‹ Manuel d'anatomie descriptive du corps humain, représentée en planches lithographiées. Tome III (volume 3)Chapitre 19 sur 46 · IV. DE L’ORGANE DE L’OUIE, OU DE L’OREILLE ET DE SES DÉPENDANCES · texte numérisé non relu

IV. DE L’ORGANE DE L’OUIE, OU DE L’OREILLE ET DE SES DÉPENDANCES

L’oreille, ou l’organe qui nous met en rapport avec les sons et nous fait connaître leurs nombreuses modifications , est fort compliquée. Pour la facilité de l’étude, on a divisé cet organe, 1° en oreille externe, laquelle se compose du pavillon de l’oreille et du conduit auriculaire ; 2° en oreille moyenne ou tympan ; 3 ® en oreille interne ou labyrinthe.

1® DE l’oreille EXTERKE.

A. Du Pavillon de VOreille.

Placé de chaque côté de la tête, derrière la joue, au-devant de la région mastoïdienne et au-dessous des tempes, le pavillon de l’oreille a la forme d’un ovale dont la grosse extrémité serait dirigée en haut. Recourbé sur luhmême en divers sens , comprimé de dehors en dedans, plus ou moins détaché des parties latérales de la tête, il est libre en haut , en arrière et en bas; mais en avant et en dedans il se continue avec les parties voisines. Sa face externe, dirigée un peu en avant, présente des saillies et des enfoncemens qui sont de haut en bas :

1 ® L hélix, espèce de repli à peu près demi-circulaire , qui commence vers le milieu du pavillon , au-dessus du conduit auditif. Il se dirige d’abord en a,yant, puis en haut, et se recourbe en arrière pour redescendre à la partie postérieure du pavillon, où il se perd en se continuant en avant avec l’anthélix , et en arrière avec le lobule de l’oreille.

2 ° La ramure de l'hélix est le sillon , plus ou moins profond, qui suit tout le trajet de l’hélix en dedans et au-dessous de lui.

S” 'L anthélix est une éminence qui commence dans la rainure de l’hélix , au-dessus de la conque, par une extrémité bifurquée, dont la branche supérieure est large , obtuse , oblique, tandis que l’inférieure est plus étroite, saillante et horizontale : ces deux branches reunies forment une saillie courbe qui se dirige en arrière et se termine insensiblement en arrière et au-dessous de l’anti.tragus.

4 ® La fosse naviculaire ou scaphoïde est l’enfoncement qui se trouye entre les deux Pl.i fi.fig.ioi branches de l’anthélix.

5 ® 'Le tragns est un tubercule aplati, triangulaire, situé au-devant du conduit auriculaire. Sa base se continue avec le reste du pavillon. Son sommet est libre, et dirigé en arrière et en dehors.

Vanti-lragus est une saillie légèrement comprimée, S'ituée en arrière, vis-à-vis le Pl.i^bfig io. tragus, au-dessous de l’anthélix.

7 ® La conque est une cavité assez profonde, limitée en avant par le tragus, et en arrière Pl.i 44 ,fi§-io. par l’anlhélix et l’anti-tragus. La conque est divisée par l’hélix en deux portions : l’une, supérieure, étroite, se continue avec la racine de Thélix ; l’autre, inférieure, plus large, triangulaire, se continue en dedans et en avant, avec le conduit auriculaire.

8® Le lobule est une éminence arrondie, déprimée, molle, qui forme l’extrémité infé- p].i44,Gg,io. rieure du pavillon de l’oreille, et à laquelle la plupart du peuple a l’habitude de suspendre des anneaux.

La face interne du pavillon de l’oreille regarde en arrière ; elle offre des éminences et des cavités disposées en sens inverse de celles de la face externe, mais moins prononcées.

Organisation du Pavillon de l’Oreille.

Le pavillon de Toreille est recouvert à l’extérieur par une peau mince, assez adhérente Pl.i44,fig.ii. au fibro-cartilage qui hii donne sa consistance et son élasticité, et parsemée de follicules sébacés. Cette enveloppe dermoïde forme à elle seule le lobule, et dans cet endroit ses deux lames aont réunies par un tissu cellulaire graisseux. Au niveau du tragus , elle est garnie, surtout chez les vieillards, de poils plus ou moins longs, destinés à empêcher que les corpuscules qui voltigent dans l’air ne s’introduisent dans le conduit auditif.

Le fbro-cartilage de l’oreille, par sa consistance et son élasticité, soutient cette partie et Pl.i 44 jfig-*ien détermine la forme. Il offre en effet toutes les éminences et les cavités dont je viens de parler, et qui sont même encore plus prononcées que lorsqu’il est recouvert par la peau. Entre l’hélix et le tragus, il est coupé par une scissure que remplit un ligament ; ■

entre l’anti-tragus et les extrémités réunies de l’hélix et de l’anthélix, il présente une semblable division, remplie par une membrane fibreuse. En bas, le fibro-cartilage ne se prolonge pas dans le lobule ; en dedans, il se continue avec le conduit auriculaire.

Il est formé d’une lame de cartilage, mince, élastique , jaunâtre, revêtue d’un péricondre fort épais.

Le fibro-cartilage du pavillon de l’oreille est fixé à la partie latérale de la tête par trois ligamens fibro-celluleux : l’un, supérieur, se fixe à la convexité que la conque présente en dedans, et va se terminer en s’élargissant à l’aponévrose épicranienne ; le second, antérieur, s’attache à la base du tragus et à la partie voisine de l’hélix, et se termine à la base de l’apophyse zygomatique ; le troisième, postérieur, se porte de la convexité de la conque à la base de l’apophyse mastoïde.

Deux espèces de muscles appartiennent au pavillon de l’oreille. Les uns, extrinsèques, PI.62, fig. 2. servent aux mouvemens généraux de cette partie; ils ont déjà été décrits; les autres, ’

intrinsèques, sont situés sur divers points du fibro-cartilage. A peine marqués chez le plus

Pl.i44)fi§-i2* PI. i 44 >Gg*i 3 - Pl.i445fig-i2-

Pl.i 44 ,fig.i 3 .

grand nombre des individus, ils déterminent de légers mouveinens dans les differentes régions du pavillon de l’oreille. 11 y en a cinq ; savoir :

1 ° Muscle du iragiis. Il est assez large, triangulaire; il recouvre la face externe du tragus, et s’étend de la base au sommet de cette éminence.

2 ° Muscle de Vanti-tragus. Il est moins large, mais plus épais que le précédent. Il se trouve entre l’anti-tragus et l’anthélix. Ses fibres sont obliques.

30 Grand muscle de t hélix. Il est placé sur l’origine de l’hélix, au-dessus du tr a gus. Il est allongé, mince, et plus étroit en avant qu’en arrière.

40 Petit muscle de l’hélix. Il manque souvent. C’est un petit faisceau aplati, d’une forme irrégulière , lequel est placé sur la saillie de l’hélix qui sépare la conque en deux parties.

50 Muscle transversal. On nomme ainsi un faisceau défibrés irrégulières qui sont placées derrière le pavillon de l’oreille, et se portent de la convexité de la conque à la saillie que forme de ce côté la rainure de l’hélix.

B. Du Conduit auriculaire.

PI 144 fî" t 6 Etendu du fond de la conque jusqu’à la cavité du tympan , le conduit auriculaire est situé entre l’articulation de la mâchoire et l’apophyse mastoïde. Il a environ dix à douze lignes de profondeur ; sa paroi inférieure est un peu plus longue que la supérieure, à raison de l’obliquité de la membrane du tympan. Il est oblique de dehors en dedans, d’arrière en avant, et présente une légère courbure à concavité inférieure. Il est aussi un peu plus étroit au milieu qu’à ses extrémités. Le conduit auditif offre une portion interne qui est osseuse et appartient au temporal, et une portion externe ou fibro-cartila- Pl. i47,fig.9. gineuse, qui n’est qu’un prolongement du cartilage de la conque. La première a été décrite ; la seconde est une lame cartilagineuse recourbée sur elle - même, de manière à former la partie antérieure et inférieure du conduit, lequel est complété en haut et en arrière par une portion fibreuse. Lorsqu’on étend celte lame, elle parait triangulaire ; elle se continue en dehors avec le tragus et avec la conque.

PI,i 44 )fig-i 5 . Près du tragus , le fibro-cartilage du conduit auditif présente deux ou trois fentes transversales situées à diverses distances les unes des autres, et remplies par un tissu fibreux qui a quelquefois l’apparence de fibres charnues. Ces fentes ont été nommées les incisures de Santorini.

L’extrémité interne du fibro-cartilage du conduit auditif tient au temporal par un tissu fibro-celluleux.

La membrane fibreuse qui remplit l’intervalle que le fibro-cartilage laisse en haut et en arrière, offre la même apparence que celle qu’on observe dans les incisures de Santorini. Le conduit auriculaire est revêtu à l’intérieur par un prolongement de la peau du pavil- Pl. i47,fig.9- Ion de 1 oreille. Cette peau devient plus blanche, et de plus en plus mince, à mesure qu’elle se rapproche de la membrane du tympan, sur laquelle elle se réfléchit et qu’elle double en oehors, en formant un véritable cul-de-sac. Elle est recouverte d’un duvet très-fin dans toute son étendue, et garnie, chez les hommès, de poils assez longs, près de l’entrée du conduit auriculaire. Elle est criblée de petits trous qui sont les orifices des glandes cérumineuses. Elle est unie aux parties sous-jacentes par un tissu filamenteux serré.

On trouve au-dessous'de la peau du conduit auditif, en haut et en arrière, à l’endroit où le fibro-cartilage n’existe pas, des follicules d’une nature spéciale qu’on nomme glandes cérumineiises. Ces follicules sont globuleux, d’une couleur jaune foncée, et munis PI. 147»%• 9 * chacun d’un orifice excréteur, par lequel ils versent dans le conduit la matière onctueuse, grasse et amère, qu’on appelle le cérame».

2 ° DE l’oreille moyenne , ou DE LA. CAVITE DU TYMPAN.

Le tympan est une cavité d’une forme irrégulière, creusée dans la base du rocher, Pl.i 45 .fîg. 2 o, entre le conduit auriculaire et le labyrinthe, au-dessus de la fosse gléno'ide, derrière la trompe d’Eustachi, au-devant de l’apophyse masto’ide. Elle est un peu plus grande en haut qu’en bas et d’avant én arrière, que dans toute autre direction. Elle est tapissée par une membrane muqueuse, et communique avec le pharynx par le conduit guttural de l’oreille. Elle présente six parois : une externe , une interne, une supérieure, une inférieure , une postérieure et une antérieure. La paroi externe est oblique de haut en bas, et de dehors en dedans ; elle est formée presque entièrement par la membrane du tympan.

Celle-ci est une cloison demi-transparente, fort mince, qui ferme l’extrémité interne du . conduit auriculaire, et forme, à raison de son obliquité, un angle rentrant fort aigu avec sa paroi inférieure, et un angle obtus avec la supérieure. Sa forme est circulaire ; elle est concave en dehors, convexe en dedans, et semble tirée dans ce dernier sens par le manche du marteau, qui lui adhère.

La circonférence de la membrane du tympan est enchâssée dans la rainure que pré- Pi.]45jfîg o-) sente l’extrémité interne de la portion osseuse du conduit auriculaire.

La membrane du tympan n’offre aucune ouverture; elle empêche toute communication entre le conduit auriculaire'et la cavité de l’oreille moyenne; elle est sèche, fibreuse et PI. 148. fig. i, dépourvue de vaisseaux sanguins, du moins dans l’état naturel, bien que les injections en fassent apercevoir lorsc|u’elles sont très-fines.

En haut et en bas la paroi externe du tympan est formée par deux petites surfaces osseuses inégales.

'Ldiparoi interne est un peu inclinée en arrière; elle offre :

1 ° La fenêtre ovale, ou l’omerture vestibalaire du tympan; c’est une ouverture ovalaire PLi46.jSg. i, qui fait communiquer le tympan avec le vestibule. Son grand diamètre est horizontal. Son bord supérieur est courbé en demi-ellipse ; l’inférieur est droit, et même un peu rentrant. Pl.145.fig 1 Elle est bouchée par la base de l’étrier, et lui est unie par une meinbrane fine, qui donne à cet osselet une légère mobilité. Au-dessus de la fenêtre ovale on voit une saillie allongée qui correspond à l’aqueduc de Fallope.

2° Le promontoire est un tubercule osseux, assez large, qui se trouve au-dessous de la Pl.î45.fig.ar. fenêtre ovale. 11 correspond à la partie externe du vestibule et à la rampe correspondante du limaçon. Il est borné en avant par l’extrémité du bec de cuiller.

3 ° La fenêtre ronde , ou l'ouverture cochléenne du tympan, est placée au-dessous et un peu pj 145 fig j en arrière du promontoire. Plus petite que la fenêtre ovale, triangulaire et non pas ronde, ai. comme son nom semble l’indiquer, elle se trouve au fond d’une cavité infundibulifonne.

et ferait communiquer le tympan avec la rampe interne du limaçon, sans une membrane fine qui la ferme complètement.

. La paroi supérieure de la cavité du tympan est formée par une lame osseuse, mince , percée de plusieurs petits trous qui donnent passage à des vaisseaux.

La paroi inférieure , étroite, irrégulière, présente la scissure glénoïdale par laquelle sortent la longue apophyse du marteau et la corde du tympan, et par où s’introduit le muscle antérieur du marteau.

La paroi postérieure offre en haut une ouverture inégale , raboteuse , dirigée en arrière et en bas, et placée au-dessus de la courte blanche de l’enclume. Cette ouverture conduit dans les cellules mastoïdiennes. Celles-ci sont creusées dans l’épaisseur de l’apophyse du même nom-, elles varient pour le nombre, l’étendue, et sont en général d’autant plus Pl.i45,fig.22. développées, qu’on les examine chez des individus plus âgés. Celles de l’extérieur sont beaucoup plus petites que celles du centre. Elles communiquent toutes ensemble par des EI.147, fig-9* ouvertures en nombre et de forme variables , et sont tapissées par un prolongement de la membrane muqueuse du tympan. Au-dessous de l’ouverture des cellules mastoïdiennes, derrière la fenêtre ovale, on trouve une petite éminence creuse, conique, qu’on nomme PLi45,fîg.2i. \â. pyramide ; son sommet, dirigé en avant, est percé d’une ouverture par laquelle sort le tendon du muscle de l’étrier, ce dernier étant renfermé dans la cavité centrale de l’éminence.

Au-dessous de la base de la pyramide on voit une petite ouverture qui communique avec l’aqueduc de Fallope, et donne passage à un nerf.

La paroi antérieure du tympan offre une petite lame osseuse, mince , saillante, courbée sur elle-même de bas en haut, et qu’on a nommée le bec de cuiller. Cette lame sépare deux canaux situés dans l’angle rentrant que forment entre elles la portion écailleuse et la portion pierreuse du temporal. Ces canaux sont placés l’un au-dessus de l’autre. Le supérieur est arrondi, et donne passage, au muscle interne du marteau ; l’inférieur, plus large que le précédent, forme la portion osseuse de la trompe d'Eustachi.

Pl.i45,fig.2î. La trompe d’Eustacki, ou le conduit guttural de l’oreille, est un canal en partie osseux et en partie fibro-cartüagineux , qui se porte de la cavité du tympan à la partie supérieure du pharynx; sa direction est oblique en avant, en dedans et en bas. Sa longueur est d’environ deux pouces. Sa portion osseuse, longue de huit à neuf lignes,,située au-dessus du canal carotidien, commence dans le tympan par un orifice assez évasé; puis elle se rétrécit et s’arrondit. Sa portion cartilagineuse augmente successivement de diamètre jusqu’au PI. 137,6g.7, pharynx; elle sé termine près de l’aile interne de l’apophyse ptérygoïde, derrière i’ou- Plf i 38 . Terture postérieure de la fosse nasale correspondante, par un pavillon évasé, renflé, dont les bords sont appliqués 1 un contre l’autre, de manière à ne laisser entre eux qu’une fente assez étroite. La trompe d’Eustachi est manifestement comprimée de dehors en dedans , de sorte que sa coupe est elliptique. ’

Le fibro-cartilâge de la trompe d’Eustachi est formé par une lame irrégulièrement quadrilatère, recourbée sur elle-même de bas en haut et de dedans en dehors. 11 constitue toute la paroi interne et la partie supérieure de la paroi externe du 'conduit guttural de 1 oreille ; la paroi externe de ce dernier est, en effet, formée par une membrane fibreuse, mince, qui unit entre eux les deux bords du fibro-cartilage, et se trouve étroitement unie

D’ANATOMIE DESCRIPTIVE, à la membrane muqueuse qui tapisse l’intérieur du conduit. Le fibro - cartilage de la trompe d’Eustachi s’enfonce dans les inégalités du conduit osseux du temporal, et lui adhère très-intimement.

Le conduit guttural de l’oreille est constamment ouvert, et entretient une libre communication entre la cavité du tympan et celle du pharynx.

Des osselets de la cavité da tympan.

La caisse du tympan est traversée de dehors en dedans^ par une série d’osselets articulés Pl.i 44 ,fig.i 6 . entre eux , mus par des muscles particuliers , et qui s’étendent de la membrane du tympan à la fenêtre ovale. Ces osselets représentent dans leur ensemble une espèce de levier coudé; on les a nommés le marteau , l’enclume , l’os lenticulaire et l’étrier.

Le marteau est le plus long des osselets de l’oreille; il est verticalement placé à la partie PL i 45 ,fig. 4 , interne et supérieure de la membrane du tympan. Il offre, l» une tête qui en forme la partie la plus élevée et la plus volumineuse. Cette éminence est lisse, ovoïde, et s’articule en arrière avee renclume , au moyen de deux légers enfoncemens. En dehors elle répond a la portion écailleuse du temporal. 2 ° Un col ou léger rétrécissement, placé entre la tête et le manche. Il est court, et donne naissance en avant à une apophyse grêle, fort allongée , qui traverse la scissure glénoïdale, et reçoit l’insertion du muscle antérieur dii marteau : c’est Vapopkyse de Raw. 3 °Un manche qui forme avec le| col un angle obtus, rentrant en dedans ; son extrémité inférieure est mince, arrondie, inclinée en dedans, et correspond au centre de la membrane du tympan. Son extrémité supérieure donne naissance en dehors à une apophyse étroite et courte, qui reçoit l’insertion du muscle interne du marteau. Le manche du marteau est légèrement comprimé d’avant en arrière, et adhère dans toute son étendue à la membrane du tympan.

enclume est placée en dedans et en arrière du marteau ; elle est un peu plus grosse, PL 1,

mais plus courte que cet osselet, et présente assez de ressemblance avec une dent molaire dont les deux racines seraient fort écartées. Son corps en forme la partie principale; il a, la forme d’un ovoïde aplati transversalement, et dont le, grand diamètre serait vertical.

Dirigé en haut et en avant, il est convexe en dehors, légèrement concave en dedans, et muni en avant de deux tubercules inégaux , séparés par un enfoncement, pour s’articuler avec le marteau. Des deux branches de l’enclume, la supérieure est horizontale, plus courte , conoïde, aplatie , et s’appuie sur l’orifice des cellules mastoïdiennes; Yinjérieure est plus longue, verticale, grêle, presque parallèle au manche du marteau; son sommet est recourbé en dedans, et creusé d’une petite excavation qui s’articule avec l’os lenticulaire.

Idos lenticulaire est le plus petit des osselets de l’oreille. Arrondi, aplati de dehors en PL i45,£ig.gj dedans, il est convexe sur ses deux faces, qui s’articulent, l’externe avec la branche verii- ^ 9 * cale de l’enclume, et l’interne avec la tête de l’étrier.

étrier est le plus interne des osselets de l’ouïe. Il a la forme de l’instrument dont il PLi 45 ,fig.î, porte le nom, Il offre une tête, deux branches et une base; la tête, dirigée en dehors, est soutenue par un col court, et offre à son sommet une excavation qui reçoit la face correspondante de l’os lenticulaire; 2“ les branches s’écartent du col en divergeant, et inter-

Pl.i45.fig.i3j l5, l6, 27.

Pl.i45.Cg.2o,

Pl.î45,fig.2I.

Pl.î45,fig.20.

Pl.l45,fig.22.

ceptent entre elles un intervalle parabolique; l’une est antérieure, moins courbe et plus courte que la seconde, qui est postérieure: elles sont creusées d’unelegere cannelure sur le côté, par lequel elles se correspondent; 3° la âase de l’étrier, dirigée en dedans, est une lame mince et assez large, allongée d'avant en arrière, qui a la forme de la fenetre ovale sur laquelle elle est appliquée. Elle se continue avec les branches par ses deux extrémités. Sa face interne est légèrement convexe , et l’externe un peu concave.

Les osselets de l’ouïe sont presque entièrement composés de tissu compacte ; ils sont surmontés, au niveau des surfaces qui les joignent entre eux, d’une couche excessivement mince de cartilage, et paraissent unis simplement par la membrane du tympan, qui les recouvre, et qui, passant sur leurs articulations, leur tient lieu de ligamens. Chacun d’eux paraît se développer par un seul point d’ossification.

Des muscles des osselets de l’oreille.

Ces muscles, destinés à imprimer aux osselets de l’oreille divers mouvemens qui ont pour but de tendre ou de relâcher l’espèce de chaîne qu’ils représentent, depuis la membrane du tympan jusqu’à la fenêtre ovale, sont le muscle interne du marteau , le muscle antérieur et le muscle externe du même osselet, et le muscle de l’étrier.

• Muscle inierne da marteau,. Il est grêle, allongé, s’insère aux inégalités du.temporal, près de l’orifice inférieur du canal carotidien, et au fibro-cartilage de la trompe d’Eustaebi. D’abord aponévrotique, il devient bientôt charnu, se dirige en arrière et en dehors, entre dans le conduit au temporal qui est au-de.ssus du bec de cuiller, s’introduit dans le, tympan en donnant naissance à un petit tendon , lequel se réfléchit sur l’extrémité du bec de cuiller, et va se terminer à l’apophyse du manche du marteau. Il a. pour usage de tendre la membrane du tympan en tirant le marteau en dedans.

Le muscle antérieur du mjirteau est plus grêle encore que le précédent.Etroit, allongé, il s’insère, par de courtes aponévroses, à l’épine du sphénoïde et à la partie externe du fibro-cartilage de la trompe d’Eustachi. 11 se dirige ensuite en haut, en dehors et en arrière, traverse la scissure glénoïdale, et s’implante par un petit tendon à ïapophyse grêle de Raw. Il paraît avoir pour usage de relâcher la membrane du tympan en tirant le marteau en dehors et en avant.

Muscle externe du maxieau. il n existe pas d une manière sensible chez tous les sujets. Il s’insère dans la rainure osseuse qui reçoit la membrane du tympan, et se termine au manche du marteau, au-dessous de sa courte apophyse.

- Le muscle de rétrier le plus petit des muscles des osselets de l’ouïe. 11 naît au fond de la cavité de la pyramide, dont il a la forme, et se termine par un tendon très-fin qui traversé l’ouverture du sommet de cette éminence, se porte en avant, et s’attache à la partie postérieure du col de l’étrier. En se contractant, ce muscle tire en arrière la tête de l’étrier, et fait éprouver à sa base un léger mouvement de bascule en vertu duquel son extrémité antérieure fait saillie vers la cavité du tympan, tandis que son extrémité postérieure tend à s’enfoncer dans le vestibule.

De la membrane muqueuse du tympan, .

Toute la cavité du tympan et les parties qu’elle renferme sont revêtues par une mem- pi.i45/ig.^i. brane très-mince, que plusieurs auteurs ont désignée sous le nom de périoste, mais qui n’est bien évidemment qu’un prolongement de la membrane muqueuse du pharynx. Cette membrane forme un bourrelet saillant tout autour du pavillon de la trompe d’Éustachi, puis devient fort ténue et demi-transparente, pour pénétrer dans ce conduit. Parvenue dans le tympan, elle en revêt toutes les parois en tapissant leurs éminences et s’introduisant dans leur cavités. Elle contribue à fermer la fenêtre ovale, se réfléchit sur le bec de cuiller et sur le tendon du muscle interne du marteau, entoure l’apophyse grêle de Raw, bouche la fente glénoïdale, double en dedans la membrane dn tympan, revêt les osselets de l’oreille, et 's’introduit dans les cellules mastoïdiennes , qu’elle isole du diploë de l’apophyse masloïde.

Cette membrane, bien que d’une grande ténuité, paraît formée d’un feuillet fibreux en dehors, et d’un feuillet muqueux en dedans. Elle est plus molle, plus rouge et plus vasculaire chez les enfans que chez les adultes et les vieillards. Elle est le siège d’une sécrétion de mucus qui s’écoule dans le pharynx par la trompe d’Eustachi.

3® DE l’oReIllE ISTERKE OU DU LABYrIntHE.

Cette dernière partie de l’organe de l’ouïe est située entre le tympan et le conduit au- pi.i44,fig.i6. ditif interne. Elle est composée de plusieurs cavités creusées dans la substance du rocher, et qu’on a nommées le vestibule , le limaçon et les canaux demi-circulaires.

Du vestibule.

On homme ainsi une cavité d’une forme irrégulièrement sphéroïdale, située en dedans PI. 146, Gg. 7, du tympan, en dehors du conduit auditif interne, au-dçvant des canaux demi-circulaires, et en arrière du limaçon. En haut et en bas, le vestibule est recouvert par le tissu compacte du rocher. Il est divisé en deux parties inégales par une crête osseuse qui s’élève de sa paroi inférieure, se dirige en dehors et en avant, et se termine au-dessus de la fenêtre ovale par un petit tubercule rugueux.*

Le vestibule présente un grand nombre d’ouvèrtures qui sont : 1 ° en dehors, l’orifice H. 146, fig.i. interne de la fenêtre ovale, fermée par la base de l’étrier et par la membrane du vestibule qui unit ces parties ; 2® en haut, les deux orifices antérieurs des canaux hemi-circulaires

vertical supérieur et horizontal; 3 ° en avant et en bas, l’orifice de la rampe externe du limaçon; 4 ° en arrière, les deux ouvertures isolées des canaux demi-circulaires vertical inférieur et horizontal, et l’ouverture commune aux deux canaux verticaux ; 5 ® enfin , il présente eh dedans plusieurs petits trous qui livrent passage aux filets du nerf acoustique et à des vaisseaux Sanguins.

U aqueduc du vestibule est un conduit fort étroit, qui fait communiquer cette cavité avec PL 146, Gg. 5 , la base du crâne. Son orifice interne, souvent à peine visible, se trouve en dedans du

Texte,

Testibule, très-près de l’orifice commun des deux canaux demi-circulaires verticaux. De là il se porte d’abord en haut, puis en arrière et en bas, et finit par s’ouvrir, en s’élargissant, sur la face postérieure du rocher.

Du limaçon,

Pl.i44,fîg.i6. On appelle ainsi une cavité osseuse formée de deux eanaux coniques, contournés en spi-

Pl.i45,fig.i. raie comme les coquilles dont on lui a donné le nom. Le limaçon est caché dans la partie antérieure du rocher, en avant et en dedans du vestibule et du conduit auditif interne.

PI. i45,fig.r, Obliquement dirigé en dehors, en bas et en avant, il décrit deux spirales en sens inverse, du côté droit et du côté gauche. Le limaçon présente un axe ou noyau central, une lame qu’on nomme lame des contours , qui en forme la paroi , une cloison spirale et un aqueduc.

Uaxe àn limaçon commence au fond du conduit auditif interne, et se dirige presque horizontalement en avant et en dehors. Il est conique; sa base est creusée d’un enfoncement qu’on observe au fond du conduit auditif interne : elle est criblée de porosités par lesquelles passent les filets de la branche limacienne du nerf acoustique. Le sommet de l’axe est creusé d’une petite cavité évasée, qu’on nomme Vinfundibulum. Sa surface est taillée en vis par une double rainure, et offre beaucoup de petits trous pour le passage de filets nerveux.

Pl.i46,fig.8. La lame des contours est plongée dans le tissu spongieux du rocher. Si on la suppose étendue et développée, elle ressemble à un triangle fort allongé. Elle est compacte, et recourbée sur elle-même, suivant sa largeur. Elle constitue une espèce de demi-canal conique, dont les bords adhèrent à l’axe, autour dequel elle décrit deux tours et demi de spirale, en se terminant vers l’infundibulum. Ces tours sont intimement unis entre eux dans l’endroit où ils se touchent, et représentent une longue cavité spirale qui va en décroissant de la base au sommet du limaçon.

PL 146 , üg. 7 , 'Ldi cloison dii Ihnaçon cette cavité dans toute sa longueur en deux parties. Elle

Pi.i 47 ,fig. I. est osseuse dans la portion qui tient à l’axe, et membraneuse dans celle qui adhère à la lame des contours. Elle est peu large vers la base du limaçon, et finit sur l’axe, vers le 10 . ’ milieu du second contour, par une sorte de bec où commence l’infundibulum. Sa portion

^ osseuse est formée de deux lames entre lesquelles on trouve des canaux très-fins et fort nombreux pour des nerfs. Sa portion membraneuse est demi-transparente, très-mince, et existe seule depuis le milieu du second contour jusqu’au sommet, où elle présente une petite ouverture arrondie.

PLi 48 ,fig. O, Les deux cavités séparées par la cloison précédente ont. été nommées \es rampes du

6 , 7 » 8 , 9 , 10 . limaçon. L’une est interne, se termine à la fenêtre ronde, et, sans la membrane qui bouche cette dernière, communiquerait avec le tympan. L’autre est externe, et s’ouvre dans le vestibule. La rampe interne est plus large et plus courte ; la face de la cloison qui

PL 147 , fîg. 3 . lui correspond est rugueuse. La rampe externe est plus longue et plus étroite ; la face de la cloison qui lui correspond, offre des lignes rayonnées, légèrement saillantes. Ces deux cavités communiquent ensemble par l’ouverture du sommet de la cloison, et vont en se rétrécissant depuis leur origine jusqu’à leur ouverture de communication. La coupe verticale de chacune d’elles présente la forme d’un demi-cercle.

aqueduc du limaçon est un canal fort étroit qui s’étend de la cavité du limaçon à la PI. 146 , fig.5. base du crâne. Son orifice supérieur se trouve dans la rampe interne , près de la fenêtre ronde, et l’inférieur sur le bord postérieur du rocher, au-devant de la fosse jugulaire. Il a trois à quatre lignes de longueur. Son orifice inférieur est bien plus large que le supél’ieur, et présente un cône creux très-allongé.

Des canaux demi-circulaires.

Ces canaux, au nombre de trois, ainsi nommés à raison de leur forme, sont creusés Pl.T44,rig.x6. dans le rocher en arrière du vestibule, au-devant et au-dessus des cellules mastoïdiennes.

Ils s’ouvrent par leurs extrémités dans le vestibule. Deux sont verticaux, l’un postérieur, l’autre supérieur ; le troisième est horizontal.

Le carad vertical supérieur ^ un peu moins étendu que l’inférieur, mais plus grand que PI. 146 , %. i, l’horizontal, offre sa convexité en haut ; une de ses extrémités est interne et l’autre externe. Il commence à la partie supérieure et antérieure du vestibule , par une ouverture elliptique placée au-dessus d’une de celles du canal horizontal ; il se termine en arrière et PI- 7.

en dehors, en s’unissant avec l’extrémité supérieure du canal vertical inférieur , pour former avec lui un canal commun , de deux lignes de longueur, qui s’ouvre par un seul orifice à là partie supérieure et interne du vestibule.

lue, canal vertical inférieur sa convexité en arrière. Ses deux extrémités sont Pl.i46, fig. 1 ,

dirigées en avant, l’une en haut et l’autre en bas. La première est unie au canal précé- ’ dent ; la seconde s’ouvre isolément en bas et en dedans du vestibule, par un orifice arrondi , placé au-dessous de l’ouverture de l’extrémité interne du canal horizontal.

Le canal horkontal est le plus petit des trois. Sa convexité est dirigée en arrière. Placé PI. i 46 ,fig. t, entre les deux autï’es, il commence en avant par une ouverture évasée, située entre celle du canal vertical supérieur et la fenêtre ovale. Il se termine en dedans du vestibule, par une ouverture étroite qu’on observe entre l’orifice commun des deux canaux verticaux et l’orifice propre de l’inférieur.

Les trois canaux demi-circulaires sont formés par une lame de tissu compacte. Leur surface interne est très-lisse.

Des Parties molles de l’oreille interne.

Les diverses cavités qui, par leur réunion, constituent le labyrinthe , sont tapissées par pi, , 4 fjg, ^ une membrane d’une excessive ténuité. On observe de plus, dans chaque canal demi-cir- ^ culaire, un tuyau membraneux beaucoup plus petit que le conduit osseux auquel il adhère par un tissu cellulaire comme muqueux. On trouve aussi trois ampoules ou renflemens membraneux aux orifices isolés des canaux verticaux et à l’orifice interne du canal horizontal ; ces ampoules viennent aboutir, ainsi que les extrémités opposées des canaux qui en sont privées, dans une sorte de sac commun qui occupe une portion du vestibule.

Ces parties sont remplies d’une humeur transparente, et flottent elles-mêmes dans l’humeur séreuse du labyrinthe. On voit dans le vestibule un autre petit sac, qui est contigu au précédent, sans cependant communiquer avec lui, et qui adhère assez fortement aux

PI. 147 , fig. 1 , parois de la cavité osseuse qu’il tapisse. Il est plein d’une humeur particulière, et présente des parois assez épaisses dans lesquelles viennent se distribuer les filets de la branche ves-

Pl.i48,fîg.i2, tibulaire du nerf acoustique. Il envoie dans l’aqueduc du vestibule un prolongement qui se termine en cul-de-sac au-dessous de la dure-mère. La membrane du vestibule s’enfonce dans le limaçon par l’orifice de sa rampe externe ; elle revêt celle-ci dans toute son étendue, passe dans la rampe interne par l’ouverture du sommet de la lame spirale, la tapisse, et descend jusqu’à la fenêtre ronde, qu’elle bouche. Elle envoie de plus un prolongement en forme de cul-de-sac dans l’aqueduc du limaçon.

P). 148,fig.3, On ne connaît pas la nature de cette membrane, qui paraît plus vasculaire dans l’en-

fance qu’à toute autre époque de la vie. Elle exhale un liquide transparent, plus ou moins abondant, qui remplit les diverses cavités de l’oreille interne.

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