DEVELOPPEMENT DE LA TETE
La tete différé non-seulement pour le volume , mais aussi pour la forme et les rapports dans lesquels se trouvent entre elles ses différentes parties aux diverses époques de la vie.
Dans l’embryon , la tête forme d’abord une espèce de vésicule ovale qui fait une grande partie du corps ; à cette époque les parois du crâne sont minces , membraneuses , et la duremcre semble confondue avec le périoste et les tégumens. On voit ensuite paraître les points osseux , d abord à la base, qui s’ossifie la première, puis sur différentes parties de la voûte.
Ces points ne s’étendent que lentement; ils restent long-temps isolés les uns des autres par des espaces membraneux qui vont toujours en diminuant, à mesure que l’ossification s’opère :
on voit souvent paraître au milieu de ces espaces de petits noyaux osseux séparés qui doivent lormer les os wormiens. ru
, Le tTane; examine a la naissance, a sa base presque entièrement ossifiée , à l’exception «.es parties les plus saillantes , les plus éloignées , par conséquent des centres primitifs d’ossihcation , comme la lame carrée du sphénoïde, les apophyses clinoïdes ; la région ethmoïdale est egalement peu développée , alors on n’observe aucune trace de sutures à la voûte.
reste entre chaque os un espace occupé par une membrane composée de deux lames; de ces lames , 1 une recouvre l’os en dehors , et l’autre en dedans , de sorte qu’il est réellement contenu et se développe dans leur intervalle. La circonférence de chaque os est hérissée de
MANUEL
PI. i-
PI i
. fis. 6.
fig.
fig. 5,
dentelures «rès-aigués , de longueur différente , qui ne sont que les extrémités inégales des ravons osseux qui se portent en divergeant du centre a la circonférence. Les angles d un os plat étant les points les plus éloignés de son centre , les rayons osseux ne peuvent y arr.ver nue tard ; aussi , dans les endroits où plusieurs de ces angles se reunissent , il reste des espaces membraneux considérables , que Ion a désignés sous le nom de. fontanelles , et qui sont au nombre de six: deux en haut sur la ligne médiane, et deux en bas de chaque
Des deux fontanelles supérieure, , l’antérieure se rencontre a la reunion des pariétaux avec les deux pièces du coronal. Elle a la forme d'un losange , dont l’angle anterieur serait fort allongé. La postérieure est beaucoup plus petite ; elle est triangulaire , et se trouve entre l’angle supérieur de l'occipital et les deux pariétaux. Les deux fontanelle, lalerale, sont petites et très-irrégulières ; l’une est antérieure : elle est placée dans a fosse temporale , a l’endroit où doivent se réunir le coronal , le sphénoïde elle pariétal; 1 autre est postérieure et située à l'extrémité inférieure de la suture lambdoïde ; elle séparé le par, eu , 1 occipital et le temporal. A mesure que les os du crâne se développent , ils s’élargissent; a la voûte , leurs bords correspondons se rapprochent , et les sutures se forment par leur juxta-pos.t.on ou par la pénétration , l’entrecroisement réciproque des dentelures qu ils présentent.
Peu de temps après la naissance , le crâne est très-mince ; ses parois sont flexibles ; les os de la voûte n’offrent qu’une seule lame ; plus tard seulement , en augmentant d épaisseur, ils se séparent en deux tables par le développement du tissu celluleux qui se fait dans leur
intérieur. * •
Dans l’âge adulte, le crâne, qui jusque-là avait crû spécialement en largeur, ayant acquis
toute sa capacité , continue de croître en épaisseur ; les sutures deviennent de plus en plus étroites et serrées ; la substance fibreuse qui reste .dans leur épaisseur , envahie chez le vieillard par le phosphate de chaux, finit par disparaître ; les sutures s’effacent, d abord au dedans du crâne , puis à l’extérieur : les os se sondent les uns avec les autres et tout le crâne finirait par ne plus former qu’une seule pièce , si la mort ne prévenait ce phenomene.
Chez le fœtus , la partie supérieure du crâne est très-développee relativement a la face. Celle-ci est plus large en haut qu’en bas ; elle a peu de hauteur, araison du peu de développement des mâchoires et de l’absence des dents ; les orbites sont a ors très-grands ; les os sus-maxillaires offrent à peine la trace de leur sinus, ont leur bord alvéolaire arron i , e presque confondu avec la base des orbites. La mâchoire inférieure est arrondie dans son corps , et son étendue de haut en bas est moindre qu’après la sortie des dents époque a laquelle elle s’allonge et s’aplatit : la région gutturale de la face présente aussi chez le fœtus très-peu de hauteur et une obliquité remarquable. Sur les côtés , la branche de la mâchoire inférieure est très-oblique , et presque dans la direction du corps de 1 os. ,
A la naissance , la tête du fœtus a la forme d’un ovoïde irrégulier, auquel on a distingue plusieurs diamètres importuns à connaître pour la pratique des accouchemens. De c mètres , l’un est ocxipito-frontal ; il s’étend de l’occipital au front ; il a quatre pouces trois lignes. Un autre est bi-pariélal ou transverse ; il se porte de 1 un des par létaux °
pondant , et a trois pouces quatre lignes. Un troisième est occipùo-menlonnier, et s etend de
la partie supérieure de l’occiput au menton. Il a cinq pouces. , ,
A mesure qu’on avance en âge , le crâne croit moins en pioportion que a ace ;
loppement des fosses nasales , du sinus maxillaire , l’éruption des dents, l’aplatissement et l’allongement des os maxillaires , le redressement des branches de la mâchoire , agrandissent sui tout le diamcti e vertical de la tete a sa partie anterieure. Ea tête éprouvé de grands changemens chez le vieillard : les éminences sourcilières , la bosse nasale , deviennent plus Ph prononcées ; la région faciale diminue dans son diamètre vertical par la chute des dents la disparition des alvéolés, et le resserrement des mâchoires. L’os maxillaire supérieur se rétrécit au niveau de son bord alvéolaire, et se porte en dedans; l’os maxillaire inférieur se déjette en devant par sa partie inférieure , et ordinairement embrasse, dans l’arc qu’il représente, la mâchoire supérieure , de sorte que les bords alvéolaires de ces os ne peuvent plus se rencontrer, et que la mastication devient presque impossible. Le menton s’allonge se rapproche du nez , qu’il peut même toucher.