‹ Manuel d'anatomie déscriptive du corps humain représentée en planches lithographiées (volume 4)Chapitre 72 sur 279 · A. ARTICULATION DU CORPS DES VERTEBRES · texte numérisé non relu

A. ARTICULATION DU CORPS DES VERTEBRES

Ligament vertébral antérieur. Il occupe la partie antérieure du corps des vertèbres, depuis la seconde jusqu’à la partie supérieure du sacrum, sous la forme dune longue bande fibreuse , apiatie , d’un aspect nacré et brillant. Etroit et mince au cou , il s’élargit et devient plus épais dans la région dorsale et dans la région lombaire : dans cette dernière , il est fortifié par les piliers du diaphragme. Sa face antérieure est recouverte successivement par les organes situés profondément au cou , dans la poitrine et l’abdomen. Sa face postérieure est appliquée sur le corps des vertèbres et sur les fibro-cartilages inter-articulaires auxquels il est fort adhérent. Sur ses côtés on trouve , au cou et au niveau de chaque articulation , un faisceau fibreux oblique , qui se porte de la vertèbre supérieure à celle qui est au-dessous. Les fibres du ligament vertébral antérieur sont longitudinales et laissent entre elles de petits intervalles pour le passage de vaisseaux ; les unes sont superficielles et plus longues , les autres profondes et plus courtes. Ce ligament retient en avant le corps des vertèbres ,* et s’oppose au mouvement d’extension forcée de la colonne vertébrale.

Ligament vertébral postérieur. Il est placé derrière le corps des vertèbres , depuis la seconde, au niveau de laquelle il se confond avec le ligament occipito-axoïdien , jusqu au sacrum, sur lequel il se termine insensiblement. Il a la forme d’une longue bande, plus étroite au dos qu’au cou et aux lombes, et comme étranglée de distance en distance, parce que le ruban fibreux , qui le constitue , se rétrécit au niveau du corps de chaque verte re, et se dilate derrière chaque fibro-caftilage. Il est d’une texture serrée ; sa face postérieure est polie , nacrée , comme aponévrotique ; elle correspond au canal vertébral et a la membrane fibreuse de la moelle épinière ; sa face antérieure adhère au corps des verlebres et

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encore davantage aux fibro-cartilages. Ce ligament est formé de fibres longitudinales , les unes profondes et plus courtes , les autres superficielles et plus longues. 11 retient en arrière les corps des vertèbres , et sert à borner les mouvemens de flexion de la colonne vertébrale.

Fibro-cartilages intervertébraux . Ce sont des espèces de coussins fibro-cartilagineux souples et élastiques, placés entre les corps des vertèbres, depuis l’intervalle qui sépare la seconde. de la troisième, jusqu’à celui qui existe entre la dernière et le sacrum. Leur forme correspond exactement dans chaque région , à celle du corps des vertèbres , entre lesquelles ils se trouvent. Ils vont en diminuant d’épaisseur depuis la région cervicale, où ils sont fort minces, jusqu’à la région lombaire, où ils sont très-épais. Au cou et aux lombes, ils sont plus épais en avant qu’en arrière. Le contraire a lieu dans la région dorsale.

Par leurs faces supérieure et inférieure ils adhèrent très-intimement aux surfaces correspondantes des vertèbres ; leur circonférence correspond en avant au ligament vertébral antérieur, et en arrière au ligament vertébral postérieur ; sur les côtés , elle fait partie au dos, des petites cavités qui reçoivent la tête des côtes. Les fibro-cartilages intervertébraux sont formés dans leur contour, par des fibres ligamenteuses très-fortes, représentant des plans membraneux, superposés et croisés dans leur direction , de telle sorte que chaque faisceau descend obliquement de la vertèbre qui est au-dessus à celle qui est au-dessous, en croisant ,à angles plus ou moins aigus , les faisceaux sous-jacens. Il résulte de cette admirable disposition , que ces fibres ligamenteuses , sans être très-extensibles , donnent une extrême souplesse à la colonne vertébrale. Quand celte tige osseuse est portée dans l’extension, ces fibres se redressent et tendent à devenir verticales, par l’écartement de la partie antérieure des corps des deux vertèbres auxquelles elles s’insèrent; lorsqu’au contraire les corps de deux vertèbres contiguës se rapprochent, pendant la flexion, elles se couchent et tendent à devenir horizontales. Ces mouvemens de redressement et de dépression des fibres intervertébrales se passent en sens inverse, comme on le conçoit aisément, à la partie antérieure et à la partie postérieure du corps des vertèbres, pendant l’extension et la flexion de la colonne vertébrale. La direction oblique , en sens inverses, de ces mêmes plans de fibres, borne également les mouvemens de torsion de la colonne vertébrale, qu’ils aient lieu de gauche à droite, ou de droite à gauche.

Ces fibres , plus rares en arrière qu’en avant , laissent entre elles des intervalles plus larges à mesure qu’on s’approche du centre de chaque fibro-cartilage. On trouve dans ces intervalles une substance molle, pulpeuse, homogène, visqueuse, placée dans le tissu fibreux , et entourant, d’après M. Pailloux , une capsule synoviale irrégulière.. Quand on coupe horizontalement les fibro-cartilages, et qu’on les trempe dans l’eau, chaque portion s’imbibe du liquide , se renfle, et prend une forme conique.

PI. 5o. fïg

PI. 5o. fig.

PI. 5o. Kig.

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