EXTENSEUR COMMUN DES DOIGTS
1129. L' extenseur commun des doigts, épicondylo-sus-phalangettien commun, Ch. (musculus extensor digitorurn communis), présente en haut un fort tendon, qui s'étend sur la moitié ■ supérieure de la face externe de son ventre. Il naît de la partie
postérieure et inférieure du condyle externe de l'humérus, im-
(1) Salzmann, Diss. sist. plurium pedis musculorum defcctum, Strasbourg, 1-34» P- u.
(?) A.lbinus, toc. cit., p. 446. — J'ai observé quelquefois cette ano^ (Italie.
l64 ANAT0MIE SPÉCIAtE.
médiatement sous et derrière le court radial externe, auquel il est uni d'une manière très intime dans l'étendue de quelques pouces. A peu près vers le milieu de l'avant-bras , il se partage en trois ventres, dont le postérieur se divise luimême, un peu plus loin , en deux autres , de sorte que le nombre total de ces ventres s'élève a quatre, qui ne tardent pas à prendre leur insertion sur autant de tendons alongés et aplatis, dont le second est ordinairement le plus fort , et le quatrième le plus faible, et dont le troisième est moins gros que le premier.
Tous ces tendons passent sous le ligament postérieur du carpe, entre lui et la face externe de l'extrémité inférieure du radius. Parvenus sur le dos de la main, où ils deviennent beaucoup plus larges et plus minces , ils se fendent en partie, et sont réunis les uns aux autres par de fortes fibres intermédiaires obliques et plus ou moins larges, surtout vers l'extrémité antérieure du métacarpe. Ils se rendent au second, au troisième, au quatrième et au cinquième doigt, et se rétrécissent sur l'articulation méfacarpo-phalangienne ; mais, en cet endroit, ils fournissent, de chaque côté, des fibres qui se dirigent de haut en bas ; plus loin ils s'élargissent de nouveau, et se confondent, des deux côtés , avec les tendons des muscles métacarpiens. Sur la première articulation phalangienne, ils se partagent en trois bandelettes, une moyenne et deux latérales, beaucoup plus longues: 'la première, après avoir fortifié la face dorsale du ligament capsulaire, s'attache au bord supérieur de la base de la seconde phalange; les deux autres se réunissent ensemble en devant , et prennent leur insertion à la partie supérieure du dos de la troisième phalange.
A l'extrémité inférieure de l'avant-bras, du carpe et du métacarpe, on trouve , pour les tendons de ce muscle, une gaîne muqueuse, qui est simple supérieurement , mais qui se divise, sur le carpe, en trois branches, dont chacune accompagne le tendon qu'elle renferme, jusqu'à la base de la première phalange.
Ce muscle étend le second, le troisième, le quatrième, et ordinairement aussi le cinquième doigt.
i i5o. Quelquefois ses trois ventres se séparent très haut, et même dès l'origine (1). Il lui arrive fréquemment aussi de se partager en quatre tendons, dont le quatrième gagne le petit doigt, et s'unit à son extenseur propre. Ce quatrième tendon se divise quelquefois , sur le dos de la main, en deux portions, dont l'externe va rejoindre le tendon de l'extenseur propre du petit doigt, tandis que l'interne se partage de nouveau en deux moitiés , qui s'appliquent, l'une au tendon du quatrième doigt , et l'autre à celui du cinquième (2). Chez certains sujets , le quatrième et le troisième tendon ne sont destinés tous deux qu'au troisième doigt. Dans ce cas on voit souvent le muscle lui-même se diviser très haut en deux ventres, à chacun desquels appartiennent deux tendons (3).
Ces scissions de la partie charnue du muscle sont remarquables en ce qu'elles l'assimilent d'une part aux extenseurs des orteils, de l'autre aux fléchisseurs des doigts , qui sont doubles tous deux.