‹ Manuel d'anatomie descriptive et de préparations anatomiques (volume 2)Chapitre 39 sur 133 · II · texte numérisé non relu

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gauche. Se continuent-elles avec les cordons postérieurs ou avec les cordons antérieurs, avec les racines sensitives ou avec les racines motrices? Dans l'état actuel de la science toutes ces questions sont encore sans réponse. M. Cahneil a pensé que les fibres longitudinales de la moelle s'inlléchissaient à angle droit et passaient alternativement du coté qu'elles occupent au côté opposé, où elles se redressent pour suivre ensuite leur direction première. S'il en était ainsi, les fibres transversales représenteraient un moyen d'entrecroisement partiel entre les cordons droits et gauches du prolongement rachidien ; mais celte disposition ne saurait être admise : car elle n'a pas été démontrée anaîomiquement, et, d'une autre part, elle est en opposition avec les données de la physiologie, puisque l'action des cordons de la moelle est directe et non entrecroisée.

Au niveau de l'origine des pyramides, les fibres transvei'sales cessent d'exister; le bulbe rachidien en est complètement dépourvu.

Mais en montant vers des parties de plus en plus élevées de l'encéphale, on voit ces fibres acquérir des proportions de plus en plus grandes : elles forment d'abord la protubérance annulaire et les pédoncules cérébelleux moyens; plus haut, les commissures cérébrales postérieure et antérieure; plus haut encore, le corps calleux. Ces fibres à direction transversale sontelles en rapport de continuité avec les longitudinales et les antéro-postérieures, ou bien sont-elles indépendantes de ces deux ordres de fibres? Tel est le difficile problème proposé à la sagacité des anatomistes depuis deux siècles. \Villis,un des premiers, a tenté de le résoudre, et depuis les travaux de ce grand observateur, que d'efforts ont été dépensés pour arriver à ce but si désiré, et que de solutions contradictoires sont nées de ces efforts I Aboyons quels sont les principaux résultats de toutes ces recherches, et cherchons à en établir la valeur.

La grande commissure , que constituent les pédoncules cérébelleux moyens et la couche superficielle de la protubérance, tire son origine des lobes latéraux du cervelet ; l'anatomie comparée et l'anatomie de développement viennent à l'appui de cette opinion, que Reil le premier formula d'une manière ti'ès explicite et que Gall et Spurzheim adoptèrent un peu plus tard. Cette commissure, en effet, n'existe que chez les animaux dont le cervelet présente des lobes latéraux ; elle apparaît avec ces lobes et offre des dimensions qui leur sont toujours proportionnelles : chez l'homme et dans les vertébrés où elle arrive à son plus haut degré de développement, on la voit se manifester à l'époque seulement où les lobes latéraux commencent à se former , et suivre dans son accroissement l'évolution de ces mêmes lobes. Il est donc difficile de ne pas admettre que les fibres tran> versalement étendues de l'un à l'autre hémisphère cérébelleux partent réellement de ces hémisphères, c'est-à-dire de la substance grise qui recouvre les lobules, lames et lamelles dont ils se composent ; dans leur trajet convergent elles croisent d'une part les fibres ascendantes du pédoncule cérébelleux inférieur, de l'autre les fibres antéro-postérieures du pédoncule supérieur.

La commissure cérébrale postérieure se perd par ses extrémités dans les couches optiques, sans qu'il soit possible de déterminer si elle se continue

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avec les fibres longitudinales et antéro-postérieures qui s'entremêlent dans répaisseur de ces rendements, ou si elle jouit d'une existence indé* pendante.

La commissure cérébrale antérieure, beaucoup plus étendue que la précédente, traverse de chaque côté le noyau extra-ventriculaire du corps strié pour venir se perdre dans la partie spliénoïdale du lobe postérieur du cerveau, au voisinage de la base des cônes pédonculaires. Se continue-t-elle avec les fibres constitutives de ces cônes qui se réfléchiraient en quelque sorte de dehors en dedans pour la former, ou bien part-elle de la substance corticale de l'hémisphère? Sur ce point nous ne possédons que des opinions purement hypothétiques : si la première opinion était fondée, ce cordon ftbreux mériterait le nom de commissure interpédonciilaire ; si la seconde devait prévaloir, il formerait une commissure inter-hémisphérique.

Le corps calleux est parmi les commissures celle qui a le plus vivement attiré l'attention des anatomistes. A l'aspect de cette longue série de recherches commencées vers le milieu du xvn* siècle et continuées jusqu'à nos jours, dans le but d'élucider ce point de structure, il semble que tous les observateurs aient vu dans cette partie remarquable du cerveau la clef de voûte de l'édifice encéphalique ; chacun d'eux a cherché à sa manière à dénouer le nœud gordien de son origine, qui, après tant d'efforts, reste encore la grande difficulté à vaincre pour arriver à la connaissance du mode de connexion des diverses parties constituantes de l'encéphale.

En 1683, Willis s'attacha à démonti'er que le corps calleux est composé de fibres, que celles-ci tirent leur origine des anfractuosités du cerveau, et convergent de dehors en dedans pour se réunir sur la ligne médiane en se continuant entre elles (1). Ce célèbre anatomiste expliquait par la brièveté de ces fibres : d'une part, les replis onduleux de la surface cérébrale, replis pour lui analogues à ceux qui se formex'aient sur la périphérie d'un ballon dont les parois seraient attirées vers le centre par des fils convergents, et de l'autre la forme voûtée de l'éventail par lequel se termine le cône pédonculaire. Quant à la courbure antéro-postérieure du corps calleux, elle était due elle-même à la présence de la voûte à quatre piliers qui adhère à ses deux extrémités et les rapproche à la manière d'un ligament en s'enroulant de chaque côté autour de la racine de l'hémisphère (2).

Ainsi, d'après cet auteur, le cerveau est composé de deux ordres de fibres : 1° de fibres longitudinales ou divergentes qui vont former les circonvolutions ; 2° de fibres transversales ou convergentes qui donnent naissance au corps calleux ; le trigone cérébral n'est qu'une dépendance de ce corps, qu'il a pour usage de cintrer d'avant en arrière, de même que ce dernier cintre de dehors en dedans la surface des hémisphères.

Malpighi adopta la plupart des idées de wjllis ; en parlant du corps caj^

(1) Mediillaris substanlia, corpus callosum dicta, iuteiioi'em cerehri supeiTi^ ciem coQcaïîierans, aufractuum omnium medullas in se e^tcipil, (Tb, Wi'Us, Ce^ rebri nnalome, dans Bibliolli. anal. Mnnget, t, II, p, 28,)

(2) Verum insuper fomix, ligameuti iiislar, ah una extremitate cerebri ad oUeram prodiicta, tolara ejiis compageni i» debilam figuram situmque coercet et conlinel, {Oper. cit.., p. 29.)

leux il s'exprime ainsi : « Le corps fibreux qui forme la voûte des ventri- » cuies se termine de l'un et l'autre côté par des bords découpés en franges » ou prolongements ondulés qui pénètrent dans la substance corticale et » s'y répandent comme les racines d'une plante dans le sol qui la nourrit. » rius loin il ajoute : « De la moelle épinière contenue dans le crâne, ainsi » que d'un tronc commun, on voit naître toutes les fibres qui se répandent » dans le cerveau et le cervelet ; ces fibres émanent de quatre troncs et » marchent en se ramifiant jusqu'à ce qu'elles soient arrivées à l'é- » corce (1). »

Pour cet auteur le système médullaire de l'encéphale se réduit donc aussi à deux ordres de fibres : en fibres longitudinales qui, après avoir formé la lige du cerveau et du cervelet, se ramifient dans leur épaisseur pour s'épanouir dans leur écorce, et en fibres transversales qui limitent supérieurement la cavité des ventricules et se terminent de la même manière»

Vieussens, qui décrivit avec une si grande exactitude les fibres ascendantes de la moelle allongée, leur donne également |)0ur dernière limite la substance corticale du cerveau. Quant au corps calleux, il s'exprime en ces termes : « Ce corps forme presque toute la voûte des ventricules ; il » est composé de fibres médullaires qui naissent de la substance cendrée » des deux hémisphères (-2). »

Ainsi, selon Willis, Malpighi, Vieussens, dont les recherches pariirent dans la période qui s'écoula de 1680 à 1690, et selon aussi quelques autres observateurs contemporains et d'un mérite non moins éminent, parmi lesquels je dois surtout citer Ch. Fracassati, une indépendance complète existerait entre les fibres qui rayonnent de la moelle allongée vers le cerveau, et celles qui composent le corps calleux ; les unes et les autres s'épanouissent par leurs extrémités dans la substance corticale périphérique, en sorte que Willis a pu dire : « Ubi corpus callosum desinere putatur, medulia » oblongataincipit. »

L'indépendance des fibres du corps calleux, proclamée d'une voix unanime par cette forte génération d'anatomistes, a été admise sans contestation par les auteurs du XYin" siècle. Au commencement du xix'=, Reil, dont les travaux ont obtenu un si grand et si légitime retentissement, se rallia aussi à cette opinion, que Gall et Spurzheim, quelques années plus tard, s'approprièrent en quelque sorte en la généralisant. Pour ces auteurs, le système médullaire de l'encéphale se compose de deux grands appareils :

(1) Fibrosa corpora, qaibus ventriculoriim tcstudo rontexiliir, landem dfsiniint veluLi lacinialis fimbriis, seu produclionibus iii gyrum duclis, quœ immerj;iiiitur cL implantanlur, nnu sccus ac copiosœ plantanim radices, in corUce, qui soli seu

terra; vicem gereie videtur A spinalis meiulla; tniiico iiilra calvuiiam cou-

tenlo, veluli ab insigni fi])rarum coUeclione egrcssum videntur babere omnes fibrœ per cerel)rum et cerebelhim dispersEe; a qualuor enim mcdiiUa; reflexis cruribus bine inde ramificanluf, doiiec ramosis tei minalionilms iii coiiicem desiuaut. [Mnlpigldi exercilnllo, Episi. de cerebro ad Car. Fracassalitm, dans Biblioth. anat. Manget, t. Il, p. 58.)

(2) Ventriciilorum tolam fere camcram callosum corpus efformat : paiieles vero ex mediillaribns Jibiillis construuiitiir, qiise Jiiiornm cereljri hemlspbei iorum, ciueiea subslantia emerguut, (R, Vieussens, De cerebro liber, dans Biblioth. anat. Mnnget, t. II, p. 142.)

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1° d'un ajipareil h libres divergentes étendues de la moelle c'iiiniérc à la substance corticale, appareil que forment les pédoncules ccrébcileux inférieurs pour le cervelet, les faisceaux pyramidaux et olivaires pour le cerveau ; 2" d'un appareil à libres convergentes cpii a pour point de déi>art la concile corticale périi»liérique, et qui est constitué par les pédoncules cérébelleux moyens et la protubérance pour le premier de ces organes, par le corps calleux et les autres commissures pour le second.

3Iienx formulée, cette opinion acquit une importance plus grande ; mais elle ne devait pas briller longtemps de ce nouvel éclat. L'impulsion communiquée à l'étude du système nerveux par les travaux de Gall ci Spurzlieim lit naître des doutes dans (juelques esprits sur la réalité des fdjres convergentes, et bientôt l'existence de ces fibres fut niée, puis ardemment combattue.

Tiedemann le premier, entrant dans cette voie, avança qu'il n'existe dans le cerveau qu'un seul ordre de fibres dont les pédoncules cérébraux sont la source commune; que ces pédoncules, parvenus au centre de cliacun des hémispbères, se partagent en deux parties , Tune interne, plus petite, qui forme le corps calleux, l'autre externe et plus considérable, qui diverge dans tous les sens pour aller se terminer dans les circonvolutions. Cette opinion est aussi celle de M. Foville, qui a consacré tant d'efforts à la défendre, qu'elle est devenue on peut dire sa propriété : ses convictions sont partagées de nos jours par M. Longet et par M. Froment ; elles le sont en partie aussi par M. Cruveilliier qui donne au corps calleux la même origine ; seulement cet auteur pense que les fibres venues des pédoncules cérébraux ne se continuent pas entre elles sur la ligne médiane, mais qu'elles se portent au delà pour aller se répandre ensuite dans l'hémisphère opposé, après s'être entrecroisées entre elles de chaque côté.

^'ous nous trouvons donc aujourd'hui en présence de deux opinions : l'opinion ancienne qui considère le corps calleux comme une commissure des hémisphères, et l'opinion moderne qui le regarde comme une commissure des pédoncules cérébraux. La première, à laquelle M. Ludovic Hirschfeld s'est récemment rallié, admet e1eux ordres de fibres dans l'encéphale: des fibres divergentes et des libres rentrantes ; la seconde n'admet qu'un ordre de fibres qui naissent des pédoncules et qui montent en se ramifiant dans toutes les directions.

A l'appui de l'opinion moderne et contre l'opinion ancienne, on a invoqué les faits suivants : 1° Lorsqu'on répète sûr un cerveau d'adulte la préparation indiquée par M. Foville pour mettre à découvert la face supérieure du corps calleux, on voit toutes les fibres de ce corps s'incliner en bas et en dehors, et se diriger manifestement du côté des pédoncules ; •2° sur des fœtus de cinq mois on peut constater, ainsi que Tiedemann l'a observé, que les pédoncules cérébraux, d'abord épanouis dans les hémisphères, se continuent avec les fibres transversales qui forment le corps calleux ; 3" à cet âge il n'existe ni circonvolutions ni couche corticale, et cependant le corps calleux est déjà développé ; donc il ne naît pas des replis de la surface du cerveau, puisqu'il les précède.

Ces raisons ne sont pas sans réplique. S'il est incontestable que les fibres du corps calleux se contournent d'abord pour se porter en bas et en dehors, il est certain aussi que l'anatomiste qui tente de les poursuivre vers le pédoncule en renversant les hémisphères à droite et à gauche se

trouve bientôt arrêté, dans l'espèce de décollement qu'il opère, par d'autres fibres qui s'entrecroisent avec les précédentes pour se porter en liaut et en dehors. Comment se comportent les fibres du corps calleux au delà de cet entrecroisement dont M. Foville a parfaitement constaté l'existence, qu'il a même fait représenter dans une très bonne planche et qui n'a échappé aussi ni à l'observation de M. Longet, ni à celle de M. de Blainville? Continuent-elles à se porter en bas pour aller se continuer avec la couche superficielle des fibres pédonculaires, comme le pense M. Foville? ou bien se tamisent-elles à travers ces fibres ascendantes pour se diriger en dehors et se disséminer ensuite dans toutes les parties de l'hémisphère cérébral? C'est là le point qui reste à élucider ; tant que cette difficulté ne sera pas levée, la continuité du corps calleux avec les pédoncules cérébraux ne sera pas établie anatomiquement.

Les faits empruntés à l'anatomie du foetus sont-ils plus concluants? Remarquons d'abord que de ces deux faits le second est dépourvu de toute Amateur ; le corps calleux peut très bien se développer avant les circonvolutions et la couche corticale, et venir se terminer plus tard dans cette dernière couche. Nos tissus, en effet, ne se développent pas à la manière des végétaux, ils se développent simultanément dans toute leur étendue: ainsi les nerfs naissent certainement du centre nerveux, et cependant ils en sont primitivement indépendants ; ce n'est que plus tard qu'ils s'y réunissent, et même cette réunion peut ne pas avoir lieu, comme on l'observe chez les monstres dépourvus de moelle épinière et d'encéphale : une semblable indépendance existe d'abord entre le corps calleux et la couche corticale des hémisphères ; un peu plus tard ces deux parties peuvent se réunir comme l'extrémité centrale des nerfs s'unit au centre nerveux. Reste le second fait déduit de l'embryogénie. Si l'on voit chez les fœtus de cinq ou six mois les pédoncules cérébraux se continuer avec le corps calleux au niveau du centre médullaire des hémisphères, il faut bien admettre cette continuité; mais ce fait d'observation à lui seul ne saurait suffire pour faire prévaloir une semblable opinion, tant qu'il n'aura pas été constaté rigoureusement par d'autres anatomistes : car, si grande que soit la sagacité d'un observateur, elle peut facilement se trouver en défaut lorsqu'il s'agit d'un point de structure aussi délicat.

Les faits cités en faveur de l'opinion qui tend aujourd'hui à prévaloir ne sont donc pas concluants ; ils n'ont pas assez de valeur pour renverser l'opinion ancienne, qui d'ailleurs emprunte aussi un point d'appui à l'embryologie , et un autre plus important à l'anatomie comparée. En effet, les hémisphères se développent d'avant en arrière, et c'est dans le même sens que se développe constamment le corps calleux, de telle sorte que l'évolution de ces trois parties est toujours simultanée et proportionnelle ; d'une autre part, les dimensions du corps calleux dans la série des mammifères ne sont pas en rapport avec celles de la moelle épinière et des pédoncules cérébraux, mais bien avec le volume des hémisphères. Les poissons, les reptiles et les oiseaux, chez lesquels les lobes cérébraux sont très peu développés, ne possèdent pas cette commissure; celle-ci est rudimentaire chez les rongeurs et les édentés ; elle offre des proportions de plus en plus grandes en passant de ces animaux aux carnassiers, aux ruminants, aux solipèdes et aux singes.

Qu'on observe un encéphale dans îa série de ses développements, ou

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qu'on l'étudié comparativement dans la série des vertébrés, lorsqu'il a atteint les deux tiers de son évolution, on remarque toujours entre les trois parties qui dominent cet organe la plus intime corrélation ; or le degré de développement et le volume définitif de ces trois parties étant constamment corrélatif, il nous semble difficile de ne pas admettre que la médiane est une dépendance des latérales, que le corps calleux, en un mot, est une commissure inter-héraispliérique et non une commissure interpédonculaire. Un dernier fait appuiera cette conclusion : divisez le corps calleux de chaque côté et dans toute sa longueur, à sa jonction avec les corps striés ; puis enroulez ce corps sur lui-même d'avant en arrière, de manière à le convertir en un cylindre, et comparez ce cylindre au volume de l'un des pédoncules cérébraux, vous pourrez alors vous convaincre que le premier est très notablement supérieur au second. Les pédoncules ne sont donc pas le point de départ du corps calleux, puisque ceux-ci seraient insuffisants pour le produire, alors même qu'ils se réfléchiraient en totalité de dehors en dedans; et cette insuffisance devient bien autrement évidente lorsqu'on considère que ce n'est pas la totalité des pédoncules cérébraux qui se réfléchit pour lui donner naissance, mais seulement une partie, et même la plus petite partie de leur épaisseur. L'opinion émise par Willis vers la fin du xvn^ siècle, défendue par 31aipighi et par Vieussens, adoptée par tous les anatomistes du XYiii^, développée au commencement du xi\^ par Reil, par Gall et Spurzheim, etc., cette opinion, malgré toutes les objections élevées contre elle depuis la publication des travaux de Tiedemann et de 31. Foville, est donc encore celle qui me paraît la mieux fondée.

Après avoir établi que les fibres transversales qui composent le corps calleux représentent un système indépendant de celles des pédoncules, et qu'elles forment par leur réunion une commissure inter-hémisphériqne, il nous reste, pour terminer l'étude des connexions de toutes les fibres du même ordre, à dire un mot des commissures cérébrales postérieure et antérieure.

La commissure cérébrale postérieure s'étend de l'une à l'autre couche optique; naît-elle de la substance grise qui occupe l'épaisseur de ces renflements, ou bien est-elle une dépendance des fibres pédonculaires qui se réfléchissent en dedans pour s'unir et se confondre sur la ligne médiane? Le premier mode de connexion a été admis par Gall et Spurzheim qui considèrent ce cordon comme une commissure des couches optiques ; il est admis aujourd'hui par M. Cruveilhier et 31. Froment: c'est aussi celui qui paraît en effet le plus vraisemblable. Le second a été préconisé par 31. Longet. A l'exemple de cet auteur, j'ai cherché à suivre la commissure postérieure dans son trajet vers les pédoncules, mais elle se confond dès son entrée dans la couche optique d'une manière si intime avec les substances grise et blanche qui composent ce renflement, qu'il m'a été impossible d'arriver à un résultat satisfaisant.

La commissure antérieure, après avoir traversé les corps striés, plonge par chacune de ses extrémités dans l'épaisseur de la partie sphénoïdale des lobes postérieurs du cerveau, et arrive jusqu'au voisinage des circonvolutions qui recouvrent cette partie; elle paraît naître, par conséquent, de la périphérie des hémisphères. Pour la plupart des auteurs, en effet, elle tire son oi'igine de l'épaisseur des lobes postérieurs qu'elle unit ainsi l'un à l'autre.

176 ANATUMIE.

M. Foviiie a fait remarquer que ce cordon fibreux correppond i)ar ses extrémités à la base des cônes péilonculaires, et qu'il pouvait être [jources cônes une véritable commissure.

En résume, les fibres transversales du centre nerveux forment cinq groupes : 1° une bande longitudinale (jui unit la moitié droite de la moelle à la moitié gauche; 2" un faisceau scnii-annulaire ({ui unit les deux hémisphères cérébelleux; 3" une lame en forme de voûte qui unit les deux hémisphères cérébraux ; 4° un cordon assez grêie et très court qui unit les deux couches optiques; 5° enfin un second cordon plus gros et surtout beaucoup plus long qui semble «mir à la fois les deux corps striés, les deux cônes pédonculaires et les deux hémisphères.

En embrassant d'un coup d'œil général ces divers groupes, on peut dire qu'ils constituent un vaste moyen d'union pour les deux moitiés de l'axe cérébro-spinal ; que l'étendue en hauteur de ce moyen d'union est égale à la longueur des fibres longitudinales : qu'il se développe de plus en plus à mesure que les parties qu'il réunit sont d'une structure plus coui[)liquée et d'im volume plus considérable, de telle sorte qu'après s'être graduellement perfectionné il arrive chez l'homme à son plus haut degré de développement. Aussi la protubérance annulaire par son volume, et le corps calleux par sa grande étendue antéro-postérieiu-e, tiennent-ils une place importante parmi les caractères distinctifs de l'encéphale humain.

D. Fibres anmda'ires du centre nerveux.

Le caractère distinctif de ces fibres est d'embrasser à la manière d'un lien un ou plusieurs faisceaux de fibres longitudinales ; on les observe sur les points où ces dernières, jusqu'alors unies et parallèles, tendent à s'écarter pour s'irradier dans divers sens. Les premières, qu'on rencontre en procédant de bas en haut, s'étalent au-devant du triple faisceau qui compose chacune des moitiés du bulbe rachidien : ce sont les fibres arciformcs de Piolando, le trapèze de quelques auteurs moilernes. A cette hauteur, les fibres longitudinales de la moelle ('prouvent une dissociation : celles du côté droit ne sont plus unies à celles du côté gauche par une commissure transversale; les cérébrales se reconstituent sous des troncs nouveaux, et en outre elles se séparent des cérébelleuses; ici comme sur tous les points où ces fibres manifestent une tendance vers l'isolement et l'irradiation , les fibres annulaires destinées à les relier apparaissent à leur surface pour leur former une ceinture semblable à celle qui relie en un même faisceau tous les épis d'une gerbe.

Lorsque les faisceaux pyramidaux et intermédiaires du bulbe réunis au niveau des pédoncules cérébraux ont pénétré dans l'épaisseur des couches optiques et des corps striés, leur divergence et l'irradiation des fibres dont ils se composent se prononcent de plus en plus; aussi voit-on les fibres annulaires se multiplier à mesure qu'on s'élève : quelques unes, très variables et toujoiirs en petit nombre, occupent la face inférieure des pédoncules; un anneau plus manifeste occupe le bord supérieur et interne des couches optiques, c'est le pédoncule supérieur de la glande pinéale; un troisième anneau, le pins remarquable de tou% la voûte à quatre piliers, embrasse presque toute la circonférence du cône pédonculairc; un qua-

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(ricmc, la bandelette demi-circulaire, enlace ce mcinc cône d'une manière pins intime et sur un point plus rapproché de son cpanouissemcnt dans ses liémisi)lières.

La disposition de ces divers anneaux, relativement aux cônes pcdonculaires, a été nettement signalée par M. le pi'ofesseur Gerdy dans ses recherches sur l'encéphale, publiées en 1836. Les auteurs anciens, (pii avaient fait de si actives recherches pour découvrir les connexions des libres longitudinales avec les transversales, avaient à peine fixé leur attention sur ces fibres annulaires ; et parmi les modernes, ceux qui s'étaient attachés à déterminer leur point de départ et de terminaison les avaient représentées seulement comme des commissures antéro-postérieures destinées à unir des parties dissemblables, les commissures transversales unissant au contraire des parties similaires. Celte destination attribuée aux pédoncules de la glande pinéaîe, à la voûte et à la bandelette demi-circulaire, est sans <loute fondée, mais on peut lui reprocher d'être un peu vague. Les auteurs avaient été frappés uniquement de la direction antéro-postérieure de ces bandes fibreuses ; ils n'avaient pas sufiisamment remarqué leur enroulement autour de la racine pédonculaire de l'hémisphère. C'est sur cet enroulement et la situation réciproquement perpendiculaire des fibres enlacées et enlaçantes que M. Gerdy insista particulièrement; mais il n'alla pas plus loin dans l'étnde de leurs connexions ; or il restait à déterminer comment les fibres annulaires se comportent à leur extrémité : se continuent-elles avec les transversales, ou bien se terminent-elles dans l'épaisseur de la gerbe pédonculaire?

La première opinion était celle de Willis, qui attribuait la forme voûtée du corps calleux au rapprochement de ses extrémités antérieure et postérieure par les deux bandelettes du trigone unies et confondues avec eiles, bandelettes pour lui tout à fait analogues à la corde qui sous-tcnd un arc. I\Jais nous savons aujourd'hui, d'une part, que les deux moitiés du trigone, bien qii'entremêlées d'une manière assez intime en arrière au bourrelet du corps calleux, n'ont aiicune continuité avec les fibres de ce bourrelet, et, de . l'autre, qu'elles tirent leur principale origine en avant de l'épaisseur des couches optiques. Il n'y a donc entre le système des fibres transversales et celui des fibres annulaires qu'un rapport de contiguïté; par conséquent, l'opinion de Wijlis ne peut être admise.

Voyons si la seconde est mieux fondée. Rappelons d'aboi'd : 1° que les fibres annulaires naissent pour la plupart de l'épaisseur des couclies optiques qui font partie des cônes pédonculaires ; 2° qu'elles restent constamment en contact avec la surface de ces cônes dans toute l'étendue de leur trajet; 3° qu'à leur dernière limite elles répondent encore à cette surface au niveau de laquelle elles disparaissent. Une semblable disposition démontre évidennnent des connexions très intimes entre ces deux ordres de fibres ; vraisemblablement il y a continuité entre les unes et les autres. Celle-ci toutefois n'est pas rigoureusement démontrée ; en l'admettant comme telle, on voit qu'un certain nombre de fibres qui jusqu'alors avaient marché en s'irradiant se dévieraient subitement de leur direciion première pour s'enrouler perpendiculairement autour du pédoncule correspondant. Ainsi se formeraient tour à tour : les fibres arciformcs (pie Rolando fait naître du bord inférieur de la protubérance, mais qtii semblent se détacher le plus souvent des corps restiformes; les deux moitiés de la voûte

qui naissent des pédoncules pendant leur passage à travers les couches optiques ; les deux bandelettes demi-circulaires qui ont la même origine ; et enfin les deux tractus longitudinaux du corps calleux qui émanent manifestement de la partie inférieure des cônes pédonculaires, au niveau de la substance perforée de Vicq d'Azyr, tractus qui se rédéchissent en arriére pour aller se confondre avec les piliers postérieurs de la voiJte, et revenir avec ces piliers vers leur point de départ.

2^ DES CONNEXIONS DE LA. SUBSTANCE GRISE AVEC LES DIVERS ORDRES DE ITERES DU CENTRE NERVEUX.

L'étude de ces connexions présente une grande importance ; car des faits nombreux tendent à établir que la substance grise est le siège spécial de l'activité nerveuse : c'est dans cette substance, en effet, que s'épuisent presque exclusivement les vaisseaux si multipliés de la pie-mère; à peine quelques capillaires s'arrêtent-ils dans la substance blanche. Or l'observation nous montre que l'activité ou l'énergie fonctionnelle d'un organe est en raison de la quantité du sang qu'il reçoit : comparez la vascularité des muscles à celle des tendons, la vascularité des glandes à celle de leurs conduits excréteurs, la vascularité du foie, du testicule, du rein, par exemple, à celle du canal cholédocpie, du canal déférent ou de l'urelère, etc., et partout vous verrez correspondre à la partie active de l'organe une grande richesse vasculaire, à sa partie passive une vascularité presque nulle. Aussi VVillis, Maipighi, Ch. Fracassati, Vieussens et la plupart des anatomistes du xviii*' siècle n'ont-ils pas hésité à considérer la substance grise comme l'élément actif de la masse nerveuse centrale, et les fibres médullaires comme autant de canaux chargés de transporter dans toutes les parties du corps le principe de cette activité. Les observations anatomiques, physiologiques et pathologiques, recueillies depuis cette époque, n'ont fait que confirmer cette induction. Ne voyons -nous pas cette substance s'étaler en une épaisse et large couche sur les régions les i)lus élevées de l'axe nerveux, régions que la physiologie expérimentale nous conduit à considérer comme spécialement consacrées aux phénomènes de l'intelligence? Tous les pathologistes n'ont-ils pas constaté depuis longtemps la fréquence des altérations de la substance corticale à la suite des méningites et des encéphalites, maladies essentiellement caractérisées par le trouble des fonctions scnsoriales et intellectuelles?

Des deux éléments constitutifs du centre nerveux, l'un, la substance grise, étant essentiellement actif, et l'autre, la substance médullaire, pure-» nient passif, il en résulte que parmi les divers ordres de fibres que nous avons étudiés, celles qui se trouveront le plus souvent en relation avec le premier de ces éléments jouiront, par le fait même de ce contact plus multiplié, d'une importance fonctionnelle plus grande. Sous ce rapport il existe entre elles de notables différences qu'il importe de signaler. Mais avant de les comparer sous ce point de vue, une question plus générale se présente i quel est le mode de connexion de l'élément actif et de l'élément passif de !a substance nerveuge? Jq ne rappellerai pas ici tontes les opi» pJong qui ùïit été émhm k ce sujet 5 elles se trouvent exposées dans nos eônsiâératlons générales mv le système nerveux? j'examinerai seulement

NÉVROLOGIE. 4 79

si l'un de ces éléments peut être considéré comme générateur relativement à l'autre.

Malpiglii le premier a fait remarquer que les nerfs, à leur origine, se trouvent presque partout en rapport avec un noyau de substance grise ; vivement frappé de ce fait, qu'on ne saurait contester, il en conclut que les cordons nerveux naissent de cette substance. Vicq d'Azyr, qui ne paraît pas avoir eu connaissance des travaux de son illustre prédécesseur sur ce point, a été conduit de son côté à la même observation : « Sans qu'on en » sache précisément la raison, dit-il, on voit toujours la substance cendrée » correspondre à l'origine des nerfs. » Tleil signale aussi ce rapport sur lequel il insiste et en tire la même conclusion.

Jusqu'alors on s'était en quelque sorte maintenu à la surface du centre nerveux. Gall et Spurzheim allèrent plus loin ; ce que Malpighi, Vicq d'Azyr et Reii avaient dit des connexions du système nerveux périphérique, ils le dirent d'une manière générale de toutes les fd)res nerveuses. Pour eux il n'est aucune de ces fibres qui ne tire son origine de la substance grise ; celle-ci, en un mot, est l'organe générateur, la matrice de la substance blanche.

Ainsi formulée, cette opinion ne saurait être adoptée ; car les progrès de l'embryologie ont démontré que la substance médullaire précède la substance corticale ; la première, par conséquent, ne peut être une production de la seconde, pas plus que la partie périphérique du système nerveux n'est une production de la partie centrale. Mais de même que ces deux parties primitivement indépendantes se réunissent ensuite pour se continuer l'une avec l'autre, de même la substance grise et la substance blanche, lorsqu'elles sont complètement développées, peuvent se continuer entre elles. Est-ce en effet par continuité qu'elles se trouvent unies, ainsi qu'elles le sont dans l'épaisseur des ganglions, selon M. Ch. Robin? ou bien les fibres médullaires, suivant l'ingénieuse comparaison de Malpighi se disséminent-elles dans l'épaisseur de la substance grise comme les racines d'une plante dans le sol qui la supporte, en sorte que leurs connexions consisteraient dans un simple rapport de contiguïté? Dans l'état présent de la science ces questions sont insolubles.

Nous savons seulement : 1° que lorsqu'un faisceau fibreux traverse un noyau de substance grise, les fibres sortantes sont plus nombreuses que les entrantes ; •2'^ que lorsque ce même faisceau traverse plusieurs niasses de la même nature échelonnées de distance en distance, il augmente rapidement de volume, en même temps que ses fibres prennent une disposition rayonuée ; de là Terreur de Gall et Spurzheim : voyant sortir de chaque noyau de substance grise plus de fibres qu'ils n'en n'avaient vu entrer, ils ont cru à une sorte de génération de l'élément fibreux par l'élément pulpeux; en donnant à un fait incontestable une interprétation purement spéculative, ils ont fait naître le doute sur sa réalité, en sorte que celui-ci a été mis aussi au nombre des hypothèses. Reprenant ce fait tel que l'observation nous le présente, et laissant de côté son interprétation, nous avons maintenant à rechercher quelles sont les fibres auxquelles la substance grise se mêle de préférence, et quelles sont les modifications que subissent ces fibres en la traversant.

Les fibres longitudinales sont celles qui ont les rapports les plus étendus

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avec la substance grise ; on se colicctant cette substance forme cinq masses principales étagées de bas en haut sur leur trajet : — la première occupe l'axe de la moelle épinière ; — la seconde l'épaisseur de la protubérance ; — la troisième la couche optique; — la quatrième le corps strié; — la cinquième les surfaces cérébrale et cérébelleuse.

Tous ces amas de substance grise sont pairs et symétriques ; leur forme varie suivant la région qu'ils occupent: dans la moelle épinière ils représentent deux demi-cylindres dont la concavité regarde en dehors , et dont les bords correspondent, le plus court aux racines antérieures des nerfs spinaux, le plus long aux racines postérieures; dans la protubérance et les couches optiques ils ne revêtent aucune configuration déterminée ; dans le corps strié ils prennent l'aspect de noyaux, et à la surface de l'encéphale celui d'une couche alternativement saillante et rentrante.

Dans toutes les régions inférieures de l'axe cérébro-spinal la masse grise d'un côté communique avec celle du côté opposé; dans les régions supérieures elles s'isolent de plus en plus, de telle sorte qu'au niveau des hémisphères cérébraux eUes n'ont plus entre elles aucune communication : ainsi le demi-cylindre de la moitié droite de la moelle est uni au demicylindre de la moitié gauche par une lamelle intermédiaire ; dans la protubérance cette union entre les parties droite et gauche est encore plus complète. Sur le cervelet il n'existe aucune ligne de démarcation entre les deux moitiés de sa couche corticale ; mais cet isolement commence à se manifester dans les pédoncules cérébraux dont les noyaux de substance noire ne sont unis entre eux que par une traînée à peine sensible de substance grise appartenant à la protubérance ; il est beaucoup plus accusé dans les couches optiques dont les masses grises ne communi(|uent que par la commissure molle et le corps cendré ; enfin il est complet dans les coi'ps striés, et la couche corticale des hémisphères.

C'est un phénomène remarquable que celte séparation graduelle des deux moitiés de l'élément actif du tissu nerveux, à mesure qu'on monte des régions inférieures de l'axe cérébro-spinal vers celles qui tiennent sous leur dépendance spéciale les grands phénomènes de l'innervation. Il nous montre que les parties qui entrent dans la composition de cet axe, bien (ju'elles soient organisées dans toute son étendue sur le même type, affectent à leurs deux extrémités une tendance contraire; à l'une elles tendent vers l'unité, à l'autre vers la dualité : celles qui obéissent à la première tendance sont remarquables par leur simplicité; celles qui obéissent à la seconde se distinguent par leur structure de plus en plus compliquée.

Les rapports de la substance grise avec les fibres longitudinales diffèrent aussi suivant qu'on a égard à la partie inférieure ou à la partie supérieure du centre nerveux : dans la moelle, la substance grise occupe le centre de l'organe ; au niveau du bulbe rachidien, de la protubérance et des couches optiques, elle est en partie centrale et en partie périphérique; dans les corps striés, elle se superpose aux faces supérieure et inférieure du cône pédonculaire, et devient par conséquent complètement périphérique; à la surface du cerveau et du cervelet, elle affecte la même situation d'une manière encore plus évidente.

Ainsi cette substance est d'abord enveloppée par les fibres longitudinales du centre nerveux auxquelles elle ne se mélange pas. Vers la base de l'encéphale eUe se mêle à ces fibres, et plus haut elle s'en dégage peu à

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peu, (le telle sorte qu'après en avoir été entourée à leur origine, elle les entoure et les recouvre complètement à leur terminaison. Considérée sous ce point de vue, elle peut être divisée en partie inférieure ou centrale, en partie moyenne ou infiltrée, et en partie supérieure ou périphérique. — La partie centrale ou enveloppée ne paraît pas être le point de départ de nouvelles fibres longitudinales, car le nombre de ces fibres n'est pas sensiblement plus considérable au niveau du bulbe rachidien qu'au tiers inférieur de la moelle. — Il n'en est pas ainsi de la partie moyenne ou infiltrée, c'està-dire à la fois enveloppée et enveloppante; on en voit surgir un grand nombre de fibres nouvelles qui viennent successivement se joindre aux fibres primitives ; c'est à la présence de ces nouvelles fibres que les faisceaux pyramidaux et intermédiaires sont redevables des modifications qui s'opèrent dans leur volume et leur forme. Les premiers, d'abord assez grêles, augmentent de volume après avoir traversé la protubérance; les seconds, plus grêles encore à leur point de départ, s'accroissent de même en traversant la substance grise disséminée dans ce renflement ; en passant de la protubérance dans les couches optiques, et de celles-ci dans les corps striés, ces faisceaux se renforcent de plus en plus, et constituent ainsi le cône pédonculaire dont les innombrables radiations vont s'épanouir dans la couche corticale.

Les fibres antéro-postérieures et les transversales ne se trouvent en connexion avec la substance grise que par leurs extrémités.

yuant aux fibres annulaires, c'est à peine si l'on trouve quelques ves» tiges de cette substance sur leur trajet. Les tractus longitudinaux du corps calleux en sont dépourvus; il en est de même des bandelettes demi-circulaires et des fibres arciformes. On en rencontre seulement un très petit noyau sur les piliers antérieurs de la voûte, au centre des tubercules maniillaires, et deux couches extrêmement minces sur les lames du septiim luciduin.

3" DES APPAREILS QEI COMPOSENT L'AXE CÉRÉBRO-SPIiNâL ET DE LEUR ASSOCIATION.

Unis aux masses ou particules de substance grise déposées sur leur trajet, les divers systèmes de fibres que nous avons mentionnés forment autant d'appareils distincts : en se réunissant à leur tour, ces appareils constituent le centre nerveux ; mais ils ne participent pas à sa constitution dans des proportions égales.

L'appareil Ion g îtïi cl inal est sSins contredit le plus important; c'est lui qui forme la plus grande partie de la masse nerveuse centrale. Les appareils antéro-posférieur, transversal et annulaire, lui sont comme surajoutés afin de relier entre elles les différentes parties qui le composent : le premier relie sa partie cérébelleuse à sa partie cérébrale; le second, sa partie droite à sa partie gauche ; le troisième relie de chaque côté sa partie antérieure à sa partie postérieure.

Cet appareil est aussi le premier qui se manifeste dans le cours de la vie embryonnaire ; il se développe de bas en haut, de telle sorte qu'on voit

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