‹ Manuel d'anatomie descriptive et de préparations anatomiquesChapitre 8 sur 267 · COLONNE VERTÉBRALE EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

COLONNE VERTÉBRALE EN GÉNÉRAL

Hauteur. Elle est en général de 70 centimètres ainsi répartis : 15 pour la région cervicale , 28 pour la région dorsale , 16 pour la région lombaire, 11 pour la région sacro-coccygienne.

Direction. Verticalement posée, la colonne vertébrale offre plusieurs courbures alternatives. Ces courbures sont antéro-postérieures et se succèdent dans l'ordre suivant sur la face antérieure du racbis : au cou une convexité , au dos une concavité, aux lombes une seconde convexité , au niveau du bassin une seconde concavité ; sur la partie postérieure de la colonne les courbures présentent , en procédant de haut en bas , une disposition inverse ; une transition insensible de l'une à l'autre forme le caractère des trois courbures supérieures. Il n'en est pas ainsi de la dernière ; celle-ci naît brusquement , et de la jonction de la surface concave du sacrum avec la surface convexe des lombes résulte un angle considérable, angle sacro-vertébral, qui joue un rôle important dans le mécanisme de la station et dans celui de l'accouchement. Indépendamment de ces courbures antéro-postérieures', on observe encore sur le racbis une légère courbui'c latérale au niveau des troisième , quatrième et cinquième vertèbres dorsales : comme ce point est celui où l'aorte s'infléchit pour devenir descendante, elle a été généralement attribuée à la présence de ce vaisseau. Bichat crut en trouver une explication plus satisfaisante dans la prédilection que nous avons pour l'usage de la main droite ; cet usage , en effet , par les efforts qui l'accompagnent, détermine une incurvation .à gauche de la colonne vertébrale , et cette incurvation , d'abord momentanée , finirait par devenir permanente. Bien que ces deux théories paraissent également rationnelles, nous croyons qu'il faut accorder plus de confiance à la première , qui compte en sa faveur tous les faits de transposition observés jusqu'à ce jour : chaque fois que l'aorte se déplace et passe à droite, la déviation latérale se déplace également.

Forme. La colonne vertébrale représente deux pyramides adossées base à base : l'une inférieure , à base tournée en haut , formée par le sacrum et le coccyx ; l'autre supérieure , à base tournée en bas , composée par les vertèbres lombaires , dorsales et cervicales . Vue en avant , elle est cylindrique ; vue en arrière , elle est prismatique et triangulaire ; considérée dans son ensemble , elle présente quatre faces , deux extrémités et un canal.

Face antérieure. Large au cou , étroite au dos , elle s'élargit de nouveau dans la région lombaire , et plus encore à la hauteur de l'angle sacrovertébral , au-dessous duquel elle commence à diminuer progressivement pour se terminer par la pointe que forme le coccyx. On y voit une série de

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içouttières transversales , superficielles , séparées par une série de disques ligamenteux interposés au corps des vertèbres qu'ils unissent. Cette face est recouverte dans toute son étendue par le grand ligament vertébral commun antérieur ; en outre elle donne insertion, dans la région cervicale, aux muscles grand droit antérieur et long du cou , dans la région lombaire au psoas , dans la région coccygienne au pyramidal ; elle est en rapport : 1" au cou, avec le pharynx et l'œsophage ; 2" au dos, avec ce même conduit, l'aorte descendante, la veine azygos, le canal thoracique ; 3° aux lombes , avec l'aorte abdominale et la veine cave inférieure ; 4° dans le bassin avec le l'ectum, et dans toute son étendue avec le système des grands nerfs sympathiques.

Face postérieure. Elle présente sur la ligne médiane la série des apophyses épineuses, qui forment une longue crête verticale : épine dorsale; sur les côtés deux gouttières , occupées par les muscles puissants chargés de mouvoir les vertèbres: gouUiêres vertébrales.

Faces latérales. Elles offrent: 1° l'extrémité des gouttières qui occupent le corps des vertèbres; 2" dans la région cervicale , les trous que traversent l'artère vertébrale, et dans la région dorsale les facettes qui s'articulent avec la tête des côtes ; 3° la série des apophyses transverses ; 40 entre ces apophyses la série des trous de conjugaison , au nombre de vingt-quatre , livrant passage aux cordons nerveux émanés de la moelle épinière , à des veines considérables et à des branches artérielles; 5° enfin la suite des apophyses articulaires. Dans la région sacro-coccygienne, les faces latéi'ales sont conformées sur un type différent; destinées à s'articuler avec les os iliaques , elles présentent pour cette articulation la facette auriculaire et des inégalités pour des insertions ligamenteuses. Les apophyses articulaires se dévient pour se porter en aiTière ainsi que les apophyses transverses, tandis que les trous de conjugaison se dédoublent en quelque sorte pour venir occuper à la fois les faces antérieure et postérieure.

Extrémité inférieure. Elle est constituée par le sommet du sacrum et le coccyx ; on y remarque en arrière le point d'union de ces deux os et la fin du canal vertébral.

Extrémité supérieure. Elle est formée par l'atlas, quire pose sur les autres vertèbres à la manière d'un chapiteau; au niveau de cette extrémité , commence le canal vertébi'al.

Canal vertébral. Il occupe toute l'étendue du rachis, communique en haut avec la cavité du crâne , qui en a été considérée comme le renflement ; nous montrerons plus loin, en effet , qu'il existe une remarquable analogie entre ces deux cavités, sous le rapport de leur constitution. Ce canal est oblitéré en bas par des tissus fibreux, et présente dans son trajet toutes les sinuosités anléro-postérieures de la colonne vertébrale : triangulaire au cou , ciculaire au dos, il reprend sa forme première aux lombes , qu'il perd de nouveau vers la partie inférieure du sacrum , pour devenir elliptique. Ce canal loge la moelle épinière , les membranes i-Q'

chidiennes, une petite quantité de tissu adipeux , et des plexus veineux considérables.

Conformation intérieure des vertèbres.

Le corps des vertèbres est essentiellement formé de tissu spongieux , entouré d'une couche mince de tissu compacte ; les apopliyses épineuses et surtout leurs lames sont, au contraire, composées presque exclusivement par cette dernière substance; les deux tissus prennent des proportions moins inégales dans lesapopbyses transverses et articulaires. NuUepart les canaux veineux ne présentent plus de développement ; ils commencent sur la partie postérieure du corps de la vertèbre , et se portent obliquement en avant en formant tantôt autant de canaux distincts, tantôt un canal unique d'abord qui se divise ensuite en plusieurs branches.

Développement des vertèbres.

Parmi les vertèbres qui diffèrent des autres par leur conformation extérieure , il en est quelques unes qui en diffèrent aussi par leur développement; nous avons donc k exposer : 1° le développement des vertèbres en général ; 2'' le développement de quelques vertèbres en particulier.

Développement des vertèbres en général. Chaque vertèbre se développe primitivement par quatre points d'ossification, deux pour le corps , deux pour les antres parties constituantes de la vertèbre. Les deux premiers, très rapprochés l'un de l'autre, ne tardent pas à se confondre; on ne trouve plus alors qu'un seul point osseux situé sur la ligne médiane. Plus tard, d'autres points apparaissent pour compléter l'ossification de l'anneau vertébral; ces points complémentaires, au nombre de cinq, occupent le sommet de chaque apophyge transverse , le sommet de l'apophyse épineuse , les faces supérieure et inférieure du corps.

Les points primitifs apparaissent au quarantième jour de la vie intrautérine : ils se réunissent dans le courant de la cinquième année. Les points complémentaires se monti'ent de quinze à dix-huit ans ; les épiphyses qu'ils forment se soudent de vingt à vingt-cinq ans.

Développement de quelques vertèbres en particulier, i" Atlas, Cette vertèbre présente six points d'ossification, deux pour l'arc antérieur, deux pour l'arc postérieur , un pour chaque masse latérale. Ces derniers ne sont pas constants ; lorsqu'ils manquent, les masses latérales s'ossifient par l'extension des points qui occupent l'arc postérieur.

2° Axis, Aux quatre points osseux ordinaires viennent s'en ajouter deux autres pour le développement de l'apophyse odontoïde.

30 Septième cervicale. Elle présente également six points osseux primitifs; les deux points surajoutés sont situés de chaque côtédu corps dans l'épaisseur du cartilage qui forme la moitié antérieure de l'apophyse transverse. L'existence de ce point osseux, en établissant une analogie entre les

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apophyses transverses des vertèbres cervicales et les côtes, explique le dëveoppement d'une côte cervicale surnuméraire,

4° Sacrum et coccyx. Les trois premières vertèbres sacrées offrent chacune six points d'ossification primitifs , deux pour le corps , deux pour les lames, un pour chaque masse latérale ; les deux dernières vertèbres sacrées en présentent quatre seulement, deux antérieurs et deux postérieurs; les vertèbres coccygiennes se développent par un seul point d'ossification : ainsi vingt-six .points primitifs pour le sacrum, quatre pour le coccyx. Les points primitifs de chaque vertèbre sacrée se réunissent d'abord entre eux , ensuite les vertèbres se réunissent entre elles ; cette soudure commence à s'effectuer de quinze à dix-huit ans , époque à laquelle se développent les lames épiphysaires ; elle débute par les vertèbres inférieures ; la première vertèbre sacrée , ou la supérieure, se réunît de vingt-cinq^à trente ans, La réunion des pièces du coccyx a lieu plus tôt que celle des pièces du sacrum : les deux premières se soudent d'abord entre elles , puis les deux dernières, puis enfin la deuxième à la troisième. A l'âge de cinquante ou soixante ans, on voit souvent le coccyx se souder au sacrum. Cette tendance à la soudure n'est pas exclusivement propre aux pièces qui composent la région sacro-coccygienne ; on la voit aussi , à un âge très avancé , se manifester dans les vertèbres des autres classes , et suivre toujours, dans cette manifestation, un ordre ascendant. Il n'est pas très rare de rencontrer la soudure du sacrum avec la dernière vertèbre des lombes , et même celle de toutes les vertèbres de cette région ; elle a aussi été observée sur les vertèbres dorsales ; les vertèbres cervicales, beaucoup plus mobiles, en deviennent très rarement le siège; le musée de l'amphithéâtre des hôpitaux en possède cependant un exemple remarquable. Sur cette pièce, toutes les vertèbres, à l'exception des trois premières cervicales, sont soudées entre elles ; elles sont également soudées avec les côtes et les os des iles, en sorte que le tronc est constitué par un seul os.

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