I. RÉGION ABDOMINALE
Elle renferme les M. grand et petit obliques de l’abdomen, le crém aster, le transverse, le droit et le pyramidal.
Muscle grand oblique de l’abdomen (i).
Ce muscle est situé au-devant et sur les côtés de l’abdomen; il est mince, aplati, irrégu- PI* 1 ^-, Tjlièrement quadrilatère. Ses fibres charnues ont deux origines, savoir: 1® en arrière aux deux tiers antérieurs de la crête iliaque, par de courtes aponévroses qui se continuent en bas avec l’aponévrose fémorale; 2° en avant à une grande aponévrose qui occupe presque toute la partie antérieure de l’abdomen. Cette dernière est mince, allongée, plus étroite au milieu qu’en haut et surtout qu’en bas, où elle s’élargit beaucoup; elle est composée de fibres fortes, parallèles pour la plupart, et obliques en bas et en dedans ; elle se continue en haut avec l’aponévrose d’insertion du M. grand pectoral, se reunit en dedans avec celle du côté opposé pour former la ligne blanche, se colle intimement en arrière contre celle du petit oblique, et se termine en bas par un repli fort épais, qu’on nomme vulgairement le ligament de Fallope, et qui s’étend obliquement de l’épine iliaque anterieure et supérieure au pubis. En bas cette aponévrose se continue d’une part avec celle de la cuisse, et de l’autre se réfléchit en arrière, pour fortifier la face interne de la paroi anterieure de
{\) M. costo-abdominali Chauss. M, ahdominis obliquus externus. Soëmm.
Pi. 76,77» 78.
rabdomen, par une expansion fibreuse nommée X^fascia transver salis. Au-dessus du pubis, les fibres de l’aponévrose du grand oblique se séparent en deux faisceaux connus sous le nom de piliers de Vanneau inguinal. De ces piliers l’un est interne et supérieur , 1 est arge, mince, aplati, et se fixe au-devant de la symphyse des pubis, en s’entrecroisant avec ce ui du côté opposé ; l’autre est externe et inférieur; il est plus fort et plus étroit que e piece cèdent ; il s’attache à l’épine du pubis en avant, et en arrière à la crête de cet os , par un prolongement fibreux, de forme triangulaire, qu’on nomme le ligament de Gimbemat. Entre ces deux colonnes aponévrotiques on observe une ouverture triangulaire, c’est Y anneau du grand ohliqn., on i.fui.ar. d,, Cette ouverture donne passage
chez l’homme au cordon testiculaire, et chez la femme au ligament rond de la matrice. Sa base est formée par le pubis, et ses côtés par les piliers eux-mêmes. Son sommet, dirigé en haut et en arrière, à l’endroit où les piliers s’écartent l’un de l’autre, se trouve fortifié par des fibres aponévrotiques superficielles, rayonnantes , dont la direction est transversale, et qui croisent la direction de celles de piliers. Le contour de l’anneau inguinal donne naissance à une expansion très-fine qui sujette sur le cordon tesüculaire, et ne tarde pas à se confondre avec l’enveloppe que lui fournit Xefascia superjicialis. Nous reviendrons sur la disposition de ces aponévroses en décrivant les canaux inguinal et crural.
Les fibres charnues du muscle grand oblique se terminent de la maniéré suivante, 1° celles qui sont nées de la crête iliaque se portent, dans une direction presque verticale, aux trois dernières côtes, et s’attache à leur bord inferieur par des digitations que recouvrent et que croisent les fibres du grand dorsal ; 2° celles qui viennent de l’aponévrose antérieure sont de beaucoup les plus nombreuses. Elles sont d’autant plus courtes et plus obliques, quelles sont plus supérieures, et se portent aux cinquième, sixième, septième, huitième et neuvième côtes, où elles se terminent par des languettes anguleuses, isolées, qui s’attachent à la face externe de ces os, sur une ligne oblique au-dessus de laquelle se terminent les digitations du M. grand dentelé. Chaque languette se termine par un petit ten- : don fixé au bord inférieur de la côte correspondante.
Le grand oblique est recouvert par la peau et un peu par le grand dorsal ; il est appliqué sur le petit oblique, les sept ou huit dernières côtes, leurs cartilages de prolongement et les M. intercostaux correspondans. lia pour usage de comprimer l’abdomen, et d’abaisser les côtes ; il peut imprimer à la poitrine un mouvement de rotation qui la tourne du côté opposé à lui. Il redresse le tronc quand il a été porté en arrière. Si les deux muscles agissent ensemble, ils fléchissent directement le thorax; ils peuvent élever le bassin s’ils prennent leur point fixe sur la poitrine.
Muscle petit oblique de ï abdomen C>).
Ce muscle est situé au-dessous du précédent. Il est large, très-mince, irrégulièrement quadrilatère. En arrière il offre trois insertions , 1° a une aponévrose assez large, qui se continue en haut avec celle du M. petit dentelé inférieur, s’unit intimement avec celle du grand dorsal, et s attache en arriéré aux apophyses epineuses des dernières vertèbres lombaires, au sacrum, à la partie postérieure de la crête iliaque; 2® aux deux tiers antérieurs
(i) M. ilio-abdominal. Chauss, Itf, obUquus internus abdominis. Soè’mm,
delà crête précédente, par de courtes fibres aponévrotiques, entre le M. grand oblique qui est en dehors, et le transverse qui est en dedans ; 3° enfin dans l’espèce de gouttière formée par le repli de l’aponévrose du grand oblique. Les fibres charnues qui naissent de la , première insertion sont peu nombreuses ; elles se dirigent presque verticalement en haut ; celles nées de la crête iliaque se portent d’autant plus obliquement en avant, qu’elles sont plus antérieures, de sorte que celles qui avoisinent l’épine iliaque, sont horizontales ; celles qui s’insèrent à l’aponévrose du grand oblique, sont inclinées en bas et en avant. Les premières de ces fibres et la moitié environ des secondes, se terminent par de courtes aponévroses, au bord inférieur des quatre dernières côtes, et se confondent avec les M. intercostaux dans les intervalles de la troisième côte abdominale avec la quatrième, et de celle-ci PI. Sa, fig. avec la cinquième. Les autres fibres donnent naissance à une aponévrose mince qui se porte en avant, et se divise bientôt, au niveau du bord externe du M. droit, en deux feuillets ; l’un antérieur, uni à l’aponévrose du grand oblique derrière laquelle il est placé, passe devant le M. droit ; le postérieur passe devant l’aponévrose du transverse et derrière le même M. droit, mais ne le recouvre pas dans toute son étendue; il ne se prolonge pas jusqu’à sa partie inférieure. Ces deux feuillets , parvenus à la ligné blanche , se réunissent de nouveau et forment ainsi une véritable gaine au M. droit. Les fibres les plus inférieures du petit oblique s’échappent à travers l’anneau inguinal, pour se porter sur le cordon testiculaire, et former le crémaster. Le petit oblique est recouvert par les M. grand dorsal et grand oblique. Il est appliqué sur la masse commune au sacro-lombaire et au long dorsal, sur le transverse et le droit. Il a les mêmes usages que le grand oblique.
Muscle crémaster.
Les anatomistes n’ont en général donné qu’une description fort imparfaite de ce muscle. 5®*
En parlant de la descente du testicule, je ferai connaîtrfe les phénomènes qui accompagnent sa formation; je vais ici le décrire seulement chez l’adulte, d’après mes observations particulières.
Les fibres inférieures du petit oblique ont, comme nous l’avons vu, une direction presque transversale. Elles sont pâles, minces, et souvent à peine apparentes. Elles se fixent eu dehors , dans la gouttière de l’arcade crurale ; en dedans elles s’attachent à la partie supérieure du pubis, entre l’épine et l’angle de cet os, immédiatement derrière le pilier interne de l’anneau. Ces fibres glissent au-dessus du cordon testiculaire, au moment où celui-ci Ph 77 , 78 / franchit l’orifice inférieur du canal inguinal , et passent à travers cette ouverture pour former le muscle crémaster ; à cet effet, elles s’engagent dans l’anneau par leur partie moyenne ; de droites et d’horizontales qu’elles étaient, elles deviennent courbes et verticales , et descendent en formant successivement, au-devant du cordon testiculaire , de grandes anses renversées, à concavité supérieure , et qu’on peut suivre jusqu’au fond du scrotum. Les arcades que forment.ces fibres sont d’autant plus grandes qu’elles sont plus inférieures. Toutes sont réunies vers l’anneau, en deux faisceaux triangulaires : l’un externe, le plus volumineux, sort de la partie correspondante de l’anneau; l’autre interne, moins prononcé que le précédent, rentre dans celte ouverture , en se portant derrière son pilier supérieur, et s’attache au pubis. Les fibres du muscle crémaster qui appartiennent aux Texte. 22
plus grandes anses , suivies depuis le faiseeau externe jusqu’à 1 interne, ont jusqu à douze pouces de longueur chez quelques individus. Souvent on en rencontre aussi à la partie postérieure du cordon. Les arcades postérieures sont alors beaucoup moins prononcées que les antérieures , et forment plutôt des angles aigus que de véritables courbes, comme on le voit pour ces dernières. Nous indiquerons plus tard quelles sont les causes de ces variétés anatomiques. Le muscle crémaster est enveloppe par le prolongement membra^ neux que le fciscia superjicialis envoie sur le cordon spermatique. 11 est applique sur la game propre du cordon, et contracte avec elle des adhérences intimes. Ce muscle a pour usage de soutenir le testicule, de l’élever vers l’anneau inguinal. C’est à la contraction de ses deux faisceaux et au raccourcissement des anses charnues qu’ils forment, que sont dus ces plis transversaux et nombreux qu’on observe sur la peau du scrotum dans certaines circonstances ; lorsque le froid, par exemple, vient à frapper cette enveloppe des testicules.
Muscle transverse de l’abdomen (0.
PI. 79. Situé au - dessous du petit oblique, il est mince , aplati , et a la forme d’un carré
allongé, fort irrégulier. 11 offre en arrière trois insertions distinctes ; 1“ une supérieure se fait en dedans des cartilages des sixième, septième, huitième, neuvième et dixième côtes, par des digitations qui s’entre-eroisent avec celles du diaphragme, puis, au bord inférieur de la onzième et de la douzième côtes, par des aponévroses prononcées. Ces fibres charnues se continuent avec celles du diaphragme dans les deux derniers espaces intercostaux ; 2° une seconde insertion est inférieure ; elle se fait en dedans du petit oblique, aux trois quarts antérieurs de la crête iliaque et à la partie voisine de l’arcade crurale ; 3® enfin une insertion moyenne ou postérieure se fait à la colonne vertébrale, par une aponévrose qui
PI. 83. est simple du côté des fibres charnues , mais qui se partage en arrière en trois feuillets, au niveau du bord externe du M. carré des lombes. De ces feuillets, l’un est antérieur et fort mince ; il se fixe à la base des apophyses transverses lombaires, en passant au-devant du M. carré des lombes ; le second ou le moyen est plus épais, et passe entre ce dernier muscle et la masse commune au sacro-lombaire et au long dorsal, pour aller s’attacher au sommet des mêmes apophyses ; enfin le troisième ou le postérieur s’unit à l’aponévrose du petit oblique , et va s’insérer avec elle au sommet des apophyses épineuses des vertèbres lombaires.
Parties de leur triple insertion, les fibres charnues parallèles les unes aux autres, se portent en avant, dans une direction horizontale. Les moyennes sont les plus longues ; les autres deviennent d’autant plus courtes qu’elles sont plus supérieures ou inférieures. "Vers PI. 82, fig. ï. le bord externe du M. droit, elles fournissent une large et forte aponévrose, qui décrit une ligne courbe a concavité antérieure. En haut cette aponévrose passe derrière le M. droit, avec le feuillet postérieur cie celle du petit oblique; en bas elle glisse au-devant du même muscle ; elle se confond avec les autres aponévroses abdominales , au niveau de la ligne blanche. Le M. transverse est recouvert en dehors par le petit oblique ; il est appliqué en dedans sur le péritoine et une aponévrose appelée transver salis. Il a pour usage de
resserrer transversalement la cavité abdominale, et dè ramener en arrière, vers la colonne vertébrale, les viscères qu’elle renferme, et sur lesquels il agit comme une sorte de cein*
iQmho-tthdQmiml, Chauss. M. transcersus ahdominis. Soëœm.
ture contractile ; il peut aussi rétrécir la base de la poitrine , en rapprochant les unes des autres les côtes inférieures qui lui fournissent des points d’insertion
Mmcle droit de Vabdomen CO.
Ce muscle est verticalement placé à la partie antérieure de la cavité abdominale il est pi long , aplati, assez large en haut, rétréci et terminé en pointe à son extrémité inférieure. %•
Il se fixe à la partie supérieure du pubis, par un tendon aplati , plus long en dehors qu’en dedans, qui se continue le plus souvent dans le premier sens avec le fascia transversalis.
D’abord assez étroit, il remonte en s’élargissant, à côté de son semblable, dont il n’est séparé que par la ligne blanche. Parvenu à la partie antérieure de la base de la poitrine , il se divise en trois portions ; Tune interne , peu étendue , s’attache au bas et au devant du cartilage de prolongement de la septième côte, et au ligament costo-xiphoïdien ; la seconde, moyenne, plus large que la précédente , s’insère au bord inférieur et à la face externe du cartilage de la sixième côte ; la troisième externe, se termine par des aponévroses assez prononcées, au bord du cartilage de la cinquième côte.- On observe , dans ce muscle, des intersections aponévrotiques , transversales, qui sont en nombre variable , -depuis trois jusqu’à cinq. Elles occupent toutes l’épaisseur du muscle, ou n’existent qu’à sa partie antérieure ; elles le divisent dans toute sa largeur ou dans une partie seulement.
Elles ne sont jamais parfaitement horizontales, mais représentent le plus ordinairement des lignes flexueuses. ,
Le muscle droit est renfermé dans une gaine aponévrotique très-forte, qui est formée eu pi. 82. fig. avant, par l’aponévrose du grand oblique , par le feuillet antérieur de celle du petit, et par la portion inférieure de celle du transverse, et en arrière, par le feuillet postérieur de l’aponévrose du petit oblique et par une portion de celle du transverse. Ce muscle a pour usage de fléchir la poitrine sur le bassin, ou d’élever la partie antérieure de cette dernière cavité. Il comprime et resserre aussi le ventre d’avant en arrière.
Muscle pyramidal (?).
Il est placé à la partie inférieure de la paroi antérieure de l’abdomen , au-dessus du pubis. Il est petit, allongé, aplati et triangulaire. Il s’insère en bas, au moyen de courtes fibres aponévrotiques, à la partie supérieure du pubis, devant le tendon du muscle droit.
Ses fibres charnues remontent en convergeant, et après un trajet d’environ deux pouces elles se terminent en pointe, sur un petit tendon qui se confond avec la ligne blanche. Il est recouvert en avant, par quelques fibres du petit oblique; en arrière , il repose sur le M. droit. Il a pour usage de tendre la ligne blanche, et concourt, quoique très-peu , à la flexion de la poitrine sur le bassin. ^ .
De la ligne, blanche et de Vombilic.
C’est une bande aponévrotique, très-forte, qui s’étend verticalement de 1 appendice
(1) M. sterno~pubien. Chauss. M. reclus ahdominis. Soëmm. —• (2) M. pubio-sous-ombilical. Chauss. JH. pyramidalis, Soëmm.
xiphoïde au pubis, et dont la largeur est plus considérable en haut qu en bas. Elle séparé l’un de l’autre les deux M. droits. Elle offre, vers son milieu, une cicatrice qu’on appelle Xombilic , laquelle remplace une ouverture qui , chez le fœtus, donne passage aux parties PI. ’jÇ. dont se compose le cordon ombilicaL Cette cicatrice est d’autant plus résistante qu on est
plus âgé. En avant, elle adhère fortement aux tégumens. Son contour est très-épais , quadrilatère , et formé de quatre plans de fibres aponévrotiques qui se croisent, de sorte que les unes sont longitudinales et latérales , tandis que les autres sont transverses. Le milieu de l’ombilic est très-adhérent aux vaisseaux ombilicaux, transfoi’mes chez 1 adulte en cordons ligamenteux. 11 est recouvert en arrière par le péritoine.
La ligne blanche est formée de fibres aponévrotiques inextricables , tres-resistantes , entre-croisées dans une foule de directions ; elle représente une sorte de ligament qui unit le sternum au pubis ; elle borné les mouvemens d’extension de la poitrine, et fournit un point d’appui aux muscles des parois de l’abdomen, qu’elle fortifie sur la ligne moyenne.