DE LA STRUCTURE DES DENTS
Les dents présentent à l'intéi'ieur une cavité proportionnée à leur volume et accommodée à leur forme ; cette cavité , plus large dans le corps de la dent , se continue par un ou plusieurs prolongemens à travers les racines , pour s'ouvrir à l'extérieur par de petits
Pl. i ^.fii;. -.5. trous dont le nombre égale celui de ces racines. Les dents sont formées d'un noyau très- ' ' dur qu'on appelle la portion osseuse ou Vivoire, et recouvertes à leur couronne par une substance blanche qu'on nomme \ émail. L'ivoire forme la racine , le collet , et la plus grande partie de la couronne. Cette substance ne présente aucune trace de vaisseaux. Elle est d'un blanc-jaunâtre , très-compacte , et paraît formée de lames superposées , emboîtées les unes dans les autres, mais qui sont tellement adhérentes qu'on ne peut les
Pl. i2.fig. i3, isoler. L'émail est d'un blanc éclatant ; il forme sur toute la couronne une couche plus )4, î5, 16. épaisse en dehors et vers le sommet qu'en dedans , et qui, vers le collet , devient de plus en plus mince et disparaît au niveau de la racine. La subs tance émailleuse est bien évidemment formée de fibres radiées , très-serrées , dont une extrémité est implantée perpendiculairement sur la portion osseuse , tandis que l'autre est extérieure et libre , comme les fdamens du velours sont fixés sur leur trame commune. Ces fibres sont soyeuses , chatoyantes , intimement unies entre elles par leurs côtés. C'est leur longueur qui détermine l'épaisseur de la couche émailleuse; on les voit très-facilement sur une dent cassée. Quand
PI lî fi" i5 on brûle une dent , l'émail reste blanc, et la portion osseuse s'en distingue facilement par sa couleur noire.
Les dents contiennent proportionnellement une plus grande quantité de phosphate de chaux que les autres os ; quand on les soumet à l'action d'un acide , l'ivoire laisse un parenchyme compacte , sans aspect fibreux ni aréolaire ; l'émail ne laisse pas de résidu. Pl. i4. fi^. 4. Dans la cavité des dents, on trouve la pulpe dentaire, organe mou, grisâtre, sorte de ganglion d'une sensibilité exquise , lequel se continue avec le pédicule vasculaire et nerveux qui entre par la racine , et dont il ne semble être qu'un épanouissement. La pulpe adhère assez fortement aux parois de la cavité dentaire ; quelques auteurs pensent qu'elle est enveloppée par une membrane particulière qui forme le périoste de cette cavité. On n'a jamais vu de vaisseaux en sortir pour pénétrer dans l'ivoire : elle reçoit beaucoup de sang , et ses vaisseaux paraissent se distribuer spécialement à sa surface.