C. De Vœsophage
L’œsophage commence immédiatement au-dessous du rétrécissement brusque du pha- PI. rynx, et se termine à l’orifice supérieur de l’estomac. C’est un conduit musculo-membraneux légèrement comprimé de devant en arrière pendant l’état de vacuité, mais cylindrique quand il est distendu par un liquide. Sa direction est verticale en général, mais elle offre quelques inflexions. A sa naissance, il est placé sur la ligne médiane, mais il se dirige bientôt à gauche jusqu’au bas de la région cervicale. Dans la poitrine, il reprend peu à
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peu la position médiane qu’il occupait d’abord , et ce n’est que vers la neuvième ou dixième vertèbre dorsale qu’il se porte de nouveau à gauche et en avant, pour traverser le diaphragme.
Dans la région cervicale, l’oesophage est en rapport, en avant et de haut en bas , avec le larynx , le lobe gauche du corps thyroïde , la moitié gauche de la trachée-artère , et les vaisseaux thyroïdiens inférieurs du côté gauche, qui croisent sa direction. En arrière, il est appuyé contre la colonne vertébrale, dont il est séparé par le grand ligament vertébral antérieur et le muscle long du cou du côté gauche. Sur les côtés, il longe les artères carotides primitives , les veines jugulaires internes, et, de plus, à gauche, vers la partie inférieure du cou , le nerf récurrent de ce côté. Dans le médiastin postérieur, l’œsophage conserve en avant les mêmes rapports avec ia trachée-artère. Il répond ensuite et successivement à la bronche gauche, dont il croise la direction , et à la face postérieure du péricarde. En arrière, il est couché sur la colonne vertébrale, sur la courbure de la veine azygos, sur le canal thoracique, et tout-à-fait en bas sur l’aorte. Latéralement, il avoisine les poumons , et descend depuis la cinquième vertèbre dorsale entre l’aorte et ia veine azygos.
.298,fig. I, L’œsophage , un peu plus large à sa naissance et a sa terminaison que dans le reste de son étendue , est uni aux parties voisines par un tissu cellulaire filamenteux , qui contient plusieurs ganglions lymphatiques. Ses surfaces externe et interne sont sillonnées l’une et l’autre par des stries longitudinales ordinairement très-marquées. Comme le pharynx , il est composé de deux tuniques , l’une musculeuse, et l’autre muqueuse.
La tunique musculeuse est beaucoup plus forte que la membrane correspondante du pharynx. Elle est formée par deux pians de fibres superposés : les unes, extérieures, sont longitudinalesj trèsmombreuses, et forment, à leur origine, trois faisceaux dont le moyen naît par un tendon de la face postérieure du cartilage cricoïde, et les deux latéraux descendent du bord inférieur du muscle constricteur inférieur du pharynx. Parvenues à la partie inférieure de l’organe , elles s’écartent, s’épanouissent, et se continuent sur l’estomac. Les fibres musculaires profondes paraissent une continuation de la partie postérieure interne du muscle constricteur inférieur du pharynx. En haut, elles sont transversales, et manquent, en avant, dans l’espace d’un pouce; les suivantes sont obliques, et, près du cardia, elles redeviennent transvêrsaies en se terminant brusquement autour de cette ouverture.
La membrane muqueuse est molle, fongueuse j et d’une couleur pâle, surtout inférieurement. Elle est pourvue d’un petit nombre de follicules inucipares et de villosités, mais elle est remarquable par des rides longitudinales qui dépendent de la contraction des fibres musculaires transversales, et qui perniétterit la dilatation de l’organe par le bol alimentaire. Elle se continue en haut avec la membrane muqueuse du pharynx , et en bas avec celle de l’estomac. Ce qui a mis en controverse ce dernier point d’anatomie, c’est que 1 épithélium, dont toute la surface interne de l’œsophage est revêtue , cesse brusquement à l’orifice supérieur de l’estomac. L’existence dé cet épithélium, et sa cessation au cardia, est mise hors de doute par la putréfaction et la décoction. Quand on fait bouillir les membranes muqueuses de l’estomac et de l’œsophage , l’épiderme, soulevé sur cette dernière, forme un bourrelet qui répond ordinairement à l’ouverture du cardia : au-delà l’épithélium
n’est plus apparent. Dans certains animaux , au contraire , 1 épithélium se continue plus ou moins sur la muqueuse gastrique , ainsi qu’on peut le voir sur les figures de Home , et cela se remarque quelquefois chez l’homme.
Les tuniques musculeuse et muqueuse de l’œsophage sont unies entre elles par une couche de tissu cellulaire , à laquelle les anciens donnaient le nom de tunique nerveuse. Ce tissu cellulaire, quoique dense et serré , est pourtant extensible : il ne contient jamais de graisse.
L’œsophage reçoit ses artères des thyroïdiennes inférieures, des bronchiques , de 1 aorte elle-même , des diaphragmatiques inférieures, et de la coronaire stomachique. Ses veines vont s’ouvrir dans les veines correspondant à ces artères , ainsi que dans la veine cave supérieure, dans les mammaires internes, et dans l’azygos. Ses vaisseaux lymphatiques se rendent aux ganglions dont il est entouré. Ses nerfs viennent des plexus pharyngien et pulmonaire , des nerfs cardiaques, des ganglions thoraciques , des pneumc-gastriques et de leurs branches récurrentes. Des anastomoses de ces nerfs résulte un plexus considérable qui enveloppe la totalité de l’organe.
D. De Vestomac .
L’estomac est cette dilatation du canal digestif comprise entre l’œsophage et le duodé- PI- =^ 94 > 295, num. Placé dans l’épigastre et dans l’hypocondre gauche, au-dessous des fausses côtes correspondantes, il est en rapport , en haut , avec le lobe gauche du foie et la face inférieure du diaphragme ; en bas , avec le pancréas, le duodénum et le colon; à droite , avec le lobe droit du foie ; à gauche, avec l’échancrure de la rate. Il a la forme d’une cornemuse, et se dirige presque transversalement de gauche à droite , de haut en bas, et d’avant en arrière. Chez l’homme, il est plus arrondi; chez la femme, il est plus oblong. Sœmmering prétend que l’estomac des Ethiopiens est beaucoup plus arrondi que celui des Européens.
L'estomac , considéré à l'extérieur, présente deux faces , deux bords ou courbures , et deux orifices. Dans 1 état de vacuité , la face antérieure est îégèrement convexe; elle correspond aux fausses côtes du côté gauche , au lobe gauche du foie, et au diaphragme.
luz.face postérieure a moins d'étendue que la précédente; elle fait partie delà paroi antérieure de l’arrière cavité des épiploons, et, chez les gros mangeurs , elle est en rapport avec le duodénum, avec le mésocolon transverse, et quelquefois même avec l’arc du colon.
Le bord inférieur ou la grande courbure est l’endroit où les deux faces se réunissent infé-. rieurement. Il est convexe, oblique de haut en bas, et se trouve limité par les deux extrémités de l’organe. Il est reçu dans l’écartement des deux lames du grand épiploon , auxquelles il donne insertion , et correspond au colon transverse , dont il est séparé par les vaisseaux gastro-épiploïques, et par des ganglions lymphatiques. Il forme, à droite, une espèce de coude qui répond à une dilatation de la cavité gastrique, qu’on nomme le petit cul-de-sac. Il présente , à gauche, une grosse tubérosité qui correspond à une portion considérable de cette même cavité, appelée grand cul-de-sac \ cette tubérosité commence au côté gauche de l’extrémité supérieure de l’estomac, et se termine presque insensible-
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ment sur le bord inférieur. Le grand cul-de-sac est logé dans l’hypocondre gauche, et uni à la rate par l’épiploon gastro-splenique, et par les vaisseaux courts.
Le bord supérieur ou la petite courbure est concave, et, comme le précédent, borné par les deux extrémités de l’organe. Dirigé en haut et en arriéré , reçu entre les deux feuillets de l’épiploon gastro-hépatique auxquels il donne attache , il est en rapport avec la grande échancrure du foie, le lobe de Spigel et l’aorte, dont il est séparé par l’artère coronaire stomachique.
\Jorifice gauche ou cardia sépare les deux courbures, et correspond à la réunion des deux tiers droits et du tiers gauche de la longueur de l’estomac. Il est entouré par un cercle vasculaire et nerveux, et se continue avec l’extremité inferieure de 1 œsophage.
Vorifice droit ou pylore est placé plus bas et plus en avant que le cardia ; il forme le sommet de l’espèce de cône représenté par l’estomac. Il commence au coude formé par le petit cul-de-sac, et se porte en haut jusqu’au col delà vésicule biliaire , où il se termine par un rétrécissement circulaire brusque qui répond à la valvule pylorique. Le pylore est entouré d’un grand nombre de vaisseaux et de nerfs ; il est en rapport en haut avec le foie , et en bas avec le duodénum et le pancréas.
Lorsque l’estomac est distendu par les alimens , les rapports de ses diverses parties changent d’une manière importante à connaître. La face antérieure devient supérieure, et la postérieure inférieure ; la petite courbure regarde en arrière , et la "grande courbure se porte en avant, de telle sorte que , dans certains cas, ainsi que l’ont remarqué MM. Chaussier et Sœmmering, cette portion de l’estomac vient se placer immédiatement derrière la paroi antérieure de l’abdomen , ce qui, chez les personnes maigres , permet de sentir les battemens des artères épiploïques.
L’estomac, considéré à l’intérieur, présente, à droite, un enfoncement nommé le petit cul-de-sac , lequel n’offre rien de remarquable. A gauche, on trouve une grande cavité connue sôus le nom de grand cul-de-sac. Cette cavité, dans laquelle s’accumulent les alimens à mesure qu'ils tombent dans l’estomac, et où s’opère surtout le travail de la chymification, est plus ou moins considérable suivant les individus, en raison de la nature d’alimens dont ils font habituellement usage; et sous le rapport de son étendue à gauche de l’insertion de l’œsophage, l’homme tient le milieu entre les animaux carnassiers et les herbivores non ruminans.
L’estomac est composé de trois tuniques : une tunique séreuse, une tunique musculaire et une tunique muqueuse, unies entre elles par deux couches cellulaires.
La tunique séreuse ou superficielle appartient au péritoine. Elle est formée par l’écartement des deux feuillets de l’épiploon gastro-hépatique, lesquels s’écartent l’un de l’autre au-dessus de la petite courbure de l’estomac, pour se continuer sur les faces antérieure et postérieure de cet organe, et se réunissent ensuite au-delà de la grande courbure, aur dessous des vaisseaux gastro-epiploïques. On voit par cette description que la tunique peritoneale de l’estomac n’existe pas le long de ses courbures, et l’on conçoit ainsi la dilatation de cet organe entre les feuillets de ses épiploons.
3 . La tunique musculaire ou moyenne ordinairement pâle et peu épaisse, est plus rouge , et acquiert beaucoup de force chez les individus qui mangent beaucoup; elle est en général plus mince chez les femmes. L’on y distingue trois ordres de fibres dont la direction
D’ANATOMIE DESCRIPTIVE, est différente. Les fibres les plus superficielles sont longitudinales ; elles ne sont que la continuation, et pour ainsi dire l’épanouissement des fibres correspondantes de 1 œsophage , dont les plus nombreuses se réunissent en deux faisceaux, lesquels se prolongent jusqu’au pylore, en suivant les deux courbures ; les autres se répandent sur les deux faces de l’estomac, et forment sur chacune d’elles une petite bandelette qui se termine au pylore. On trouve chez quelques sujets un ou plusieurs faisceaux de fihres longitudinales qui traversent le pylore, et s’étendent plus ou moins sur le duodénum. Les fibres moyennes soxxt transversales, et représentent des segmens de cercle plus ou moins étendus, sans jamais former un cercle entier. Elles se terminent en s’unissant les unes aux autres , ou en s’insérant au tissu cellulaire sous-muqueux. Elles sont peu nombreuses , et très-écartées les unes des autres, près du cardia et sur la tubérosité de l’estomac, mais leur nombre augmente, et elles se rapprochent de plus en plus, à mesure qu’on s’avance vers le pylore. Les fibres profondes sont obliques. Elles forment deux larges bandes, dont l’une s’étend du côté gauche du cardia sur les deux faces de l’estomac, tandis que l’autre se porte du côté droit de ce même orifice sur la tubérosité du grand cul-de-sac, où elle semble remplacer les fibres transversales , que l’on n’y rencontre qu’en petit nombre. Sœmmering a vu des fibres obliques partir de la tubérosité pour se répandre sur le reste de l’estomac, jusqu’au pylore.
La tunique muqueuse ou -profonde est molle, pulpeuse, et ordinairement enduite de mucosités. Elle présente un grand nombre de rides, dont les unes disparaissent quand l’estomac est distendu , tandis que les autres sont permanentes. Ces dernières, qui donnent à la membrane muqueuse l’aspect du velours, sont beaucoup moins prononcées que les premières, mais elles s’aperçoivent très-bien au microscope. Elles sont formées par des villosités, lesquelles sont surtout abondantes dans la moitié pylorique de l’organe, et recouvertes, principalement à leur base , par un réseau très-serré de vaisseaux sanguins , qui deviennent fort apparens après une injection fine et bien faite. C’est de l’état de ces vaisseaux que dépend la couleur de la membrane muqueuse, et l’on conçoit d’après cela la diversité d’opinion des auteurs sur cette couleur. Suivant des observations récentes, qui paraissent avoir été faites avec beaucoup de soin , et dans des conditions favorables, il paraît que la couleur de la membrane muqueuse gastro-intestinale, dans l’état tout-àfait sain est d’un beau rose chez le fœtus, d’un blanc-laiteux dans le premier âge, et d’un blanc-cendré chez l’adulte. On a reconnu aussi que cette dernière nuance passe au rose dans l’estomac, le duodénum et le commencement du jéjunum , pendant le travail de la digestion.
On aperçoit à la surface interne de la membrane muqueuse de l’estomac un plus ou moins grand nombre de points très-petits , qui ne sont autre chose que les orifices excréteurs de follicules mucipares logés dans l’épaisseur du tissu cellulaire sous-muqueux. Ces follicules, appelés glandes de Brunner, du nom de l’anatomiste qui les a décrites en 1715 , se rencontrent en plus grand nombre dans la région pylorique que dans les autres parties de l’estomac.
La membrane muqueuse est'unie à la tunique musculaire par un tissu cellulaire dense et serré, qui, dans l’intervalle des faisceaux musculaires, envoie des fibres assez nombreuses jusqu’à la tunique péritonéale. On voit très-bien cette disposition sur les per- Texte. “ ^ 61
PI 298, fig. 5 ,
ri. 25 o
Pi. 278.
PL 202, 2o3'.
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sonnes mortes de cancer à l’estomac , quand ce tissu cellulaire a acquis Un développement considérable.
Les tuniques musculaire et séreuse sont également unies entre elles par une couche de tissu cellulaire fort lâche sur les courbures de l’organe, mais très-serj-é sur la partie moyenne de ses deux faces.
La cavité de l’estomac est séparée du duodénum par un anneau membraneux. C’est le pylore proprement dit, ou la valvulepylorique placée perpendiculairement à la direction de l’intestin. Cette valvule présente deux faces, dont l’une répond à la cavité de l’estomac, et l’autre à la cavité du duodénum; de ses deux bords, l’un est épais, large et adhérent à l’estomac; l’autre est libre, plus mince, et, par la saillie qu’il fait dans la cavité de l’intestin, il détermine la forme de l’ouverture de communication de l’estomac et du duodénum. Cette forme varie beaucoup suivant les sujets ; car elle peut être circulaire, demi-circulaire, ou ovale. La valvule pylorique est formée par la tunique muqueuse et les fibres circulaires de la tuniquef musculeuse , entre lesquelles on rencontre un anneau fibreux, blanchâtre , résistant, qui n’est autre chose que le tissu cellulaire sous-muqueux, lequel, dans cet endroit, revêt le caractère fibreux.
Les artères de Festomac sont très-nombreuses, et proviennent des gastro-épiploïques , de la pylorique, de la coronaire stomachique et de la splénique. Leurs divisions rampent dans les deux couches cellulaires intermédiaires aux tuniques de l’organe, mais surtout dans le tissu sous-muqueux, d’où elles se portent dans la membrane muqueuse. Les veines portent le même nom, et suivent le même trajet que les artères. Elles vont s’ouvrir dans le tronc de la veine porte ou dans une de ses principales branches. Ces deux ordres de vaisseaux sont très-flexueux pour s’accommoder aux dilatations de l’estomac. Les vaisseaux lymphatiques rampent pour la plupart au-dessous du péritoine, et vont se rendre principalement dans les ganglions placés le ^ong des deux courbures de l’organe. Ses nerfs viennent spécialement des nerfs de la huitième paire et des trois divisions du plexus cœliaque.
Du canal intestinal.
On nomme canal intestinal toute la partie du canal alimentaire placée au - dessous du pylore , et se terminant à l’anus. La longueur de ce canal est beaucoup moins considérable chez les carnivores que chez les herbivores. Dans l’homme, qui se nourrit d’animaux et de végétaux , elle varie de trente à quarante pieds. Considéré dans toute son étendue, le canal intestinal présente une grande courbure libre par sa convexité, et fixée par son bord concave au moyen de replis du péritoine appelés mésentères. On le divise assez généralement eu deux portions ; l’une, supérieure , qui s’étend du pylore jusqu’à la valvule iléocœcale, et comprend ainsi environ les deux tiers de la totalité du canal; on la désigne sons le nom àiintestin grêle. L’autre commence a la, valvule iléo-cœcale, et se termine à l’anus : c’est le gros intestin.
De Vintestin, grêle.
La longueur totale de l’intestin grêle est presque toujours à la taille de l’homme comme PI. 297.
3 ou 4 est à 1 . Le plus grand Hombre des auteurs y distinguent trois portions, nommées daodénnm, jéjunum et ilénm ou iléon. D’autres , se fondant sur ce que le duodénum seul a des limites distinctes, n’admettent que deux portions dans l’intestin grêle, et décrivent le jéjunum et l’iléum sous le nom collectif de portion ir^érieure de V intestin grêle ou âê intestin grêle proprement dit.
. 1 ® Du duodénum.
Le duodénum s’étend du pylore au côté gauche de la seconde vertèbre lombaire, et tire son nom de sa longueur, évaluée à douze travers de doigt. Son ampleur et sa situation au-dessous du péritoine lui permettent de s’étendre davantage que le reste de l’intestin grêle, et on l’a vu quelquefois presque égaler le volume de l’estomac; ce qui lui a,fait donner par quelques auteurs le nom de ventriculiis succentnriatus.
On distingue au duodénum trois portions. La première, ou supérieure, la plus petite, Pl.agS^fig.7, n’a guère que deux pouces environ de longueur; elle se dirige à droite et en arrière vers gg >
le col de la vésicule biliaire , et se confond bientôt à angle presque droit avec la seconde " . portion ou la portion verticale. Celle-ci, dont la longueur varie suivant les individus, descend jusqu’au niveau de la troisième vertèbre lombaire, en s’inclinant légèrement à gauche. La troisième portion, ou la portion transversale, se continue avec la précédente, en formant un coude arrondi. Elle se porte directement à gauche et un peu en haut, passe derrière l’artère mésentérique supérieure, et, parvenue au côté gauche de la colonne vertébrale, elle s’incline légèrement en bas pour se continuer avec l’intestin grêle, à l’endroit où l’extrémité supérieure du mésentère se confond avec le mésocolon transverse.
Le duodénum forme ainsi dans son trajet un demi-cercle dont la convexité est tournée à droite, et la concavité à gauche. Il est en rapport, en haut, avec le foie et la vésicule biliaire bas et en avant, avec le colon transverse, et médiatement avec l’estomac; à droite, avec le rein droit et le foie ; à gauche , avec le pancréas qu’il embrasse dans sa concavité , et dont il n’est séparé inférieurement que par les vaisseaux mésentériques supérieurs. En arrière, il est en contact avec une portion du rein droit, avec la veiné cave, le pilier droit du diaphragme, la colonne vertébrale et l’aorte.
, La portion supérieure du duodénum est presque entièrement recouverte par le péritoine, et jouit d’une assez grande mobilité, La portion verticale n’est tapissée par cette membrane qu’à sa face antérieure, et elle est complètement immobile. Il en est de même de la portion transversale, laquelle est tout-à-fait dépourvue de tunique péritonéale.
La tunique musculaire du duodénum est assez épaisse, mais formée presque entièrement de fibres transversales que recouvrent à l’extérieur des fibres longitudinales.
La membrane interne ou muqueuse se continue évidemment avec celle de l’estomac. PL aggjfig.i. Molle et pulpeuse comme cette dernière , elle ne présente ordinairement rien de particulier dans les deux premiers travers de doigt de son trajet. Dans le reste de son étendue, elle
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offre un très-grand nombre de plis , plus ou moins larges et plus ou moins saillants , lesquels sont transverses et obliques, et paraissent comme imbriqués. Ces plis, connus sous le nom de valvules conniventes, sont formés par une duplicature de la membrane muqueuse avec un prolongement du tissu cellulaire sous-muqueux, et leur base est ordinairement parcourue par une artère et une veine. Ils sont permanens, quel que soit le degré de distension de l’organe, et paraissent avoir pour usage de retarder le cours des substances alimentaires, et d’augmenter la surface absorbante et exhalante de la membrane muqueuse. La membrane muqueuse du duodénum est traversée par les orifices excréteurs d’un grand nombre de glandes de Brunner, qui ne diffèrent pas de celles de l’estomac. Ordinairement vers le coude formé par la réunion des portions verticale et transversale de 1 organe, elle Pl.agSjfîg.S, présente un petit tubercule, au sommet duquel viennent s’ouvrir les conduits pancréatique et cholédoque par un orifice qui est ordinairement commun. On trouve entre les tuniques musculaire et muqueuse du duodénum une couche de tissu cellulaire analogue au tissu cellulaire sous-muqueux de l’estomac.
Le duodénum reçoit des artères fort nombreuses de la mésentérique supérieure, de la pylorique, des pancréatiques et des gastro-épiploïques. Ses veines suivent le trajet des artères. Ses vaisseaux lymphatiques se rendent dans les ganglions qui environnent le pancréas. Ses nerfs viennent du plexus solaire.
2 ° De l'intestin grêle proprement dit.
^ La portion inférieure de l’intestin grêle, ou ïintestin grêle proprement dit, commence au
■ 29 , 297. gauche du mésocolon tfansverse, et se termine dans la région iliaque droite, à la valvule iléo-cœcale qui le sépare du gros intestin. Sa direction générale est oblique de haut en bas et de gauche à droite. Winslow a donné le nom dre jéjunum au tiers supérieur de cet intestin, parce qu’on le trouve presque toujours vide sur les cadavres, et celui à'iléon aux deux tiers inférieurs. Cette division est tout-à-fait arbitraire, attendu qu’il n’y a pas entre ces deux portions de limites fixes et distinctes. Quoi qu’il en soit, l’intestin grêle est plié et replié sur lui-même en différons sens, et forme un grand nombre de courbures onduleuses, appelées circonvolutions. Toutes ces circonvolutions forment une masse circonscrite sur les cotes par le gros intestin, et en contact en avant avec la paroi antérieure PI. 293. l’abdomen, dont elle est séparée oïdinairement par le grand épiploon , surtout à la
partie supérieure ; cette masse des intestins grêles occupe les régions ombilicale et hypogastrique, une partie des flancs, des régions iliaques et de l’excavation pelvienne. Les circonvolutions sont libres et flottantes par leur bord convexe ou antérieur, et recouvertes dans ce sens par 1 épiploon gastro-colique ; par leur bord concave ou postérieur, elles sont adhérentes au mésentère.
L’intestin grêle paraît cylindrique lorsqu’il est distendu. Il est un peu plus large à sa partie supérieure quà 1 inférieure. Chez quelques sujets, sa tunique péritonéale présente des appendices graisseux. Quelquefois aussi ses parois donnent naissance à des appendices creux, cylindriques, terminés en cul-de-sac, lesquels ont environ un pouce de diamètre cinq ou six travers de doigt de longueur, et offrent la même texture que l’intestin luimême.
L’intestin pèle est recouvert par le péritoine dans sa totalité, excepté en arrière, où
D’ANATOMIE DESCRIPTIVE, cette membrane, s’adossant à elle-même pour former le mèsenlère, laisse à nu un espace triangulaire analogue à celui qui règne le long des courbures de l’estomac, et qui donne à l’intestin la faculté de se dilater. C’est dans cet endroit que les vaisseaux et les nerfs pénètrent dans les tuniques profondes de l’organe.
Le mésentère a un bord attaché à la colonne vertébrale , depuis le côté gauche du corps de la seconde vertèbre lombaire jusqu’à la fosse iliaque droite , qui est très-court, tandis que l’autre, qui sert d’insertion à l’intestin, acquiert toute la longueur de celui-ci au moyen de sinus et de replis nombreux.
La tunique moyenne ou musculaire de l’intestin grêle est formée de deux ordres de fibres très-pâles et peu apparentes. Les unes, superficielles et longitudinales, sontpeu nombreuses, et se rencontrent surtout sur le bord convexe de l’intestin. Elles ne sont paa continues, et paraissent comme s’entre-digiter dans certains endroits. Les fibres profondes ou circulaires sont un peu plus prononcées, et s’entre-croisent également entre elles, sans jamais décrire complètement le cercle de l’intestin.
La tunique interne ou muqueuse de l’intestin grêle présente à sa surface interne des valvules conniventes semblables à celles du duodénum, et dont le nombre et l’étendue décroissent à mesure qu’on s’avance vers le gros intestin. On y aperçoit des villosités trèsnombreuses et très-fines, sur la nature desquelles tous les anatomistes ne sont pas d’accord ; Rudolphi n’y admet ni vaisseaux, ni ouvertures; elles seraient composées d’un tissu cellulaire parcouru par des vaisseaux sanguins et lymphatiques d’après J.-F. Meckel, qui admet des ouvertures à leur surface, ainsi que Lieberkuhn , Hunter, Cruikshank,
Hewson et Hedwig. Dans toute l’étendue de l’intestin grêle on trouve des follicules muqueux , dont la disposition varie. Les uns sont isolés , et occupent le bord libre ou le bord adhérent de l’intestin, le sommet des valvules on leurs intervalles. Leur volume, dans l’état sain, ne dépasse pas celui d’un grain de millet. Ils sont blanchâtres, mous, et on découvre à leur centre un point presque imperceptible, qui n’est autre chose que leur orifice excréteur. Ces follicules qui sont connus sous le nom de glandes de Brunner, sont beaucoup moins abondans dans l’intestin grêle que dans le duodénum, l’estomac et les gros intestins. Les autres follicules sont spéciaux à la membrane muqueuse de l’intestin grêle , et ont reçu le nom de glandes de Peyer. Ces glandes consistent en de petits amas de follicules , tantôt irrégiiliers , et occupant alors presque toujours le bord adhérent de l’intestin; tantôt présentant une forme régulièrement oblongue, et se rencontrant alors sur le bord libre de l’organe. Ces derniers, dont le développement varie beaucoup, sont limités par un rebord peu saillant, au niveau duquel s’arrêtent toujours les valvules conniventes. On n’en rencontre que dans le tiers inférieur de l’intestin grêle, et quelques sujets n’en présentent pas du tout. Dans ce dernier cas les glandes de Brunner s’aperçoivent en grande abondance.
Les trois tuniques de l’intestin grêle sont unies entre elles par deux couches de tissu cellulaire, analogues aux couches correspondantes de l’estomac et du duodénum.
Les artères de l’intestin grêle sont fournies par la mésentérique supérieure. Ses veines pj 33^, suivent le trajet des artères, et se rendent dans la grande mésaraïque. Les vaisseaux lym- Pk 248 phatiques aboutissent aux ganglions du mésentère. Les nerfs viennent du plexus mésen- Pi! 30^1 térique supérieur.
Du gros intestin»
PI. .97. Le gros intestin, ou la portion du canal intestinal qui s^étend de la valvule iléo-cœcale
à l’anus, n’a guère que le cinquième de la longueur de l’intestin grêle, et varie de six à sept pieds chez un homme de moyenne stature. Attaché assez solidement dans les parties PI. 295. de l’abdomen qu’il occupe, il commence dans la région iliaque droite , monte le long du flanc droit jusqu’au - dessous du foie, traverse la partie supérieure de l’abdomen pour gagner le flanc gauche, descend dans la fosse iliaque gauche , et plonge enfin dans 1 excavation pelvienne. Il semble former dans l’abdomen une sorte de cercle qui encadre l’intestin grêle.
On a divisé le gros intestin en trois portions, le cæcum , le colon et le rectum»
A. Du cæcum.
Le cæcum j ou la première portion des gros intestins , a été ainsi nommé parce qu’il se prolonge inférieurement sous la forme d’un cul-de-sac. Le cæcum est placé entre la fin P].299,fig.6. de l’intestin grêle et le commencement du colon, dans la fosse iliaque droite, où il est séparé du muscle iliaque correspondant par une couche assez épaisse de tissu cellulaire graisseux. Sa direction est verticale; son volume surpasse celui du colon et du rectum. En haut, il se continue avec le colon ascendant, sans qu’on puisse assigner l’endroit où l’un finit et où l’autre commence. Sa surface extérieure offre des bosselures volumineuses, fort irrégulières , interrompues en trois endroits par des enfoncemens longitudinaux trèsmarqués, et déterminés par des faisceaux de fibres charnues longitudinales. En dedans , le cæcum reçoit l’extrémité inférieure de l’intestin grêle, qui s’y ins^e en formant un angle aigu en bas, et obtus ou presque droit en haut.
Le cæcum-est surmonté.de plusieurs appendices graisseux formés par des replis du péritoine; en bas, à gauche et un peu en arrière, il donne naissance, par le prolongement PI- 295. du ses parois, à un appendice particulier appelé vermiforme o\x cæcal, de la grosseur du tuyau d’une plume à écrire, d’une longueur variant de deux à'quatre pouces , cylindrique, flexueux : cet appendice est assujetti, à droite, contreJe cæcum par un repli du péritoine; 41 est creuA dans- toute son étendue , :et communique avec la cavité du cæcum. Ses parois sont fort épaisses. On ignore ses usages. La face interne du cæcum présente trois saillies longitudinales qui répondent aux trois enfoncemens extérieurs , et des demicellules occupant leurs.intervalles;.; séparées par des replis transverses, et formant au dehors les bosselures ci-dessus mentionnées. En bâs., on voit l’ouverture de l’appendice' cæcal, et à gauche l’orifice de l’intestin grêle et la valvule iléo-çæçale on de Bauhin.
PI. 299,fig.5. . -Cette valvule , destinée.à empêcher le.retour des matières exçrémentitielles du cæcum dans 1 intestin: grele'j:est elliptique , large; molle, épaisse;; et dirigée transversalement. Suivant-songrand.diamètre ,. elle est divisée par une fente qui la partage en deux lèvres adhérentes-par leur bord convexeet flottantes dans le cæcum par leur bord concave. Les extrémités de ces lèvres se reunissent en formant une ligne saillante appelée par Morgagni^^éiW de la valvule de Bauhin. L inferieure est plus épaisse que la supérieure.
Elles sont formées par deux replis de la membrane muqueuse, qui renferment dans leur intervalle les fibres circulaires de la tunique musculeuse de l’intestin grêle et du cæcum.
B. Du colon.
On nomme colon la portion des gros intestins qui s’étend depuis le cœcbm jusqu’au PI. 297. rectum. Le colon offre extérieurement dans toute sa longueur trois gouttières qui répondent à ses fibres charnues longitudinales, et entre ces gouttières des bosselures arrondies, séparées les unes des autres par des rainures iransverses.
Cet intestin présente quatre portions, qui sont :
1 ° Le colon lombaire droit ou ascendant, situé dans la région lombaire droite, et étendu PL agS. de la partie supérieure du cæcum jusque sous le foie et les dernières côtes asternales droites, au-devant du rein droit. Il donne attache à l’épiploon colique.
2 “ Le colon transverse ou T arc du colon , situé dans la partie supérieure de la cavité abdo- PL 294, igS. minale , plus long et plus volumineux que les colons lombaires, avec lesquels il se continue à droite et à gauche , et s’étend d’un hypochondre à l’autre en descendant plus ou moins bas au-devant des circonvolutions de l’intestin grêle. Son bord convexe, qui est antérieur, donne attache aux feuillets postérieurs du grand épiploon ; et son bord concave, qui est postérieur, au mésocolon transverse.
Le colon lombaire gauche ou descenduTit, situé dans la région lombaire gauche, au- PL agS. . dessous de la rate , au-devant du rein et du muscle carré des lombes correspondaps. Sa direction est verticale; il se continue en haut avec le précédent, et en bas avec l’S iliaque du colon.
4 ° L’S iliaque du colon ou la circonvolution iliaque du colon , laquelle occupe la fosse iliaque PL 297. gauche , et y forme une double courbure en S. Le péritoine lui fournit un mésentère trèslâche, ce qui lui donne beaucoup de mobilité; elle se continue vers le côté gauche de la base du sacrum avec l’intestin rectum.
Q,. Du rectum.
Le rectum, ou la troisième portion du gros intestin, occupe la partie postérieure du PL 297. bassin, et termine les voies digestives. Il s’étend depuis le côté gauche de l’articulation sacro-vertébrale jusqu’au sommet du coccyx, continue en haut avec l’S iliaque du colon, et se terminant en bas à l’orifice nommé anus , après avoir éprouvé un léger renflement.
Il est supérieurement incliné de gauche à droite , et se dirige , en gagnant sa ligne médiane d’arrière en avant, jusqu’au-dessous de la prostrate, entouré dans la partie supérieure par le péritoine, qui le fixe lâchement au sacrum par un repli nommé mésorectum, et séparé plus bas, chez l’homme , du bas-fond de la vessie parles canaux déférons et les vésicules séminales. Tout-à-fait inférieurement il est en rapport avec la prostrate, puis se courbe un peu d’avant en arrière avant de se terminer à l’anus'; sa paroi antérieure forme avec la vessie la cloison recto-vésicale. Chez la femme, cette même paroi, en rapport PI. 812, Gg. 5 .
488 manuel
avec la malrice elle vagin, dont elle est séparée en bas par un espace celluleux triangugulaire, sert à former la cloison reeto-vésicale. ^
La surface interne du rectum offre, vers sa partie inférieure, un certain nombre de rides longitudinales, nommées colonnes du, rectum-, elles sont formées par la membrane muqueuse et le tissu cellulaire sous-muqueux, et dépendent de la contraction des fibres musculeuses circulaires. L’extrémité inférieure est très-rétrécie, et se termine par une ouverture appelée Vanus. Cette ouverture, à peu près circulaire, un peu allongée d’avant en arrière, se trouve placée entre le coccyx qui est en arrière et le périnée qui est en avant, et profondément cachée, pendant la station, par le rapprochement des fesses. Son pourtour, qu’on appelle la marge de l’anus, présente des plis radies, dus a la contraction de son muscle sphincter-, il est garni, chez les hommes, de poils que 1 on trouve rarement chez les femmes. L’anus est pourvu d’un muscle constricteur et d un muscle releveur qui ont été décrits ailleurs.
Comme l’intestin grêle et l’estomac, le gros intestin est composé d’une tunique sereuse ou péritonéale , d’une tunique musculaire et d’une tunique muqueuse. Ces trois tuniques sont unies entre elles par deux couches de tissu cellulaire analogues aux couches celluleuses qui appartiennent aux autres portions du canal intestinal ; seulement la couche sous-muqueuse du cæcum et du colon est plus épaisse que celle de l’intestin grêle.
Organisation des gros intestins,
Le péritoine, qui forme la tunique séreuse, revêt les parties antérieure et latérales du cæcum , et se porte ensuite sur les parois de l’abdomen. Chez quelques sujets cependant il forme derrière l’intestin un repli plus ou moins étendu, auquel on donne le nom de méso^ caecum. Il enveloppé de la même manière le colon dans presque toute sa circonférence, mais il forme à sa face concave plusieurs replis qui fixent les diverses portions de cet intestin aux parois abdominales. Ces replis, appelés mésocolons , sont distingués en
Mésocolon lombaire droit. Il se continue, quand il existe, avec le mésocæcum par sa partie inférieure, et fixe le colon ascendant au-devant de la région lombaire correspondante.
2 ° Mésocolôn iransverse. C’est le plus considérable des replis de ce nom. Il part du bord concave de 1 arc du colon, qu’il soutient, et forme une cloison horizontale et mobile qui séparé la région épigastrique de .l’ombilicale. Il est plus large dans son milieu qu’à ses extrémités, ét a une forme a peu près demi-circulaire. Il est composé de deux feuillets : 1 un , inférieur, se continue avec le mésentère ; l’autre , supérieur, se prolonge dans l’arrière cavité des épiploons.
3 ® Mésocolon lombaire gauche , lequel se comporte envers le colon descendant comme celui du cote droit envers le colon ascendant ; en bas, il se continue avec le suivant.
Mésocolon iliaque. Celui-ci appartient à l’S iliaque du colon. Il varie beaucoup dans son étendue; il est plus large à sa partie moyenne qu’à ses extrémités; il se continue en haut avec le mésocolon lombaire gauche , et en bas avec le mésorectum.
Le péritoine recouvre les faces antérieure et latérales du rectum, et, en se portant de la partie postérieure de cet intestin au sacrum, il donne naissance à un repli triangulaire
qu’on nomme mésorectum. Le mésorectnm se continue avec le mesocolon iliaque. Il con tient dans sa cavité beaucoup de tissu cellulaire. . V tu «
La tunique musculaire est formée de fibres lon&tudinales et de fibres circulaires.^ es .3oo, g. 2. longitudinales sont les plus superficielles. Elles semblent naître de 1 appendice cœcai, v.parcourent toute l’étendue du cæcum et du colon, réunies en trois bandes, dont deux sont antérieures et une postérieure. Ces bandes sont beaucoup moins longues que 1 intestin , et ce sont elles qui déterminent les bosselures extérieures et les cellules intérieures, en le fronçant en quelque sorte sur lui-même. Parvenues au rectum , les fibres longitudinales s’épanouissent, pour ainsi dire, en même temps qu’elles augmentent de volume et de force, et elles forment à cet intestin une enveloppe qui l’accompagne 1 espace de cinq à six pouces environ. Les fibres circulaires sont placées au-dessous des précédentes, et présentent la même disposition que dans l’intestin grêle. Celles qui entourent le rectum deviennent plus nombreuses et plus volumineuses à mesure que les fibres longitudinales se raréfient, et, à la partie inférieure de l’organe, elles revêtent une teinte rougeâtre qui leur a valu de quelques anatomistes lé nom de
La membra7ie muqueuse du cæcum et du colon ne présente presque plus de valvules con- %•
niventes, et ses villosités sont moins apparentes que celles de l’intestin grêle. Mais on y aperçoit un très-grand nombre de follicules mucipares isolés, ou glandes de Brunner. La membrane muqueuse du rectum offre, entre les colonnes décrites plus haut, des bandes nombreuses, tantôt obliques , tantôt transversales, dont le bord libre est incliné en haut, et qui forment ainsi des espèces de lacunes dont le fond est étroit et declive. On y aperçoit en outre des villosités rougeâtres et les orifices des follicules mucipares.
Les artères du cæcum et du colon viennent des mésentériques supérieure et inférieure.
Les veines de ces deux intestins donnent naissance aux deux mésaraïques qui vont se rendre à la veine porte. Leurs vaisseaux lymphatiques sont beaucoup moins nombreux que ceux de rkitestin grêle. Leurs nerfs viennent des deux plexus mésentériques.
Le rectum reçoit un très-grand nombre d’artères qui lui sont fournies par la mésentérique inférieure, par l’hypôgastrique et la honteuse interne. Ses veines aboutissent, les unes à la veine hypogastrique, et les autres à la veine mésentérique inférieure. Ses nerfs proviennent des plexus sciatique et hypogastrique.
■DES ORGANES DE LA SÉCRETlON ET DE l’EXCRETION DE LA BILE.
Les organes de la sécrétion et de l’excrétion de la bile , sont le foie , la vésicule biliaire et Jes conduits hépatique, cystique et cholédoque.
1 ° Le foie est la plus volumineuse de toutes les glandes. C’est un organe impair, non symétrique, très-pesant, d’une.couleur qui varie du jaune plus pu moins foncé au rouge-brunâtre , dont la forme représente assez bien une portion d’ovoïde coupé suivant sa longueur. Il occupe tout l’hypochondre droit et la partie supérieure de l’épigastre; chez la femme, il dépasse assez souvent les côtes abdominales, et descend plus ou moins bas dans le flanc droit. Suivant Sœmmerring, le poids du foie, dans un individu adulte de moyenne stature, varie de deux à cinq livres. Il correspond, en haut au diaphragme, en bas à l’estomac,au Texte. 62
Pi. 293, 294, 3o4.
colon transverse , au colon lombaire droit, au rein droit; en arrière, a la colonne vertébrale, à l’aorte, à la veine cave, à la veine porte; en avant, a la base de la poitrine.
Sa face supérieure conypvp; zWz'Ztl 11552 ^ iLbre. et divisée, par le grand repli falciforme du péritoine, nommé ligament suspenseurdufbie, en deux portions de grandeur, inégale.
. 3o4, fig.2. Sa face inférieure est irrégulièrement convexe et concave ; ce qui fait que les anatomistes
ont divisé le foie en trois lobes, un grand lobe on lobe droit ; un petit lobe , lobule , ou lobe irférienr, un lobe moyen ou lobe gauche. Gette face inferieure présenté
1 ° Un sillon appelé horizontal ou longitudinal {sillon de la veine ombilicale), qui sépare le lobe droit du lobe gauche, s’étend du bord antérieur au bord postérieur du foie, et loge chez le fœtus la veine ombilicale dans sa moitié antérieure, le canal veineux dans sa moitié postérieure.
2 ° Un autre sillon , nommé transversal ou sillon de la veine porte, qui reçoit en effet le sinus de la veine porte , et dans lequel on trouve aussi le commencement du canal hépatique et les artères du même nom.
3 ° Le sillon de la veine cave inférieure, qui est placé sur le bord postérieur de l’organe , et loge la veine cave inférieure.
40 Y!éminence porte postérieure ( lobule , petit lobe du foie , lobe de Spigel ), sorte de mamelon fort volumineux, qui est situé derrière le sillon transversal.
6® V éminence porte antérieure, placée à droite du sillon de la véine ombilicale, et audevant de laquelle se trouve la portion du foie désignée par quelques anatomistes sous le nom de lobe carré.
6® Des enfoncemens qui correspondent à la face supérieure de l’estomac, à la vésicule biliaire , à l’arc du colon, au rein droit, etc.
Yo bord antérieur du foie mince; il est convexe et semi-lunaire dans sa totalité, mais il présente des échancrures qui correspondent à la vésicule biliaire, à l’origine du sillon de la veine ombilicale et à l’estomac. Sa portion droite suit le contour de la base de la poitrine. Le bord postérieur est épais et arrondi dans ses deux tiers droits. Il est attaché au diaphragme dans toute son étendue par le ligament coronaire, près de ses extrémités par deux autres replis du péritoine nommés ligamens triangulaires du foie, et dans sa partie moyenne il est uni à ce muscle par du tissu cellulaire très-serré. On remarque sur ce bord la fin du sillon de la veine ombilicale, le sillon de la veine cave inférieure, et les troncs des veines sus-hépatiques.
V extrémité droite du foie est tuberculeuse , arrondie, et appuyée contre le diaphragme. \Jextrémité gauche est mince, également arrondie, et correspond à l’œsophage. Chez certains individus, ellé s’avance plus ou moins dans l’hypochondre gauche, et se trouve même quelquefois en contact avec la rate.
Le foie est forme d un tissu parenchymateux , de tuniques , de vaisseaux sanguins et lymphatiques , de nerfs et de conduits excréteurs.
La tunique extérieure du foie est un prolongement du péritoine qui se réfléchit du diaphragme sur cet organe. Libre par sa face superficielle, 'et adhérent à la tunique sousjacente par sa face profonde, ce feuillet séreux n’enveloppe pas la totalité du foie. Il manque sur toute la portion de ce viscère qui est attachée au diaphragme, le long de l’insertion du
D’ANATOMIE DESCRIPTIVE, ligament suspenseur et des ligamens latéraux, ainsi que dans les divers sillons et dans l’échancrure qui loge la vésicule biliaire.
La tunique profonde est celluleuse. Elle tapisse toute la surface externe du foie, sans en excepter les sillons et la fosse occupée par la vésicule biliaire , et elle pénètre dans l’intérieur de l’organe en formant des gainés celluleuses aux divisions des vaisseaux sanguins et du conduit hépatique. Cette membrane, connue sous le nom de capsule de Glisson, est surtout apparente dans les points du viscère qui ne sont pas recouverts par la tunique péritonéale.
Les vaisseaux sangums du foie sont fort nombreux. Les uns y apportent le sang qui doit servir à sa nutrition et à ses fonctions physiologiques : ce sont l’artère hépatique et la Veine porte ; les autres emportent lé sang qui a séjourné dans l’organe : ce sont les veines hépatiques. Les premiers de ces vaisseaux ont une direction horizontale, dans le sens du grand diamètre du viscère, et les orifices des branches divisées sont affaissés sur euxmêmes, ce qui dépend de leur gaine celluleuse, qui les empêche d’adhérer à la substance du foie. Les veines hépatiques, au contraire, se dirigent toutes vers le bord postérieur de l’organe, et leur adhérence intime à sa substance fait qu’on les trouve toujours béantes quand oh coupe le tissu du foie.
Les vaisseaux lymphatiques du foie sont fort nombreux; ils sont, les uns superficiels les autres profonds. Ses nerfs sont aussi très-multipliés; ils viennent du nerf pneumo-gastrique, du diaphragmatique et des plexus hépatiques. Tous ces vaisseaux et ces nerfs sont plongés au milieu d’un parenchyme, à la formation duquel ils concourent, et dont la texture est assez difficile à apprécier dans l’état sain. Cependant, quand on examine avec soin le tissu du foie, on voit qu’il est formé d’une substance d’un rouge plus ou moins foncé, laquelle est séparée par des lignes d’un blanc jaunâtre, qui s’entrecroisent en divers sens. C’est du rapport de ces deux substances , et de la quantité de sang qu’elles contiennent, que dépendent les divers aspects du parenchyme de ce viscère,dans l’état sain et dans certains étals pathologiques.
La substance blanche ou aréolaire paraît recevoir peu de sang ; elle est traversée pâr d’assez gros vaisseaux, mais ces vaisseaux ne s’y ramifient pas. La substance rouge , au contraire, est très-vasculaire, d’apparence caverneuse , et paraît formée de granulations obrondes, peu consistantes , desquelles proviennent les conduits bilifères qui , doivent former le canal hépatique, et qui commencent l’appareil excréteur de la bile, composé du canal hépatique, du canal cystique , de la vésicule biliaire et du conduit cholédoque.
2 ® Le eanal hépatique naît dans la substance rouge du foie par des radicules très-déliées, rL3o4,fig. qui se réunissent successivement en ramuseüles et en rameaux. Ces rameaux, qui accompagnent les divisions de l’artère hépatique et de la veine porte, et sont comme elles enveloppés par la capsule de Glisson, se réunissent eux-mêmes en deux, trois ou quatre branches, de la convergence desquelles résulte le tronc du canal. Ce canal est cylindrique, de la grosseur d’une petite plume à écrire, et long.d’un pouce et demi environ; il descend entre les deux feuillets de l’épiploon gastro-hépatique, au milieu d’une grande quantité de tissu adipeux, au-devant.de la veine porte, derrière la branche droite de l’nrlère
P1.3o4, Gg.i.
P1..3oi fîg.i, 2, 5.
PJ. 3o4, fig. 1.
PI.3o5,fig.i.
^g '2 MANUEL
hépatique , à gauche du col de la vésicule biliaire , et il ne tarde pas à se réunir au canal
""^foTe’canal cyslique est placé, comme le précédent, dans l’épaisseur de l’épiploii gastrobépalique, et s’étend du col de la vésicule biliaire à la partie supérieure du canal cholédoque . qu’il concourt à former en se réunissant à angle axgu avec le canal hépatique. Un peu moins long et plus grêle que ce dernier, le canal cyslique est souvent cotoye, a gauche, par l’ai'tère cyslique, et iLest situe au-devant de l hiatus de inslow.
4 » La vésicule biliaire est un réservoir membraneux, py riforme, situé dans un enfoncement superBciel de la face inférieure du lobe droit du foie. Dans quelques sujets, on l’a trouvée sous le lobe gauche d’autres ont présenté deux vésicules. Enfin, chez quelques individus, on n’aperçoit aucun vestige de eet organe. La vésicule biliaire est dirigée obliquement, de sorte que sa grosse extrémité se porte en avant, en bas et à droite.. On lui distingue , 1® un corps, dont une portion est unie au foie par du tissu cellulaire lamelleux et par. quelques vaisseaux sanguins, que leur couleur jaunâtre , après la mort, a fait considérer à tort, par quelques anatomistes, comme des canaux destines a porter directement la biledu foie dans la vésicule ; l’autre portion est libre et unie au colon par un repli du péritoine ; 2® un fond qui est arrondf et qui ne dépasse pas ordinairement le bord antérieur du foie, mais qui quelquefois descend plus ou moins bas dans l’abdomen, et devient accessible au palp^er, au côté externe du muscle droit; 3 ® un col ou sommet, qui est recourbé , et se continue avec le canal cyslique.
b? Le canal cholédoque est formé par la réunion, des canaux hépatique et cyslique. Il est. plus volumineux que chacun de ces derniers,.et long d’ènviron trois pouces et quelques lignes. Il descend entre l’artère hépatique et la veine porte, derrière l’extrémité droite du pancréas, et, s’engageant bientôt entre les tuniques du duodénum ,; il'parcourt dans leur épaisseur un trajet très-oblique d’environ un pouce, pour venir s’ouvrir au sommet d’un tubercule qu’on rencontre à la partie postérieure et interne de la portion verticale de cet intestin , près de l’embouchure du canal pancréatique, et assez souvent par un orifice qui lui est commun avec ce canal.
Les voies biliaires ne sont composées que de deux tuniques, si l’ondcxcepte là vésicule dont la portion libre du corps et le fond sont recouverts par fè péritoine.
La tunique ihtérièure est muqueuse; elle n’est qu’un prolongement ou un appendice de la membrane muqueuse du duodénum , mais elle présente des caractères qui lui sont particuliers , et qui* varient suivant lu partie quelle tapisse. Très-ténue et très-extensiblè dans toute son étendue, elle est lisse et polie dans les trois quarts supérieurs du canal cholé' doque et dans le canal hépatiquer mais il n’èn est pas de même dans le reste de son trajet. Dans le quart inférieur du canal cholédoque, elle présente des plicatures.longitudinales. Dans le conduit cyslique et le col de la vésicule , elle foiune une valvule spiroMe,, qui a été assez bien représentée par ^ug. Waller dans ses Annotaliones Academicœ, et qui a particulièrement fixé l’attention de M. Amussat dans ces derniers temps. Enfin , dans le corps, et le fond de la vésicule, la membrane muqueuse est rugueuse, réticulée, plissée sur elle-même en forme de cellules arrondies ou polygones; ces cellules sont en.général très-
petites, et quelques-unes.sont profondes d’une,ligne environ..
D’ANATOMIE DESCRIPTIVE. iSt
La tunique extérieure est celluleuse; quoique dense et serrée, elle est extensible, et parsemée d’un très-grand nombre de vaisseaux. Suivant M. Amussat, eette membrane serait musculaire, et décélérait sa nature sur des vésicules hypertrophiées.
Le foie est l’organe sécréteur de la bile. On pense généralement qu’il imprime au sang de la veine porte qui le traverse certaines modifications relatives à l’hématose; mais la nature de ces modifications est tout-à-fait inconnue.
Le canal hépatique est le conduit excréteur de la hile. Ce liquide est tantôt transmis directement au duodénum, tantôt porté en partie dans la vésicule par le canal cystique,. qui est aussi chargé de la ramener au canal cholédoque, après un séjour plus ou moins prolongé dans ce réservoir. M. Amussat a émis l’opinion, peu fondée peut-être, que la valvule spiroïde dont est garni le canal cystique et le col de la vésicule, sert à faire monter la bile du canal hépatique dans la vésicule, à la manière d’une vis d’Archimède, et il a vn les plans de cette valvule s’appliquer les uns contre les autres pendant l’expulsion d’un liquide qu’il avait injecté dans la vésicule.
DU paîscréas.
Le pancréas est une glande impaire, allongée, profondément située dans l’abdomen, et couchée transversalement derrière l’estomac, au-devant de l’aorte et au niveau des première et seconde vertèbres lombaires, entre les trois courbures du duodénum.
Sa Jace antérieure est recouverte par le feuillet supérieur du mésocolon transverse ; elle Pt. 2900. est en rapport avec l’estomac et la première p'^rtiorndu duodénum. Sa face postérieure est appuyée sur la veine cave et sur l’aorte. Elle offre supérieurement un sillon qui loge les vaisseaux spléniques. Son bord supérieur est quelquefois traversé par l’artère cœliaque, et Y inférieur est séparé de la portion transversale du duodénum par les vaisseaux mésentériques supérieurs. Son extrémité gauche, qu’on a'ppelle la queue du pancréas , est très-mince ; elle s’étend presque toujours au-dessous de la rate, jusque vers la capsule surrénale gauche. Son extrémité droite , ou la tête du pancréas , est plus large, ordinairement arrondie et plongée dans du tissu cellulaire graisseux. Elle est embrassée par la seconde courbure du duodénum. Presque toujours on trouve dans ses environs un prolongement glanduleux plus ou moins considérable, qui a été nommé, par Winslow quelques autres anato¬
mistes ,&
Le pancréas n’a pas de membrane propre : il est seulement environné d^une couche de tissu cellulaire, qui envoie des prolongemens dans son intérieur. Il a une grande analogie de structure avec les glandes salivaires. Son parenchyme, d’un blanc grisâtre ou rougeâtre , paraît composé de lobes et de lobules granulés, distincts et réunis par du tissu cellulaire. C’est de chacune des granulations de ces lobes que naissent les radicules de son conduit excréteur, lesquelles sont très-déliées, et se réunissent à, la manière des veines.
Le conduit meme, nommé cariai pancréatique , marche en serpentant dans l’épaisseur de Forgane ; parvenu derrière la seconde portion de l’intestin duodénum., il devient libre,, et présente alors le volume d’une plume de corbeau : il s’ouvre à angle aigu dans le canal cholédoque , près de son orifice , ou s’accolle simplement au côté gauche de ce. conduiii. . pour entrer isolément dans le duodénunx.
494 MANUEL
Les artères du pancréas, nommées pancréatiques , sont très-multipliées et fort petites. Elles viennent de la cœliaque, de la splénique, de la mésentérique, de la gastro-épiploïque droite, de la coronaire stomachique et- des capsulaires gauches. Ses veines se rendent dans les racines de la veine porte, et en particulier dans les veines splenique et petite mésaraïque. Ses nerfs émanent du plexus solaire, et ses vaisseaux lymphatiques vont se distribuer dans des ganglions auxquels le pancréas donne son nom.
Le pancréas sécrète un liquide a^^felé suc pancréatique, lequel paraît avoir beaucoup d’analogie avec la salive, et se mêle avec la bile pour être verse dans l’intestin duodénum.
DE LA rate. ■
PI. 5o3. La rate est un viscère parenchymateux, vasculaire, d’un tissu mou et spongieux, d’une
couleur rouge-violacée plus ou moins foncée, qui occupe profondément l’hypochondre gauche. Son volume, même dans l’état sain, présente les variétés les plus nombreuses, et ne peut être assigné d’une manière absolue, non plus que son poids. Sa forme est celle d’un segment d’ellipsoïde, dont le grand diamètre serait vertical. Elle offre deux faces, deux^bords et deux extrémités.
Sa face externe est convexe , et correspond ordinairement aux neuvième, dixième et onzième côtes gauches, dont elle est séparée supérieurement par le diaphragme. Sa face interne est concave, et divisée en deux portions par une fente nommée scissure de la rate, et qui est remplie par des vaisseaux et par du tissu cellulaire graisseux. Le bord antérieur est en rapport, éii dedans, avec le grand cul-de-sac de l’estomac , et, en dehors, avec les parois de la poitrine. Le bord postérieur correspond au côté gauche de la colonne vertébrale et au pancréas. L’extrémité supérieure, plus grosse que l’inférieure, est en contact avec l’aponévrose diaphragmatique; et l’extrémité inférieure répond au colon descendant, au rein et à la capsule surrénale gauches.
Là rate est fixée aux organes environnans, d’une manière plus ou moins lâche, par un grand nombre de vaisseaux et par des replis que le péritoine forme en se portant de ce viscère à l’estomac, au diaphragme, au colon et au rein correspondant.
Le péritoine, en effet, tapisse toute la surface- de la rate, à l’exception cependant du fond de sa scissure. 11 constitue ainsi la membrane la plus extérieure de cet organe, laquelle recouvré une seconde membrane api^elée tunique propre. Cette seconde membrane, qui adhère intimement à la précédente, est de nature fibro-celluleuse. Elle,est d’un blancgrisâtre, épaisse et élastique. Elle fournit, par sa face interne, un grand nombre de prololigemens qui s’enfoncent dans l’intérieur de l’organe,; y sont entrelacés de mille manières différentes , et en constituent pour ainsi dire le parenchyme, Dans le fond de la scissure, cette membrane fournit également des proiongemens qui accompagnent les vaisseaux spléniques dans tout leur trajet,
La rate contient encore un grand nombre de granulations.grisâtres, molles, demitransparentes, comme gélatineuses, que Malpighi considérait comme des glandes, et qui, d’après les observations de Hôme, de Heusinger et de MeckeE se gonfleraient beaucoup chez les anijnaux qui viennent fls boire, (^uant a la matière rouge-brunâtre qu’on retire
D’anatomie descriptive. 495
de cet organe par 1 expression, elle paraît n’étre autre chose que du sang qui a subi des changemens particuliers, et qui serait contenu dans des cellules dont Malpighi et Lasône ont prouve 1 existence par des expériences directes, Desault et M. Ribes admettent également les cellules de la rate, et comparent l’intérieur de cet organe au corps caverneux de la verge. Enfin M. le professeur Andral vient de fortifier cette opinion par de nouvelles expériences. Cet observateur, à l’aide de lavages répétés, a vidé la rate du sang qu’elle contient et qui en masque la structure, et il a trouvé que cet organe est formé par l’assemblage d’un très-grand nombre de cellules qui, d’une part, communiquent les unes avec les autres, et d’autre part communiquent directement avec les veines au moyen d’un grand nombre d’ouvertures dont paraissent criblées les grosses branches qui résultent de la division de la veine splénique : ces ouvertures conduisent directement, et sans intermédiaire, dans les cellules qui forment le parenchyme de l’organe. A mesure qu’on examine les veines plus loin de leur tronc, on voit s’agrandir ces ouvertures ; un peu plus loin encore, les parois veineuses cessent de former un tout con tinu, et elles se séparent en filamens qui ne diffèrent pas de ceux par lesquels sont formées les parois des cellules , et qui se continuent avec eux. L’artère splénique est à peine entrée dans la rate, qu’elle diminue rapidement de volume, et se subdivise en petits fanieaux, qu’on cesse bientôt de pouvoir suivre, et qui paraissent se répandre sur les parois des cellules ; on ne voit pas que l’artère soit percée de trous comme la veine. Enfin les cellules ne sont autre chose que des intervalles que laissent entre eux, en s’entrecroisant, les prolongemens fibreux de la tunique propre, Ces prolongemens se terminent en s’insérant aux parois de la veine, ou en s’unissant avec les filamens terminaux de ces mêmes parois, comme on l’a vu plus haut. Ils paraissent jouir d’une assez grande contractilité de tissu , car ils se rétractent fortement quand on les coupe. M. Andral les a plus d’une fois trouvés sensiblement hypertrophiés, et dans quelques cas il les a vus tendre à l’ossification. Il paraîtrait que les granulations de la rate ne seraient que le résultat purement accidentel des points de jonction de plusieurs filamens, surtout lorsque ces filamens sont hypertrophiés. /
Les vaisseaux sanguins de la rate sont fort volumineux , et ont été décrits sous le nom d’artère et de veine spléniques^ il est à remarquer qu’indépendamment de l’artère splénique, ce viscère reçoit aussi des artères carpsulaires de l’artère phrénique, de la première lombaire et de la spermatique, quelques ramifications qui se distribuent à ses membranes. Ses vaisseaux lymphatiques sont très-abondans , et forment une couche superficielle et une couche profonde. Ses nerfs, dont le volume est trèsrpeu considérable, se séparent du plexus solaire, sous le nom de plexus splénique, et sont fournis par les ganglions solaires et par le nerf pneumo-gastrique gauche.
Les usages de la rate sont entièrement inconnus % ils paraissent cependant avoir quelque rapport avec la sécrétion de la bile.
DES OaGAXES SÉCRÉTEURS BT EXCRÉTEURS DE l’üRÎNE.
Ces organes, qui constituent les voies urinaires, comprennent les capsules surrénales les reins, les uretères, la vessie et l’urètre. *
MANUEL
lo Des capsules surrénales,
Pl.3o6,Gg.,, Les capsules surrénales sont deux petits corps placés dans labdomen, au-dessus des reins. Elles existent constamment, mais leurs usages sont totalement inconnus. Elle sont ovoïdes, et correspondent postérieurement au diaphragme et à la partie supérieure du muscle psoas. Inférieurement dles sont concaves, et elles embrassent l extrémité supérieure des reins, en se prolongeant un peu sur leur bord interne. Celle du cote gauche, ordinairement un peu plus élevée que l’autre, est recouverte en devant par la rate et le pancréas; celle du côté droit est en rapport dans le même sens avec la veine cave, le duodénum et le foie. Toutes deux sont maintenues dans leur situation par une grande quantité de tissu cellulaire graisseux, par des filamens fibro-celluleux qui se portent aux reins , et par les vaisseaux qu’elles reçoivent ou qui en sortent.
Les capsules surrénales sont entourées d’une couche de tissu cellulaire qui leur forme une espèce de membrane capsulaire; cette membrane envoie des prolongemens dans l’intérieur de l’organe , et présente à l’extérieur des sillons occupés par des vaisseaux sanguins. Leur tissu est formé de granulations qui paraissent composées de deux substances , l’une extérieure, jaunâtre, plus consistante; l’autre interne, molle, et d’un roûge-brun. Ces deux substances, entremêlées entre elles, donnent aux capsules surrénales l’aspect maculé qui leur est propre. Suivant la plupart des anatomistes, il existe dans l’intérieur des capsules surrénales une cavité étroite, triangulaire, lisse, sans issue connue, garnie dans sa partie inférieure d’une éminence en forme de crête, et renfermant dans le foetus une assez grande quantité dTin fluide visqueux, rougeâtre, coagulable par l’alcool. Suivant Meckel, il n’existe rien de semblable dans l’état normal, et cette apparence de cavité résulterait de la décomposition spontanée de la substance profonde décrite plus haujt, laquelle a très-peu de consistance, ou de la destruction de cette même substance opérée par la dissection.
Les artères des capsules surrénales viennent des diaphragmatiques, de l’aorte et des renales. Les veines vont s ouvrir dans les veines rénales ou dans la veine cave. Les vaisseaux lymphatiques se rendent dans les plexus rénaux et diaphragmatiques. Les nerfs proviennent des plexus rénaux,
'i,. Des reins.
f^i.3o6, fig,I, Les reins, organes secréteurs de l’ùrine, sont deux glandes situées profondément derrière le péritoine, au milieu d’une grande quantité de tissu cellulaire et adipeux , sur les parties latérales de la colonne vertébrale , au niveau des deux dernières vertèbres dorsales et des deux premières lombaires. Celui du côté droit est placé un peu plus bas que celui du côté gauche, ce qui dépend de la présence du foie. Il existe quelquefois trois reins.sur d’autres sujets on n’en rencontre qu’un seul, placé transversalement au-devant du rachis, la scissure,tournée en bas.
^ La couleur des reins est d’un rouge obscur tirant sur le brun ; leur forme , qui est celle d’un ovoïde comprimé sur deux faces, et échancré sur son bord interne, est analogue à fCelle d’un haricot.
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Leur face antérieure est très-convexe, et correspond, à droite, à la portion verticale du duodénum , au colon ascendant et au foie; à gauche, au colon descendant et à la rate. La face postérieure est presque plane ; elle est en rapport avec les piliers du diaphragme et les muscles psoas , carré des lombes et iransverse abdominal. Le bord externe est convexe, épais, et tourné en arrière; le bord interne est incliné en avant, et présente une échancrure plus ou moins profonde, laquelle reçoit les vaisseaux rénaux, et porte le nom de scissure du rein. L’extrémité supérieure est épaisse , arrondie ; elle est embrassée par la capsule surrénale, et inclinée vers la colonne vertébrale; l’extrémité inférieure est plus mince, et s’écarte davantage du rachis. Chaque rein reçoit de l’aorte une ai-tère considérable, dont les ramuscules se continuent avéc les veines, avec les radicules du canal excréteur, ou se terminent dans le tissu même de l’organe; les veines correspondantes se rendent à la veine cave. Les vaisseaux lymphatiques du rein sont nombreux, et vont se rendre dans des ganglions placés autour de l’artère et de la veine rénales. Les nerfs viennent du plexus rénal.
Les reins sont enveloppés d’une membrane fibro-celluleuse, peu extensible, qui, est unie au tissu de ces organes par des filamens de même nature qu'elle, et par des rarauscules vasculaires. Cette membrane s’enfonce dans la scissure, et se réfléchit sur le bassinet. Elle envoie des prolongemens sur les vaisseaux sanguins.
Le parenchynae du rein est plus consistant que celui des autres glandes. Il est composé de deüx substances distinctes, l’une extérieure, appelée corticale , l’autre intérieure, nommée tubuleuse ovi médullaire.
La première de ces substances forme une couche extérieure d’une ou deux lignes d’épaisseur , d’une couleur fauve-obscure ou rougeâtre. En dedans, elle fournit plusieurs prolongemens en forme de cloisons, entre lesquels se trouvent placés les faisceaux de la substance tubuleuse. Examinée au microscope , elle paraît composée de granulations qui se séparent assez facilement les unes des autres , et qui sont formées par les extrémités capillaires des vaisseaux sanguins. En outre, on y aperçoit un très-grand nombre de petits canaux blancs et très-flexueux, qu’on appelle conduits de Ferrein; ces conduits forment une grande partie de la substance corticale , et paraissent être les,conduits excréteurs des granulations, glanduleuses.
La substance tubuleuse ou intérieure représente plusieurs faiscea.ux conoïdes, tronqués, enveloppés de tous côtés, si ce n’est vers leur sommet, par la substance corticale. La base de tous ces cônes est arrondie et tournée vers la périphérie du rein ; leur sommet est tourné vers la cavité du bassinet. La substance tubuleuse est d’un rouge pâle; son tissu est dense., ferme, mais facile à diviser dans le sens des faisceaux. Il paraît formé d’une multitude de canaux extrêmement déliés , convergens , très-serrés les uns contre les autres près du sommet des cônes , et qui ne sont autre chose que les conduits de Ferrein de la substance corticale, devenus droits. Les cônes se terminent par des tubercules ou mamelons dont l’ensemble est désigné par plusieurs anatomistes sous le nom.de substance mamelonnée, et dont la surface lisse présente les orifices des canaux qui versent l’urine dans les calices. Ces tubercules sont séparés les uns des autres par des intervalles remplis de tissu adipeux. Leur nombre varié, et n’est pas toujours égal à celai des cônes; qnel- Texle. ^ fi3