à ceux des reins. Quelques-uns se rendent , à droite , aux ganglions hépatiques , à gauche , aux ganglions spléniques.
E. Des vaisseaux lymphatiques ilio -lombaires , sacrés , épigastriques , circonflexes iliaques et
lombaires profonds.
PI 2 eç Les vaisseaux lymphatiques ilio-lombaires ont leurs racines sur 1 os iliaque et dans le
muscle du même nom. Ordinairement au nombre de deux , ils passent derrière le muscle psoas , et se partagent en plusieurs branches , dont les unes se rendent aux ganglions lombaires inférieurs, tandis que les autres vont concourir à former 1 e plexus lymphatique iliaque externe. Ce plexus est un lacis de vaisseaux lymphatiques placés sur le trajet de
l'artère iliaque externe , et qui se portent d’un ganglion à un autre, en s’anastomosant entre eux un grand nombre de fois.
Les vaisseaux lymphatiques sacrés naissent du tissu adipeux qui entoure le rectum , les Pl.a-i,fis. 2 nerfs sacrés et le muscle pyramidal. Plusieurs sortent du canal rachidien par les trous p,-272>fig>2 sacrés antérieurs. Les premiers se jettent dans les ganglions lombaires inférieurs; les autres concourent à la formation du plexus hypogastrique , ou réseau de vaisseaux lymphatiques , placé sur les parties latérales du bassin , et servant de moyen d'union des ganglions hypogastriques entre eux. Le plexus hypogastrique communique en dedans avec celui du côté opposé, en dehors avec le plexus iliaque externe , et en haut avec le plexus lymphatique lombaire.
J aisseaux lymphatiques épigastriques. Ceux-ci, nés des environs de l’ombilic, s’en- PI. 275. foncent sous l’aponévrose abdominale, et, après avoir traversé les muscles droits dont ils reçoivent , ainsi que des muscles obliques et transverse , un assez grand nombre de rameaux , ils descendent le long des vaisseaux hypogastriques , et se terminent au plexus iliaque externe. Quelques-uns traversent de petits ganglions placés près de l’arcade crurale.
Les vaisseaux lymphatiques circonflexes iliaques tirent leur origine de la peau des parties PP 275 latérales de 1 abdomen. Ils percent les muscles obliques et transverse qui leur envoient quelques rameaux, et, se dirigeant eu devant vers la crête iliaque , ils s’accolent à l’artère et à la veine circonflexes iliaques , pour se jeter dans les ganglions iliaques externes.
Les vaisseaux lymphatiques lombaires prennent naissance dans les muscles carré des PI. 2.75. lombes, obliques et transverse de l’abdomen, et dans le canal rachidien. De ces diverses racines réunies résulte un nombre variable de troncs qui passent derrière le muscle psoas , en accompagnant les vaisseaux lombaires , et qui se ramifient dans les ganglions placés entre les apophyses transverses. A leur sortie de ces ganglions , ils vont former au devant de la colonne vertébrale un réseau à mailles très-nombreuses , à la formation duquel contribuent plusieurs des troncs qui ont été décrits jusqu’ici. Ce réseau porte le nom de plexus lymphatique lombaire.
F. Des vaisseaux lymphatiques des intestins et de l’estomac.
Les vaisseaux lymphatiques des intestins forment deux ordres distincts. Les uçs s’ouvrent pj.2fi5 n < , à la surface interne de ces organes , et peuvent être appelés chylifères ou lactés , parce 3 qu’ils absorbent le chyle pendant le travail de la digestion; les autres sont répandus entre les tuniques de l’intestin, et, ne partageant pas la fonction des précédens , ne doivent pas porter le même nom. Bien que les racines de ces deux ordres de vaisseaux lymphatiques soient mêlées intimement, il est cependant facile de les distinguer. Les premiers , ou les vaisseaux profonds , ont une direction transversale à l’intestin , tandis que les seconds , ou les vaisseaux superficiels , marchent parallèlement à son axe. Quoi qu’il en soit, les divers vaisseaux lymphatiques des intestins , après avoir communiqué les uns avec les autres un très-grand nombre de fois , se portent vers les ganglions mésentériques et inésocoliques ; ils s’y ramifient , s’en échappent ensuite , et gagnent enfin l’origine du canal thoracique.
Le nombre des vaisseaux lymphatiques , très-considérable dans l’intestin grêle, diminue
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de plus en plus à mesure qu’on s’en éloigne et qu’on approche du rectum. Ceux du colon descendant et du rectum se rendent dans les ganglions du méso-rectum , ou dans les ganglions lombaires et hypogastriques.
Les vaisseaux lymphatiques de T estomac forment deux plans, 1 un superficiel , placé immédiatement au-dessous de la tunique péritonéale; 1 autre profond, étendu entre les membranes musculeuse et muqueuse. Tous les vaisseaux lymphatiques , nés du grand cul-de-sac de l’estomac , descendent à gauche sur les vasa breviora et viennent s’anastomoser avec les vaisseaux lymphatiques de la rate.
D’autres suivent la petite courbure de l’estomac , se ramifient dans les ganglions qu on y rencontre , et , se réunissant à droite du cardia , vont s’anastomoser avec les vaisseaux lymphatiques inférieurs du foie , au-dessous du lobe de Spigel.
Enfin ceux des deux faces de l’estomac se portent vers les ganglions placés le long de la grande courbure ; ils se réunissent en quelques troncs aux environs du pylore , descendent d’abord devant, puis derrière le pancréas , et se terminent aux ganglions qui entourent les artères cœliaque et mésentérique supérieure. Dans la première partie de ce trajet , ils s’anastomosent avec les vaisseaux lymphatiques de l’épiploon gastro-colique, lesquels viennent se jeter dans les ganglions de la grande courbure de 1 estomac.
G. Des vaisseaux lymphatiques de la rate , du pancréas et du foie.
Vaisseaux lymphatiques de la rate. Les uns sont superficiels , et rampent surtout sur la face convexe de l’organe-, les autres sont profonds. De leur réunion dans la scissure résultent plusieurs troncs qui entourent, en forme de plexus, les vaisseaux sanguins de la rate, traversent quelques ganglions, et, s’engageant derrière le pancréas , vont s’anastomoser avec les vaisseaux lymphatiques inférieurs du foie.
Les vaisseaux lymphatiques du pancréas sortent de cette glande le long de ses vaisseaux sanguins 9 et s unissent a ceux de la rate et de l estomac.
8 Vaisseaux lymphatiques du foie. Ces vaisseaux sont extrêmement nombreux, et s injectent facilement des troncs vers les branches; ce qui fait croire que s’ils ne sont pas dépourvus ,de valvules intérieurement , au moins ces replis valvulaires y sont ou plus lâches ou moins prononcés que dans les vaisseaux lymphatiques des autres parues du corps. On distingue les vaisseaux lymphatiques du foie en superficiels et un profonds.
Vaisseaux lymphatiques superficiels de la face convexe ou supérieure. Ceux du lobe droit se
groupent en quatre faisceaux. ^ .
Le premier de ces faisceaux se compose des vaisseaux lymphatiques qui sortent des lames du ligament suspenseur , et se réunissent en deux ou trois troncs. Ces troncs pénètrent dans la cavité thoracique , entre le diaphragme et l’appendice xiplxoïde , traversent plusieurs ganglions contenus dans le médiastin, et, après avoir reçu quelques branches de cette cloison membraneuse et du péricarde , vont s’ouvrir dans le canal thoracique , près
de l’embouchure de la veine jugulaire interne.
Le second , formé par un grand nombre de branches, près du bord droit du foie , traverse les lames du ligament latéral droit, et se divise en deux faisceaux de vaisseaux. Les
uns, supérieurs , pénètrent dans la poitrine à travers le diaphragme , se portent à gauche PI. 2-7 entre ce muscle et la plèvre, et rentrent dans l’abdomen avec l’aorte , pour se porter dans les ganglions placés entre cette artère et la veine cave. Les autres, inférieurs , se glissent entre les attaches du diaphragme et les dernières côtes , et vont se réunir aux vaisseaux lymphatiques intercostaux , près des articulations costo-vertébrales.
Le troisième faisceau provient de la partie moyenne du lobe droit , et se porte à la partie postérieure du foie. Là il se réunit en partie aux faisceaux précédens , tandis que quelques-uns des vaisseaux qui le composent pénètrent dans la poitrine entre l’œsophage et 1 aorte, pour aller se jeter directement dans le canal thoracique.
Le quatrième faisceau naît sur la partie antérieure du même lobe. Parmi les troncs Pl 277. dont il est formé , les uns s’unissent à ceux du premier faisceau entre les lames du ligament suspenseur , les autres descendent dans la scissure du foie où ils se joignent aux vaisseaux profonds; quelques-uns longent le bord du foie, pour aller se réunir à ceux du second faisceau.
Les vaisseaux lymphatiques du lobe gauche du foie se rassemblent en trois faisceaux. Pl- 27; L un remonte dans le ligament suspenseur , et s’unit au premier faisceau du lobe droit.
Le second, formé par les vaisseaux de presque toute la surface du lobe gauche, se porte vers le ligament latéral gauche , où il se divise en deux portions. L’une descend entre le lobe de Spigel et la petite courbure de l’estomac pour gagner des ganglions voisins ; l’autre se porte à gauche sur la face inférieure de l’estomac, et se réunit aux vaisseaux lymphatiques de la rate , près du grand cul-de-sac de l’estomac. Le troisième faisceau naît sur la partie postérieure du lobe gauche; il gagne le cardia , et se rend aux ganglions lymphatiques de la petite courbure de l’estomac.
Vaisseaux lymphatiques superficiels de la face concave ou inférieure du foie. Parmi ceux du Pl. 278. lobe droit , les uns viennent de la surface comprise entre la circonférence et la vésicule biliaire; ils se rendent dans les ganglions qui avoisinent la veine cave et l’aorte. Les autres nés sur la vésicule ou entre cet organe et le sillon longitudinal, se rassemblent en troncs considérables, qui se terminent dans les ganglions couchés derrière le duodénum. Ceux qui sortent de la surface du lobe gauche et du lobe de Spigel , se réunissent aux précédens ou aux vaisseaux lymphatiques profonds.
Les vaisseaux lymphatiques profonds du foie naissent des divers points de la substance de pi. cet organe. Accolés aux vaisseaux sanguins et aux conduits biliaires, ils sortent avec ces derniers par la scissure , et, se réunissant autour du lobe de Spigel , ils pénètrent dans l’épiploon gastro-hépatique pour se rendre aux ganglions situés le long de la petite courbure de l'estomac ou près de l’artère cœliaque.
2° Du canal thorachique.
Le canal thorachique auquel viennent se rendre tous les vaisseaux lymphatiques décrits pi. 2-9. jusqu’ici , commence sur le corps de la seconde ou de la troisième vertèbre lombaire par la réunion successive de cinq ou six branches volumineuses qui sortent des divers plexus de l’abdomen ; il offre à son origine une dilatation plus ou moins considérable , qu’on a nommée réservoir de Pecquet. Placé à sa naissance derrière l’aorte , le canal thorachique
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pénètre clans la poitrine par l’ouverture aortique du diaphragme, à gauche de cette artère, à droite de la veine azygos, et il monte dans le médiastin en se rétrécissant successivement. Parvenu à la troisième vertèbre dorsale, il se dilate sensiblement, se porte un peu à gauche, et remonte derrière l’aorte , jusqu’au niveau de l’artère sous-clavière gauche , au côté interne de laquelle il est appuyé sur le muscle long du cou ; après quoi, se dirigeant en de- Pl. 281. dans et en bas, il passe derrière l’artère thyroïdienne inférieure et la veine jugulaire interne, et va s’ouvrir près de l’embouchure de cette dernière, à la partie postérieure de la veine sous-clavière gauche , par un orifice garni intérieurement de deux valvules.
Pi . 290, lig 1. U est assez rare de trouver le canal thorachique droit dans toute son étendue : presque toujours il est très-flexueux ; souvent aussi il se divise en plusieurs branches qui laissent entre elles des intervalles plus ou moins considérables, et se réunissent ensuite. On le voit assez fréquemment se bifurquer près de sa terminaison , et dans ce cas, une de ces branches va quelquefois s’ouvrir dans la veine sous-clavière droite.
Pi. 279 Pendant son trajet dans la poitrine , le canal thorachique reçoit 1° plusieurs vaisseaux
qui proviennent du foie , des glanglions lymphatiques cœliaques , et qui passent par l’ouverture aortique du diaphragme ; 2° les vaisseaux lymphatiques intercostaux : ceux-ci , nés des muscles extérieurs du thorax et intercostaux, après avoir traversé plusieurs ganglions logés entre les deux couches de ces derniers , gagnent les parties latérales de la colonne vertébrale ; là ils s’unissent à d’autres lymphatiques qui sortent du canal rachidien et des muscles du dos , traversent les ganglions environnans pour former des plexus au devant du corps des vertèbres , et viennent s’ouvrir obliquement , de haut en bas , dans le canal thoracique ; 3° enfin le canal thoracique reçoit un grand nombre de vaisseaux lymphatiques qui viennent de la plèvre , du médiastin postérieur, du diaphragme , et qui se réunissent aux précédens.
3° Des vaisseaux lymphatiques qui aboutissent en partie au canal thorachique , et en partie aux troncs particuliers ouverts dans les veines sous-clavières et jugulaires internes.
A. Des vaisseaux lymphatiques des poumons.
Les vaisseaux lymphatiques superficiels forment, entre la plèvre et les poumons , des réseaux de figures variées, desquels naissent des troncs qui se rendent aux ganglions places
autour des bronches à leur entrée dans ces organes.
Les vaisseaux lymphatiques profonds , nés dans les lobules pulmonaires , se portent vers les ganglions bronchiques , où ils se confondent avec les précédens. Ainsi reunis , les vaisseaux lymphatiques pulmonaires remontent sur la trachée-artère , où , après s etre divises dans de nouveaux ganglions, ils donnent naissance à des troncs, dont les uns traversent de petits ganglions situés sur la partie supérieure de la trachée, pour se reunir ensuite et a er s’ouvrir dans la grande veine lymphatique droite. Les autres , plus nombreux , traversent également des ganglions trachéaux , au-delà desquels ils se réunissent en deux troncs, lesquels se réfléchissent obliquement à gauche pour se jeter dans le canal thoracique ou c ans les veines jugulaire interne et sous-clavière du même côté.
Fl. 281.
B. Des vaisseaux lymphatiques sous-sternaux , diaphragmatiques , cardiaques , thymiques
et œsophagiens.
Les vaisseaux lymphatiques sous-sternaux proviennent de la moitié sus ombilicale de la Pi. 286, fig. 1. paroi antérieure de l'abdomen. Ils pénètrent dans la poitrine, entre le diaphragme et l’appendice xiphoïde , remontent avec la veine mammaire interne en traversant plusieurs ganglions et en formant des plexus , et ils se réunissent en troncs de plus en plus volumineux. Un de ces troncs se porte à gauche, croise la direction de la veine sous-clavière , et après avoir traversé les ganglions jugulaires inférieurs , va s’ouvrir dans le canal thoracique. Les autres se rendent dans les veines sous-clavière et jugulaire interne droites. PI. 286 tig. 1
Vaisseaux lymphatiques du diaphragme. Un assez grand nombre de ces vaisseaux sont confondus avec les vaisseaux lymphatiques intercostaux et hépatiques; les autres forment, par leur réunion , plusieurs troncs qui se portent en avant sur la face supérieure du diaphragme, traversent les ganglions inférieurs du médiastin, et se réunissent derrière le sternum avec les vaisseaux lymphatiques précédens.
Les vaisseaux lymphatiques du thymus et du péricarde se joignent aux vaisseaux lymphatiques sous-sternaux et pulmonaires.
Vaisseaux lymphatiques du cœur. Nés sur toute l’étendue du cœur, mais surtout vers son pi 286, ti^.i sommet , ils accompagnent les vaisseaux coronaires , et se réunissent en deux troncs. L’un marche le long de l’artère coronaire droite, se porte sur la partie antérieure de l’aorte, et, se réfléchissant à gauche , va s’ouvrir dans la part ie supérieure du canal thoracique. L’autre , plus volumineux, passe obliquement entre l’aorte cl l’artère pulmonaire, traverse plusieurs ganglions , et se rend également au canal thoracique ou aux veines sous-clavière et jugulaire interne. Ce dernier se divise Quelquefois en trois ou quatre branches au moment de se terminer.
Plusieurs vaisseaux lymphatiques du cœur s’unissent séparément à ceux des poumons.
Les vaisseaux lymphatiques de l' œsophage entourent ce conduit en forme de plexus. Ils s anastomosent avec ceux du cœur et des poumons , et se rendent aux ganglions couchés au devant de la colonne vertébrale.
C. Des vaisseaux lymphatiques superficiels des membres supérieurs.
Nés d’un grand nombre de racines qui entourent les doigts et paraissent plus nom- pi 2.S3-, lis- 1, breuses sur leur face dorsale , ces vaisseaux s’unissent en faisceaux sur les parties latérales de chacun d’eux. Parvenus sur le métacarpe, ils forment, par leur réunion, plusieurs troncs qui montent sur la face postérieure de l’avant-bras , et augmentent successivement de volume en recevant des vaisseaux nés dans cette région. Près de l’articulation humérocubitale , ils se portent à la face interne, puis à la face antérieure de l’avanl-bras ; ils se joignent à d’autres troncs qui viennent des faces palmaires de la main et de l’avant-bras le long des veines sous-cutanées , et, après avoir traversé un ou deux ganglions situés au pli du coude , ils montent sur la face antérieure interne du bras pour aller se jeter dans Texte. 59
PI. 285, fig. 2,
PI. 285, lig. 3
* PI. 286, fig.
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les ganglions axillaires et sous-claviers. Dans la dernière partie de leur trajet ces vaisseaux augmentent encore de volume, soit par leur réunion et leurs anastomoses, soit par l’addition de nouvelles branches qui proviennent des parties superficielles du bras. Quelques-uns de ces vaisseaux accompagnent la veine céphalique, traversent quelques ganglions situés au-dessous de la clavicule, et, après avoir formé dans cet endroit une espèce de plexus , se jettent dans les ganglions cervicaux inférieurs.
D. Des vaisseaux lymphatiques profonds des membres supérieurs.
Ces vaisseaux remontent le long des vaisseaux sanguins profonds du bras , autour desquels ils sont rassemblés en faisceaux. Ils s’anastomosent souvent avec les précédents, reçoivent, à la partie supérieure du bras , les petits troncs qui viennent des muscles pectoraux , et vont, comme les vaisseaux lymphatiques superficiels, se rendre aux ganglions axillaires.
E. Des vaisseaux lymphatiques de la paroi antérieure du thorax.
Les uns naissent sous les tégumens de l’abdomen et de la poitrine , se réunissent en troncs qui augmentent successivement de volume , et , se portant en dehors et en haut audevant du muscle grand pectoral , vont se terminer aux ganglions axillaires ; les autres proviennent des muscles grand et petit pectoraux et grand dentelé , et aboutissent également aux ganglions axillaires.
F. Des .vaisseaux lymphatiques superficiels du dos et de la région cervicale postérieure.
Les vaisseaux lymphatiques du cou naissent des tégumens de l’occiput et des parties latérales du cou. Ils descendent en dehors sur le muscle trapèze, passent sur l’épine de l’omoplate et sur le muscle deltoïde , et se rendent aux ganglions axillaires.
Vaisseaux lymphatiques du dos. Les supérieurs viennent de la peau et du muscle trapèze, et descendent en dehors sur le muscle sous-épineux, où ils traversent plusieurs ganglions, après quoi ils passent entre les muscles grand rond et grand dorsal , pour se jeter dans les ganglions de l’aisselle; les inférieurs proviennent du muscle grand dorsal, et, remontant sur son tendon , viennent se réunir aux supérieurs.
G. Des vaisseaux lymphatiques qui sortent des ganglions axillaires.
1. Les ganglions de l’aisselle , les vaisseaux qui s’y terminent et ceux qui les unissent , forment un plexus lymphatique considérable , d’où sortent trois ou quatre troncs qui accompagnent la veine sous-clavière jusqu’à son entrée dans la poitrine. Dans cet endroit, ceux du côté gauche se réunissent ordinairement en deux troncs très-volumineux , dont
l’un s’ouvre presque toujours dans la veine sous-clavière, et l’autre dans le canal thora- pj. 2~g cique. Ceux du côté droit se réunissent en un seul tronc très-court, mais très-considé- PI. 281, 288 rable, et connu sous le nom de grande veine lymphatique droite, laquelle va s’ouvrir dans 2S9’fi3- 1 2 1 angle forme par la reunion des veines jugulaire interne et sous-clavière correspondantes.
H. Des vaisseaux lymphatiques superficiels de la tète et de la fiace antérieure du cou.
Les vaisseaux lymphatiques épicraniens , étendus au-dessous de la peau du crâne, se ras- pi. 2sp semblent en trois ordres de faisceaux : 1 0 faisceaux occipitaux , qui se divisent dans les ganglions situés derrière l’apophyse mastoïde , pour aller s’unir ensuite aux vaisseaux lymphatiques superficiels de la face postérieure du cou; 2° faisceaux temporaux , lesquels I suivent le trajet des veines du même nom , et qui , après avoir traversé les ganglions parotidiens, se joignent aux lymphatiques superficiels de la face antérieure du cou; 3° faisceaux frontaux qui se rassemblent à l’angle interne des yeux , et se mêlent ensuite aux vaisseaux lymphatiques de la face.
Les vaisseaux lymphatiques superficiels de la face sont beaucoup plus nombreux que ceux Pi 2s j. du crâne; ils naissent de toute l’étendue de la face, descendent le long des vaisseaux faciaux ; quelques-uns d’entre eux traversent de petits ganglions situés sur le muscle buccinateur, mais ils passent tous à travers les ganglions qui existent vers le bord inférieur de la mâchoire et à la partie supérieure du cou. Là on observe de fréquentes anastomoses, soit entre eux , soit avec les vaisseaux lymphatiques profonds de la tête; puis ils se réunisj sent en trois ou quatre troncs , dont les uns descendent sur les côtés de la trachée artère , les autres le long des veines jugulaires interne et externe, ou à la partie postérieure du cou, et reçoivent les lymphatiques de la glande thyroïde et des muscles du cou.
Les vaisseaux lymphatiques superficiels et antérieurs du cou forment un plexus dont les Pi. 284. branches accompagnent les veines sous-cutanées du cou , et se réunissent ensuite en deux ou trois troncs qui se jettent, ceux du côté gauche, dans le canal thoracique, ceux du I côté droit, dans la grande veine lymphatique droite.