DE LA COLONNE VERTÉBRALE EN GÉNÉRAL
La colonne vertébrale offre à peu près les mêmes dimensions chez tous les individus , et forme chez l'adulte environ les deux cinquièmes de la longueur totale du corps. Elle est un peu plus courte proportionnellement chez la femme que chez l'homme, ce qui fait que la ligne moyenne horizontale du corps correspond chez ce dernier au pubis , et chez la première un peu au-dessous.
Considérée d'ime manière générale , elle représente une grande pyramide dont la base est en bas et repose sur le sacrum, tandis que le sommet soutient la téte. Cette disposition pi f, est relative aux efforts qu'elle doit soutenir et qui sont d'autant plus considérables qu'on =
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l'examine plus bas. Son accroissement d'épaisseur de sa partie supérieure vers l'inférieure^ n'est point gradué également : elle semble résulter de la réunion de trois pyramides secondaires, dont l'inférieure a sa ba§e au sacrum et son sommet à la cinquième vertèbre dorsale ; celle-ci est aussi le sommet de la seconde pyramide qui est moyenne et dont la base répond à la première vertèbre dorsale : enfin le sommet de la troisième pyramide , qui est supérieure, se termine à la seconde vertèbre cervicale, laquelle est surmontée par l'atlas ; celle-ci a une largeur plus considérable que celle des autres vertèbres.
La région dorsale forme à peu près la moitié de la longueur totale de la colonne vertébrale ; la région cervicale un quart , et la région lombaire l'autre quart; cependant cette dernière est un peu plus longue que la précédente.
La colonne vertébrale n'est point droite , mais flexueu<^e ; suivant son diamètre antéropostérieur, elle a trois courbures principales : en avant, elle est convexe au cou, concave Pl. J2. fig. T. au dos, et de nouveau convexe aux lombes; en arrière elle présente trois courbures en sens opposé. Celte disposition tient manifestement aux différences d'épaisseur qu'offrent les corps des vertèbres et les fibro-cartilages intervertébraux , en avant et en arrière , dans les diverses régions du racliis. On observe également dans la région dorsale une légère courbure latérale dont la concavité est à gauche , et la convexité à droite.
La colonne vertébrale résulte de deux parties bien distinctes par leur structure et leurs usages : l'une antérieure très-solide , sert de support au tronc , est constituée par la portion la plus épaisse des vertèbres ou le corps: l'autre postérieure est un long canal osseux, qui Pl. j3. fig. 2. sert à loger la moelle épinière; elle est formée par la série d'anneaux que présentent en arrière les vertèbres placées les unes sur les autres.
La colonne vertébrale offre quatre faces , une base et un sommet.
La face antérieure est large et comme aplatie au cou ; elle se rétrécit au dos , et s'élargit de Pl. 22. fin. 1. nouveau aux lombes; elle présente une suite de gouttières transversales et superficielles, formées par la face antérieure du corps des vertèbres , et séparées par les espaces intervertébraux ; ceux-ci sont d'autant plus larges qu'ils sont plus inférieurs.
La face postérieure offre sur la ligne moyenne la rangée des apophyses épineuses , qui sont Pl. 27. fi". 2. horizontales au cou, inclinées et comme imbi'iquées au dos, et de nouveau horizontales aux lombes. Les intervalles qui les séparent sont plus larges dans les région cervicale et lombaire que dans la région dorsale. Les apophyses épineuses des vertèbres cervicales sont bifurquées ; celles des cinq dernières vertèbres dorsales diminuent de longueur, et deviennent de plus en plus horizontales. De chaque côté de la série des apophyses épineuses , on trouve les gouttières vertébrales , qui sont formées par les lames des vertèbres. Ces gouttières, larges et superficielles au cou, plus étroites et plus profondes dans les régions dorsale et lombaire, présentent une suite d'ouvertures, qui se trouvent entre les lames des vertèbres. Ces ouvertures, assez étroites au cou et surtout au dos , sont beaucoup plus larges dans la région lombaire : celle qui se trouve entre le grand arc de l'atlas et les lames de l'axis est fort étendue. Le dernier de ces espaces se trouve entre la cinquième vertèbre lombaire et la partie supérieure du canal sacré.
Les/ac« latérales de la colonne vertébrale offrent la série des apophyses transverses des î'-] 20 fi" T vertèbres, disposée de telle sorte, que celles des régions cervicale et lombaire sont placées sur un plan antérieur à celles de la région dorsale. Les apophyses Iransverses de la région
D'ANATOMIE DESCRIPTIVE. 65 cervicale se distinguent par le petit canal vertébral que forme la série des trous creusés à leur base , et celles de la région dorsale , parles facettes articulaires qu'elles présentent aux <côtes. Les apophyses transverses des vertèbres lombaires sont grêles et fort allongées ; elles vont en augmentant de longueur de la première jusqu'à la troisième , et en diminuant ensuite jusqu'à la cinquième , qui est la plus courte et la plus épaisse.
On voit entre les apophyses transverses au cou, et au-devant d'elles au dos et aux -lombes, une suite de trous qu'on nomme trous de conjugaison. Ils donnent passage aux nerfs pj ^„ ^. . vertébraux ; ils sont ovales et d'autant plus grands qu'on les examine plus inférieurement.
Derrière les trous de conjugaison on voit les articulations des apophyses articulaires des 23. iig vertèbres les unes avec les autres ; au-devant d'eux on observe, dans la région dorsale, les facettes qui reçoivent la téte des côtes.
La base du rachis , représentée par la dernière vertèbre lombaire, est coupée obliquement PI- aô. iig. pour s'unir au sacrum ; elle forme en avant avec cet os, un angle saillant nommé le promontoire ou \ angle sacro-vertébral.
Le sommet de la colonne vertébrale est articulé avec la téte , et forme avec elle deux angles droits latéraux.
'L'intérieur de la colonne vertébrale est occupé par un long canal qu'on nomme vertébral. Pl. 23. et qui communique en haut avec la cavité du crâne , et se continue en bas , avec le canal sacré. Ce canal suit les courbures de l'épine , et se trouve un peu plus près de sa partie postérieure que de l'antérieure. Large au cou et à la partie supérieure du dos, il se rétrécit vers le milieu de cette dernière région, pour s'élargir de nouveau aux lombes. Triangulaire en haut et en bas , il est arrondi au milieu. En avant il est formé par la partie postérieure du corps des vertèbres ; en arrière par les lames vertébrales ; sur les côtés , il offre les trous de conjugaison et la partie interne des apophyses articulaires , dont il est facile d'étudier la disposition, surtout de son côté. Ce canal loge la moelle épinière.
Il est peu de parties dans le squelette qui éprouvent des modifications plus marquées par les progrès successifs de l'ossification que la colonne vertébrale. Deux mois après la conception , elle forme la plus grande partie de la longueur du corps de l'embryon , et ne présente qu'une seule courbure peu prononcée , à concavité antérieure. A la naissance elle 2^3, est encore beaucoup plus longue, relativement aux autres parties, que dans les âges suivans. Son développement a lieu différemment en avant et en arrière : sa partie antérieure , formée par le corps de toutes les vertèbres , destinée à assurer la solidité du tronc , à lui servir de base, se développe dans sa totalité, à peu près comme le corps des os longs, c'est-à-dire que l'ossification commence vers le milieu de la région dorsale , et de là s'étend en haut et en bas vers les régions cervicale et lombaire , qui sont bien moins développées. Le canal qui est creusé dans sa partie postérieure, ayant des fonctions relatives au système nerveux , à la moelle épinière qu'il loge , son ossification est plus précoce que celle de la partie antérieure; elle s'opère de sa partie supérieure vers son extrémité inférieure, qui s'ossifie la dernière. Tout ce qui est relatif au canal vertébral est fort développé chez le fœtus à terme; les lames des vertèbres sont larges; les ti-ous de conjugaison très-grands; les apophyses épineuses sont cartilagineuses ; le corps des vertèbres est incomplètement ossifié, arrondi, et comme plongé dans une masse cartilagineuse ; il n'offre aucune solidité Texte, 9
pouKla station. Lçs ^pepby^s îransvergfi^ swt peu Bîftyquées mx len^bes, davaiïtage au dos pour soutenir les potes , §i as cou p*""^ hg&i^ Y^^Hère vertébrale.
La colonne vertébrale du fœtus np pqnstitiie psig, e©mine dçins l'adulte, u}ie pyramî<Je générale dont la base est en bag. Sa région cervieale est aussi large que sa régiqn lombaire , de sorte que la grosseur de l'épine ept , à peu de chose près , égale dans toute spn ptendue. Elle présente à peine quelques traces des courbures qu'elle doit avoir par la suite. L'a«gle qu'elle forme en avant par son artiçulatioq ayee le sacrum est peu marqué 5 les fibrôcartilages inteyvertébFftux spnt fort épais , pe qui lui donae nm extrême souplesse , mais peu de solidité.
La colonne vertébrale , remarquable chez l'adulte , par sa solidité et son élasticité , sert de soutien à la tète , à la poitrine et aux membres supérieurs 5 elle est le centre de tous les mouvemens du tronc , dont elle transmet le poids au bassin ; elle loge et protège la moelle épinière , et transmet au dehors les nerfs qui en émanent ; elle donne attache à une grande quantité de muscles et de ligamens.