‹ Manuel d'anatomie descriptive du corps humain. Représentée en planches lithographiéesChapitre 16 sur 181 · IV. DÉVELOPPE M EN I DUCKA NE · texte numérisé non relu

IV. DÉVELOPPE M EN I DUCKA NE

Dans l'embryon , la tète forme d'abord mie espèce de vésicule ovale qui fait une grande partie du corps ; à cette époque les parois du crâne sont minces, membraneuses, et la duremère semble confondue avec le périoste et les tégumens. On voit ensuite paraître les points osseux , d'abord à la base , qui s'ossifie la première , puis sur les différentes parties de la voûte. Ces points ne s'étendent que lentement ; ils restent long-temps isolés les uns des autres, par des espaces membraneux c[ui vont toujours en diminuant , à mesure c[ue l'ossification s'opère : on voit souvent paraître au milieu de ces espaces de petits noyaux osseux séparés qui doivent former les os wormiens.

Le crâne , examiné à la naissance , a sa base presque entièrement ossifiée , à l'exception des parties les plus saillantes , les plus éloignées , par conséquent , des centres primitifs d'ossification , comme la lame carrée du sphénoïde , les apophyses clinoïdes ; la région éthmoïdale est également peu développée : alors on n'observe aucune trace de sutures à la voûte. Il reste entre chaque os un espace occupé par une membrane composée de deux lames ; de ces lames, l'une recouvre l'os en dehors , et l'autre en dedans , de sorte cju'il est réellement contenu et se développe dans leur intervalle ; la circonférence de chacpie os est hérissée de dentelures très-aiguës , de longueur différente , qui ne sont que les extrémités inégales des rayons osseux qui se portent en divergeant du centre à la circonférence. Les angles d'un os plat étant les points les plus éloignés de son centre , les rayons osseux ne peuvent y arriver que tard ; aussi dans les endroits où plusieurs de ces angles se réunissent , il reste des espaces membraneux considérables , que l'on a désignés sous le nom de fontanelles , et qui sont au nombre de six : deux en haut sur la ligne médiane , et deux en bas de chaque côté.

Des deux fontanelles supérieures , l'antérieure se rencontre à la réunion des pariétaux avec Pl. l'-j. fig. les deux pièces du coronal. Elle a la forme d'un losange dont l'angle antérieur serait fort alongé. La postérieure est beaucoup plus petite ; elle est triangulaire , et se trouve entre l'angle supérieur de l'occipital et les deux pariétaux. Les deux fontanelles latérales sont petites et très-ir régulières ; l'une est antérieure : elle est placée dans la fosse temporale , à PI 17. Cg. l'endroit où doivent se réunir le coronal, le sphénoïde et le pariétal. L'autre est postérieure , et située à l'extrémité inférieure de la suture lambdoïde ; elle sépare le pariétal , l'occipital et le temporal. A mesure que les os du crâne se développent , ils s'élargissent ; leurs bords correspondans se rapprochent , et les sutures se forment par leur juxtaposition ou par la pénétration , l'entrecroisement réciproque des dentelures qu'ils présentent.

Peu de temps après la naissance , le crâne est très-mince ; ses parois sont flexibles ; les os de la voûte n'offrent qu'une seule lame: plus tard seulement , en augmentant d'épaisseur, ils se séparent en deux tables par le développement du tissu celluleux qui se fait dans leur intérieur.

Pl. 7. fig. 1, Dans l'âge adulte , le crâne, qui jusque-là avoit crû spécialement en largeur, ayant acquis ^ ' ^' toute sa capacité , continue de croître en épaisseur ; les sutures deviennent de plus en plus étroites et serrées ; la substance fibreuse qui reste dans leur épaisseur , envahie chez le vieillard par le phosphate de chaux, finit par disparaître; les sutures s'effacent, d'abord au-dedans du crâne , puis à l'extérieur ; les os se soudent les uns avec les autres ,

Pl. 18. fig. 1. et tout le crâne finirait par ne plus former qu'une seule pièce , si la mort ne prévenait ce phénomène.

Page 1