Fermeté, constance, persévérance, opiniâtreté
DES MEMBRANES DE l’enCÉpHALE.
L’encéphale est entouré par trois membranes qui sont, de dehors en dedans, la duremère, l’arachnoïde et la pie-mère.
De la dure-mère.
On nomme ainsi la plus extérieure des membranes de l’encéphale. Destinée à le sou- PI. 170 , 173 . tenir et le protéger, elle en isole diverses portions , et de plus sert de périoste aux cavités osseuses qui le renferment. Cette membrane est épaisse, ferme, résistante, d’une couleur blanche-nacrée, et de nature fibreuse. Elle occupe l’iiitérieur de la cavité du crâne, et se prolonge dans le canal vertébral. Elle offre deux surfaces, l’une extérieure et l’autre intérieure.
La surface extérieure de la dure-mère est appliquée immédiatement sur les os du crâne, et leur adhère par une foule de filamens fibreux et de vaisseaux , qui rendent sa surface inégale et comme hérissée de papilles, lorsqu’on l’a détachée. Elle adhère bien moins à la partie moyenne de ces os qu’aux endroits où ils s’unissent par des sutures. A la voûte du crâne elle envoie dans le trou pariétal un petit canal fibreux qui loge une veiné, et se continue avec le péricrâne.
A la base du crâne, cette même surface de la dure-mère est bien plus compliquée , à pj ,.^3 causé du grand nombre de trous et d’inégalités qui existent dans cette région. Elle s’en- Pl.i 74 ,fig. t. fonce dans le trou borgne du frontal, et envoie dans son intérieur un petit prolongement conique. Elle embrasse l’apophyse crisla-galli de l’ethmoïde, la recouvre, se prolonge de chaque côté dans les gouttières ethmoïdales, et envoie dans chacun des trous de la lame PI. 173 . criblée un petit canal fibreux qui renferme les filets du nerf olfactif, et se continue avec PI- î37,fis.4la couche extérieure delà membrane pituitaire. Plus en dehors, elle envoie.aussi dans les trous orbitaires internes de semblables canaux fibreux au moyen desquels elle se continue avec le périoste de l’orbite ; sur les côtés, la dure-mère recouvre les voûtes orbitaires et leur adhère peu.
Plus en arrière et sur la ligne médiane, elle est fort adhérente à la gouttière située pi. lyr, 173 . au-devant delà fosse pituitaire, et de chaque côté pénètre dans les trous optiques, en formant une gaine cylindrique aux nerfs du même nom. Cette gaine , arrivée à la partie antérieure du trou optique, se divise en deux lames; l’une, extérieure, se continue avec le périoste de l’orbite; l’autre, intérieure, plus épaisse que la précédente, est immédiatement appliquée sur le nerf, et l’accompagne jusqu’à la partie postérieure de l’œil, où elle se confond avec la sclérotique. ,
En arrière du trou optique, la dure-mère offre une ouverture arrondie qui donne pas- Pi. 171 , 173 ^
sage à l’artère carotide interne sortant du sinus caverneux, et au-devant de cette ouverture; elle fournit un petit canal fibreux qui transmet l’artère ophthalmique dans la cavité orbitaire.
La dure-mère revêt ensuite la fosse pituitaire, passe sur les côtés du corps du sphénoïde, PI. 171 . ou elle se divise en deux lames pour former le sinus caverneux. De ces deux lames, l’une Texte. 40
est interne, mince, et recouvre immédiatement la gouttière caverneuse; l’autre est ex-
terne, plus épaisse, et forme la paroi externe du meme sinus.
La dure-mère forme sur le bord des petites ailes du sphénoïde un repli saillant qui pénètre dans la scissure de Sylvius. De là, elle descend pour boucher la fente sphénoïdale, et envoie par elle un prolongement qui se porte dans l’orbite et se continue avec le périoste de cette cavité. Ce prolongement est percé de plusieurs trous pour le passage de nerfs et de vaisseaux.
PI. lyS, La dure-mère se prolonge ensuite dans les fosses moyennes latérales de la base du crâne, et près du corps du sphénoïde, elle fournit des prolpngemens fibreux à travers les trous des nerfs maxillaires supérieur et inférieur, et le trou sphéno-epineux. Dans ce même endroit, elle concourt à former le sinus caverneux et divers conduits. Ainsi elle fournit an nerf moteur-oculaire commun une gaine qui commence au-devant de l apophyse clinoïde postérieure , et se termine au sinus caverneux; elle donne pour le nerf pathétique une autre gaine un peu supérieure à la précédente, et plus mince, qui cesse également au niveau du sinus caverneux.
PI. i;i, 173 . Au niveau du bord supérieur du rocher, la dure-mère forme au nerf trifacial un con-
Pl. J 74 ,fig. I. duit composé de deux lames ; l’une supérieure, et fixée à l’apophyse clinoïde postérieure, se continue avec la, circonférence de la tente du cervelet ; l’autre inférieure, située entre le nerf etle sinus caverneux., s’amincit de.plus.en plus, et se change en un feuillet fibrocelluleux qui se prolonge en dedans de la branche ophthalmique du même nerf.
Lorsque les nérfs moteur-oculaire commun, pathétique et ophthalmique sortent du sinus caverneux pour passer dans l’orbite, ils pénètrent chacun dans une ouverture fibreuse que leur présente le prolongement de la dure-mère qui s’introduit dans la fente sphénoïdale.
Pî. i-ji. l'-i. Au niveau de la face supérieure du rocher, la dure-mère recouvre le filet crânien du
Pl.i 74 ,fig. î, nerf vidien. Elle adhère intimement au bord supérieur du rocher et à la lame carrée du sphénoïde; puis elle descend dans la gouttière basilaire, et adhère très-fortement à toute la circonférence du grand trou occipital et aux ligamens qui s’y fixent. Sur les côtés de la gouttière basilaire , elle offre un trou qui transmet immédiatement dans le sinus caverneux le nerf moteur oculaire externe. Sur la face postérieure du rocher, elle pénètre dans le conduit auditif interne, se prolonge dans l’aqueduc de Fallope, et présente de petits trous que traversent les divisions du nerf acoustique. Au niveau du trou déchiré postérieur, elle forme une enveloppe aux nerfs pneumo-gastrique,.glosso-pharyngien et spinal. (Çette enveloppe se continue à l’extérieur avec le périoste de la base du crâne. ) Elle donne en outre une lame mince qui entoure la veine jugulaire interne, et elle envoie dans le trou Gondylien antérieur un canal fibreux qui reçoit le nerf grand hypoglosse.
PI. iSg.fig.i. La dure-mère s’engage par le grand ti’ou occipital, et pénètre dans le canal vertébral
PI. 173 . pour former une game à la moelle épinière. Cette gaine est cylindroïde, plus étroite que le canal osseux , mais plus large que la moelle n’est volumineuse. Sa surface extérieure n adhère point aux vertèbres, dont elle est séparée par un tissu cellulaire filamenteux , lâche, chargé de graisse ou d une sérosité rougeâtre. En avant, elle est unie plus intimement au ligament vertébral postérieur qu’aux autres parois du canal osseux.
PI.lôg^.Cg.î. Sur les côtés, cette gaine fournit à chaque nerf un petit conduit qui l’accompagne
D’ANATOMIE DESCRIPTIVE, jusqu’au trou de conjugaison correspondant. Ces conduits sont d’autant plus longs, plus larges et plus obliques en bas, qü’iïs sont eüx-mémes plus inférieurs ; ils sont aussi dilatés au niveau du trou ^le conjugaison, par lé ganglion que présente chaque paire de nerfs; ils se confondent avec le tissu cellulaire voisin, sans sè continuer bien manifestement avec le périoste des vertèbi-es. L’extrémité inférieure de la gaine méningienne de la moelle vertébrale sé termine par cinq longs filamens qui: s’attachent au sacrum et au pi. i j 3 . coccix.
La surface intérieure de la dure-mère est revêtue dans toute son étendue par l’arachnoïde, qui lui donne l’aspect lisse , brillant, séi’eux , qu elle présente; et elle lui adhère tellement, qu’on ne parvient à isoler ces membranes qu’avec beaucoup de peine. Elle fournit plusieurs replis qui représentent des cloisons incomplètes dans la cavité du crâne, et qu’on nomme la faux du cerveau , la ïente du cervelet, la faux du cervelet. '
1° Faux du cerveau. On appelle ainsi une grande lame membraneuse , falciformcj située Pl. 169 , fig. sur la ligne médiane, et se portant de l’extrémité antérieure à l’extrémité postérieure du Pl. > 70 . crâne. Etroite en avant, s’élargissant de plus en plus en arrière, la faux du cerveau est placée dans la grande scissure des hémisphères cérébraux, qu’elle sépare l’un de l’autre.
Son bord supérieur est convexe, épais, et adhère successivement, d’avant en arrière, à la crête coronale , à la suture sagittale et à la gouttière moyenne de l’occipital. Il est occupé par le sinus longitudinal supérieur. Son bord inférieur est concave, minée j il avoisine le corps calleux, et renfermé le sinus longitudinal inférieur. Son extrémité antérieure est fixée à l’apophyse crisla-galli : la postérieure se continue avec la tente du cervelet , et concourt à former le sinus droit.
2® Tente du cervelet. On nomme ainsi une sorte de diaphragme fibreux, lequel sépare Pi. les lobes postérieurs du cerveau delà face supérieure du cervelet., et présente à sa partie Pl. 170 . antérieure une-large ouverture qui correspond à la protubérance cérébralè.
Sa grande circonférence est extérieure, Én arrière , elle, se fixe à la protubérance occi- pi. pitale interne, aux deux bords des gonitières latérales de l’oqcipital, et renferme les sinus latéraux. En avant, .elle s’attaehe de chaque côté^u bord supérieur du rocher, et se trouve creusée par le sinus pétreux, supérieur. . ^
Sa pètile circonférenee est intérieure. Elle eirconscrit une ouverture ovale, plus large et plus élé.véé en arrière qu’en;avant, et qui établit une libre communication entre la portion du crâne qui loge le cerveau, et celle qui reçoit le qeryelet. . ..
Les. extrémités des deux circonférences de la tente du cervelet se croisent à angle aigu pi. ir^.fîg. en forme d’X, et passent au-dessuS:l’une de l’autre, pour'venir se fixer, celles de la grande circonférence, aux apophyses clinoides pos.lé.rieures, et celles de , 1 a petite, aux apophyses antérieures du même nom.
Faux du cervelet. On donne ce nom à une petite dame triangulaire, plus large en Pl. 171 . haut qu’en bas , qui, placée entre les deux lobes du cervelet, s’étend de la tente de cet organe et de la protubérance occipitale interne à la partie postérieure du grand trou occipital, àu-dèvânt de la crête du même nom. Sa base se continué:avec la tente du cervelet; son sommet se bifurque, et les branches qui en résultent viennent se perdre sur les côtés du grand trou occipital. La faux du cervelet, ainsi que les autres replis qui s’é-
PI. 169, fig. 1.
PI. 169, fig. 1,
PL 169, fig. •.
PI-172, fig. I,
PL 172, fig, r.
3ig manuel
lèvent de la face interne de la dure-mère, sont revêtus par la membrane arachnoïde, qui
leur donne l’aspect poli et brillant qu’ils présentent.
La dure-mère est une membrane de nature fibreuse; ses fibres, très - apparentes au niveau des replis, moins prononéées dans les autres régions, s’entrecroisent dans différons sens, en formant des plans superposés les uns aux autres. Elle est très-forte et résistante. Elle ne reçoit pas de nerfs d’uné manière évidente, mais elle se trouve parcourue par des artères nombreuses dont les parois sont creusées dans son épaisseur. Ces artères sont les méningées moyennes et plusieurs autres branches qui viennent des ethmoïdales antérieures et postérieures , des lacrymales, des pharyngiennes inférieures, des vertébrales , des occipitales, des temporales. La gaine fibreuse qui accompagne la moelle reçoit ses artères des branches qui entrent dans le canal vertébral par les trous de conjugaison. La portion crânienne de la dure-mère est en outre creusée de canaux veineux qui semblent former par leur réunion un système vasculaire particulier, et qu’on appelle les sinus de la dure-mère.
Ces canaux sont disposés d’une manière symétrique et régulière à droite et à gauche. Leurs parois sont formées par la dure-mère,, et revêtues én dedans par la membrane interne du système vasculaire à sang. noir. On trouve de distance en distance, dans leur intérieur, des filamens fibreux de la durermère qui, sous forme de brides, passent irrégulièrement d’une paroi à l’autre. Ces sinus reçoivent tout le sang des veines du cerveau et de ses membranes. La plupart viennent aboutir en arrière, dans une cavité commune
on r\omxSi<i.\e, pressoir d’Hérophile.
1 ° Pressoir d’Hérophile ou confluent aes sinus. Cette cavité est située au-devant de la protubérance occipitale interne, au point de réunion des trois grands replis de la duremère. Sa forme est irrégulière ; ses parois sont lisses et polies. Elle est percée de six ouvertures: une supérieure, de forme,triangulaire, appartient au sinus longitudinal supérieur; dçux inférieures , d'une forme variable, ordinairement très-petites, appartiennent aux sinus occipitaux ; une antérieure, arrondie, conduit dans le sinus droit ; deux latérales, ovalaires , fort larges, garniès'd’un bourrelet dans leur contour, répondent aux sinus latéraux. Ces deux dernières ouvertures, et quelquefois les deux inférieures, servent à transmettre hors du confluent le sang que les autres sinus y conduisent.
2 ° Sinus longitudinal supérieur. C’est un long canal triangulaire qui occupe le bord supérieur de la faux du cerveau. Convexe en haut, il offre en bas son angle aigu, et va en se dilatant d’avant en arrière, de sorte que très-étroit à son extrémité antérieure , au niveau de l’apophyse crista-gâlli, i\ ést fort large au-dessus du confluent des sinus. Il a en haut les mêmes rapports que le bord convexe de la faux du cerveau. A l’intérieur, il est lisse , poli, et présente un grand nombre des brides dont il a été fait mention.
Ce sinus communique en haut avec les veines frontales par de petites veines qui traversent la suture sagittale il reçoit des veines de 1 intérieur des os du crâne, et là veine qui passe par le trou pariétal ; il reçoit aussi des veines de la dure-mère, et .celles qui sortent des facesuonvexes et planes des hémisphères cérébraux. Presque toutes ces veines suuvrent obliquement'darrière en avant dans le sinus, et sont garnies à leur embouchure d un repli valvulaire, coucave en avant, qui est formé par la membrane interne des veines.
30 Sinus longitudinal inférieur. Il occupe le bord inférieur de la faux, et s’étend depuis Pl.iôg.fig.i. son tiers antérieur jusqu’à la tente du cervelet. Bien plus étroit que le précédent, il naît de la réunion de plusieurs veines de la faux, et se termine dans le sinus droit, le plus souvent par deux branches : l’une s’ouvre directement dans ce sinus au-dessus des veines de Galien ; l’autre remonte dans la base de la faux, se recourbe en bas et en arrière, et pénètre obliquement dans le même sinus , vers le milieu de sa longueur.
40 Sinus droit. Il est placé sur la ligne médiane, entre la base de la faux du cerveau et pj. 169,fig. i, la tente du cervelet. De forme triangulaire, plus large en arrière qu’en avant, il commence dans ce dernier sens à la terminaison du sinus longitudinal inférieur, et aboutit en arrière dans le confluent. Il offre à son intérieur des filamens fibreux assez nombreux.
Il reçoit en avant le sinus longitudinal inférieur et les veines de Galien qui viennent des ventricules, du cerveau. Par sa partie inférieure , il reçoit les veines cérébelleuses supérieures, et par ses côtés quelques-unes des veines des lobes postérieurs du cerveau.
Sinus occipitaux. Ils commencent sur les côtés du grand trou occipital, en communi- pi. quant quelquefois avec les sinus latéraux. Ils remontent ensuite, en s’élargissant et en se rapprochant l’un de l’autre, dans l’épaisseur de la faux du cervelet. Ils s’ouvrent, ou séparément ou réunis, dans la partie inférieure du confluent. Ils reçoivent des veines de la faux du cervelet, de la partie postérieure de ce dernier organe, et de la dure-mère qui* revêt les fosses occipitales inférieures.
6° Sinus latéraux.. Chargés de transmettre le sang du confluent dans le golfe de la veine p| gg jugulaire , ces deux sinus sont logés dans des gouttières osseuses qui existent de chaque p], ir,. côté de la partie postérieure de la base du crâne. Presque toujours celui du côté droit est plus large que celui du côté gauche. Ils ont une forme triangulaire depuis le confluent jusqu’au bord supérieur du rocher, et sont elliptiques dans le reste dé leur trajet. Leur intérieur est lisse et dépourvu de brides fibreuses. Ils reçoivent quelques veines des lobes . i postérieurs du cerveau, du cervelet, de la tente de ce dernier organe et de la caisse du tympan ; ils offrent dans la seconde partie de leur trajet les ouvertures des sinus pétreux supérieur et inférieur, qui leur apportent le sang de tous les autres sinus de la base du crâne. Ils communiquent aussi avec les veines occipitales par les trous mastoïdiens et condyliens postérieurs. .
7 ° Sinus coronaire. Il se rencontre autour de la fosse pituitaire, qu’il semble circonscrire, pj j . en passant derrièreda gouttière des nerfs optiques, et au-dessus ou au-devant de la lame carrée du sphénoïde. Assez étroit , il s’ouvre à droite et à gauche dans les sinus caverneux. Il ne reçoit que de très-petites veines du corps pituitaire et de la dure-mère.
8° Sinus caverneux. Ils commencent au-dessous des apophyses clinoïdes antérieures, der- pi rière la fente sphénoïdale, et se dirigent de là horizontalement en arrière, sur les côtés de la fosse pituitaire, pour descendre dans l’excavation qui se trouve entre le sommet du rocher et la lame carrée du sphénoïde ; dans cet endroit, ils se terminent en s^ouvrant dans les sinus pétreux supérieurs et inféi’ieurs. Ils sont fort larges, et logés dans les gouttières latérales du corps du sphénoïde, entre les deux lames de la dure-mère dont j’ai indiqué la disposition. Chaque sinus caverneux renferme les nerfs moteur commun, pathétique, ophthalmique, moteur oculaire externe, et bouche les deux tiers externes de la fente sphénoïdale en se confondant avec les extrémités de la tente du cervelet. On trouve dans leur
intérieur une grande quantité de fdamens rougeâtres, entrecroisés, comme réticulés, d’une consistance molle , qui paraissent formés les mis par des filets du grand sympathique , les autres par des fibres de la dure-mère et des replis de la membrane interne des veines.
Les sinus caverneux reçoivent des voine,s de la dure-mère, les veines, ophthaliniques, et d’autres qui traversent “le sinus coronaire et le sphénoïde. Us communiquent ordinairenient l’un avec l’autre par un petit sinus placé transversalement sous la glande pitui-
Sinus pélreuæ supérieurs. Ils commencent dans les. sinus caverneux, vers le sommet du rocher ; ils se dirigent ensuite obliquement en arrière et en dehors , le long du bord supérieur de cette apophyse, dans une gouttière qu'elle leur présente, et sont logés dans l’épaisseur de la partie de la circonférence de la tente du cervelet qui s’y insère. Ils se terminent dans les sinus latéraux, à l’endroit où ceux-ci se recourbent vers la base du rocher ; ils passent au-dessus du nerf trifacial, et sont manifestement triangulaires dans toute leur étendue.
10° Sinus pétreux inférieurs. Ils se séparent des sinus caverneux au même point que les précédens, avec lesquels ils communiquent dans cet endroit. De là ils descendent obliquement en arrière et en dehors dans une gouttière qui se trouve entre l’apophyse basilaire et le bord inférieur du rocher, ét s’abouchent dans les sinus latéraux au niveau du golfe de la veine jugulaire interne. Plus larges à leur extrémité qu’à leur partie moyenne j ils reçoivent des veines de la duremière, et quelques-unes qui viennent de l’extérieur du crâne et passent à travers les os.
11° Sinus transverse. Il est placé transversalement à la partie supérieure de l’apophyse basilaire, et fait communiquer les sinus pétreux inférieur et caverneux d’un côté avec ceux du côté opposé. Sa largeur est considérable ; il est reçu entre deux lames de la dure-mère, et correspond à une dépression superficielle de l’apophyse basilaire. Il offre en dedans un tissu filamenteux semblabîë à celui qu’on observe dans le sinus caverneux. Quelquefois il y a deux ou trois autres sinus transverses situés entre lui et l’occipital.
2° De la Pie-mère.
PL 174 . üg.a. Cette membrane recouvre l’encéphale , pénètre dans ses cavités et dans les anfractuo- Pl. 176 ,%. t. sites et les enfoncemens qu’on observe à sa surface. Elle ne paraît pas se continuer sur la moelle épinière, bien qu elle ait des connexions immédiates avec la membrane propre de ce prolongement nerveux. La pie-mère doit être considérée comme un réseau vasculaire, membraniforme, soutenu par une trame cellulaire, lâche, de peu de consistance. Par sa surface interne, elle envoie des milliers de vaisseaux plus ou moins divisés dans la substance nerveuse sur laquelle elle est immédiatement appliquée : on doit examiner cette membrane d’abord à l’extérieur de l’encéphale, puis dans les cavités intérieures de cet organe. . '
PL. 76 ,%.!. La pie-mère revêt en haut la surface convexe des deux hémisphères du.cerveau , se prolonge dans leurs anfractuosités, se réfléchit dans la grande scissure médiane longitudinale, recouvre la face supérieure du corps calleux, et descend au-devant de son extré-
mité antérieure; en arrière elle se réfléchit sur l’extrémité postérieure de la même partie pour s’enfoncer dans le ventricule moyen.
A la base de l’encéphale, la pie-mère recouvre de chaque côté les lobes antérieur, moyen et postérieur du cerveau, pénètre dans la scissure de Sylvius , passe sur la commissure des nerfs optiques en recouvrant la membrane qui ferme en avant le ventricule moyen ; elle se porte ensuite sur lé tuber cinereum , entoure la tige et le corps pituitaires, recouvre la face inférieure de la protubérance pérébrale, s'enfonce dans le sillon qui la sépare de la nioélle épinière, sur laquelle elle parait se terminer insensiblement à l’endroit où commence la membrane propre de ce cordon médullaire. Elle se porte ensuite à la face inférieure et à la face supérieure du cervelet, qu’elle tapisse en s’enfonçant entre les lobes de cet organe et dans les anfractuosités qui séparent ses feuillets. De la face supérieure du cervelet elle se prolonge sur la face correspondante de la protubérance, pour pénétrer dans le ventricule moyen.
Par sa surface extérieure, la pie-mère est en rapport avec la membrane arachnoïde, et lui adhère intimement au niveau de toutes les saillies cérébrales ; mais elle s’en isole au niveau des enfôncemens dans lesquels elle pénètre seule. Par sa surface intérieure elle adhère à la substance cérébrale au moyen des vaisseaux qu’elle lui fournit,
La pie-mère , après s’être déployée à la surface extérieure du cerveau , pénètre dans le ventricule moyen de cet organe par la grande fente transversale qu’on rencontre entre l’extrénîité postérieure du corps calleux et la face supérieure de la protubérance cérébrale, et s’introduit dans les ventricules latéraux par la scissure qui existe de chaque côté entre le corps frangé et la couche optique.
En entrant par la fente cérébrale transverse, la pie-mère forme au-dessus du troisième ventricule une sorte de voûte membraneuse qu’on nomme la loile choroldienne. Cette membrane a la forme d’un triangle tronqué , dont la base regarde en arrière. Sa face inférieure est libre en avant au-dessus du ventricule moyen, et présente en arrière l’orifice du canal arachnoïdien. Dans ce sens elle embrasse aussi la glande pinéale, et revêt la commissure postérieure et les tubercules quadrijumeaux. Sur les côtés, elle tapisse la face supérieure des couches optiques, pénètre dans la fente qui les sépare de la voûte à trois piliers, et se continue avec les plexus-choroïdes.
Les plexus choroïdes sont des franges membraneuses et vasculaires, aplaties, rougeâtres, qui forment en quelque sorte les bords de la toile choroïdienne, et qui se trouvent dans les ventricules latéraux, tout le long des côtés de la voûte à trois piliers et des corps frangés. Ces plexus sont lâches, comme flottans, et plus volumineux dans la partie supérieure des ventricules que dans l’inférieure. Dans cette dernière, ils communiquent directement avec- la pie-mère de l’extérieur de l’encéphale par les fentes latérales qui existent entre les couches optiques et les corps frangés. Ils sont formés par des replis de la pie-mère , et reçoivent une très-grande quantité de petites artères et surtout de veines. Presque toujours ils présentent des granulations vésiculaires j demi - transparentes , de grosseur variable, dont on ignore la nature intime.
PI.17G, fig. ï.
P], : 74 ,fîg, 2 .
manuel
PL.174,6 g. 2.
30 De VArachnoïde.
Placée entre la pie-mère et la dure-mère , l’arachnoïde appartient à la classe des membranes séreuses. Elle est très-mince, transparente, polie, et recouverte d'une humeur séreuse. Elle représente un sac sans ouverture, déployé sur toute la superficie de l’encéphale et sur les parois de la cavité que lui forme la dure-mère. Elle fournit à chacun des nerfs et des vaisseaux qui entrent dans le crâne et le canal vertébral ou qui en sortent, une gaine membraneuse qui les accompagne et se réfléchit sur eux , de sorte qu’aucun de ces organes n’est renfermé dans sa cavité, que lubrifie une humeur séreuse.
L’arachnoïde revêt les circonvolutions de la face convexe des hémisphères cérébraux sans pénétrer dans leurs anfractuosités, et fournit à chaque veine qui va s’ouvrir dans le sinus longitudinal supérieur une gaine qui se réfléchit sur la dure-mère. Elle s’enfonce de chaque côté dans la grande scissure médiane, passe au-dessus du corps calleux en formant un profond cul-de-sac, et envoie sur les veines qui s’ouvrent dans le sinus longitudinal inférieur, des gaines qui se continuent avec le feuillet arachnoïdien qui tapisse la faux du cerveau.
Elle se prolonge en arrière sur les lobes postérieurs, entoure quelques veines des sinus latéraux, se réfléchit sur la face supérieure du cervelet, enveloppe les veines de Galien , quelques veines des sinus latéraux, et revêt la circonférence et la face inferieure du cervelet.
En avant, l’araohnoïde descend sur les lobes antérieurs, et passe immédiatement de l’un sur l’autre en bas, au-devant de la commissure des nerfs optiques. Elle revêt la face inférieure des nerfs olfactifs, auxquels elle fournit une gaine très - courte près de leur bulbe; elle en donne aussi une à chacun des nerfs optiques. Cette dernière gaine est conique, et ne se réfléchit sur leur, enveloppe fibreuse que dans l’orbite. L’arachnoïde entoure ensuite la tige pituitaire, et s’épanouit sur la glande du même nom qui l’isole de la dure-mère. Elle entoure l’artère carotide interne sortant du sinus caverneux, puis se porte sous la protubérance cérébrale, et se trouve isolée de la pie-mère dans tout l’espace qui se trouve entre cette protubérance et la commissure des nerfs optiques; là elle fournit des gaines aux nerfs moteurs oculaires communs, pathétiques, trifaciaux, moteurs oculaires externes, faciaux et auditifs ; elle se porte enfin sur les parties latérales du cervelet, suivies prolongemens postérieurs de la protubérance cérébrale, sur les nerfs vagues, spinaux, hypoglosses et sous-occipitaux , sur les artères vertébrales et sur la moelle vertébrale. Elle n’adhère à cette dernière que par des filamens celluleux très - lâches î^ui permettent de l’en détacher par l’insufflation.
L arachnoïde donne, de chaque côté de la moelle vertébrale, une enveloppe propre à chaque nerf. Cette enveloppe est conique, et se réfléchit sur la dure-mère à l’instant où le nerf s’introduit dans le canal fibreux dont il a été fait mention. Elle fournit aussi des gaines aux vaisseaux qui serpentent sur la face antérieure et postérieure de la moelle.
A l’extrémité inférieure de la moelle, l'arachnoïde se termine par un canal cylindrique, fort long, qui descend au milieu du faisceau des nerfs lombaires et sacrés jusqu’à la partie inférieure du canal sacré, et là se réfléchit sur la dure-mère.
C’est au moyen de toutes les gaines membraneuses que l’arachnoïde donne aux vaisseaux et aux nerfs de l’ejicéphale, que cette membrane se porte sur la face interne de la dure-mère, qu’elle tapisse dans toute son étendue et à laquelle elle est fort adhérente.
En passant de l’extrémité postérieure du corps calleux sur le cervelet, l’arachnoïde pénètre dans le ventricule moyen par une ouverture ovalaire découverte par Bichat.
Cette ouverture est l’orifice d’un canal membraneux nommé arachnoïdien , lequel est creusé dans la base de la toile choroïdienne, et se trouve entouré des veines de Galien.'
Le canal arachnoïdien passe entre la glande pinéale et les tubercules quadrijumeaux, et vient s’ouvrir dans le troisième ventricule, au-dessous de la toile choroïdienne; c’est lui qui permet à l’arachnoïde de pénétrer dans le ventricule moyen dont elle tapisse les parois, ainsi que la face inférieure de la toile choroïdienne. Cette membrane pénètre ensuite par les ouvertures de communication dans les ventricules latéraux qu’elle revêt, ainsi que les plexus choroïdes, et bouche la scissure qui existe entre la voûte à trois piliers, le corps frangé et la couche optique. Par Taqueduc de Sylvius, elle s’introduit dans le quatrième ventricule, et ferme ses ouvertures.
4® Des granulations des membranes de Vencéphale.
On a donné le nom de glandes de Pachioni à de petites granulations blanchâtres, arrondies , isolées ou réunies en grappes, et qu’on observe dans plusieurs points de la dure-mère et de la pie-mère. Ces granulations, dont on ignore complètement la nature et les usages, se rencontrent dans le sinus longitudinal supérieur, où elles entourent les orifices des veines ; on en trouve aussi quelques-unes dans le confluent et au commencement des sinus latéraux. Elles existent en assez grand nombre autour des veines cérébrales supérieures , le long du bord que forment, en se réunissant, la surface convexe et la surface plane des hémisphères cérébraux ; dans les plexus choroïdes et dans la toile choroïdienne ; aux environs de la glande pinéale.
S° De la membrane propre de la moelle.
La moelle vertébrale est iramédiateriient enveloppée par une membrane forte, résis- PI. 149 , j 5 o. tante, de nature fibreuse , d’un blanc jaunâtre, que plusieurs anatomistes ont considérée comme un prolongement de la pie-mère, bien qu’elle en diffère essentiellement. Cette PI.176.fîg.a. membrane propre de la moelle est d’autant plus épaisse qu’on l’examine plus inférieurement : elle reçoit peu de vaisseaux, mais un grand nombre la traversent pour se distribuer à la moelle. Sa face extérieure est en rapport avec l’arachnoïde, à laquelle elle adhère peu ; sur les côtés elle se continue avec le névrilème des nerfs vertébraux et le ligament dentelé. Sa face intérieure est très-adhérente à la moelle, et lui est unie par beaucoup de vaisseaux. Son extrémité supérieure s’amincit de plus en plus en remontant vers la protubérance cérébrale. Son extrémité inférieure se termine par un long filament, qui descend avec les nerfs lombaires jusqu’au fond du canal sacre, et se fixe à la dure-mère.
Texte.
manuel
6® Du ligament dentelé.
PJ. 175 fig. X Le ligament dentelé est une longue bandelette blanchâtre , mince, demi-transparente, ’ très-résistante, qui fixe la moelle à l’enveloppe fibreuse que la dure-mère envoie dans le canal vertébral. Il s’étend depuis le grand trou occipital jusqu’à l’extrémité inférieure de la moelle , et se trouve situé , de chaque côté, entre les racines antérieures et les racines postérieures des nerfs rachidiens.
Le bord externe de-ce ligament présente vingt à vingt-deux dentelures triangulaires, plus ou moins allongées, dont les pointes se fixent à la dure-mère rachidienne , dans l’intervalle qui se trouve entre chaque paire de nerfs cervicaux et dorsaux. Les dentelures supérieures sont courtes et transversales; les inférieures deviennent de'plus en plus longues et de plus en plus obliques. La première s’attache par une pointe fort aiguë sur les côtés du grand trou occipital, entre le nerf hypoglosse et l’artère vertébrale ; la dernière s’implante sur la dure-mère, au niveau de la douzième vertèbre dorsale et de la première lombaire.
Le bord interne du ligament dentelé adhère à la membrane propre de la moelle par un tissu cellulaire dense, serré.