COLONNE VERTÉBRALE
La colonne vertébrale ou raeliis est cette tige flexueuse, étendue du bassin, qu'elle concourt à former et sur lequel elle s'appuie, au crâne, qui s'appuie sur elle.
Située à la partie médiane et postérieure du tronc , elle répond successivement , par sa partie antérieure , aux organes cervicaux , thoraciques, abdominaux et pelviens. Ces rapports ont permis de la diviser en quatre régions: régions cervicale, dorsale, lombaire, et sacvo-coccygienne.
Le rachis est composé d'un grand nombre de pièces articulées entre elles ; toutes ces pièces, conformées sur un type commun, prennent le nom de vertèbres ; celles-ci ont été divisées en vraies et en fausses. Les vertèbres vraies sont au nombre de vingt-anatre, les fausses au nombre de neuf; les premières sont toutes indépc-'dantes; les secondes se soudent entre elles : cinq se réunissent pour former le sacrum , quatre pour former le coccyx. Lorsque l'ossification est complète, le nombre des pièces qui entrent dans la composition de la colonne rachidienne est donc de vingt-six , ainsi réparties : sept appartiennent à la r('gion cervicale , douze
la région dorsale, cinq à la
région lombaire , deux à la région sacrococcygienne ; ces deux dernières seront décrites isolément.
Les vertèbres vraies , ou vertèbres proprement dites, présentent des caractères qui leur sont communs ; en outre, les vertèbres de cliàque région offrent des caractères qui leur sont propres; enfin dans cbaque classe on trouve une ou pbisieurs vertèbres qui se distinguent de toutes les autres par des caractères particuliers.
\° Caractères
communs bres.
à toutes les verte-
Jj]
La forme générale des vertèbres est celle d'un anneau. Tous ces anneaux présentent : 1° un covfs ou renflement considérable par lequel ils se superposent ; 1° une partie annulaire proprement dite, destinée à servir de cylindre protecteur de la moelle, ou trou vertébral; ?>" un prolongement qui s'effile sous forme d'épine pour constituer un levier destiné au mouvement de Ici vertèbre, apoptiyse épineuse; 4° deux saillies qui se portent transversalement en dehors, apophyses transverses; 5° quatre éminences, deux supérieures, deux inférieures articulées avec les éminences correspondantes des vertèbres voisines, apophyses articulaires ; 6° quatre dépressions ou échancrnres creusées à droite et à gauche de l'anneau , deux audessus, et deux au-dessous de sa circonfé- '' renée.
Le corps des vertèbres revêt la forme d'une portion de cylindre échancré dans sa partie postérieure , et offre par conséquent quatre faces , deux horizontales , deux verticales. Les faces horizontales sont, l'une supérieure et l'autre inférieure ; la première correspond à la face inférieure de la vertèbre située au-dessus, la seconde à la face inférieure de la vertèbre située au-dessous; toutes deux sont légèrement excavées. Les faces verticales
FiG. 1. — Colonne vertébi-nle. — A. Apophyse épineuse. — B, B. Facettes articulaires des apophyses trausverses dorsales. — C. Facette articulaire du sacrum. — D. Canal des apopliyscs transverses, destiné au passage de l'artère vertélnale. — 1 à 7. Vertèbre? cervicales. — 8 à 19. Vertèbres dorsales. — 20 à 24, Vertèbres lombaires.
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sont, ruiie antérieure et l'autre postérieure ; elles se dépriment également, et de cette dépression résulte pour elles l'aspect d'une gouttière qui est transversale pour la première , et longitudinale pour la seconde.
Le trou vertébi'al est triangulaire ; ses dimensions, qui varient un peu dans les diverses régions, sont en rapport avec le volume de la moelle épinière et surtout avec le degré de mobilité dont jouit chacune d'elles.
Les apophyses épineuses se prolongent en arrière pour offrir aux muscles puissants chargés de les mouvoir un levier plus avantageux et une plus large surface d'insertion; à leur base ces éminences se bifurquent; et de cette bifurcation naissent deux lames qui se dirigent en avant et en dehors, l'une à droite et l'autre à gauche.
Les apophyses transverses varient dans les diverses régions : leur direction est le seul caractère qui leur soit commun.
Les apophyses articulaires forment les parties latérales de l'anneau ; elles sont, en général, verticales, placées symétriquement de chaque côté de la ligne médiane, d'une forme elliptique, et encroûtées de cartilages pour s'articuler avec les apophyses semblables des vertèbres voisines. Les deux apophyses articulaires supérieures dépassent en haut le corps de la vertèbre; il en est de même des deux apophyses opposées pour la face inférieure ; par conséquent la plus grande hauteur verticale de l'anneau vertébral est mesurée par l'espace qui sépare les sommets des deux apophyses articulaires d'un même côté.
Les échancrures produisent , sur la partie de l'anneau vertébral qu'elles occupent , une sorte d'étranglement qui la transforme en un véritable pédicule étendu des apophyses articulaires et transverses au corps de la vertèbre ; elles se réunissent aux échancrures opposées des vertèbres adjacentes , et forment , par cette réunion, des anneaux de transmission , appelés trous de conjugaison.
2o Caractères propres aux vertèbres de chaque classe.
Une vertèbre étant donnée , s'il s'agissait simplement de déterminer la classe à laquelle elle appartient , il sufhrait, pour résoudre ce facile problème, de remar(iuer que les vertèbres cervicales présentent sur les parties latérales de leur corps un trou destiné au passage de l'artère vertébrale ; que les vertèbres dorsales offrent sur les côtés de ce même corps des facettes articulaires , et que les vertèbres lombaires sont dépourvues de l'un et de l'autre de ces deux caractères. Mais ce n'est pas seulement par un point de leur surface que ces vertèbres diffèrent ; les différences qui leur sont propres se disséminent sur toute l'étendue de leur configuration.
Dans chaque région, les vertèbres sont désignées par leur nom numérique en comptant de haut en bas.
1» Verlèhres cervicales. (Fig. 2.) Le corps , peu volumineux , présente un diamètre transversal double des diamètres antéro-postérieur et vertical , une face supérieure concave transversalement et surmontée de deux apophyses latérales. Le trou vertébi-al est remarquable par sa forme triangulaire et ses grandes dimensions en rapport avec l'extrême mobilité de ces vertèbres. L'apophyse épineuse est horizontale, courte, bifurquée à son sommet ; les apophyses transversales, également horizontales, courtes
et bifurquées à leur sommet , sont en outre creusées supérieurement d'une gouttière chargée de transmettre au dehors les cordons nerveux émanés de la moelle épinière, et percées à leur base d'un trou traversé par l'artère vertébrale. Les apophyses articulaires s'inclinent à l'horizon sous un angle de 45°; les supérieures, comprises dans le même plan, regardent en haut et en arrière ; les inférieures, comprises aussi dans le même plan, regardent en bas et en avant ; les échancrures supérieures sont égales en profondeur aux échancrures inférieures.
Fig. 2.
FiG. 2. — Vertèbre cert^icale. — 1 . Corp de hi vertèbre. ■ — 2, Lame. — 3. Pe'dicule. — 4. Apophyse épineuse bifurque'e. — 5. Apophyse traiisvei'se Lifurque'e, — 6. Trou pour l'artère vertébrale. — 7. Apophyse articulaire supérieure. — 8. Apophyse articulaire inférieure. — 9. Apophyse latérale droite du corps.
2« Vertèbres dorsales. (Fig. 3.) Le corps présente un diamètre trans versai égal au diamètre antéro-postérieur , et sur chacune de ses parties latérales deux demi-facettes articulaires; le trou vertébral, plus petit, devient presque circulaire ; l'apophyse épineuse est oblique , longue , non divisée à son sommet ; les apophyses transverses sont volumineuses , déjetées en arrière , creusées d'une facette articulaire et unituberculeuses à leur sommet. Les apophyses articulaires se dirigent verticalement ; les supérieures, non comprises dans le même plan, regardent en arrière et en dehors ; les inférieures , qui appartiennent aussi à deux plans différents , regardent en avant et en dedans. Les échancrures supérieures sont plus petites que les inférieures.
Fig. 3.
FiG. Z.— Vertèbre dorsale.— \. Corps de la vertèbre. — 2,2. Demi-faceltes articulaires pour la tête des côtes. — 3. Pédicule. — ,4. Echancrure supérieure. — S. Echancrure inférieure. — 6. Apophyse épineuse.
— 7. Apophyse trausverse et sa facette articulaire pour la tubérosité de la côte. — 8. Apophyse articulaire supérieure. — 9. Apophyse articulaire inférieure.
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3" P'erîrbres lombaires. (Fig. 4.) Le corps , très volumineux, offre un peu plus d'étendue dans le sens transversal que dans le sens antéropostérieur. Le trou vertébral retrouve ses dimensions premières et son aspect triangulaire. L'apophyse épineuse, très considérable, revêt la forme d'une lame quadrilatère verticale , qui se termine en arrière par un bord épais et mousse. Les apophyses transverses, longues, grêles, aplaties d'arrière en avant, simulent par leur configuration une côte rudimentaire. Les apophyses articulaires présentent des surfaces courbes ; les supérieures sont concaves, très distantes l'une de l'autre , inclinées en dedans ; les inférieures convexes , plus rapprochées , inclinées en dehors ; les échancrures supérieures sont très petites, les inférieures très grandes.
Fig. 4. ■ — Vertèbre lombaire. — 1. Corps de la vertèbre. — 2. Pédicule. — 5. Echancrure supérieui'e. — 4. Echaucrure iiiferieuie. — S. Apophyse épineuse.
— G. Apophyse Iransverse. — 7. Apophyse arliculaire supérieure. — 8. Apophyse articulaire inférieure.
En résumant les caractères que nous venons d'exposer, on voit que sur les six parties constituantes des vertèbres il en est (juatre , le corps , l'apophyse épineuse, les apophyses transverses et les apophyses articulaires, dont l'examen attentif est toujours suffisant pour déterminer la classe à laquelle cette vertèbre appartient. Les éléments de cette détermination sont réunis dans les quatre parallèles suivants :
1° Parallèle des corps vertéhranx. Corps peu volumineux , allongés transversalement , surmontés de deux apophyses latérales : vertèbres cervicales. Corps dont tous les diamètres sont égaux, creusés latéralement de quatre facettes articulaires : vertèbres dorsales. Corps volumineux, privés d'apophyses latérales et de facettes articulaires : vertèbres lombaires.
2° Parallèle des apophyses épineuses. Apophyses courtes, horizontales, bituberculeuses à leur sommet: vertèbres cervicales. Apophyses longues, obliques, unituberculeuses à leur sommet: vertèbres dorsales. Apophyses affectant la forme d'une lame (piadrilatère verticale : vertèbres lombaires.
3° Parallèle des apophyses transverses. Apophyses courtes, creusées d'une gouttière à leur face supérieure, bituberculeuses à leur sommet, perforées à leur base: vertèbres cervicales. Apophyses longues, volumineuses, déjetées en arrière , unituberculeuses, creusées d'une facette articulaire à leur sommet : vertèbres dorsales. Apophyses longues , grêles et aplaties '..vertèbres lombaires.
^° Parallèle des a))ophîjses articulaires. Apophyses à surface plane , inclinées de 45°, regardant directement en haut et en arrière pour les deux supérieures, directement en bas et en avant pour les deux inférieures : vertèbres cervicales. Apophyses à surface plane, verticales, regardant en arrière et en dehors pour les deux supérieures, en avant et en dedans pour les deux inférieures : vertèbres dorsales. Apophyses à surface courbe, verticales, regardant, en dedans pour les deux supérieures, et en dehors pour les inférieures : vertèbres lombaires.
Les deux autres parties constituantes de la vertèbre , c'est-à-dire le trou vertébral'et le pédicule qui porte les échancrures, sont insuffisantes, lorsqu'on les examine chacune isolément, pour indiquer la classe dans laquelle cette vertèbre doit être rangée ; mais en les réunissant, elles pourraient également conduire à la solution de ce problème,
3o Caractères propres à certaines vertèbres.
Sept vertèbres peuvent être distinguées de toutes les autres par les caractères particuliers qu'elles présentent , savoir : la première , la seconde et la septième cervicales; la première, la onzième et la douzième dorsales et enfin la cinquième lombaire.
Fig. 5,
FiG, 5. — Atlas. — 1. Tubercule de l'arc antérieur. — 2. Facette articulaire pour Tunion de cet arc avec l'apophyse odontoïde.— ,3. Arc postérieur. — 4. Echancrure supérieure. — 5. Apophyse transverse. — 6. Trou pour l'artère vertébrale. — 7. Apophyse articulaiie supérieure. — 8. Inégalités pour l'insertion du ligament transverse ou croisé.
Première vertèbre cervicale , ou atlas. ( Fig. 5. ) Aucune vertèbre ne présente à un degré aussi remarquable la forme annulaire. Le corps n'existe pas; à sa place on trouve un segment d'anneau, arc antérieur de l'atlas, surmonté en avant d'un tubercule, et creusé en arrière d'une facette articulaire. Le trou vertébi'al est très considérable, circulaire, divisé dans l'état physiologique en deux moitiés , l'une antérieure , servant de cavité de réception'^à l'apophyse odontoïde de l'axis, l'autre postérieure, destinée à la moelle épinière. L'apophyse épineuse manque ; un second segment d'anneau, arc 'postérieur de l'atlas, en tient lieu. Les apophyses transverses sont unituberculeuses , non canaliculées. Les apophyses articulaires, énormes, ont pris le nom de masses latérales de l'atlas ; les supérieures, concaves, elliptiques, inclinées en dedans , se dirigent obliquement d'arrière en avant et de dehors en dedans ; les inférieures, planes , circulaires, regardent en bas et un peu en dedans. Les échancrures sont situées en arrière des apophyses articulaires ; les supérieures , plus profondes, souvent converties en trou par une languette osseuse, semblent
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se continuer jusqu'à l'orifice creusé dans la base de l'apophyse transverse, au moyen d'une gouttière horizontale, qui contourne la partie postérieure de la niasse articulaire; de la réunion de cette échancrure, de cette gouttière, et du trou de l'apophyse transverse, résulte un canal inflcxe , vertical d'abord, puis horizontal, qui conduit l'artère vertébrale dans le crâne.
Deuxième vertèbre cervicale , ou axis. (Fig. G.) Le corps présente l'apophyse odontoïde : éminence étranglée un peu au-dessus de sa base , arrondie à son sommet, qui reçoit l'insertion des ligaments odontoïdiens latéraux , portant en avant une facette pour s'articuler avec l'arc antérieur de l'atlas ; l'apophyse épineuse est très considérable ; les apophyses transverscs sont petites , triangulaires , unituberculeuses , percées à leur base d'un trou ou plutôt d'un canal intlexe creusé sur les côtés du corps ; les apophyses articulaires supérieures , légèrement incUnées en dehors , planes, présentent une surface très étendue et reposent sur les côtés du corps.
Fig. 6.
Fig. g. — Axis. — I. Corps de la vertèbre. — 2. Apophyse odontoïde. — 5. Facette articulaire pour Funion de cette apophyse avec Farc ante'rieur de l'atlas. — 4. Lames de l'apophyse e'pineuse. — 5 Apophyse épineuse bifurquée. — 6. Apophyse transverse. — 7. Apophyse articuhdre supe'rieure. — 8. Apophyse articulaire inférieure.
Septième vertèbre cervicale , ou proéminente. Par l'ensemble de ses caractères et surtout par le volume de chacune de ses parties constituantes, elle se rapproche de la configuration des vertèbres dorsales. Son apophyse épineuse , prismatique et triangulaire , unitubercuieuse à son sommet ," et beaucoup plus longue que celle de toutes les autres vertèbres de la même classe , lui a fait donner le nom sous lequel on la désigne, et constitue son caractère spéciiique.
Première vertèbre dorsale. Son corps présente de chaque côté une facette complète pour s'articuler avec la première côte , et une demi-facette pour s'articuler avec la seconde.
Onzième vertèbre dorsale. Une seule facette articulaire existe sur les parties latérales de son corps ; son apophyse transverse, dégénérée en un simple tubercule, en est dépourvue.
Douzième vertèbre dorsale. La présence d'une seule facette articulaire sur les parties latérales de son corps , l'absence de toute facette sur son apophyse transverse , suffisent pour la distinguer des dix premières vertèbres de celte classe ; ses apophyses articulaires inférieures courbes et tournées en dehors la différencient de la onzième.
ÂNATOMIE.
Cinquième vertèbre lombaire. La face inférieure de son corps est taillée très obliquement d'avant en arrière et de bas en haut ; ses apophyses transverses sont volumineuses ; ses apophyses articulaires inférieures , très distantes l'une de l'autre , regardent directement en avant.
Fausses vertèbres. Par leur soudure , elles produisent le sacrum et le coccyx.
SACRUM. (Fig. 7.)
Os symétrique , situé à la partie postérieure du bassin , pyramidal et triangulaire , recourbé sur lui-même d'arrière en avant , offrant à considérer quatre faces , une base , un somm,et et un canal.
Ftg. 7. — Sacrinn vu par la face antc'rieiire. — 1,1,1,1. Chctes lr;nisveisalcs. — 2, 2,2,2. Trous sacres ;mterieuis, — ô. B;ise du sacrum. — 4. FaceUe auriculaine — 5. Rord ine- £;al pour l'insertiou des grands ligameuts sacro-sciatifjues. — 0. FaceUe pour l'articulatiou de cet os avec îa cinquième vertèbre lombaire. — 7. Echaucrure concourant à la formation du dernier trou de conjugaison. — 8. Apophyse articulaire. —