‹ Manuel d'anatomie descriptive du corps humain. Représentée en planches lithographiéesChapitre 127 sur 181 · DE L'ORGANE DE LA VISION, OU DE L'OEIL ET DE SES DÉPENDANCES · texte numérisé non relu

DE L'ORGANE DE LA VISION, OU DE L'OEIL ET DE SES DÉPENDANCES

Placés dans les cavités orbitaires, les yeux sont entourés de parties qui les jjrotègcnt , les garantissent de l'action des corps extérieurs , et servent à leurs mouvemens ; ces organes accessoires constituent leurs dépendances. Nous allons d'abord les faire connaître; ce sont les sourcils , les paupières , la glande et les voies lacrymales.

1° Des sourcils.

Les sourcils, dont la saillie , la largeur, l'épaisseur, varient suivant les individus, sont pLiSg.n deux éminences arquées, placées au-dessus des paupières, depuis la racine du nez jus- 2, 3, { qu'aux tempes. Convexes en haut, concaves en bas, ils reposent sur l'arcade sourcilière du coronal. Leur extrémité interne ou leur tùe est plus saillante et plus épaisse que l'externe ou leur queue.

Les sourcils sont garnis de poils courts et roides, plus longs en dedans qu'en dehors , obliquement dirigés dans ce dernier sens , et ayant ordinairement la même teinte que les cheveux. La peau dans laquelle sont implantés les bulbes de ces poils est assez épaisse, et repose, par l'intermède d'une couche de tissu cellulaire graisseux, sur les muscles frontal, orbiculaire des paupières et sourciller.

Les nerfs des sourcils viennent des nerfs frontal et facial. Leurs artères viennent de l'ophtlialmique et de la temporale ; leurs veines se rendent dans les troncs veineux correspondans.

2° Des paupières.

Fl. iSQ.fJg. 1, Espèces de voiles mobiles placés au-devant de l'œil, destinés à protéger cet organe, à ' ^' le soustraire au contact de la lumière et des corps extérieurs par leur occlusion , les paupières sont distinguées en supérieure et en inférieure : la première est séparée du front par le sourcil; la seconde se confond en bas avec la joue.

La paupière supérieure, plus large et plus mobile que l'inférieure, descend au-dessous du diamètre transversal de l'œil. Convexes en avant, concaves en arrière, pour s'accommoder à la forme du globe de l'œil sur lequel elles reposent , les deux paupières présen-

Pl. i3i). fig. 3. lent, sur leur face antérieure , des rides transversales qui disparaissent en grande partie lorsqu'elles sont fermées.

Les bords libres des deux paupières, dirigés en bas pour la supérieure , en haut pour l'inférieure , éloignés l'un de l'autre ou immédiatement en contact , suivant que l'œil est

Pl. i4i,fig. I, ouvert ou fermé, sont taillés en biseau sur leur face interne , de sorte qu'ils forment par ^' ^' leur rapprochement un canal triangulaire dont la paroi postérieure est constituée par le

globe de l'œil. Ce canal, plus large en dedans qu'en dehors, sert à conduire les larmes vers les points lacrymaux pendant le sommeil.

Ces bords se réunissent aux extrémités du diamètre transversal de l'œil, en formant deux angles, l'un interne, plus ouvert, appelé \& grand angle de l'œil; l'autre externe, plus petit, nommé le petit angle. En dehors de ce dernier on voit quelques rides qui se dirigent en rayonnant vers la tempe.

Pl. ijg.fig. I. Les bords libres des paupières sont minces , arrondis , et comme excavés dans l'étendue de deux ou trois lignes vers le grand angle , endroit où ils correspondent à la caroncule lacrymale. Au moment où ils commencent à être épais et taillés en biseau , ils offrent un

Pl. iSg.fig.i, petit tubercule, au centre duquel on voit l'orifice des conduits lacrymaux. Dans le reste de leur étendue ils présentent une série de petites ouvertures qui sont les orifices des

Pi i39 G-'. 5 follicules palpébraux, et plus en avant , près de la peau , une série de poils qu'on appelle les cils.

Pi. iSg, fig. i Les cils sont des poils durs qui garnissent le bord libre de l'une et l'autre paupières ; a, 3,4,6,7. jig sont plus nombreux, plus forts et plus longs à la supérieure qu'à l'inférieure;

ils sont aussi plus prononcés vers la partie moyenne de ces voiles mobiles que vers leurs extrémités ; ils manquent entièrement entre l'angle interne de l'œil et les orifices des conduits lacrymaux , et sont implantés sur deux ou trois rangs. Ceux de la paupière supérieure sont recourbés en haut, et ceux de l'inférieure en bas, de sorte qu'ils se touchent par leur convexité sans se croiser et sans pouvoir se mêler pendant l'occlusion de l'œil.

Organisation des paupières.

Les parties qui entrent dans la composition des paupières sont la peau , des fibres musculaires, une membrane fibreuse, une membrane muqueuse, deux fibro-cartllages , des follicules sébacés, des vaisseaux et des nerfs.

1° La peau des paupières est très-fine et demi - transparente , surtout vers leurs bords libres. Elle est unie à la couche musculaire par un tissu cellulaire lamelleux , lâche , qui ne contient jamais de graisse.

2° La couche musculeuse des paupières est formée par le muscle orbiculaire. La supé- P].î39,flg.i3, rieure reçoit en outre l'expansion fibreuse de son muscle élévateur.

3° La. membrane fibreuse des paupières, située au-dessous de la couche musculeuse , n'existe que vers leur partie externe : la portion de cette membrane , qui appartient à la paupière supérieure , reçoit ordinairement une lame fibreuse qui se détache de l'arcade orbitaire, et se trouve placée entre le muscle palpébral et l'expansion aponévrotique de l'élévateur de la paupière supérieure ; celle de la paupière inférieure est immédiatement recouverte en arrière par la conjonctive. Ces deux portions entrecroisent leurs fibres vers la partie externe de la cavité orbitaire, à laquelle elles se fixent. En dedans elles se changent insensiblement en tissu cellulaire. L'expansion aponévrotique du muscle élévateur de la paupière supérieure forme , à cette dernière , une seconde couche fibreuse dont les fibres croisent la direction des précédentes.

4° Les Jibro-carlilages tarses sont deux petites lames cartilagineuses, élastiques, jau- PI.142 fî".io. nàtres , situées dans l'épaisseur des paupières, vers leurs bords libres, au même niveau que la membrane fibreuse. Celui de la paupière supérieure est plus large et plus long que celui de l'inférieure. Chacun s'attache en dedans à la branche correspondante de la bifurcation du tendon du muscle orbiculaire , et se termine en dehors au point de jonction des deux plans fibreux. Plus larges et plus épais à leur milieu qu'à leurs extrémités, ils sont convexes en avant, concaves en arrière, recouverts dans le premier sens par la couche musculeuse , et dans le second par la conjonctive. En arrière , ils sont creusés de sillons verticaux qui logent les glandes de Meïbomius. Leur bord libre, taillé en biseau, est beaucoup plus épais que leur bord adhérent. Celui-ci est mince, courbé , donne insertion à la courbe fibreuse , et, déplus, celui du cartilage tarse supérieur, à l'aponévrose de PLifi, fig.3. l'élévateur de la paupière correspondante.

5° Les Jollicules ciliaires ou glandes de Meïbomius sont de véritables follicules sébacés pj ,3,^ f, très-allongés, logés dans les sillons de la face postérieure des cartilages tarses , au-dessous '3. de la membrane conjonctive. Rangés les uns à côté des autres, ils représentent des lignes jaunâtres, verticales, droites ou flexueuses , quelquefois ramifiées, plus nombreuses, plus longues et plus grosses à la paupière supérieure qu'à l'inférieure. Il n'y en a qu'une vingtaine à cette dernière, tandis qu'on en compte trente à quarante à la première. Les follicules ciliaires sont plus longs et moins larges vers le milieu des paupières qu'à leurs extrémités. Ils communiquent quelquefois les uns avec les autres, et s'ouvrent, par des orifices très-étroits, sur le bord libre de l'une et l'autre paupière , en arrière de l'insertion

des cils. Ces follicules sécrètent une humeur grasse, onctueuse, qu'on nomme chassie, et qui lubréfie le bord libre des paupières. ^ ^',3*'^' 6° Membrane muqueuse des paupières. Les paupières sont revêtues en arrière par une Pl.t ii,fig.i3. portion de la conjonctive , membrane muqueuse très fine, demi-transparente, qui leur est commune avec le globe de l'œil. La conjonctive se continue avec la peau sur le bord libre des paupières, au niveau des cils. Partie du bord libre de la paupière supérieure, oti elle est percée par les orifices des follicules ciliaires , elle fournit un prolongement dans le conduit lacrymal supérieur, se porte derrière le fibro-cartilage tarse supérieur, le revêt ainsi que l'aponévrose du muscle élévateur, et se réfléchit sur la partie antérieure du globe de l'œil , en formant un cul-de-sac assez profond entre cet organe et la paupière ; elle l'ecouvre ensuite la partie antérieure et supérieure de la sclérotique, la cornée, la partie antérieure et inférieure de la première de ces membranes, et gagne la face postérieure de la paupière inférieure, en formant, entre elle et le globe de l'œil, un nouveau cul-de-sac moins profond que le précédent. Sur le bord libre de la paupière inférieure , elle envoie un prolongement dans le conduit lacrymal inférieur , et se continue ainsi avec la membrane muqueuse des fosses nasales. Sur la partie interne du globe de l'œil, elle forme un repli semi-lunaire , dont la cavité regarde en dehors , et que , mal à propos , on a nommé membrane clignotante. La membrane conjonctive est unie aux paupières et au globe de l'œil par un tissu cellulaire blanchâtre, très-serré , lequel est beaucoup plus lâche au niveau des deux culs-de-sac et de la partie interne et externe de l'œil. Sa face externe est polie, non villeuse , habituellement humectée ; elle renferme beaucoup de vaisseaux capillaires sanguins qui viennent des vaisseaux ophthalmiques : au niveau de la cornée elle est extrêmement mince, tout-à-fait diaphane, et ne reçoit pas visiblement de vaisseaux sanguins dans cet endroit. Dans quelques inflammations de l'œil , ces vaisseaux deviennent trèsapparens.

7° Vaisseaux des paupières. Les artères qui se distribuent aux paupières viennent de l'ophthalmique, de la sous-orbitaire , de la temporale et de la faciale. Les veines palpébraies ont à peu près la même distribution, et s'ouvrent dans les troncs correspondans. Les vaisseaux lymphatiques y sont fort nombreux , et se rendent dans les ganglions placés sur la glande parotide et près de l'angle de la mâchoire.

8° Nerfs des paupières. Ils viennent surtout des nerfs lacrymal, facial, sous-orbitaire , frontal et nasal.

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